Pour dire adieu à la reine, un dernier regard, un signe de la main

Des membres du public près du Tower Bridge, alors qu'ils font la queue pour rendre hommage à la défunte reine Elizabeth II, à Londres, le 16 septembre 2022. (Photo de Loic Venance / AFP)
Des membres du public près du Tower Bridge, alors qu'ils font la queue pour rendre hommage à la défunte reine Elizabeth II, à Londres, le 16 septembre 2022. (Photo de Loic Venance / AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 16 septembre 2022

Pour dire adieu à la reine, un dernier regard, un signe de la main

  • A l'aube vendredi, ceux qui ont fait la queue toute la nuit, parviennent enfin à passer un bref instant, quelques secondes, devant la souveraine
  • L'attente, montée à 14 heures vendredi, n'a pas dissuadé même ceux qui sont sur des béquilles

LONDRES : En quittant Westminster Hall après s'être recueillis face au cercueil, rares sont ceux qui y résistent: un regard fugace, un signe de la main, pour saluer, une dernière fois la reine Elizabeth II.

Dans le cadre majestueux de cette salle millénaire, le cercueil de la reine se trouve sur un haut catafalque, surmonté de l'étendard royal, de la couronne impériale, du sceptre et de l'orbe. Un décorum qui frappe immédiatement quiconque y pénètre.

Le flot humain, des personnes de tous âges et de toutes origines, coule sans discontinuer depuis l'ouverture au public mercredi à 17H00 (16H00 GMT). L'exposition du cercueil au public s'achèvera lundi matin, avant les funérailles d'Etat de la reine, qui s'est éteinte le 8 septembre à 96 ans.

A l'aube vendredi, ceux qui ont fait la queue toute la nuit, parviennent enfin à passer un bref instant, quelques secondes, devant la monarque au règne d'une longévité sans précédent au Royaume-Uni, 70 ans.

Certains se présentent habillés pour l'occasion, vêtus de noir, d'autres dans leur tenue de tous les jours.

L'attente, montée à 14 heures vendredi, n'a pas dissuadé même ceux qui sont sur des béquilles.

Une fois à l'intérieur, sous la charpente de bois - qui se revendique la plus grande en Europe et a abrité les procès de Guy Fawkes, qui a voulu faire exploser le Parlement en 1606, et du roi Charles Ier en 1649 - la file d'attente se divise en quatre lignes distinctes.

- Emotion et réconfort -

Dans le silence digne qui règne dans la haute salle, où n'arrivent qu'étouffés les bruits du petit matin, les hommages, sincères, maladroits, touchants, se succèdent des deux côtés du catafalque.

Une femme s'incline. Une autre tente une révérence complète. Des messieurs aux chapeaux passés de mode se découvrent. Nombreux sont ceux qui font un signe de croix.

D'anciens combattants, la poitrine chargée de médailles, s'arrêtent fièrement quelques secondes.

Pour quelques uns, l'intensité du moment est telle qu'ils se mettent à pleurer. Ceux qui sont venus accompagnés se réconfortent, se tenant par l'épaule, la main.

Ni téléphone, ni photos ne sont autorisés.

Un petit chien d'aide surgit de l'accès pour les personnes handicapées, tirant sa laisse tenue par une petite fille. La queue remuante, inconscient de la solennité ambiante, il renifle avec entrain le tapis beige désignant le chemin à suivre.

- Relève de la garde -

Toutes les 20 minutes, la relève des gardes qui veillent sur la reine vient interrompre le silence et le défilé. Annoncé par deux lourds coups de canne, Yeomen et archers de la Royal Company arrivent du coin nord-est.

La chorégraphie centenaire millimétrée, qui résonne sur le sol de pierres, captive l'assistance.

Les plus gradés des Gentlement at Arms, la garde rapprochée de la reine, sont parés de casques à plumes de cygnes et manteaux rouges à jupe munis des manchettes en velours bleu.

Les Yeomen de la Garde sont parés de leur baudrier partant de l'épaule gauche, qui les distingue de leurs homologues Yeomen Warders, les célèbres "Beefeaters" de la Tour de Londres qui veillent sur les joyaux de la couronne.

Très vite, tous sont à nouveau en place, aux côtés de policiers gantés de blanc. Le silence retombe.

Un peu de cire tombée des quatre imposants chandeliers qui entourent l'estrade est nettoyée. Le défilé reprend.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
Short Url
  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Short Url
  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Short Url
  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.