France: espoirs et résignation après le début de l'opération «Wuambushu» à Mayotte

Des enfants jouent au football avec une bouteille en plastique devant les bâtiments démolis du bidonville du quartier "Talus 2" à Koungou, lors de son démantèlement dans le cadre de l'opération Wuambushu sur l'île française de Mayotte dans l'océan Indien, le 23 mai 2023. (AFP).
Des enfants jouent au football avec une bouteille en plastique devant les bâtiments démolis du bidonville du quartier "Talus 2" à Koungou, lors de son démantèlement dans le cadre de l'opération Wuambushu sur l'île française de Mayotte dans l'océan Indien, le 23 mai 2023. (AFP).
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Publié le Mercredi 24 mai 2023

France: espoirs et résignation après le début de l'opération «Wuambushu» à Mayotte

  • L'opération «Wuambushu», qui a requis depuis avril le déploiement à Mayotte de centaines de policiers et gendarmes, est dénoncée par des associations comme «brutale», «antipauvres» et violant les droits des migrants
  • Lundi à l'aube, les pelleteuses sont entrées en action pour commencer à démolir les cases en tôle du bidonville «Talus 2», dans le quartier de Majicavo sur la commune de Koungou, dans le Nord de Grande-Terre

MAMOUDZOU : "On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs": assis à l'ombre d'un arbre, El Hadj Youssouf salue la destruction en cours d'un important bidonville à Mayotte que certains voient comme un remède à l'insécurité mais qui ne fait pas l'unanimité dans ce département français de l'océan Indien.

Sous un soleil de plomb, ce Mahorais de 33 ans se réjouit du début lundi de l'opération baptisée "Wuambushu", un temps suspendue par la justice, qui vise à réduire l'habitat insalubre et expulser les personnes en situation irrégulière en provenance notamment de l'archipel des Comores voisines.

L'opération, qui a requis depuis avril le déploiement à Mayotte de centaines de policiers et gendarmes, est dénoncée par des associations comme "brutale", "antipauvres" et violant les droits des migrants, mais elle est soutenue par les élus et de nombreux Mahorais.

"Pour l'instant c'est un bon début, après des semaines d'attente", commente Safina Soula, porte-parole des collectifs de citoyens de Mayotte.

Lundi à l'aube, les pelleteuses sont entrées en action pour commencer à démolir les cases en tôle du bidonville "Talus 2", dans le quartier de Majicavo sur la commune de Koungou, dans le Nord de Grande-Terre, principale île du département le plus pauvre de France. Ces démolitions suscitent l'espoir chez certains habitants de mettre fin à la délinquance rampante.

"Il y a beaucoup d'insécurité ici, le bus de mon fils a été caillassé. J'attends beaucoup de ce 'Wuambushu', que ça va apporter de grands changements, qu'on va pouvoir ressortir comme avant. Même quand je sors du boulot parfois j'ai peur de rentrer le soir", confie Ada Saandia, employée à l'hôpital de Mamoudzou, le chef-lieu de Mayotte.

«Coup d'épée dans l'eau»

La violence qui mine ce département aux 350 000 habitants estimés, dont la moitié ne possède pas la nationalité française selon les statistiques officielles, est attribuée à la situation sociale et économique explosive des bidonvilles où vivent, souvent dans la clandestinité, des migrants comoriens.

"Cette opération est un coup d'épée dans l'eau", regrette toutefois Yves Hoarau, qui attend près de la barge de Mamoudzou avec des amis.

Selon ce Mahorais, s'attaquer aux bidonvilles ne résoudra pas les vrais problèmes d'insécurité locaux, qu'il impute aux jeunes des quartiers.

"On parle des bidonvilles mais à Koungou ou Mamoudzou on ne dort plus. Moi je dors trois heures par nuit de peur qu'on casse ma voiture", reconnaît-il.

Certains habitants sont plus nuancés sur l'opération visant l'habitat insalubre, comme Ousseni Mouzdalifa, accoudé à une barrière devant la mosquée de Majicavo.

L'homme de 49 ans, chemisette rose impeccable à motifs bleus, a les yeux rivés sur ce qui reste encore de Talus 2. "Toute la journée, on regarde ce qui se passe", explique-t-il, alors que les pelleteuses viennent de finir leurs allers-retours en cette fin d'après-midi.

"C'est une bonne chose s'ils relogent tout le monde, ceux qui ont des papiers et ceux qui n'en ont pas. Tous ceux qui habitaient là", soutient-il.

La moitié des familles du quartier, qui comptait 162 cases selon les services de l'Etat, ont été relogées, a assuré le préfet de Mayotte Thierry Suquet.

Anicha, assise sur un muret face à Talus 2, évoque volontiers son "coeur brisé" par la démolition du bidonville qui l'a vue grandir. Elle admet aussi avoir mal vécu les débuts de cette opération, s'interrogeant sur son intérêt pour les habitants.

"On veut bien qu'ils démolissent mais qu'ils nous donnent de quoi rester avec nos frères, nos mères. Eux disent qu'ils nous donnent un logement mais c'est pour trois mois, six mois. Après on va où avec des gosses?", se désespère la jeune mère de famille.


Au cœur du centre de crise du Quai d’Orsay: rapatrier mais également écouter et rassurer

Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
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  • Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés
  • Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités

PARIS: Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable.

Le Centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, dirigé par l’ambassadeur Louis L’alliot, a été immédiatement mobilisé. Ses équipes travaillent jour et nuit pour répondre aux appels des Français, organiser des évacuations et coordonner les actions diplomatiques et humanitaires.

Environ 400 000 Français vivent au Moyen-Orient, auxquels s’ajoutent de nombreux touristes. La fermeture des espaces aériens rend les départs très difficiles. Une plateforme téléphonique composée d’environ 30 répondants, dont une majorité de bénévoles de la Croix-Rouge, traite les appels de personnes inquiètes ou bloquées. Au total, plus de 50 agents peuvent répondre simultanément grâce à plusieurs centres d’appel.

Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés. Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités. Les personnes vulnérables (personnes âgées, malades, familles avec jeunes enfants) sont prioritaires pour les vols spéciaux affrétés par l’État, dont le coût est en partie pris en charge.

Jusqu’à présent, plus de 1 500 personnes ont été rapatriées par ces vols, tandis qu’environ 17 000 Français ont quitté la région par leurs propres moyens.

Le centre fonctionne grâce à plusieurs pôles spécialisés : gestion des ressources humaines, relations internationales, soutien médical, organisation des vols et le « pôle communauté » chargé de contacter les ressortissants prioritaires.

Les bénévoles de la Croix-Rouge jouent également un rôle important en apportant écoute et soutien psychologique aux appelants souvent stressés ou inquiets.

Créé en 2008, le Centre de crise et de soutien est aujourd’hui un outil essentiel de la diplomatie française, capable d’activer une cellule de crise en moins d’une heure et de fonctionner 24h/24 lors de situations internationales majeures.


Municipales en France: percée de la gauche radicale, l'extrême droite s'installe

Sarah Knafo (au centre), candidate d'extrême droite du parti Reconquete! à la mairie de Paris, se promène parmi ses partisans et les représentants des médias après l'annonce des résultats du premier tour des élections municipales de 2026 à Paris, le 15 mars 2026. (AFP)
Sarah Knafo (au centre), candidate d'extrême droite du parti Reconquete! à la mairie de Paris, se promène parmi ses partisans et les représentants des médias après l'annonce des résultats du premier tour des élections municipales de 2026 à Paris, le 15 mars 2026. (AFP)
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  • Tard dans la nuit dimanche, les tractations ont commencé partout où de possibles triangulaires, quadran, quinquan, voire sextangulaires sont théoriquement possibles, puisqu'il suffit qu'une liste ait obtenu 10% pour qu'elle puisse se maintenir au 2e tour
  • A Toulouse (sud), 4e ville de France, où La France insoumise (LFI), le parti de gauche radicale dirigé par Jean-Luc Mélenchon, est arrivé à la surprise générale devant la liste de gauche menée par le Parti socialiste (PS)

PARIS: Au lendemain d'élections locales en France marquées par la percée de la gauche radicale et des scores favorables à l'extrême droite, des alliances délicates ont commencé à se nouer à gauche lundi en vue du second tour dimanche.

Les résultats ont placé en effet dimanche soir les forces politiques, et notamment la gauche, face à de nombreux dilemmes à treize mois de la prochaine présidentielle. Le scrutin a été marqué par une progression de l'abstention.

Tard dans la nuit dimanche, les tractations ont commencé partout où de possibles triangulaires, quadran, quinquan, voire sextangulaires sont théoriquement possibles, puisqu'il suffit qu'une liste ait obtenu 10% pour qu'elle puisse se maintenir au second tour.

A Toulouse (sud), 4e ville de France, où La France insoumise (LFI), le parti de gauche radicale dirigé par Jean-Luc Mélenchon, est arrivé à la surprise générale devant la liste de gauche menée par le Parti socialiste (PS), une "liste commune" a été annoncée dès lundi matin.

A Lille (nord), les discussions ont débuté entre les trois forces de gauche arrivées en tête, socialistes et insoumis cherchant une alliance avec les Écologistes.

A Besançon (est), la maire écologiste sortante, largement distancée par le candidat Les Républicains (LR, droite), a annoncé son ralliement à LFI pour "battre la droite".

A Lyon (centre-est) également, la candidate LFI espère une fusion avec la liste de l'écologiste sortant Grégory Doucet contre le candidat de droite Jean-Michel Aulas, ancien patron de l'Olympique lyonnais.

Mais à Paris et Marseille, 2e ville de France, les négociations s'annoncent plus ardues après des campagnes extrêment tendues entre PS et LFI.

A Paris, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire a certes largement distancé sa concurrente de droite Rachida Dati, ex-ministre de la Culture, d'au moins dix points et semble en mesure de permettre à la gauche hors-LFI de conserver la capitale.

Mais la candidate Insoumise Sophia Chikirou, qui a passé le cap des 10%, risque de lui mettre des bâtons dans les roues.

Faute de fusion, elle se maintiendra, a-t-elle assuré. Le socialiste a toujours exclu la moindre alliance avec LFI.

"Tradition à gauche" 

En face, le candidat centriste Pierre-Yves Bournazel va lui aussi devoir décider s'il répond à l'appel au "rassemblement" lancé par Rachida Dati.

Pour la gauche, la situation est plus complexe encore à Marseille, où le sortant Benoît Payan est au coude-à-coude avec Franck Allisio (Rassemblement national, RN).

M. Payan a affirmé qu'il n'était "pas question de faire la moindre tambouille avec qui que ce soit". Une position jugée "irresponsable" par le LFI Sébastien Delogu, lui aussi qualifié.

Les choix pour le second tour du 22 mars devront être tranchés au plus tard mardi soir, date-butoir pour les têtes de liste ayant obtenu plus de 10% des voix dimanche qui devront dire si elles se maintiennent, fusionnent ou se désistent.

Lundi matin, les stratèges des partis ont développé leurs argumentaires.

Répétant qu'il n'y aurait pas d'"accord national", le secrétaire général du PS Pierre Jouvet a demandé "solennellement" à LFI de se retirer à Marseille, tout en évoquant des alliances locales possibles, comme à Nantes (ouest).

Forte de ses bons résultats dans les grandes villes, de sa victoire à Saint-Denis (nord de Paris) et de son score très prometteur à Roubaix (nord), LFI continue de mettre la pression sur le reste de la gauche.

Son coordinateur Manuel Bompard a répété son souhait d'"une fusion entre les différentes listes (de gauche) pour battre la droite et l'extrême droite, comme d'ailleurs c'est la tradition à gauche depuis la nuit des temps".

A rebours, l'ancien président François Hollande ou le très probable candidat Place publique (gauche) à la présidentielle Raphaël Glucksmann semblent prêts à prendre le risque de voir des villes basculer à droite plutôt que de passer un accord avec le parti mélenchoniste.

Défendant le principe d'alliances locales, la cheffe des Écologistes Marine Tondelier a, pour sa part, estimé que refuser tout accord avec LFI "a un coût pour les habitants (des) villes qui avaient besoin de politiques de gauche et écolos".

De son côté, le RN, qui revendique 24 communes remportées et est en tête dans 60 autres, selon son vice-président Sébastien Chenu, a appelé les électeurs LR au "vote utile" au second tour pour faire barrage à la gauche.

Le RN, qui cherche à amplifier sa dynamique en vue de 2027, a vu plusieurs maires sortants être réélus comme Louis Aliot à Perpignan (sud).

A Nice (sud), son allié Eric Ciotti est très bien parti dans sa lutte fratricide contre Christian Estrosi, symbole d'un score en demi-teinte du bloc macroniste.

Seul l'ex-Premier ministre Édouard Philippe lui redonne quelques couleurs, avec une dizaine de points d'avance sur son concurrent communiste au Havre (nord-ouest).

 


Macron appelle Israël à des "discussions directes" avec le Liban, propose de les accueillir à Paris

Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky au palais de l’Élysée à Paris, après des discussions sur le soutien de la France et de l’Europe à l’Ukraine et sur les moyens d’accentuer la pression sur la Russie, le 13 mars 2026. (Photo: AFP)
Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky au palais de l’Élysée à Paris, après des discussions sur le soutien de la France et de l’Europe à l’Ukraine et sur les moyens d’accentuer la pression sur la Russie, le 13 mars 2026. (Photo: AFP)
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  • Emmanuel Macron appelle Israël à accepter des discussions directes avec l’exécutif libanais et toutes les composantes du Liban, se proposant de faciliter ces rencontres à Paris
  • Il exhorte le Hezbollah à stopper ses actions et Israël à renoncer à une offensive majeure afin d’éviter que le Liban ne sombre dans le chaos, alors que des centaines de milliers de personnes ont déjà fui les bombardements

PARIS: Emmanuel Macron a appelé samedi Israël à accepter des "discussions directes" avec l'exécutif libanais et "toutes les composantes" du Liban, qu'il s'est dit prêt à "faciliter" en "les accueillant à Paris".

"Tout doit être fait pour empêcher que le Liban ne sombre dans le chaos. Le Hezbollah doit arrêter immédiatement sa fuite en avant. Israël doit renoncer à une offensive d’ampleur et cesser ses frappes massives, alors que des centaines de milliers de personnes ont déjà fui les bombardements", a déclaré le président français sur X, rapportant s'être entretenu vendredi avec le président libanais Joseph Aoun, le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le président du Parlement libanais Nabih Berri.