Mélenchon annonce dimanche soir le lancement de sa campagne présidentielle

Le leader du parti de gauche français La France Insoumise (LFI), Jean-Luc Melenchon, à l'Assemblée nationale à Paris. (Christophe ARCHAMBAULT / AFP)
Le leader du parti de gauche français La France Insoumise (LFI), Jean-Luc Melenchon, à l'Assemblée nationale à Paris. (Christophe ARCHAMBAULT / AFP)
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Publié le Dimanche 08 novembre 2020

Mélenchon annonce dimanche soir le lancement de sa campagne présidentielle

  • Jean-Luc Mélenchon a annoncé dimanche soir sur TF1 sa candidature à l'élection présidentielle de 2022,
  • "Le paysage n'est pas celui auquel on avait pensé, avec l'angoisse des attentats et du confinement"

PARIS: Le chef des Insoumis Jean-Luc Mélenchon annonce dimanche soir sur TF1 sa candidature à l'élection présidentielle de 2022, conscient de la difficulté du contexte politique et de l'affaiblissement de sa position par rapport à 2017.

Initialement prévue fin octobre avant d'être reportée en raison des contextes sanitaire et terroriste, l'annonce, au JT de 20 heures, ne sera pas une surprise, les proches de M. Mélenchon ayant répété depuis plusieurs mois qu'il était à leurs yeux le meilleur candidat.

Dans la foulée à 21H00, fidèle à la communication numérique déployée depuis plusieurs années, le président des députés France insoumise va aussi faire une intervention sur les réseaux sociaux, a précisé son entourage à l'AFP.

"Le paysage n'est pas celui auquel on avait pensé, avec l'angoisse des attentats et du confinement", reconnaît son disciple et ami le député Alexis Corbière. "Mais il y a aussi plus que jamais l'idée qu'il ne faut pas trop tarder afin de faire une campagne longue".

"Jean-Luc Mélenchon, c'est un peu le le candidat permanent", a critiqué dimanche le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, dénonçant le choix du leader insoumis de se déclarer en pleine crise sanitaire.

Avant de se lancer, Jean-Luc Mélenchon, 69 ans, a réuni une dernière fois, samedi, l'aréopage des parlementaires Insoumis.

L'occasion de caler les derniers détails du dispositif de campagne, dont le cadre sera inédit et ne se limitera pas à La France insoumise, selon un membre du Parti de gauche (PG), créé par M. Mélenchon en 2008.

"C'est la théorie de la poupée russe: il construit chaque fois une couche supplémentaire sur son socle", analyse cette source. "Ca a d'abord été le PG, puis le Front de gauche avec les communistes en 2012, puis LFI en 2016 pour sa campagne de 2017. Chaque étape lui a permis de gagner des voix".

"Page blanche"

Le tribun au tempérament éruptif sait en effet qu'il part affaibli par rapport à sa 4e place de 2017 (19,58%), alors même qu'il devra faire progresser ce score pour se qualifier au second tour.

Son image a été atteinte par sa réaction colérique à la perquisition au siège de LFI en 2018 et il est régulièrement pointé du doigt à droite et dans la majorité pour son rapport à la laïcité.

Les sondages le placent très loin d'Emmanuel Macron et Marine Le Pen. "Je ne crois pas que ce soit sur cette ligne-là que la gauche puisse remporter l'élection présidentielle", a taclé dimanche l'ancien président François Hollande sur France 3.

"Nous allons quasiment devoir vider la mer avec nos mains, la mer du scepticisme, de la résignation, de l'incompréhension", expliquait M. Mélenchon la semaine dernière. "Il faut construire une majorité positive, et il y a un trou de souris pour nous. Mais ça ne fonctionne que si on convainc, on a besoin de délais, on a toujours fait des campagnes longues."

Se déclarer dès dimanche, à 18 mois du scrutin, soit encore plus tôt que pour l'élection de 2017, a aussi pour but de couper l'herbe sous le pied des Verts, qui n'auront de candidat officiel que l'été prochain. Car ce sont eux qui occupent désormais une position centrale à gauche après la réussite de leurs élections européennes (13,5%) et municipales (plusieurs grandes villes remportées) - que les Insoumis ont ratées.

"Mélenchon a pour lui d'être identifié, d'être un repère, une vigie. Les gens qui ne s'intéressent pas à la politique connaissent cinq ou six personnalités au maximum et lui en fait partie", relève cependant l'eurodéputé Emmanuel Maurel, allié à LFI.

Reste à savoir quelle stratégie de fond adoptera le député des Bouches-du-Rhône. "Ils veulent faire le coup de la page blanche: à la présidentielle on repart de zéro et le talent de Mélenchon fera le reste. Mais c'est sous-estimer ce à quoi va ressembler 2022", commente, sceptique, un ancien compagnon de route.

Pour un député insoumis, il faudra aller chercher les abstentionnistes: "Jean-Luc sera à nouveau un candidat qui se veut populaire, apportant des solutions aux crises sociale, écologique et démocratique". 


L'ex-Premier ministre Edouard Philippe soupçonné de détournement de fonds publics

L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
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  • Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025
  • Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête

PARIS: L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi.

Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile.

Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête.

La lanceuse d'alerte, "Judith" (prénom modifié), "se félicite de l'ouverture d'une information judiciaire sur les faits qu'elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d'instruction", a réagi auprès de l'AFP son avocat Jérôme Karsenti.

Les faits sont contestés depuis le début par M. Philippe, qui a été le premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron (2017-2020).

La maire du Havre "prend acte de l'ouverture d'une information judiciaire. Il l'apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice", a réagi auprès de l'AFP son entourage.

Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l'innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise.

La plainte consultée par l'AFP estimait que le juge d'instruction devait "apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique", un tiers-lieu d'innovation.

Les soupçons portent sur une convention d'objectifs pluriannuelle pour l'animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l'association LH French Tech.

LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG).

L'association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets.

Le conflit d'intérêts "semble absolument évident", a considéré à l'époque la lanceuse d'alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023 et qui avait obtenu le statut de lanceuse d'alerte en janvier 2025.


De retour d'Alger, Darmanin se dit «très rassuré par la façon dont Christophe Gleizes est traité»

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
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  • Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger
  • Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie

PARIS: Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger.

"Nous avons rappelé qu'il faut rendre Christophe Gleizes non pas à la France, mais à sa mère", a déclaré le garde des Sceaux sur CNews et Europe 1, estimant que le président algérien Abdelmadjid Tebboune "y sera sensible, en tous cas (...) je lui fais confiance pour cela".

Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie.

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays.

Ce séjour actait un apaisement entre les deux pays amorcé ces derniers mois après une crise acrimonieuse de presque deux ans.

Le garde des Sceaux a affirmé avoir obtenu des autorités algériennes "la reprise de notre coopération judiciaire".

Il a salué "des échanges extrêmement forts" avec le président Tebboune sur la question de Christophe Gleizes, arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie (nord-est) et condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

"Maintenant, sa peine est définitive, puisqu'il n'a pas fait de pourvoi en cassation", a reconnu mardi Gérald Darmanin. La démarche vise à ouvrir la voie à une possible grâce du président Tebboune.

Le ministre a estimé que le chef de l'Etat algérien était en mesure "de faire ce geste pour cette famille, et bien sûr pour notre bonne relation".

 


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
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  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.