Des conceptrices de jeux vidéo saoudiens présentent Bahamut, une créature de la mythologie arabe

Bahamut, le monstre légendaire des profondeurs, a repris vie grâce aux créatrices de Starvania Studio et le jeu devrait sortir l’année prochaine.
Bahamut, le monstre légendaire des profondeurs, a repris vie grâce aux créatrices de Starvania Studio et le jeu devrait sortir l’année prochaine.
Meaad Aflah, cofondatrice et PDG de Starvania, affirme que le jeu devrait être lancé sur PC via la plate-forme Steam au début de l’année 2023.
Meaad Aflah, cofondatrice et PDG de Starvania, affirme que le jeu devrait être lancé sur PC via la plate-forme Steam au début de l’année 2023.
La créatrice Rafif Kalantan affirme que les jeux sont un excellent moyen d’intéresser les gens à des sujets auxquels ils n’ont jamais été initiés.
La créatrice Rafif Kalantan affirme que les jeux sont un excellent moyen d’intéresser les gens à des sujets auxquels ils n’ont jamais été initiés.
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Publié le Jeudi 25 août 2022

Des conceptrices de jeux vidéo saoudiens présentent Bahamut, une créature de la mythologie arabe

  • Le jeu se déroule sous l’eau, alors que l’océan est sombre et altéré par une mystérieuse magie et les joueurs ont pour mission de ramener la lumière dans l’océan avec l’aide de Bahamut
  • La conceptrice affirme que le studio a choisi de travailler avec un support 2D au lieu de 3D, car il est plus facilement accessible aux développeurs indépendants, en particulier compte tenu des limites matérielles

DJEDDAH: Un poisson géant de la mythologie arabe, représenté dans la collection des Mille et Une Nuits, est au cœur d’un nouveau jeu vidéo d’action et d’aventure en 2D d’inspiration saoudienne.

Connu sous le nom de «Bahamut», le monstre légendaire des profondeurs a repris vie grâce aux créatrices de Starvania Studio et le jeu devrait sortir l’année prochaine.

Les Mille et Une Nuits sont une collection de contes folkloriques du Moyen-Orient compilés en arabe pendant l’âge d’or de l’islam.

Le jeu se déroule sous l’eau, alors que l’océan est sombre et altéré par une magie mystérieuse. Les joueurs ont pour mission de ramener la lumière dans l’océan avec l’aide de Bahamut.

Selon Mashael al-Khalifah, cofondatrice et directrice artistique de Starvania, il s’agit d’un jeu d’action et d’aventure à défilement latéral mettant en scène un humanoïde aquatique explorant le monde sous-marin.

Elle déclare: «Nous parlons de mythes enterrés et oubliés. Nous voulons les faire revivre et en tirer de précieuses leçons, en particulier s’ils sont arabes.»

Meaad Aflah, cofondatrice et directrice générale de Starvania, affirme que le jeu devrait être lancé sur PC via la plate-forme Steam au début de l’année 2023.

Les dirigeants de Starvania, un studio de jeu indépendant saoudien basé à Riyad, ont pour objectif de produire des expériences de divertissement uniques en créant des univers et des personnages fantastiques au-delà de l’imagination, tout en étant réfléchis et inspirants.

Mme Aflah note que l’intérêt du public pour la mythologie grandit et que le moment est venu de mettre en valeur le folklore arabe.

«Ce n’est pas très courant et peu nombreux sont ceux qui connaissent ces mythes. C’était l’occasion pour nous de créer quelque chose de nouveau et d’unique pour le montrer au monde en faisant vivre aux gens l’expérience à travers le jeu.»

«Le soin que nous avons apporté au récit et le contenu de notre jeu nous aident à le représenter au moyen de divers supports de divertissement tels que les bandes dessinées, les animations et les produits dérivés», ajoute-t-elle.

La conceptrice générale du jeu, Rafif Kalantan, déclare à Arab News: «J’ai toujours été fascinée par les religions et les mythologies anciennes en général. Je voulais absolument travailler sur un jeu qui intègre la mythologie arabe et moyen-orientale depuis mon diplôme de premier cycle. J’ai même créé un concept de ce genre que j’ai utilisé lors de mes projets de premier cycle. Quand j’ai discuté avec les fondateurs de Starvania Studio et découvert qu’ils mettaient l’accent sur les mythologies arabes, je me suis empressée de prendre part à l’aventure.»

Bahamut était censé porter le monde sur son dos et la créatrice souligne que le mythe avait été largement attribué à Zakariya al-Qazwini dans son livre Aja’ib al-Makhluqat wa Ghara'ib al-Mawjudat («Les Merveilles de la création»), écrit en 1203.

«Les jeux sont un excellent moyen d’intéresser les gens à des sujets auxquels ils n’ont jamais été initiés. À titre personnel, je me suis intéressée à des sujets uniquement grâce à des jeux vidéo. Je vois bien Bahamut inspirer les joueurs à en faire de même», poursuit-elle.

Mme Kalantan affirme que le studio a choisi de travailler avec un support 2D au lieu de 3D, car il est plus facilement accessible aux développeurs indépendants, en particulier compte tenu des limites matérielles.

«La 2D est également plus facile à personnaliser et à styliser, ce qui donne à votre jeu un aspect unique parmi les concurrents. Les principales raisons pour lesquelles nous avons opté pour la 2D sont une esthétique sur mesure et la facilité d’accès», conclut-elle.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Paul Kupelian, artiste informel et chroniqueur du côté coloré de la vie

L’art de Paul Kupelian échappe aux catégories et n’obéit qu’à la nécessité de peindre. (fournie)
L’art de Paul Kupelian échappe aux catégories et n’obéit qu’à la nécessité de peindre. (fournie)
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  • A force de peindre son quotidien, ses lieux familiers et le chaos de Beyrouth, il devient le chroniqueur visuel d'événements importants comme de sa propre évolution
  • Sa signature artistique se caractérise par un style vibrant et coloré, joyeux et dynamique, ce qui ne l’empêche pas de trouver, dans les infinies nuances de sa palette lumineuse, une harmonie chromatique qui se révèle au premier coup d’œil

BEYROUTH : Figuratif ? Naïf ? L’art de Paul Kupelian échappe aux catégories et n’obéit qu’à la nécessité de peindre. Né en 1975, cet artiste autodidacte d'origine libanaise et française, dont les racines remontent à l'Arménie, a grandi dans une famille d'artistes. Il n’a que 7 ans quand sa grand-tante l’initie à la technique reine, et donc complexe, de la peinture à l’huile. Dès lors, le reste de son enfance est ébloui par d’innombrables heures passées à dessiner et à peindre tout ce qui l’entoure. Il met toute sa passion à se perfectionner, aborde de nouveaux médiums tel que l'encre, l'acrylique, le pastel gras, le fusain ou la sanguine. Savait-elle, cette bienveillante aïeule, qu’elle lui offrait à travers l'art l'exutoire thérapeutique suprême, un moyen d'exprimer ses émotions et d'affronter les complexités de la vie ?  A force de peindre son quotidien, ses lieux familiers et le chaos de Beyrouth, il devient le chroniqueur visuel d'événements importants comme de sa propre évolution, projetant ses troubles sur la toile et y gagnant en retour paix intérieure et stabilité.

Paul Kupelian, chroniqueur des événements et de sa propre vie (fournie)
Paul Kupelian, chroniqueur des événements et de sa propre vie (fournie)

Sa signature artistique se caractérise par un style vibrant et coloré, joyeux et dynamique, ce qui ne l’empêche pas de trouver, dans les infinies nuances de sa palette lumineuse, une harmonie chromatique qui se révèle au premier coup d’oeil. Il y a dans ses oeuvres une joie contagieuse que confirme le sourire spontané de tout spectateur qui y est confronté. Ce pouvoir n’échappe pas au regard avisé de la galeriste Nadine Begdache, commissaire de l’espace Janine Rubeiz, à Beyrouth. En 2016, elle lui offre son exposition inaugurale : "Looking at the Bright Side" (regard sur le côté lumineux de la vie). Une présentation saluée par les critiques d'art et les collectionneurs.

Paul Kupelian, chroniqueur des événements et de sa propre vie (fournie)
Paul Kupelian, chroniqueur des événements et de sa propre vie (fournie)

Qu’on ne se trompe pas sur la « naïveté » de cet artiste autodidacte. Sa profonde compréhension des proportions, de la perspective et des détails complexes, n’échappent pas à un regard averti.  Les peintures, bien que légères, servent de canal à son engagement émotionnel. Dans ses œuvres récentes, Paul Kupelian utilise principalement la peinture acrylique à grande échelle, un médium dont il apprécie la polyvalence et le potentiel expressif.

Chroniqueur des événements et de sa propre vie (fournie)
Chroniqueur des événements et de sa propre vie (fournie)

Bien qu’il n’ait pas donné d’exposition depuis un certain temps, il confie à Arab News en français qu’il vit à présent Dubai où il exerce « un metier classique ».  « Je peins dès que j’en ai le temps, le soir et surtout les weekends » poursuit-il. « La peinture est mon exutoire, je peux y passer des heures sans voir le temps passer. Cela me permet de tout oublier et m’apporte énormément de joie » ajoute Paul Kupelian qui affirme que, comme pour beaucoup d’artistes, son art est sa thérapie. Ajoutez à cette passion celle de l’histoire, la géopolitique, la philosophie, la musique, les voyages, le sport, vous obtenez, dans chaque toile, une nouvelle fenêtre ou un nouveau miroir où chacun peut trouver une réponse à ses propres questionnements.

 


Deuxième jour de la RSFW: défilé historique de maillots de bain et dentelle élégante

La collection d’EAU comprenait des maillots de bain simples – une pièce en V profond, motifs à épaules dénudées, tops bandeau et divers paréos. (Photo fournie)
La collection d’EAU comprenait des maillots de bain simples – une pièce en V profond, motifs à épaules dénudées, tops bandeau et divers paréos. (Photo fournie)
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  • Certains looks élégants étaient associés à des couvre-chefs soyeux et à des sacs à main sophistiqués
  • La collection de Sara Altwaim, comprenait un certain nombre de robes blanches fluides en dentelle et en mousseline

MER ROUGE: La marque marocaine EAU a marqué l’histoire en lançant, vendredi, la deuxième série de défilés de la Red Sea Fashion Week. En effet, c’est la première fois que des maillots de bain font leur entrée sur un podium saoudien.

Avec la piscine scintillante de St. Regis et les palmiers ondulants en arrière-plan, la deuxième RSFW a mis en valeur l’une des pièces incontournables de l’été.

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EAU. (Photo fournie)

La collection comprenait des maillots de bain simples – une pièce en V profond, motifs à épaules dénudées, tops bandeau et divers paréos. Bleu roi, jaune moutarde, vert chasseur et rouge marron dominaient la collection, créant une palette d’automne plutôt singulière, mais bienvenue, pour la saison estivale à venir.

Certains looks élégants étaient associés à des couvre-chefs soyeux et à des sacs à main sophistiqués, notamment des paniers tressés parsemés de strass, des sacs de plage en paille et des pochettes à franges.

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Sarah Altwaim. (Photo fournie)

La mode affluait à mesure que la mer Rouge brillait. La collection de Sara Altwaim comprenait un certain nombre de robes blanches fluides en dentelle et en mousseline. Chacune des pièces est attrayante, grâce à une touche individuelle, de subtiles perles, des coupes superposées ou un mélange de tissus.

Altwaim a présenté un tissu en mousseline d’inspiration sous-marine présentant des croquis de créatures des fonds marins, comme les poissons, les crevettes et les crabes, qui ont fait leur apparition dans une variété d’ensembles.

Les cols de perles très superposés, les jupes en forme de paréo, les résilles ornées de bijoux, les tissus métalliques et les vêtements fluides étaient également inspirés de la vie marine.

La créatrice saoudienne Yasmina Q a introduit les vêtements d’intérieur, clôturant les défilés avec une collection de robes en tricot effet côtelé dans des tons vert menthe, bleu écume de mer, jaune vif, corail et bien plus encore.

Il y avait aussi des manches évasées et une taille ajustée qui se transformait en une forme trapèze. Certaines pièces étaient également sans manches pour un look estival plus décontracté. La collection, composée de lunettes de soleil et de chapeauxestivaux, présentait également une gamme de vêtements d’intérieur, allant des bas côtelés aux hauts ajustés simples, en passant par les chemises côtelées, les hauts kimonos et les pulls amples.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les 80 ans de Dave: «pour un beatnik, faire carrière est un gros mot!»

Le chanteur néerlandais francophone Wouter Otto Levenbach alias Dave, pose lors d'une séance photo à Paris le 29 avril 2024 (Photo, AFP).
Le chanteur néerlandais francophone Wouter Otto Levenbach alias Dave, pose lors d'une séance photo à Paris le 29 avril 2024 (Photo, AFP).
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  • Mardi, Dave fête ses 80 ans et ses 60 ans de scène au Grand Rex, à Paris
  • Débarqué des Pays-Bas, le jeune Wouter Otto Levenbach débute à Paris en 1965

PARIS: "A 20 ans, je rêvais de vivre en chantant, surtout pas faire carrière! Pour le beatnik que j'étais, c'était un gros mot!": à 80 ans, Dave, l'interprète des indémodables "Vanina" et "Du côté de chez Swann", n'en revient pas d'être devenu un chanteur populaire mais refuse de songer à des adieux.

"J'aimerais bien chanter jusqu’à la fin. La scène, c'est le nirvana et on nous paie pour ça, en plus!", confie à l'AFP le plus Français des Néerlandais, connu aussi pour son franc-parler.

Mardi, Dave fête ses 80 ans et ses 60 ans de scène au Grand Rex, à Paris, avant une nouvelle tournée qui passera par Amsterdam et Bruxelles.

"Quand je suis devenu chanteur populaire, je n'ai rien compris. En plus, je n'étais pas du tout branché +variétoche+...", ajoute celui qui est toujours fan de jazz.

Débarqué des Pays-Bas, le jeune Wouter Otto Levenbach débute à Paris en 1965: "je faisais la manche dans le Quartier latin. En m'accompagnant à la guitare, je reprenais les succès du moment", raconte Dave, qui vient de publier une autobiographie, "Comment ne pas être amoureux de vous" (Talent Editions).

"On m'a conseillé d'aller plutôt à Saint-Tropez. (...) Maintenant, j'y retourne, mais comme client!", ajoute le chanteur vite remarqué par le producteur Eddie Barclay.

En 1972, il est enrôlé dans l'opéra-rock "Godspell". Deux ans après, il perce enfin avec la reprise de "Sugar Baby Love" des Rubbets, adapté en français par son compagnon Patrick Loiseau, qui deviendra son parolier attitré. La même année, "Vanina" dépasse le million d'exemplaires.

Après "Dansez maintenant" et "Mon cœur est malade", deux autres tubes, Dave se maintient au sommet du hit-parade avec "Du côté de chez Swann", une ballade romantique signée encore Patrick Loiseau et devenue l'une des chansons emblématiques des seventies.

«Comme Henri Salvador»

"Quand Patrick m'a proposé ce texte, je lui ai demandé s’il n'était pas fou. Cela me semblait trop littéraire et je pensais que ça ne marcherait jamais... Finalement, le succès a été énorme. Ma seule chanson diffusée sur France Inter!", ironise-t-il.

"Sans prétention, les textes étaient plutôt intéressants à l'époque. Aujourd'hui, ils ont perdu un peu en qualité", juge-t-il. Dans la jeune génération, Zaho de Sagazan et Vianney sont toutefois ses préférés.

"Depuis toujours, j'aime amuser la galerie avec des blagues caustiques mais je suis un gentil avec un bon fond", assure le chanteur, victime d'une lourde chute en 2022 qui a entraîné quatre jours de coma, avec, pour seules séquelles, la perte de l'odorat et du goût.

A 80 ans, le chanteur rêve d'un album "à un million d’exemplaires, comme Henri Salvador à la fin de sa vie".

"Pour le plus tard possible", Dave a laissé des instructions pour qu'on grave sur son urne funéraire le mot "ouf": "parce que je serai probablement content que cela se termine et parce que +ouf+ en verlan, veut dire fou. Un bon résumé de ma vie".