Les jouets malgré tout, dans un Noël sous inflation

Des motocyclistes, déguisés en Père Noël, distribuent des cadeaux aux enfants du CHU Pellegrin de Bordeaux lors du "Noël des motards de Bordeaux", à Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, le 10 décembre 2022. (AFP).
Des motocyclistes, déguisés en Père Noël, distribuent des cadeaux aux enfants du CHU Pellegrin de Bordeaux lors du "Noël des motards de Bordeaux", à Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, le 10 décembre 2022. (AFP).
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Publié le Lundi 12 décembre 2022

Les jouets malgré tout, dans un Noël sous inflation

  • Lors de la semaine du Black Friday fin novembre, les ventes de jouets ont bondi de 31% par rapport à la semaine précédente
  • «En temps de crise, on a toujours privilégié les enfants, le Père Noël ne connaît pas la crise, il ne connaît pas l'inflation», estime Franck Mathais, porte-parole de JouéClub

PARIS : Ne pas priver les enfants, tout en recherchant les bonnes affaires: le pied du sapin devrait rester bien garni à Noël malgré l'inflation, les Français ne renonçant pas à la joie d'offrir des cadeaux.

"Les parents vont bien entendu acheter des cadeaux pour leurs enfants comme chaque année. Mais ils recherchent des promotions cette année encore plus que d'habitude", résume Frédérique Tutt, analyste monde pour NPD, cabinet qui fait référence pour le marché des jouets. "L'inflation va peser à la marge".

Lors de la semaine du Black Friday fin novembre, les ventes de jouets ont bondi de 31% par rapport à la semaine précédente, précise-t-elle à l'AFP.

"En temps de crise, on a toujours privilégié les enfants, le Père Noël ne connaît pas la crise, il ne connaît pas l'inflation", estime Franck Mathais, porte-parole de JouéClub.

Il affirme que le niveau de dépenses par client "est stable par rapport à l'an dernier, pour l'instant on n'a pas d'effet d'inflation". L'enseigne aux 290 magasins affirme avoir "limité la hausse des prix à 3,6%" contre 6,7% sur le marché: "pour un jouet de 30 euros ça fait 1,10 euro, ce n'est pas cela qui va changer la donne".

"Noël, c'est voir son enfant avec les yeux qui pétillent", renchérit Philippe Gueydon, directeur général de King Jouet (330 points de vente), qui table sur une "stabilité des ventes, mais en euros, et donc une baisse en quantité: il devrait y avoir un tout petit peu moins de jouets sous le sapin, les gens ne vont pas diviser par deux leurs achats mais sans doute arbitrer un peu différemment", selon lui.

Plus de sept Français sur dix envisagent de réduire leurs dépenses pour les fêtes de fin d'année "sur au moins un poste de dépenses par rapport à 2021. Même s'ils sont moins concernés, les cadeaux pour les enfants ne sont pas épargnés", selon une enquête du Crédoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie) réalisée auprès de 3 000 personnes.

Un tiers des personnes interrogées envisagent de réduire leurs dépenses en cadeaux pour enfants par rapport à 2021, particulièrement dans les catégories des ouvriers et employés ainsi que chez les 30-59 ans.

Recycler 100 000 tonnes de jouets par an en France: le lourd défi du secteur

Comment recycler ou réemployer les 100 000 tonnes de jouets jetés chaque année en France? Le défi est d'ampleur pour le secteur qui commence tout juste à collecter poupées, figurines et jeux cassés ou délaissés, majoritairement composés de plastique.

"On part de loin, mais c'est une vraie opportunité pour initier un cercle vertueux, accélérer certaines pratiques existantes et arriver à mieux maîtriser la vie des jouets", juge Philippe Gueydon, président de la Fédération des Commerces spécialistes des jouets et des produits de l'enfant.

Tout comme les articles de sport et le bricolage, les jouets sont devenus en janvier dernier une filière à "Responsabilité élargie du producteur" (REP). Sur ce principe du "pollueur-payeur", fabricants, importateurs et distributeurs commenceront en janvier 2023 à payer une écoparticipation pour chaque jouet introduit en France: 23 millions d'euros devraient ainsi être récoltés l'an prochain.

"Grosso modo, on a 100 000 tonnes de déchets au rebut" chaque année. "La moitié se retrouve dans les ordures ménagères, environ 45% est collecté en déchetteries publiques et moins de 5% est réemployé", résume à l'AFP Dominique Mignon, présidente d'EcoMaison (ex-Eco-Mobilier), organisme qui a été agréé par l'Etat pour prendre en charge la collecte, le réemploi et le recyclage des jeux et jouets.

"Particularité" par rapport à d'autres produits, "entre 72% et 75% des jouets sont composés de plastique, avec plusieurs types de résine; 20% de papier-carton et 10% de bois. Mais tous ces matériaux se recyclent parfaitement dès lors qu'on les trie", met en avant Mme Mignon.

En 2023, la priorité sera donnée à la mise en place de 6 000 points de collecte sur le territoire - déchetteries, associations, écoles, magasins de jouets - et à une campagne de communication pour "dire aux Français d'arrêter de jeter leurs jouets à la poubelle et (plutôt) de les amener dans un point de collecte pour être réemployés s'ils ne sont pas abimés outre mesure - et sinon de les porter en déchetterie".

Un des objectifs majeurs de la filière est d'optimiser le réemploi (via le don ou la revente) des jouets, en le triplant d'ici 2027 grâce à l'implication d'associations partenaires.

Plus de plastique recyclé

S'ils ne sont pas récupérables, les jouets en plastique seront séparés par type de résine utilisée puis "micronisés" afin de pouvoir être réinjectés dans de nouveaux produits: "les fabricants de jouets sont très intéressés par le fait d'étudier dès 2023 ce plastique recyclé, dans les jeux de plein air notamment", souligne Dominique Mignon.

Les matières plastiques recyclées sont encore peu présentes dans les jouets, en raison de leur aspect terne et donc peu ludique, mais aussi pour leur solidité souvent moindre alors que les normes de sécurité sont particulièrement exigeantes concernant les produits destinés aux enfants.

La Fédération française des industries Jouet-Puériculture, qui représente les fabricants, estime cependant que leur utilisation est "amenée à se développer".

Son directeur général Christophe Drevet évoque des "premiers pas", citant en exemples "Lego qui a présenté en 2021 sa première brique en matière recyclée, et Playmobil qui a lancé sa gamme 'Wiltopia' faite à partir de matières recyclées. En plus, avec la raréfaction de la matière (plastique issu du pétrole NDLR), c'est à la fois un choix environnemental et un choix économique" d'avoir recours à des matières premières issues du recyclage, selon lui.

Globber, fabricant de trottinettes qui en vend près de 250 000 par an en France, intégrera l'an prochain du plastique recyclé dans l'essentiel de ses modèles et vise même le 100% recyclé d'ici 2025.

"La structure d'une trottinette enfant à 3 roues est soumise à beaucoup de sollicitations mécaniques et doit supporter jusqu'à 50 kg. Les premières générations de plastiques recyclés ne répondaient pas à ces critères; depuis cette année, nous avons des matériaux qui y répondent", explique Pascal Chaillou, directeur général de la marque.

Outre le plastique recyclé, certaines trottinettes Globber intégreront, à hauteur de 10%, de la paille de blé, soit "la tige qui reste une fois que les grains sont récoltés". "C'est un 'déchet' de l'agriculture, qui en plus est robuste", souligne-t-il.

«Des baskets sur Vinted»

Pour ses achats, Julie Métayer, 45 ans, mise beaucoup sur la seconde main et les promotions: "mon fils de 14 ans voulait absolument des baskets de marque, on a trouvé le modèle qu'il voulait à moitié prix sur Vinted. Celui qui a 12 ans adore la photo, je suis tombée sur une offre Black Friday pour un appareil photo à -15%. Et pour mon plus jeune fils ce sera sûrement un vaisseau Star Wars d'occasion".

Côté tendances, les grosses franchises - Pokemon, Star Wars, Pat'Patrouille, Harry Potter ou encore Barbie - continuent de tirer le marché et "n'ont jamais été aussi fortes" avec 24% du chiffre d'affaires, souligne NPD.

Sans oublier que les jouets ne sont pas réservés aux enfants: "28% des achats, ce sont les adultes qui les font pour eux-mêmes, pendant toute l'année, contre 20% l'an dernier", indique Franck Mathais pour JouéClub.

Si pendant la pandémie les ventes avaient accéléré en ligne, les magasins ont depuis retrouvé de la vigueur et représentent plus de 70% des achats de jouets. L'offre émanant de marques françaises est elle estimée entre 15% et 20% selon les enseignes, un chiffre à diviser par deux lorsqu'on s'en tient plus strictement au Made in France ou au fabriqué français.

Une donnée reste cependant inconnue: "On n'a jamais eu de Coupe du monde de football en hiver, donc quel va être son impact" parmi les jouets au pied du sapin, via les cartes Panini ou les produits à l'effigie des Bleus? s'interroge Frédérique Tutt (NPD).

Le Mondial au Qatar se terminant le 18 décembre, "on sait que si l'équipe de France va loin on va en vendre beaucoup, mais sinon des produits vont se retrouver à -50% en rayon juste avant Noël...", indique-t-elle.

Les petites voitures, incontournables sur le marché du jouet

Ludiques, immortelles, pas chères, les petites voitures restent incontournables pour de nombreux enfants, même si elles sont de plus en plus sophistiquées et s'adressent aussi aux plus grands.

Chez Nil et Sun, 3 et 5 ans, à Paris, il y a des véhicules jusque dans la salle de bains, où l'on peut nettoyer les roues avec sa brosse à dent. Leur préféré était la voiture de police, vite remplacée par le camion-poubelle, le bus, le TGV et enfin la dépanneuse, explique la mère des deux garçons, Yulia Amosova.

"Comme beaucoup d'autres jouets, les petites voitures répliquent ce que les adultes aiment et utilisent", analyse Doris Bergen, professeure de psychologie à l'université de Miami. Et "elles peuvent procurer le même plaisir que conduire une voiture. Elles donnent l'impression aux enfants d'être puissants et de faire des choses importantes".

Nil et Sun valident l'analyse: "Leur jeu préféré c'est... les embouteillages, et klaxonner le plus fort possible", explique leur mère. "On a commencé par en acheter, puis il y a eu les cadeaux et les voitures des cousins, celles du papa, et un camion Tut Tut Bolides ramassé dans la rue. On a arrêté, on n'a plus de place".

Petit cadeau

"Le véhicule de tous les jours, c'est celui qui tient dans la poche", explique Franck Mathais, porte-parole de la chaîne de magasins JouéClub. "Ce sont des achats d’impulsion: on fait une visite au magasin, le bonhomme ou la petite fille réclame quelque chose, et on est plus enclins à faire ce petit cadeau (de quelques euros) sans discuter".

Mais à l'approche de Noël, dans les magasins de la coopérative française, ce sont surtout les garages extravagants qui trônent.

Les voitures radiocommandées constituent aussi "un très beau cadeau, avec des cascades, des capacités plus ou moins évoluées en fonction de la tranche d'âge", explique M. Mathais.

Les voitures sont un "pilier du marché des jouets" (5,7% du marché français en 2021), plus déconnectées des modes que les figurines par exemple, explique Frédérique Tutt, analyste pour le cabinet NPD.

Le marché des véhicules représentait 3,7 milliards d’euros en 2021 dans les 12 grands pays suivis par le cabinet (hors Asie). A côté des Mercedes et des Porsche, les voitures inspirées des films "Cars" de Pixar ou des jeux "Mario Kart" de Nintendo poussent aussi les ventes.

Les «kidultes»

Chez l'Américain Mattel, N°1 mondial avec les marques Matchbox (réalistes) et Hot Wheels (typées course), la catégorie des véhicules a enregistré un chiffre d'affaires record de plus de 1,2 milliard de dollars de ventes en 2021 (en hausse de 13% sur un an).

"Nous suivons constamment les tendances automobiles pour avoir des designs innovants, mais aussi pour rester fidèles à la culture automobile d'aujourd'hui", souligne Roberto Stanichi, vice-président de Hot Wheels, qui propose des Tesla dans ses collections.

Hot Wheels a annoncé début décembre une extension de sa plus grande usine, en Malaisie, qui produit déjà neuf millions de voitures par semaine et devrait bientôt compter 4.300 salariés.

"Il y a une accélération post-Covid", confirme Mathieu Humbert, chef de produit chez Majorette (propriété du géant allemand du jouet Simba Dickie).

Les voitures, fabriquées en Thaïlande, sont composées d'un alliage de métaux appelé "zamak", recouvert de peinture puis de décorations. Les normes veulent qu'elles soient assez solides pour être sévèrement maltraitées.

Les clients pourraient-ils préférer des matériaux plus durables? Il y a déjà une offre de jouets en bois, souligne Frédérique Tutt: les fabricants vont plutôt faire des efforts sur la fabrication du plastique, comme Lego, qui veut développer des biomatériaux pour le remplacer d'ici 2030, et dont l'offre de véhicules a aussi explosé.

Par ailleurs, "le marché a vraiment évolué vers un marché +kidulte+", note la directrice marketing de Majorette, Eve Wasserman. "Les jeunes adultes jusqu’à 35 ans, n’ont pas du tout honte d’acheter des jouets", penchant du côté des collectionneurs.

Dans ses deux livraisons annuelles, la marque propose de plus en plus de véhicules directement pensés pour les grands, comme un combo Volkswagen Golf I et Kombi, ou une Citroën 2CV.

Hot Wheels, de son côté, a lancé des NFT, des jetons numériques représentant ses voitures: les plus rares sont déjà proposés à la revente à plus d'un million de dollars.


Incendie dans le sud-ouest: le feu «toujours stabilisé», le risque de reprises persiste

L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
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  • La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer
  • Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange

BORDEAUX: L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes.

"La nuit a été calme, le feu est ce matin toujours stabilisé avec plusieurs reprises de feu traitées rapidement cette nuit", a annoncé la préfecture de Gironde, une semaine après le début du plus gros incendie de forêt à ravager la France depuis 1949, où environ 50.000 hectares avaient été calcinés.

"La surface brûlée n'a pas évolué", a précisé la préfecture, mais les conditions météorologiques restent "défavorables" mercredi, avec des températures attendues en hausse : jusqu'à 41°C dans les terres et 38°C sur le littoral.

La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer.

Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange.

Outre la chaleur, le vent risque de souffler sur les braises et alimenter de nouveau l'incendie.

Les autorités s'attendent dès le début d'après-midi à des vents d'ouest avec des rafales de 30 à 45 km/h, et un taux d'humidité en baisse. Un risque d'orages est annoncé pour jeudi.

Au regard de ces conditions météorologiques, les sapeurs-pompiers de Gironde ont alerté sur un "risque de reprise de feux extrêmement élevé" dans la journée.

La veille, elles avaient conduit à l'évacuation préventive de 4.000 touristes des campings et résidences de vacances de la station balnéaire de Lacanau, à 50 km à l'ouest de Bordeaux.

Depuis le début de cet incendie hors-norme, 222.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 24 communes du secteur.

Mardi soir, 57.000 habitants de trois villes proches de Bordeaux évacués dans le week-end ont pu rentrer chez eux, a indiqué la préfète du département Sophie Brocas.

Un chantier colossal de 127 kilomètres de "coupes tactiques", quasiment achevé, vise à priver ce feu, d'origine accidentelle, de "combustible" et empêcher sa progression, selon l'association Défense de la forêt contre les incendies de la région aquitaine (DFCI).

"126 sapeurs-pompiers ont été blessés depuis le début de cet évènement", a indiqué la préfecture.

Ces derniers jours, le sud-est du pays a aussi été touché par plusieurs incendies, en Corse, dans les Hautes-Alpes et dans le Var.

 


Incendies: Engie va consacrer 25 millions d'euros à la reconstruction des forêts

Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
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  • Engie consacrera 25 millions d’euros à la restauration durable des forêts françaises touchées par les incendies
  • Le groupe vise à renforcer la biodiversité et la résilience des écosystèmes face au changement climatique

PARIS: Le groupe énergétique français Engie va verser 25 millions d'euros pour participer à "la reconstruction et la régénération durable des forêts détruites", a-t-il annoncé mardi, mettant en avant le "choc humain, environnemental et économique" des incendies, notamment en Gironde et à Fontainebleau.

"Cette contribution permettra d'accompagner les efforts de reconstitution des espaces forestiers détruits et de soutenir les initiatives visant à renforcer la résilience des écosystèmes naturels face aux effets du changement climatique", a écrit le groupe dans un communiqué.

"Cela implique notamment de réfléchir aux essences les plus adaptées, à la préservation de la biodiversité, à la restauration de zones humides, aux conditions d'accès pour les services de secours ainsi qu'à la protection et au retour de la faune sauvage", ajoute Engie, soulignant que ces incendies avaient atteint "une part du patrimoine naturel français".

Les incendies ont déjà parcouru plus de 116.000 hectares en France cette année, un record, selon le Premier ministre Sébastien Lecornu, dont une part importante par le "mégafeu" qui sévit depuis plusieurs jours en Gironde.

Les efforts de reboisement s'annoncent très coûteux: chaque hectare de forêt à restaurer coûte entre 5.000 et 10.000 euros, selon le ministère de la Transition écologique. La ministre Monique Barbut a rappelé mardi dernier que l’État augmenterait de 20 millions d'euros les fonds alloués à l'Office national des forêts (ONF) en 2026.

Le groupe énergétique affirme qu'il va "se rapprocher des autorités publiques, des collectivités territoriales, des acteurs de la filière forestière et du monde de la recherche afin de déployer concrètement ce soutien" et qu'il s'inscrit "dans le cadre du plan +France Forêt 2100+".

Quelques initiatives de la part des entreprises ont eu lieu depuis le début de la saison des incendies, à l'instar de Carrefour qui a promis de donner environ 8 tonnes de denrées alimentaires et de produits d'hygiène, de Lidl qui a indiqué en livrer 3 tonnes, de la Macif qui a annoncé un fonds d'un million d'euros pour ses sociétaires et des actions de solidarité, et du Crédit Agricole qui a prévu notamment un fonds d'urgence de deux millions d'euros à destination des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS).


Mégafeu en Gironde: le feu «toujours stabilisé» avant le retour de la chaleur

La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
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  • Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles
  • La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi

BORDEAUX: La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme.

La nuit a été marquée par la lutte contre plusieurs reprises de feu au nord du Porge et dans la partie nord du Cap-Ferret, mais celles-ci "sont sous contrôle", selon la préfecture, qui souligne que "la surface brûlée n'a pas évolué".

Le département, qui passera en vigilance jaune canicule à midi, surveille températures et vents: Météo-France prévoit une hausse des températures jusqu'à 33 à 35°C dans les terres mardi, accompagnées d'un vent orienté au sud-est, avec des brises océaniques d'ouest sur le littoral, qui pourraient attiser à nouveau le brasier.

Dans un point de situation lundi à 22H30, la préfète a souligné que la journée devrait également être marquée par "une baisse de l'hygrométrie". La situation "reste très imprévisible", a-t-elle alors assuré.

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.

La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi et des vents un peu moins forts mais plus secs.

"On doit tenir" 

"Les semaines à venir seront dures et on doit tenir", a lancé lundi le président de la République, Emmanuel Macron, dans la salle de crise du centre opérationnel départemental d'incendie et de secours (Codis). "On reste unis et on se bat pour gagner la bataille partout", a-t-il dit en délivrant dans la soirée une bonne nouvelle: le feu est désormais "fixé" dans les Landes.

En Gironde également, la journée de lundi  a été "favorable, comme espéré par les pompiers", s'est réjoui le Sdis auprès de l'AFP. Dans l'ensemble, les départs de feux ont été "contenus".

Depuis le début de l'incendie au nord du bassin d'Arcachon, le 22 juillet, 93 pompiers ont été blessés, 240 habitations ont été détruites et près de 220.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 23 communes.

Dans un camping du Grand Crohot, en Gironde, jouets des enfants sur le sol, bières sur la table, tentes ouvertes et serviettes de plage encore étendues... tout témoigne de la rapidité et de la panique avec lesquelles tous ont dû quitter les lieux.

Le feu n'étant pas fixé en Gironde, aucun retour des évacués n'y est envisageable à ce stade et les activités des colonies de vacances sont suspendues dans ce département touristique.

La préfète a en outre annoncé lundi soir l'interdiction des manifestations sportives et culturelles, tout comme les activités nautiques et la navigation sur le lac de Cazaux-Sanguinet.

Comme lundi, aucun TGV ne circule au sud de Bordeaux mardi, hormis ceux qui desservent Agen et Toulouse, et l'autoroute A63 est fermée dans les deux sens entre Bordeaux et Bayonne.

"Vague de solidarité" 

Au total, plus de 116.000 hectares - nouveau record après 2022 - ont été parcourus par les incendies en France depuis début 2026, a indiqué le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure a annoncé que les assureurs prendraient en charge les frais de relogement des personnes évacuées à cause des incendies de Gironde, des Landes et du Var.

Une "vague de solidarité", saluée par la préfète Sophie Brocas, a par ailleurs permis de libérer les pompiers volontaires dans les entreprises. Agriculteurs et particuliers prêtent aussi main-forte.

"On est partis à 4H30 ce matin du Lot-et-Garonne. On cherche à aider. Je suis chasseur et je veux garder la nature comme elle est", a expliqué lundi à l'AFP Christopher Bonnefond, 25 ans, agriculteur venu avec quatre collègues.

Juste au sud, l'incendie dans les Landes est donc fixé après avoir brûlé 3.600 hectares et 198 bâtiments.

Depuis 20H lundi, "l'ensemble des habitants des communes de Sanguinet et de Parentis-en-Born" peuvent ainsi "réintégrer leur domicile", a annoncé le préfet des Landes, tout comme ceux du village aéronautique de Biscarrosse et les résidents d'un camping au nord de la ville. Soit, au total, 15.000 personnes.

Dans le Var, les reprises du feu du Gros Bessillon, qui ont mobilisé les pompiers lundi, au 7e jour de lutte contre cet incendie, ont été "circonscrites" lundi soir, a annoncé la préfecture.

Le feu est toujours en cours en Corse mais a été "fixé" dans les Hautes-Alpes après avoir parcouru 510 hectares.

Dans les Bouches-du-Rhône, un pompier volontaire de 38 ans est décédé lundi, après que le camion-citerne "dans lequel il circulait seul a fait une sortie de route" au nord d'Arles, a indiqué le Sdis 13.