La doyenne de l'humanité, la Française soeur André, est décédée à 118 ans

La Française soeur André, qui était depuis avril 2022 la doyenne de l'humanité connue, est décédée dans son sommeil dans la nuit de lundi à mardi (AFP)
La Française soeur André, qui était depuis avril 2022 la doyenne de l'humanité connue, est décédée dans son sommeil dans la nuit de lundi à mardi (AFP)
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Publié le Mercredi 18 janvier 2023

La doyenne de l'humanité, la Française soeur André, est décédée à 118 ans

  • Elle est décédée dans son sommeil dans la nuit de lundi à mardi dans sa maison de retraite de Toulon, dans le sud de la France
  • Les obsèques se dérouleront dans la plus stricte intimité

MARSEILLE: Le paradis ne pouvait attendre plus longtemps: la doyenne de l'humanité, la Française soeur André, est décédée mardi à 118 ans, après une vie marquée jusqu'au bout par le goût des autres et un humour ravageur.

A quelques jours de ses 119 ans, "elle est décédée à 2H00 du matin. Il y a une grande tristesse mais elle le voulait, c'était son désir de rejoindre son frère adoré. Pour elle, c'est une libération", a annoncé à l'AFP David Tavella, chargé de la communication à l’Etablissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Sainte-Catherine-Labouré de Toulon, sur la côte méditerranéenne, où elle résidait.

Les obsèques se dérouleront dans la plus stricte intimité, a-t-il ajouté.

Depuis plusieurs années, la religieuse née Lucile Randon le 11 février 1904 à Alès (Gard), ne cachait pas une certaine lassitude: elle souhaitait "se retirer de cette affaire". Mais "le bon Dieu ne m'entend(ait) pas", avait-elle confié à l'AFP en janvier 2022, lors d'une longue rencontre.

Clouée sur un fauteuil roulant, aveugle, soeur André vivait mal d'avoir perdu en partie ses capacités.

"On dit que le travail tue, moi c'est le travail qui m'a fait vivre, j'ai travaillé jusqu'à 108 ans", racontait-elle en avril 2022, lorsqu'elle avait été faite doyenne de l'humanité, après le décès à 119 ans de la Japonaise Kane Tanaka.

Aucun organisme officiel n'attribue ces titres de doyen ou doyenne mais les spécialistes s'accordaient pour dire que soeur André était jusqu'à présent la personne la plus âgée vivante dont l'état civil avait été vérifié.

Le livre Guinness des records avait lui aussi acté ce record le 25 avril.

A résisté au Covid 

Dans sa maison de retraite, elle ne disait jamais non à un petit chocolat ou à un verre de porto. Sa vie était ponctuée par une messe chaque matin. Elle se présentait toujours dans ses habits de religieuse, un fichu bleu sur les cheveux.

Elle portait en elle "sa mission de +servitrice+ des autres", expliquait en avril soeur Thérèse, une autre pensionnaire, certaine que "sa foi profonde" la faisait tenir.

La porte de sa modeste chambre restait toujours ouverte au cas où quelqu'un aimerait passer une tête car "toute la journée seule avec sa douleur, c’est pas drôle".

En 2021, elle avait traversé le Covid sans difficulté, devenant un symbole d'espoir qui avait suscité un flot de lettres du monde entier.

Elle blaguait régulièrement sur le record à battre, celui de Jeanne Calment, morte à 122 ans à Arles en 1997, dans ce sud de la France qu'elles ont partagé. Jeanne Calment reste donc la personne ayant vécu le plus longtemps dans l'histoire de l'humanité et dont l'état civil a été vérifié.

Mais soeur André est tout de même la 4e personne ayant vécu le plus longtemps, derrière Jeanne Calment, Kane Tanaka et une Américaine, selon Laurent Toussaint, spécialiste de la longévité extrême en France interrogé par l'AFP.

La probable nouvelle doyenne des Français est une Vendéenne de 112 ans, Marie-Rose Tessier, née Bousseau le 21 mai 1910, a indiqué à l'AFP le spécialiste français Laurent Toussaint qui participe à la base scientifique IDL (International Database on Longevity).

Il faut néanmoins être "très prudent", a-t-il insisté car il est possible qu'une personne encore plus âgée ne soit pas connue.

«Partager un grand amour»

Issue d'une famille protestante non pratiquante, soeur André, écrit au masculin en hommage à l'un de ses trois frères qu'elle adorait, a été gouvernante à Paris avant de rentrer tardivement dans les ordres, au sein de la compagnie des Filles de la Charité.

Sa mémoire intacte jusqu'au bout, elle partageait beaucoup de souvenirs, la dramatique perte de sa jumelle Lydie à 18 mois ou son arrivée à Paris. "Je n'avait vécu que dans le Gard, dans une petite ville, moche, j’arrivais dans une ville radieuse. Je m'occupais de deux enfants".

Elle a travaillé officiellement jusqu'à la fin des années 1970 et passé ensuite 30 ans dans un Ehpad en Savoie où elle s'occupait de pensionnaires parfois plus jeunes qu'elle, avant d'arriver à Toulon.

Elle attendait toujours avec joie la visite de ses petits-neveux et arrières petits-neveux ou celle du maire de Toulon, Hubert Falco, qui a exprimé "son immense tristesse" mardi.

De son long passage sur terre, soeur André aura inlassablement conseillé "toujours d’aimer sans restriction, d’aimer sans rien attendre en retour car quand on aime les autres, quand on va vers les autres, on a pas peur de l'inconnu", expliquait David Tavella devenu son confident.

Et pour elle, s'il devait y avoir deux buts dans une vie ce serait de "partager un grand amour et de ne pas transiger sur ses besoins".


L'Iran et les Etats-Unis jugent un accord proche

Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
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  • L’Iran et les États-Unis se disent proches d’un accord pour mettre fin à plusieurs mois de tensions au Moyen-Orient
  • Des désaccords persistent sur le nucléaire iranien, les sanctions économiques et le dossier libanais

TEHERAN: L'Iran et le médiateur pakistanais ont affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis était proche pour mettre fin à trois mois et demi de conflit au Moyen-Orient, un haut responsable américain affichant également un ton optimiste.

Après des semaines de négociations laborieuses et d'espoirs déçus à plusieurs reprises, est-on dans la dernière ligne droite? Les principaux protagonistes se disent confiants même si la version du texte donnée par les médias iraniens diffère significativement de celle avancée par Washington.

"Dès que les dernières étapes de nos négociations seront achevées, cet accord sera signé et annoncé", a indiqué le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d'Etat.

"Cela pourrait arriver dans les prochains jours. J'ai bon espoir", a-t-il déclaré.

Le ministre a affirmé que le projet d'accord prévoyait la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d'Ormuz.

Il a cependant accusé Israël de chercher des "prétextes" pour faire "dérailler" un éventuel accord avec Washington.

Même tonalité positive du côté du Premier ministre du Pakistan, principal négociateur dans le conflit. "La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", selon Shehbaz Sharif.

- Signature "à distance" -

Et à Washington, un haut responsable a estimé à "80 à 85%" la probabilité d'un accord-cadre ouvrant une période de 60 jours de discussions techniques, mais "pas 100%". "La ligne d'arrivée n'est pas encore franchie", a-t-il averti, sous le couvert de l'anonymat.

La Suisse a déjà proposé d'accueillir une éventuelle signature, alors qu'un sommet du G7 en présence de Donald Trump doit commencer lundi dans la ville française d'Evian, près de Genève. Mais Téhéran a affirmé qu'une fois finalisé, le protocole d'accord serait signé "à distance".

Les marchés parient de leur côté sur une telle issue, avec un pétrole passé sous la barre des 90 dollars le baril.

Le président américain, qui a déjà annoncé 39 fois un accord imminent selon un décompte de CNN, peine à trouver une issue à cette guerre impopulaire, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre et en plein Mondial de football co-organisé par les Etats-Unis.

Il s'est fendu vendredi d'un message furieux sur son réseau Truth Social: "Les termes (d'accord) que l'Iran a fait fuiter aux médias menteurs n'ont RIEN à voir avec les termes dont nous sommes convenus par écrit".

"Ce sont des gens qui n'ont pas d'honneur. Avec eux, il est impossible de négocier de bonne foi", a-t-il écrit aussi.

- Dilution de l'uranium -

L'agence de presse iranienne Mehr avait publié plus tôt ce qu'elle a présenté comme une ébauche de protocole en 14 points, avec des conditions telles que le maintien du contrôle sur le détroit d'Ormuz, le droit à l'enrichissement d'uranium, le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l'étranger.

Washington a livré de son côté une toute autre version du texte.

Le compromis doit, selon le responsable américain, mener à la réouverture d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Il doit aussi aboutir au "démantèlement" du programme nucléaire iranien et permettre aux Etats-Unis de récupérer l'uranium hautement enrichi, qui serait "détruit sur place" puis "sorti" du pays.

Mais Abbas Araghchi a préconisé vendredi une dilution sur le sol iranien de ses stocks d'uranium enrichi à 60%.

Diluer l'uranium à un taux inférieur à 5%, loin des 90% requis pour fabriquer la bombe nucléaire, permettrait d'éloigner considérablement la menace d'un enrichissement à des fins militaires.

Téhéran dément vouloir se doter de l'arme atomique, comme l'en accusent les Etats-Unis et Israël.

- Liban -

Enfin, sur la question des avoirs, "les Iraniens ne recevront pas d'argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d'accord ou la participation à une réunion", a insisté sur X le vice-président américain JD Vance.

Ce point est central pour l'Iran, après des décennies de sanctions qui asphyxient son économie.

Le conflit, déclenché par des frappes américano-israéliennes le 28 février avant l'entrée en vigueur d'une trêve le 8 avril, a embrasé le Moyen-Orient, fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Autre point d'achoppement majeur, le front libanais.

Selon Washington, l'accord en discussion avec l'Iran inclut bien le Liban, comme réclamé par Téhéran, alors que les Etats-Unis avaient toujours dit vouloir traiter ce dossier séparément.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite. Des frappes qui ont fait plus de 3.700 morts.


Erdogan et Netanyahu s'écharpent sur le Proche-Orient

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
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  • Recep Tayyip Erdogan a vivement accusé Benjamin Netanyahu de “marcher sur les pas d’Hitler”, dénonçant la politique israélienne à Gaza comme une “usine à souffrance” et un “réseau génocidaire”
  • Les échanges verbaux se sont durcis : Israël a répliqué en qualifiant Erdogan de “dictateur antisémite”, tandis que les tensions s’intensifient autour de Gaza, du Liban et de la sécurité régionale

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de "marcher sur les pas d'Hitler", les deux dirigeants se renvoyant le qualificatif de "génocidaire" par discours et communiqués interposés.

Affirmant qu'Israël s'est mué en une "usine à créer de la souffrance" se nourrissant "de sang et de larmes", le chef de l'Etat turc a à nouveau comparé M. Netanyahu à Adolf Hitler, lui prédisant "le même sort que celui des autres tyrans de l'histoire".

Mercredi, le président Erdogan, à couteaux tirés avec Benjamin Netanyahu depuis le déclenchement de la guerre à Gaza fin 2023, avait déjà déclaré que "la sécurité de la Turquie commence (...) à Alep, Damas et Beyrouth", estimant que le Premier ministre israélien et "sa clique criminelle" menacent également la Turquie.

"Nous ne tolérerons aucun fait accompli dans les pays frères et ne resterons pas les bras croisés face aux attaques", a-t-il ajouté face aux députés de son parti. En soulignant que l'armée israélienne "refuse de se retirer du Liban", où ses frappes ont fait quelque 3.700 morts depuis le déclenchement le 2 mars de sa nouvelle guerre contre le Hezbollah, selon les autorités locales.

Le bureau de Benjamin Netanyahu a rétorqué mercredi soir dans un communiqué en accusant "le dictateur antisémite Erdogan, auteur d'un génocide contre les Kurdes", de soutenir le Hamas et d'emprisonner ses opposants, jugeant qu'"il est bien le dernier à pouvoir donner des leçons de morale à Israël".

Revenant à la charge, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé jeudi les méfaits à Gaza du "réseau génocidaire sioniste dirigé par Netanyahu".

"Ceux qui s'attaquent à notre région comme des requins assoiffés de sang devront un jour répondre de leurs actes", a-t-il conclu.


Médiation Etats-Unis/Iran : le Premier ministre du Pakistan affirme qu'un accord sur un texte de paix a été "atteint"

Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
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  • Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif affirme qu’un accord sur le texte final d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran aurait été atteint, le Pakistan jouant un rôle de médiation entre les deux parties
  • Malgré des tensions et des accusations de désinformation, l’Iran estime que la conclusion d’un accord avec les États-Unis n’a jamais été aussi proche, tandis que Donald Trump conteste des fuites et nie qu’un texte corresponde à ce qui a été convenu

ISLAMABAD: Le Premier ministre du Pakistan Shehbaz Sharif a déclaré vendredi qu'un accord avait été "atteint" sur le texte d'un accord de paix entre les Etats-Unis et l'Iran.

"Nous pouvons confirmer qu'un accord sur le texte final de l'accord de paix a été atteint et que le Pakistan maintenant travaille avec les deux parties pour finaliser les étapes suivantes", a écrit M. Sharif sur X.

"La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", a-t-il dit.

L'Iran a lui-même affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis n'avait "jamais été aussi proche", semblant vouloir calmer le jeu après un message furieux de Donald Trump accusant Téhéran de faire circuler un faux texte.

"Alors que le Pakistan déploie d'intenses efforts de médiation, nous avons pleinement conscience du fait qu'une campagne de désinformation incessante est menée par ceux qui veulent saboter l'accord de paix", a encore déclaré le ministre pakistanais.