Nouveau sommet du dollar depuis 2002 face à l'euro, depuis 1998 face au yen

Le dollar a enregistré mardi des plus hauts depuis 2002 face à l'euro (Photo, AFP).
Le dollar a enregistré mardi des plus hauts depuis 2002 face à l'euro (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 07 septembre 2022

Nouveau sommet du dollar depuis 2002 face à l'euro, depuis 1998 face au yen

  • Les cambistes ont été sensibles à l'indicateur macroéconomique du jour
  • Cette hausse présage la poursuite du resserrement monétaire à marche forcée aux États-Unis.

NEW YORK: Le dollar a enregistré mardi des plus hauts depuis 2002 face à l'euro et depuis 1998 face au yen, propulsé par la résistance de l'économie américaine, qui présage d'une poursuite du resserrement monétaire à marche forcée aux États-Unis.

Vers 19H15 GMT, le billet vert gagnait 0,21% face à la monnaie unique, à 0,9906 dollar pour un euro. Plus tôt mardi, l'euro avait reculé jusqu'à 0,9864 dollar, une première depuis début décembre 2002.

Les cambistes ont été sensibles à l'indicateur macroéconomique du jour aux États-Unis, à savoir l'indice ISM d'activité dans les services, qui est ressorti, en août, nettement au-dessus des attentes, à 56,9% contre 55,5% anticipé par les économistes.

Le chiffre s'ajoute aux derniers indicateurs américains, qui témoignent, globalement, de la capacité de la première économie mondiale à absorber les hausses de taux d'intérêt, ce qui "soutient l'hypothèse d'un atterrissage en douceur", estime Marc Chandler, de Bannockburn Global Forex.

"C'est un concours de laideur en ce moment" entre économies majeures, toutes prises dans une vague d'incertitude, selon l'analyste. "Et les États-Unis ont l'air un peu moins laids que les autres."

"Cela signifie que les taux d'intérêt vont continuer à monter", a-t-il poursuivi, la banque centrale américaine (Fed) ayant la latitude nécessaire pour poursuivre son resserrement monétaire sans asphyxier l'économie américaine.

Le rendement des emprunts d'État américains à 2 ans, plus représentatif des attentes du marché en matière de politique monétaire que le taux à 10 ans, a décollé mardi, à 3,50%, contre 3,38% vendredi.

A cela s'ajoute, dans le cas du couple euro/dollar, le poids de la crise énergétique en Europe, qui a connu un nouveau tournant vendredi avec l'annonce du report sine die de la réouverture du gazoduc Nord Stream 1, assurant l'essentiel des approvisionnements en gaz russe.

Pour les économistes de Pantheon Macroeconomics, le plongeon de l'euro face au dollar "va être un motif d'inquiétude" pour les membres du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), du fait de sa capacité à aggraver l'inflation en zone euro, déjà historiquement élevée.

Cela pourrait inciter la BCE à "y aller fort" jeudi, selon eux, lors de la réunion du Conseil des gouverneurs et à relever de 0,75 point de pourcentage son taux directeur, du jamais vu.

Si la livre sterling s'est, elle, offert un peu de répit mardi face au dollar, le yen, lui, a été de nouveau enfoncé, pour tomber à 143,07 yens pour un dollar, un niveau qu'il n'avait plus fréquenté depuis août 1998.

"La Banque du Japon (BoJ) est de plus en plus en décalage en matière de politique monétaire", a commenté Peter Boockvar, de Bleakley Advisory Group.

Mardi, le ministre japonais des Finances, Shunichi Suzuki, a déclaré que les mouvements brutaux sur le marché des changes n'étaient "pas souhaitables", mais n'a pas évoqué, contrairement à vendredi, d'intervention pour y remédier.

Pour Peter Boockvar, le devise nippone "semble se diriger vers 150" yens pour un dollar, ce qui serait une première depuis 1990, soit 32 ans.

Cours de mardi   Cours de lundi

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19h15 GMT  21h00 GMT

EUR/USD    0,9906     0,9929

EUR/JPY    141,48     139,60

EUR/CHF    0,9753     0,9728

EUR/GBP    0,8595     0,8621

USD/JPY    142,82     140,60

USD/CHF    0,9845     0,9798

GBP/USD    1,1525     1,1517


 


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com