Moutarde, huiles ou biscuits: pourquoi autant de ruptures en rayon?

Une photo prise le 7 septembre 2022 montre des pots de moutarde collectés pour être recyclés, à la moutarderie Reine de Dijon à Fleurey sur Ouche, dans l'est de la France. (Photo :Olivier Chassignole / AFP)
Une photo prise le 7 septembre 2022 montre des pots de moutarde collectés pour être recyclés, à la moutarderie Reine de Dijon à Fleurey sur Ouche, dans l'est de la France. (Photo :Olivier Chassignole / AFP)
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Publié le Vendredi 23 septembre 2022

Moutarde, huiles ou biscuits: pourquoi autant de ruptures en rayon?

  • Les images deviennent familières: rayons de supermarchés dégarnis, produits introuvables voire des disputes pour le dernier paquet de farine ou la dernière bouteille d'huile
  • Tous les acteurs s'accordent à dire que ce sont avant tout les achats dits «de précaution» qui vident les rayons

PARIS : Du papier toilette aux gâteaux chocolatés, en passant par l'huile de tournesol ou la moutarde, pas un mois ou presque sans une rupture dans les rayons des supermarchés.

Explications sur ce phénomène qui déroute les consommateurs et ne fait pas les affaires des supermarchés.

La fin de l'abondance?

Les images deviennent familières: rayons de supermarchés dégarnis, produits introuvables voire des disputes pour le dernier paquet de farine ou la dernière bouteille d'huile.

Dans le quotidien Le Parisien, un représentant de Système U assurait récemment n'avoir «jamais connu des ruptures d'approvisionnement à un niveau aussi élevé».

Il y a eu l'huile de tournesol, depuis l'invasion de l'Ukraine, un important producteur de cette plante, par la Russie. Ou le papier toilette au début de l'épidémie de Covid-19 en 2020.

Depuis le début du conflit en Ukraine, de début mars à mi-août, ce sont la moutarde, les vinaigrettes, les boissons non alcolisées, les chips, les huiles ou encore la volaille qui ont été touchées, selon un baromètre établi par le panéliste NielsenIQ.

Il reste que 96,4% des références sont restées disponibles en rayons en août, selon cette même source. Mais le taux de ruptures, qui durent en moyenne 4 jours, est anormalement élévé dans un pays habitué à ne manquer de rien.

Comment s'expliquent ces ruptures?

Jusqu'à l'épidémie de Covid-19, l'approvisionnement des magasins était une mécanique bien huilée.

Avant de passer commande, les commerçants se basaient sur les ventes lors de la même période les années précédentes, en tenant compte d'événements particuliers comme des fêtes de fin d'année ou l'arrivée des beaux jours.

Mais depuis 2020, entre confinements, télétravail et impact de la guerre en Ukraine, les prévisions sont beaucoup moins précises.

Tous les acteurs s'accordent à dire que ce sont avant tout les achats dits «de précaution» qui vident les rayons: les clients, entendant que les récoltes de moutarde ont été mauvaises, ou voyant que les rayons sont déjà bien dégarnis, vont être tentés d'acheter plus de ces produits qu'à l'accoutumée, pour les stocker chez eux.

«Au moins de juin, on n'avait plus de moutarde parce qu'on avait réalisé notre chiffre de l'année», a récemment expliqué sur RMC/BFMTV Michel-Edouard Leclerc, le président du comité stratégique des magasins E.Leclerc. Les Français ont acheté en six mois ce que le leader de la grande distribution pensait vendre en un an.

«Si je cite une marque» qui pourrait venir à manquer prochainement, «tout le monde va se précipiter» pour l'acheter, disait aussi Michel-Edouard Leclerc.

Cet empressement échappe aux modèles prévisionnels des commerces, qui vont vouloir passer commande au même moment, engorgeant la chaîne d'approvisionnement. En outre, les fournisseurs peuvent être tentés de facturer plus cher puisque les stocks disponibles sont aprement disputés.

Les professionnels y ont-ils intérêt ?

Si l'huile de tournesol a fait son retour en magasins, c'est souvent à des prix plus élevés, suggérant que les supermarchés profitent de la crise.

Les professionnels répondent que ces approvisionnements leur coûtent, tout comme les emballages et le transport.

Mais puisque la demande est élevée, certains ont pu être tentés par un renchérissement des prix.

En tout état de cause, les commerçants n'aiment pas laisser des rayons vides, qu'ils voient comme du manque à gagner, estimé par NielsenIQ à 2,7 milliards d'euros depuis le début de l'année. Un chiffre à nuancer toutefois car il ne prend pas en compte les «surventes» réalisées lorsque le produit est disponible en rayons.

Certaines ruptures sont-elles volontaires ?

Certaines ruptures sont toutefois choisies par les professionnels, qu'ils soient agro-industriels ou distributeurs.

Les amateurs de Mikado, Petit Ecolier, Pépito ou Pim's ont dernièrement observé que certains de leurs produits manquaient en rayons. C'est la conséquence de la décision du groupe qui détient ces marques, Mondelez, d'un «nettoyage en profondeur» d'un site de production, à la suite d'une alerte à la salmonelle dans une usine belge d'un de ses fournisseurs en chocolat, et après s'être assuré qu'aucun produit mis en vente ne contienne de chocolat contaminé.

Autre cas de figure: les eaux du groupe Danone, parmi lesquelles Evian, Badoit, Volvic. Dans de nombreux magasins Intermarché, elles ne sont plus vendues. Nul arrêt de la production, mais une dissension entre le fabricant et le commerçant sur le coût d'achat.


Câbles industriels: Nexans annonce un «réaménagement du calendrier» du mégaprojet à Chypre

Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe. (AFP)
Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe. (AFP)
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  • Nexans avait remporté à l'été 2023 un contrat de 1,43 milliard d'euros pour construire le tronçon Chypre-Grèce de l'interconnecteur électrique EuroAsia, "le plus grand projet d'interconnexion de l'histoire"
  • Chypre est en effet le seul pays européen sans raccordement au gaz ni connexion électrique avec le réseau du continent européen

PARIS: Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe.

"Un réaménagement du calendrier d'activités est actuellement à l'étude avec le client" concernant ce projet, le Great Sea Interconnector (GSI), a déclaré Nexans dans un communiqué, soulignant travailler "en étroite collaboration avec son client afin d'examiner les différentes options en vue de l'élaboration d'un calendrier d'exécution ajusté".

Le groupe assure qu'il "exécute le projet conformément à ses obligations contractuelles et en ligne avec les étapes définies depuis 2023".

Nexans avait remporté à l'été 2023 un contrat de 1,43 milliard d'euros pour construire le tronçon Chypre-Grèce de l'interconnecteur électrique EuroAsia, "le plus grand projet d'interconnexion de l'histoire" qui doit relier Israël, Chypre et l'Union européenne.

Chypre est en effet le seul pays européen sans raccordement au gaz ni connexion électrique avec le réseau du continent européen.

Nexans indique que "ces ajustements affectent la date de livraison du projet" sans apporter plus de précisions, et qu'il reste "pleinement engagé dans l'exécution de ce projet aux côtés de son client".

Ces changements, en revanche, n'ont "pas d'impact sur la guidance 2028 de Nexans, grâce à la solidité du carnet de commandes du groupe et à la mise en œuvre proactive d'actions visant à compenser tout impact potentiel dès 2026".

Nexans communiquera ses prévisions 2026 lors de la publication de ses résultats annuels 2025, le 19 février.

Nexans, 2e mondial de son secteur derrière l'italien Prysmian, compte 28.500 collaborateurs dans 41 pays. Le groupe s'est depuis quelques années recentré sur le transport d'électricité et l'électrification (raccordement des champs éoliens offshore aux réseaux électriques, rénovation et développement des réseaux de transport d'électricité dans de nombreux pays...).

 


Holcim rachète le fabricant français de produits préfabriqués en béton Alkern

Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions. (AFP)
Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions. (AFP)
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  • Son rachat devrait générer 11 millions d'euros de synergies au niveau de l'Ebitda à partir de la troisième année suivant sa reprise et avoir un impact positif sur le bénéfice par action dès la première année, précise le groupe suisse
  • Cette acquisition va permettre à Holcim d'avancer dans son objectif visant à se renforcer dans les solutions de construction pour représenter 50% du total de son chiffre d'affaires en 2030, ajoute le communiqué

ZURICH: Le cimentier suisse Holcim a annoncé mardi avoir finalisé l'acquisition du français Alkern, un fabricant de produits préfabriqués en béton.

Fondée en 1972, l'entreprise basée à Harnes dans le Pas-de-Calais emploie 1.000 personnes à travers 50 sites de production en France et en Belgique et a réalisé un chiffre d'affaires de 250 millions d'euros en 2025, indique le groupe suisse dans un communiqué.

Son rachat devrait générer 11 millions d'euros de synergies au niveau de l'Ebitda à partir de la troisième année suivant sa reprise et avoir un impact positif sur le bénéfice par action dès la première année, précise le groupe suisse, qui avait fusionné en 2015 avec le français Lafarge.

Cette acquisition va permettre à Holcim d'avancer dans son objectif visant à se renforcer dans les solutions de construction pour représenter 50% du total de son chiffre d'affaires en 2030, ajoute le communiqué.

En mai 2025, le géant suisse des matériaux de construction avait annoncé être entré en négociations exclusives avec la société de capital-investissement Chequers Capital en vue du rachat d'Alkern.

Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions.

Dans un commentaire boursier, Martin Hüsler, analyste à la Banque cantonale de Zurich, souligne que le groupe suisse ne fournit aucune indication sur le montant de la transaction, ni sur la rentabilité d'Alkern. Mais il suppose que le prix d'achat est "inférieur à une fois les revenus" d'Alkern.

Avec ses 250 millions d'euros de chiffre d'affaires, l'entreprise française représente "1,5%" des revenus d'Holcim, ajoute l'analyste, qui note qu'il s'agit de sa "troisième acquisition majeure depuis octobre", après celle de l'allemand Xella en octobre, puis du péruvien Cementos Pacasmayo mi-décembre.

 


L’Inde affirme être devenue la quatrième économie du monde, devant le Japon

La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions. (AFP)
La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions. (AFP)
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  • "Avec un PIB évalué à 4.180 milliards de dollars (3.555 milliards d'euros), l’Inde a dépassé le Japon pour devenir la quatrième économie mondiale, et est sur le point de déloger l’Allemagne de la troisième place dans les 2,5 à 3 prochaines années"
  • Selon le Fonds monétaire international, ce n’est qu'en 2026 que l'Inde figurera à la quatrième place : il estime que son PIB atteindra alors 4,51 milliards de dollars, contre 4.460 milliards pour le Japon

NEW DELHI: L’Inde est devenue la quatrième économie de la planète, devant le Japon, et les autorités espèrent qu'elle dépassera l’Allemagne d’ici trois ans, selon le bilan économique de fin d’année établi par le gouvernement.

La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions.

"L’Inde fait partie des grandes économies affichant la croissance la plus rapide au monde et est bien placée pour maintenir cet élan", affirme la note économique.

"Avec un PIB évalué à 4.180 milliards de dollars (3.555 milliards d'euros), l’Inde a dépassé le Japon pour devenir la quatrième économie mondiale, et est sur le point de déloger l’Allemagne de la troisième place dans les 2,5 à 3 prochaines années, avec un PIB estimé à 7.300 milliards de dollars d’ici 2030".

Selon le Fonds monétaire international, ce n’est qu'en 2026 que l'Inde figurera à la quatrième place : il estime que son PIB atteindra alors 4,51 milliards de dollars, contre 4.460 milliards pour le Japon.  Les Etats-Unis, la Chine et l'Allemagne sont, dans cet ordre, les plus grandes économies au monde, selon le FMI.

Les prévisions optimistes de New Delhi interviennent dans un contexte économique compliqué pour le pays le plus peuplé de la planète, avec 1,4 milliard d'habitants.

Fin août, Washington, le premier partenaire commercial du pays, a imposé une hausse de 50% des droits de douane sur les produits "made in India" arrivant aux Etats-Unis, en représailles à ses achats de pétrole russe.

La croissance continue reflète "la résilience de l’Inde face aux incertitudes persistantes (qui pèsent) sur le commerce international", estime le gouvernement.

Le PIB par habitant de l’Inde atteignait 2.694 dollars en 2024, selon les derniers chiffres de la Banque mondiale, soit douze fois moins que les 32.487 dollars du Japon et vingt fois moins que les 56.103 dollars de l’Allemagne.

Plus d’un quart des habitants de l’Inde ont entre 10 et 26 ans, selon les données gouvernementales, mais le taux de chômage des jeunes diplômés reste très élevé.

Le Premier ministre Narendra Modi a annoncé des allégements fiscaux et des réformes du droit du travail après que la croissance économique a atteint un plus bas en quatre ans, au cours de l'exercice annuel clos le 31 mars.

La roupie indienne a atteint un niveau historiquement bas face au dollar début décembre — après avoir chuté d’environ 5% en 2025 — en raison des notamment inquiétudes persistantes liées à l’absence d’accord commercial avec Washington.