BeReal, l'application anti Instagram qui mise tout sur l'authenticité

BeReal, un réseau social créé par deux Français, qui promet une expérience sans filtre, loin du vernis d'Instagram. (Photo, bere.al)
BeReal, un réseau social créé par deux Français, qui promet une expérience sans filtre, loin du vernis d'Instagram. (Photo, bere.al)
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Publié le Mardi 06 septembre 2022

BeReal, l'application anti Instagram qui mise tout sur l'authenticité

BeReal, un réseau social créé par deux Français, qui promet une expérience sans filtre, loin du vernis d'Instagram. (Photo, bere.al)
  • Dès la réception de la notification quotidienne, les utilisateurs ont 2 minutes pour lancer l'application et photographier le lieu où ils se trouvent
  • Selon Carolina Milanesi de Creative Strategies, l'attrait pour BeReal vient précisément d'un besoin d'authenticité en réaction aux images trop parfaites d'un réseau comme Instagram

SAN FRANCISCO: Un selfie et une photo de son environnement à une heure différente chaque jour: c'est le principe de BeReal, un réseau social créé par deux Français, qui promet une expérience sans filtre, loin du vernis d'Instagram. 

Dès la réception de la notification quotidienne, les utilisateurs ont 2 minutes pour lancer l'application et photographier le lieu où ils se trouvent. Leurs amis peuvent réagir en mimant des emojis comme un pouce levé, une moue surprise ou un visage hilare. 

Dans le mode "Découverte", des photos d'utilisateurs défilent de manière aléatoire: l'une montre une partie de billard en cours, une autre la caisse d'un fast-food, une troisième une vidéo diffusée sur un ordinateur. 

Lancée en 2020, la plateforme cartonne depuis quelques mois, en particulier chez la génération Z, née entre la fin des années 1990 et le début des années 2010. Elle totalise près de 35 millions d'installations, selon des données fournies par le cabinet spécialisé data.ai. 

BeReal était même début septembre l'application mobile la plus téléchargée aux Etats-Unis (iOS et Google Play confondus) et figurait dans le top 3 en France et au Royaume-Uni. 

Malgré sa popularité, la start-up parisienne verrouille sa communication et ses dirigeants n'accordent pas d'interview aux médias. En guise de réponse à une demande de l'AFP, BeReal a fait parvenir une succincte fiche d'information détaillant le fonctionnement de l'application. 

Sur le profil LinkedIn des cofondateurs, Alexis Barreyat et Kevin Perreau, on apprend qu'ils ont étudié à l'école de codage informatique "42", créée et financée par le milliardaire Xavier Niel, et qu'ils sont tous deux amateurs de sports extrêmes. 

M. Barreyat, originaire de la Drôme, a notamment travaillé pour le fabricant de caméras d'action GoPro avant de créer BeReal, qui emploie actuellement une centaine de salariés. 

A l'été 2021, la start-up a levé 30 millions de dollars auprès de plusieurs investisseurs, dont le fonds américain de capital-risque Andreessen Horowitz et Kima Ventures, la holding spécialisée dans le capital d'amorçage de M. Niel. 

Selon le site spécialisé Business Insider, un nouveau tour de table en mai a permis à BeReal de lever 85 millions de dollars supplémentaires, valorisant la société à 600 millions de dollars. 

Montrer son vrai visage 

Selon le directeur de Kima Ventures, Jean de la Rochebrochard, l'idée de BeReal est venue à Alexis Barreyat lors d'un tournage pour GoPro d'une démonstration de VTT. 

"Alors qu'il vivait l'instant, il a été surpris de voir autant d'influenceurs s'activer pour mettre en scène leurs vies avec d'innombrables photos et stories, en essayant des dizaines de filtres et en ratant entièrement le spectacle", a écrit M. de la Rochebrochard sur son blog. 

"Cela rendait même certains d'entre eux et leur public malheureux." 

Selon Carolina Milanesi de Creative Strategies, l'attrait pour BeReal vient précisément d'un besoin d'authenticité en réaction aux images trop parfaites d'un réseau comme Instagram. 

"Les gens sont fatigués des portraits parfaitement lisses qui ne reflètent pas la vie réelle", décrit l'analyste. 

"Pour les membres de la génération Z, cela semble être un terrain fertile étant donné qu'ils veulent montrer qui ils sont, à quoi ressemble vraiment leur vie et comment ils se débrouillent", ajoute-t-elle. 

Reste à savoir si BeReal saura s'inscrire dans la durée ou ne sera qu'un feu de paille, comme semble le penser Jennifer Stromer-Galley, professeure à l'école de sciences de l'information de l'université de Syracuse (Etat de New York) 

"Il n'y a pas de raison claire d'y rester au-delà du voyeurisme consistant à observer les expériences de vie d'autres personnes", estime l'universitaire. 

L'application suscite également des questions sur la gestion de la vie privée de ses utilisateurs. 

"Supposons que la caméra arrière montre un ami, vos enfants, l'endroit où vous habitez ou alors votre bureau ou votre écran d'ordinateur", imagine Mme Stromer-Galley, qui s'interroge sur l'usage que pourrait faire de ces données des hackers ou des harceleurs. 

Pour l'heure, BeReal continue en tout cas d'intriguer. Selon le développeur Alessandro Paluzzi, Instagram teste déjà une fonctionnalité, intitulée IG Candids, qui réplique le concept de l'application française. 


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com