Visite d'Erdogan dans le nord de Chypre: Nicosie dénonce une «provocation"

De g à d, le président turc Recep Tayyip Erdogan, son épouse Emine Erdogan, Ersin Tatar et son épouse Sibel Tatar, lors de la cérémonie d'accueil à l'aéroport d'Ercan, à Nicosie, dans le nord de Chypre, dimanche 15 novembre 2020. (AP)
De g à d, le président turc Recep Tayyip Erdogan, son épouse Emine Erdogan, Ersin Tatar et son épouse Sibel Tatar, lors de la cérémonie d'accueil à l'aéroport d'Ercan, à Nicosie, dans le nord de Chypre, dimanche 15 novembre 2020. (AP)
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Publié le Lundi 16 novembre 2020

Visite d'Erdogan dans le nord de Chypre: Nicosie dénonce une «provocation"

  • La visite de M. Erdogan, qui veut faire un «pique-nique" à Varosha, passe très mal au sein des Chypriotes grecs
  • Plusieurs centaines de personnes ont manifesté mardi à Chypre-Nord pour dénoncer l'"ingérence" de la Turquie

NICOSIE, Chypre : Le président chypriote Nicos Anastasiades a qualifié samedi de «provocation» la visite prévue dimanche par son homologue turc Recep Tayyip Erdogan dans la cité fantôme de Varosha, l'un des symboles de la division de l'île méditerranéenne.

Cette ancienne station balnéaire située dans l'est de Chypre a été partiellement rouverte début octobre par les forces turques, déployées dans l'autoproclamée République turque de Chypre-Nord (RTCN), qui contrôle le tiers nord de l'île.

La visite de M. Erdogan constitue «une provocation sans précédent», a déclaré M. Anastasiades dans un communiqué.

Le dirigeant turc «porte atteinte aux efforts du secrétaire général de l'ONU de convoquer une réunion informelle 5+ONU», a-t-il indiqué en référence à une rencontre entre Chypriotes turcs et grecs, la Grèce, la Turquie et la Grande-Bretagne, ancienne puissance coloniale.

De tels actes «ne contribueront pas à créer un climat favorable (...) pour reprendre les pourparlers sur le problème chypriote», a-t-il ajouté.

Chypre est divisée depuis l'invasion de son tiers nord par l'armée turque en 1974 après un coup d'Etat visant à rattacher le pays à la Grèce. La République de Chypre, seule reconnue internationalement et membre de l'Union européenne (UE), n'exerce son autorité que sur les deux tiers sud de l'île.

La RTCN est, elle, très dépendante politiquement et économiquement de la Turquie qui y déploie plus de 30.000 soldats.

La Grèce a, elle aussi, condamné cette visite, estimant qu'il s'agissait d'une «violation directe des résolutions 550 et 789 du Conseil de sécurité de l'ONU".

«Nous comptons discuter (de cette question) en profondeur lors de la prochaine réunion en décembre du Conseil européen», a indiqué le ministère des Affaires étrangères.

La visite de M. Erdogan, qui veut faire un «pique-nique» à Varosha, passe très mal au sein des Chypriotes grecs, dont une partie avait fui Varosha en 1974 lors de l'intervention turque, et qui n'a pas pu y retourner vivre. 

Plusieurs centaines de personnes ont également manifesté mardi à Chypre-Nord pour dénoncer l'"ingérence" de la Turquie.

M. Erdogan avait soutenu en octobre Ersin Tatar, un protégé d'Ankara, à la «présidentielle» de la RTCN, face au dirigeant sortant Mustafa Akinci, en froid avec le président turc. Elu, M. Tatar a prôné, contrairement à son prédécesseur, une solution à deux Etats.

 


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.