Les distributions alimentaires pour étudiants font le plein à Bordeaux

Distribution alimentaire en faveur des étudiants confrontés à l'inflation à Bordeaux (Photo, AFP).
Distribution alimentaire en faveur des étudiants confrontés à l'inflation à Bordeaux (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 21 novembre 2022

Les distributions alimentaires pour étudiants font le plein à Bordeaux

  • Les distributions alimentaires apparues avec le Covid se multiplient dans la capitale girondine pour les étudiants
  • Deux fois par semaine, les bénéficiaires peuvent repartir avec un panier de six à sept kilos

BORDEAUX: "Cette semaine on est à presque 500 personnes, c'est la première fois à Bordeaux". Les distributions alimentaires apparues avec la Covid se multiplient dans la capitale girondine pour les étudiants, de plus en plus nombreux à souffrir de l'inflation pour se nourrir.

"Ça va aller jusqu'où ?", s'interroge Esther Thiebaut, responsable de l'antenne locale de l'association Linkee, qui organise depuis janvier des distributions d'invendus au centre-ville et sur le campus de Talence dans l'agglomération.

Deux fois par semaine, les bénéficiaires peuvent repartir avec un panier de six à sept kilos : féculents, fruits et légumes de saison, conserves, produits d'hygiène ou fournitures scolaires. Soit environ 1,4 tonne distribuée à chaque fois.

"Je trouve ça bien, ils donnent de grosses quantités qui sont suffisantes pour deux semaines", apprécie Mélodie Tomsik, 20 ans, étudiante en alternance à l'IUT Bordeaux-Montaigne.

L'association réfléchit à ouvrir un troisième lieu de distribution "pour désengorger" les deux autres, dans cette académie où sont inscrits plus de 130.000 étudiants selon le rectorat.

Parfois, ces distributions sont leur seule aide. "Je ne rentre jamais dans les cases, je n'ai le droit à rien", explique une doctorante de 39 ans venue récupérer son colis et celui d'une amie à l'espace Info Jeunes Nouvelle-Aquitaine, près de l'Hôtel de Ville.

Repas sautés
Selon une enquête nationale de Linkee menée auprès d'environ 4.000 étudiants bénéficiaires de ces distributions, "96,3%" d'entre eux "vivent sous le seuil de pauvreté" (1.102 euros). Deux sur trois ont un "reste à vivre" de moins de 50 euros, une fois les factures payées.

La quasi-totalité (97%) rognent sur la qualité et la quantité de leur alimentation, près de la moitié (43%) sautant des repas.

Florian L'hoir, 23 ans, en troisième année de licence de psychologie, se souvient du succès de la première épicerie solidaire mise en place par son association, Karavan bordelaise, le 16 février. Ce jour-là, près de 800 kilos de denrées alimentaires, issues d'une collecte dans un supermarché, avaient été distribués à 220 étudiants.

Une seconde distribution, en octobre, a bénéficié à 206 étudiants aux profils "ultra variés", certains venant de grandes écoles.

Ces opérations, "c'est très bien mais en même temps ça fait +chier+" d'en être là, déclare le responsable de l'association à l'AFP, ajoutant que "tout le monde est le bienvenu", même ceux qui ne s'estiment pas "assez précaires".

Le coût de la vie étudiante a augmenté de 6,47% en 2022 d'après l'Unef, un chiffre supérieur à l'inflation qui était de 6,1% en rythme annuel au moment de l'enquête de rentrée menée par le syndicat.

Deux «restos u» fermés
"C'est un petit peu compliqué financièrement, je vis uniquement sur ma bourse", témoigne une étudiante en géographie de 22 ans, qui bénéficie à ce titre des repas à un euro mis en place début 2021, face à la crise sanitaire, dans les restaurants universitaires - deux sont en travaux jusqu'à l'été sur le campus de Talence.

Les années précédentes, la jeune femme "s'en sortait mieux à la fin du mois" avec des revenus similaires. "Les prix ont augmenté, ça se voit dans les supermarchés", abonde Sidney Asselin, 20 ans, venu prendre ses colis avec sa petite amie.

Milan, 20 ans, explique qu'il "guette toutes les promos" quand il fait ses courses, et se rend aux distributions pour avoir une consommation plus "responsable".

"Les courses coûtent cher", insiste Gaëlane Ferré, 23 ans, étudiante à l'Institut régional du travail social. Les distributions lui permettent de faire "de sacrées économies, surtout sur les fruits et légumes".

Pour d'autres, elles sont tout simplement indispensables.

"Un étudiant m'a confié que depuis la crise du Covid, il avait du mal à payer ses factures et à pouvoir manger", rapporte Margot Beuvry, bénévole de 19 ans lors d'une distribution sur le campus de Talence.

Or, "si tu ne manges pas, je ne vois pas comment tu pourrais étudier", estime Jaurès Koukpemdji, 26 ans, étudiant en cinéma inscrit depuis un an à cette distribution.


Au cœur du centre de crise du Quai d’Orsay: rapatrier mais également écouter et rassurer

Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
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  • Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés
  • Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités

PARIS: Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable.

Le Centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, dirigé par l’ambassadeur Louis L’alliot, a été immédiatement mobilisé. Ses équipes travaillent jour et nuit pour répondre aux appels des Français, organiser des évacuations et coordonner les actions diplomatiques et humanitaires.

Environ 400 000 Français vivent au Moyen-Orient, auxquels s’ajoutent de nombreux touristes. La fermeture des espaces aériens rend les départs très difficiles. Une plateforme téléphonique composée d’environ 30 répondants, dont une majorité de bénévoles de la Croix-Rouge, traite les appels de personnes inquiètes ou bloquées. Au total, plus de 50 agents peuvent répondre simultanément grâce à plusieurs centres d’appel.

Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés. Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités. Les personnes vulnérables (personnes âgées, malades, familles avec jeunes enfants) sont prioritaires pour les vols spéciaux affrétés par l’État, dont le coût est en partie pris en charge.

Jusqu’à présent, plus de 1 500 personnes ont été rapatriées par ces vols, tandis qu’environ 17 000 Français ont quitté la région par leurs propres moyens.

Le centre fonctionne grâce à plusieurs pôles spécialisés : gestion des ressources humaines, relations internationales, soutien médical, organisation des vols et le « pôle communauté » chargé de contacter les ressortissants prioritaires.

Les bénévoles de la Croix-Rouge jouent également un rôle important en apportant écoute et soutien psychologique aux appelants souvent stressés ou inquiets.

Créé en 2008, le Centre de crise et de soutien est aujourd’hui un outil essentiel de la diplomatie française, capable d’activer une cellule de crise en moins d’une heure et de fonctionner 24h/24 lors de situations internationales majeures.


Municipales en France: percée de la gauche radicale, l'extrême droite s'installe

Sarah Knafo (au centre), candidate d'extrême droite du parti Reconquete! à la mairie de Paris, se promène parmi ses partisans et les représentants des médias après l'annonce des résultats du premier tour des élections municipales de 2026 à Paris, le 15 mars 2026. (AFP)
Sarah Knafo (au centre), candidate d'extrême droite du parti Reconquete! à la mairie de Paris, se promène parmi ses partisans et les représentants des médias après l'annonce des résultats du premier tour des élections municipales de 2026 à Paris, le 15 mars 2026. (AFP)
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  • Tard dans la nuit dimanche, les tractations ont commencé partout où de possibles triangulaires, quadran, quinquan, voire sextangulaires sont théoriquement possibles, puisqu'il suffit qu'une liste ait obtenu 10% pour qu'elle puisse se maintenir au 2e tour
  • A Toulouse (sud), 4e ville de France, où La France insoumise (LFI), le parti de gauche radicale dirigé par Jean-Luc Mélenchon, est arrivé à la surprise générale devant la liste de gauche menée par le Parti socialiste (PS)

PARIS: Au lendemain d'élections locales en France marquées par la percée de la gauche radicale et des scores favorables à l'extrême droite, des alliances délicates ont commencé à se nouer à gauche lundi en vue du second tour dimanche.

Les résultats ont placé en effet dimanche soir les forces politiques, et notamment la gauche, face à de nombreux dilemmes à treize mois de la prochaine présidentielle. Le scrutin a été marqué par une progression de l'abstention.

Tard dans la nuit dimanche, les tractations ont commencé partout où de possibles triangulaires, quadran, quinquan, voire sextangulaires sont théoriquement possibles, puisqu'il suffit qu'une liste ait obtenu 10% pour qu'elle puisse se maintenir au second tour.

A Toulouse (sud), 4e ville de France, où La France insoumise (LFI), le parti de gauche radicale dirigé par Jean-Luc Mélenchon, est arrivé à la surprise générale devant la liste de gauche menée par le Parti socialiste (PS), une "liste commune" a été annoncée dès lundi matin.

A Lille (nord), les discussions ont débuté entre les trois forces de gauche arrivées en tête, socialistes et insoumis cherchant une alliance avec les Écologistes.

A Besançon (est), la maire écologiste sortante, largement distancée par le candidat Les Républicains (LR, droite), a annoncé son ralliement à LFI pour "battre la droite".

A Lyon (centre-est) également, la candidate LFI espère une fusion avec la liste de l'écologiste sortant Grégory Doucet contre le candidat de droite Jean-Michel Aulas, ancien patron de l'Olympique lyonnais.

Mais à Paris et Marseille, 2e ville de France, les négociations s'annoncent plus ardues après des campagnes extrêment tendues entre PS et LFI.

A Paris, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire a certes largement distancé sa concurrente de droite Rachida Dati, ex-ministre de la Culture, d'au moins dix points et semble en mesure de permettre à la gauche hors-LFI de conserver la capitale.

Mais la candidate Insoumise Sophia Chikirou, qui a passé le cap des 10%, risque de lui mettre des bâtons dans les roues.

Faute de fusion, elle se maintiendra, a-t-elle assuré. Le socialiste a toujours exclu la moindre alliance avec LFI.

"Tradition à gauche" 

En face, le candidat centriste Pierre-Yves Bournazel va lui aussi devoir décider s'il répond à l'appel au "rassemblement" lancé par Rachida Dati.

Pour la gauche, la situation est plus complexe encore à Marseille, où le sortant Benoît Payan est au coude-à-coude avec Franck Allisio (Rassemblement national, RN).

M. Payan a affirmé qu'il n'était "pas question de faire la moindre tambouille avec qui que ce soit". Une position jugée "irresponsable" par le LFI Sébastien Delogu, lui aussi qualifié.

Les choix pour le second tour du 22 mars devront être tranchés au plus tard mardi soir, date-butoir pour les têtes de liste ayant obtenu plus de 10% des voix dimanche qui devront dire si elles se maintiennent, fusionnent ou se désistent.

Lundi matin, les stratèges des partis ont développé leurs argumentaires.

Répétant qu'il n'y aurait pas d'"accord national", le secrétaire général du PS Pierre Jouvet a demandé "solennellement" à LFI de se retirer à Marseille, tout en évoquant des alliances locales possibles, comme à Nantes (ouest).

Forte de ses bons résultats dans les grandes villes, de sa victoire à Saint-Denis (nord de Paris) et de son score très prometteur à Roubaix (nord), LFI continue de mettre la pression sur le reste de la gauche.

Son coordinateur Manuel Bompard a répété son souhait d'"une fusion entre les différentes listes (de gauche) pour battre la droite et l'extrême droite, comme d'ailleurs c'est la tradition à gauche depuis la nuit des temps".

A rebours, l'ancien président François Hollande ou le très probable candidat Place publique (gauche) à la présidentielle Raphaël Glucksmann semblent prêts à prendre le risque de voir des villes basculer à droite plutôt que de passer un accord avec le parti mélenchoniste.

Défendant le principe d'alliances locales, la cheffe des Écologistes Marine Tondelier a, pour sa part, estimé que refuser tout accord avec LFI "a un coût pour les habitants (des) villes qui avaient besoin de politiques de gauche et écolos".

De son côté, le RN, qui revendique 24 communes remportées et est en tête dans 60 autres, selon son vice-président Sébastien Chenu, a appelé les électeurs LR au "vote utile" au second tour pour faire barrage à la gauche.

Le RN, qui cherche à amplifier sa dynamique en vue de 2027, a vu plusieurs maires sortants être réélus comme Louis Aliot à Perpignan (sud).

A Nice (sud), son allié Eric Ciotti est très bien parti dans sa lutte fratricide contre Christian Estrosi, symbole d'un score en demi-teinte du bloc macroniste.

Seul l'ex-Premier ministre Édouard Philippe lui redonne quelques couleurs, avec une dizaine de points d'avance sur son concurrent communiste au Havre (nord-ouest).

 


Macron appelle Israël à des "discussions directes" avec le Liban, propose de les accueillir à Paris

Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky au palais de l’Élysée à Paris, après des discussions sur le soutien de la France et de l’Europe à l’Ukraine et sur les moyens d’accentuer la pression sur la Russie, le 13 mars 2026. (Photo: AFP)
Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky au palais de l’Élysée à Paris, après des discussions sur le soutien de la France et de l’Europe à l’Ukraine et sur les moyens d’accentuer la pression sur la Russie, le 13 mars 2026. (Photo: AFP)
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  • Emmanuel Macron appelle Israël à accepter des discussions directes avec l’exécutif libanais et toutes les composantes du Liban, se proposant de faciliter ces rencontres à Paris
  • Il exhorte le Hezbollah à stopper ses actions et Israël à renoncer à une offensive majeure afin d’éviter que le Liban ne sombre dans le chaos, alors que des centaines de milliers de personnes ont déjà fui les bombardements

PARIS: Emmanuel Macron a appelé samedi Israël à accepter des "discussions directes" avec l'exécutif libanais et "toutes les composantes" du Liban, qu'il s'est dit prêt à "faciliter" en "les accueillant à Paris".

"Tout doit être fait pour empêcher que le Liban ne sombre dans le chaos. Le Hezbollah doit arrêter immédiatement sa fuite en avant. Israël doit renoncer à une offensive d’ampleur et cesser ses frappes massives, alors que des centaines de milliers de personnes ont déjà fui les bombardements", a déclaré le président français sur X, rapportant s'être entretenu vendredi avec le président libanais Joseph Aoun, le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le président du Parlement libanais Nabih Berri.