L'affaire Depardieu, fracture ouverte dans le cinéma français

Deux camps qui s'invectivent après une vidéo qui fait scandale, une tribune de soutien qui alimente la polémique sur fond politique: l'affaire Depardieu fracture le cinéma français (Photo d'illustration, AFP).
Deux camps qui s'invectivent après une vidéo qui fait scandale, une tribune de soutien qui alimente la polémique sur fond politique: l'affaire Depardieu fracture le cinéma français (Photo d'illustration, AFP).
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Publié le Samedi 30 décembre 2023

L'affaire Depardieu, fracture ouverte dans le cinéma français

  • La polémique a touché le plus haut sommet de l'Etat, puisque le président Emmanuel Macron a défendu la présomption d'innocence en faveur de l'acteur
  • Sophie Marceau, qui avait dénoncé le comportement de «prédateur» de l'acteur en 2015

PARIS: Deux camps qui s'invectivent après une vidéo qui fait scandale, une tribune de soutien qui alimente la polémique sur fond politique: l'affaire Depardieu fracture le cinéma français.

Tombé de son piédestal après la diffusion d'images où il multiplie les propos misogynes et à caractère sexuel y compris envers une fillette, l'acteur de 75 ans, visé aussi par trois plaintes pour agression sexuelle ou viol qu'il réfute, n'a pas fini de diviser.

La polémique a touché le plus haut sommet de l'Etat, puisque le président Emmanuel Macron a défendu la présomption d'innocence en faveur de l'acteur, estimant qu'il rendait "fière la France", au grand dam des féministes et de plusieurs personnalités dont son prédécesseur François Hollande qui ont tenu à souligner le "courage des victimes".

Parmi celles qui s'expriment, Anouk Grinberg et la "James bond girl" Sophie Marceau, qui avait dénoncé le comportement de "prédateur" de l'acteur en 2015 et est revenue sur le sujet dans Paris Match.

"La vulgarité et la provocation ont toujours été son fonds de commerce", a-t-elle dit.

Autre actrice, Isabelle Carré a appelé dans le magazine Elle à dire qu'il "est grand temps que (le sexisme), ça se termine".

Charlotte Arnould, qui a porté plainte contre Depardieu, conduisant en 2020 à sa mise en examen pour viol et agression sexuelle, s'en tient elle à la discrétion.

La jeune comédienne a remercié sur Instagram ses soutiens : "j'accuse les coups (...) c'est pas la grande forme". Et a répondu au malaise exprimé par l'actrice et ex-compagne de Depardieu, Carole Bouquet, après avoir signé la pétition : "Il fallait y penser avant non ?!"

D'autres, comme Clotilde Hesme ou Judith Chemla, figurent parmi plus de 600 signataires d'une "contre-tribune" d'artistes publiée par le collectif Cerveaux non disponibles.

Elle entend dénoncer une pétition signée par une soixantaine de personnalités connues du cinéma en France et au-delà, appelant à "ne pas effacer" Gérard Depardieu, parue le jour de Noël dans le Figaro.

Parmi ces personnalités, figurent l'actrice espagnole Victoria Abril, la Britannique Charlotte Rampling, le cinéaste Bertrand Blier, les actrices Nathalie Baye, Arielle Dombasle, les acteurs Jacques Weber et Pierre Richard...

"Nous ne pouvons plus rester muets face au lynchage qui s'abat sur (Depardieu) au mépris d'une présomption d'innocence dont il aurait bénéficié, comme tout un chacun, s'il n'était pas le géant du cinéma qu'il est", affirme ce texte.

«Malaise»

Mais certains signataires, comme Carole Bouquet ou Nadine Trintignant ont ensuite fait état de leur malaise.

"J'ai signé", a déclaré Carole Bouquet sur Instagram. "Cependant, je ne soutiens pas les idées et valeurs associées au journaliste porteur de cette tribune. Lui donner de la visibilité par l'entremise de Gérard me met, comme vous pouvez l'imaginer, profondément mal à l'aise".

En cause, un comédien quasi-inconnu, Yannis Ezziadi, proche de Julie Depardieu, la fille de l'acteur. A l'initiative du texte, il est éditorialiste au magazine ultraconservateur Causeur et décrit dans une enquête du journal Le Monde comme "proche des sphères identitaires et réactionnaires". Il n'était pas disponible pour réagir vendredi.

La réalisatrice Nadine Trintignant, dont la fille Marie a été tuée par le chanteur Bertrand Cantat en 2003, a dit à l'hebdomadaire Le Point n'avoir pas su qui l'avait écrite: "Je demande aux personnes que j'ai choquées de ne pas m'en vouloir de ma grave erreur".

Ancien patron de la Cinémathèque française, Serge Toubiana assure aussi ne pas avoir su qui était à l'origine du texte. "J'ai signé parce que j'ai horreur de l'esprit de meute et que la présomption d'innocence doit être défendue".

L'acteur Gérard Darmon, sur RTL, a pour sa part regretté la teneur du texte signé. "Attention de ne pas dire qu'en touchant Depardieu, on touche à l'art. (...) C'est des conneries", a-t-il reconnu. Tout comme Yvan Attal, qui a admis "un malaise". "Je n'ai pas signé (...) contre les femmes", a-t-il précisé à BFMTV, mais Depardieu "a le droit de ne pas être lynché publiquement (...) il faut laisser la justice parler".


«Mon chat s'appelle Zizou»: à Paris, les supporters ont accueilli le sélectionneur Zidane

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  • Zidane: Une génération qu'il aura la tâche de faire encore grandir après un mandat de 14 ans de Didier Deschamps, et une Coupe du monde remportée en 2018
  • "Comme Didier Deschamps, (Zidane) est un gagnant, poursuit le comptable de 34 ans, on espère qu'il mettra un peu plus de jeu, mais déjà à la dernière coupe du monde il y en avait et j'espère juste le voir gagner"

PARIS: Et soudain, une porte coulisse, laissant entrevoir la silhouette de la légende de l'équipe de France. Tout juste nommé sélectionneur des Bleus, 20 ans après la fin de sa carrière de joueur, Zinédine Zidane s'arrête devant la centaine de supporters, patientant pour une photo ou un autographe de l'homme du jour.

"J'ai rencontré Zidane, le maillot est signé", se réjouit Romain, 29 ans, portant à la fois la tunique des Bleus sur le dos, et tenant dans la main celle de la Coupe du monde 2006, qui avait marqué la fin de l'ère "ZZ" en équipe de France.

De ce Mondial, Milya, 10 ans, en a visionné récemment "le coup de boule", image aussi triste que célèbre de l'ancien meneur de jeu, exclu lors de la finale perdue contre l'Italie pour son geste sur Marco Materazzi.

Bien sur, la petite fille n'a pas connu Zinédine Zidane joueur mais "Papa est un grand fan". A tel point qu'à la maison, le poisson rouge s'appelle "Zizou" et le chat "OM".

"On venait pour un week-end de deux jours et on s'est dit qu'on allait être là, raconte à l'AFP sa mère Cindy, 35 ans et coordinatrice d'un habitat inclusif, on est tous fans de foot dans la famille, mais aussi de l'OM, donc Zidane, ça a du sens", reprend-elle, installée près des barrières posées en face du siège de la Fédération française de football, dans le 15e arrondissement de Paris.

"Une histoire du foot" 

Chez Xavier aussi, on a "appelé le chat Zizou", de quoi perturber son fils Hugo, 7 ans, qui apprendra à connaître davantage le champion du monde 98 comme celui qui accompagnera Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé ou encore Bradley Barcola.

Une génération qu'il aura la tâche de faire encore grandir après un mandat de 14 ans de Didier Deschamps, et une Coupe du monde remportée en 2018.

"Comme Didier Deschamps, (Zidane) est un gagnant, poursuit le comptable de 34 ans, on espère qu'il mettra un peu plus de jeu, mais déjà à la dernière coupe du monde il y en avait et j'espère juste le voir gagner".

"Quand on voit comment se structure l'Espagne (sacrée au Mondial-2026, ndlr), le challenge sera là, complète Fabrice, cadre de 54 ans, il faudra voir comment structurer une équipe avec un fort potentiel".

Ce dernier a vécu en 1998, depuis le Stade de France, la finale qui avait sacré les Français pour la première fois, avec un doublé du natif de Marseille. Un souvenir qui a évidemment marqué d'autres supporters réunis à Paris.

Les drapeaux s'agitent, et les membres de l'association des "Irrésistibles français" lancent une Marseillaise ou encore des chants pour patienter. Autour d'eux, certains passants s'arrêtent par curiosité, quand une compagnie de CRS, venue de Marseille, veille au bon déroulement de l'attente, qui a pris fin ce mardi.

"C'est une histoire du football français que l'on voit aujourd'hui, reprend Romain, employé dans la communication, Zidane c'est la France mais aussi au delà. J'ai grandi avec lui, les premiers matches que j'ai suivis étaient avec lui".

Les prochains le seront avec Zinédine Zidane le sélectionneur.

 


L’UNESCO inscrit six sites de la région MENA sur la Liste du patrimoine mondial

Les châteaux du Mont Amel ont été inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. (X/@UNESCO)
Les châteaux du Mont Amel ont été inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. (X/@UNESCO)
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  • Une procédure d’urgence qui reflète l’impact des conflits armés, du changement climatique et d’autres crises

DUBAÏ : Du premier site naturel des Émirats arabes unis inscrit au patrimoine mondial aux sites historiques de Palestine et du Liban, six nouveaux sites du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ont été inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Les nouveaux sites inscrits sont : Wadi Wurayah à Fujaïrah, la réserve marine d’Aqaba en Jordanie, le château d’Alamut et les fortifications associées en Iran, le village tunisien de Sidi Bou Saïd, les châteaux du Mont Amel au Liban et Sebastia en Palestine.

Le comité a également approuvé l’inscription du paysage migratoire de Boma-Badingilo, au Soudan du Sud, selon une procédure d’urgence, tout comme les châteaux du Mont Amel et Sebastia.

L’UNESCO a indiqué que cette procédure d’urgence reflétait l’impact croissant des conflits armés, du changement climatique et d’autres crises, qui mettent gravement en péril le patrimoine culturel et naturel. Les trois sites ont ainsi été ajoutés à la Liste du patrimoine mondial en péril.

Par ailleurs, le comité a inscrit trois sites déjà classés sur la Liste du patrimoine mondial en péril, estimant que les valeurs pour lesquelles ils avaient été reconnus étaient désormais menacées. Il s’agit de l’ancienne cité de Chersonèse taurique et sa chôra en Ukraine, du centre historique de Paramaribo au Suriname et de Tyr, au Liban. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Le Showmatch de la EWC 2026: Karim Benzema écrase Amin à travers l’écran

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  • Avant même de poser les mains sur la manette, Karim Benzema affichait une sérénité totale, fidèle à son statut de compétiteur
  • « Ça va, je me débrouille bien. On va voir, mais j'ai un bon coéquipier, donc ça va le faire. Je crois en ses capacités. Évidemment, les gens qui ont du talent, ils en ont de la tête jusqu'au bout des pieds. C'est partout. »

PARIS: Dans une ambiance survoltée, l'arène du Hall 1 du Parc des expositions de Paris a accueilli le Showmatch EA SPORTS FC, l'un des temps forts de l'Esports World Cup 2026.

Sur scène, deux figures françaises majeures se sont affrontées dans un duel aussi symbolique que spectaculaire : Karim Benzema, Ballon d'Or 2022, et Amine, star incontournable du streaming francophone.

Plus qu'un simple match, l'événement a incarné la fusion, désormais évidente, entre football, esport et culture digitale.

D'un côté, Karim Benzema était associé à Bruce Grannec, légende du jeu vidéo de football. De l'autre, Amine était épaulé par Brak, autre pilier de la scène EA SPORTS FC, dans une atmosphère électrique, portée par les commentaires d'Omar Da Fonseca et l'animation de Loupiote.

Avant même de poser les mains sur la manette, Karim Benzema affichait une sérénité totale, fidèle à son statut de compétiteur.

« Ça va, je me débrouille bien. On va voir, mais j'ai un bon coéquipier, donc ça va le faire. Je crois en ses capacités. Évidemment, les gens qui ont du talent, ils en ont de la tête jusqu'au bout des pieds. C'est partout. »

Une déclaration révélatrice de la confiance du champion français envers Bruce Grannec, véritable référence mondiale sur EA SPORTS FC.

En face, Amine incarnait une autre forme de pression, celle d'une génération de créateurs capables de mobiliser des millions de fans autour du football et du divertissement.

Le Showmatch est devenu un rendez-vous mondial. Depuis trois ans, il s'est imposé comme l'un des moments les plus attendus de l'Esports World Cup.

L'alchimie entre Benzema et Grannec

Neymar Jr., Ronaldo Nazário, Kaká ou encore Msdossary s'y sont déjà illustrés. En 2026, c'est la France qui est à l'honneur, avec Paris comme décor pour ce choc des cultures.

Sur scène, l'alchimie entre Benzema et Grannec a rapidement fait la différence. Grâce à leur maîtrise du jeu et de la technique, alliée à un sang-froid remarquable, le duo a pris le contrôle total de la rencontre, étouffant progressivement ses adversaires pour s'imposer sur le score sans appel de 4 à 0.

Après le match, Karim Benzema a tenu à saluer l'événement et le public, dans un moment empreint d'émotion.

« Je ne voyais pas ça comme ça, en fait. Déjà, merci à toutes les personnes qui sont venues, à celles qui sont présentes et à tous ceux qui ont organisé cet événement. Ça fait plaisir de jouer devant autant de monde. Merci à tous. »

L'ancien attaquant du Real Madrid insiste : « C'était un grand moment, avec de la passion, du plaisir et de très belles sensations. Il y a des gagnants et des perdants, mais l'essentiel, c'est d'avoir partagé ce moment ensemble. »

Fair-play malgré la défaite, Amine n'a pas cherché d'excuses. Fidèle à son image, il a salué la supériorité de ses adversaires avec humour et respect.

« On a quand même pris beaucoup de plaisir. On a passé un très bon moment. Ils étaient simplement meilleurs que nous : une meilleure vision du football, un meilleur gameplay. C'est tout. Bravo à eux. Merci pour le privilège, on a vraiment vécu un beau moment, et merci à tous ceux qui sont venus nous soutenir. »

Une réaction qui illustre parfaitement l'esprit du Showmatch : un esprit de compétition, mais surtout de partage.

Pour Mike McCabe, directeur général adjoint de la Fondation Esports, ce type de rencontre dépasse largement le cadre du jeu.

Karim Benzema, Ballon d'Or et quintuple vainqueur de la Ligue des champions, et Amine, créateur suivi par des millions de fans, incarnent deux formes de leadership moderne : celui du terrain et celui du numérique.

Organisée du 6 juillet au 23 août, l'Esports World Cup 2026 réunit plus de 2 000 joueurs, 200 clubs et 100 pays pour 25 tournois et une dotation de 75 millions de dollars. Un événement titanesque qui confirme l'essor mondial de l'esport.

Au-delà du score, cette soirée parisienne restera comme un moment charnière, un instant où les frontières entre sport traditionnel, gaming et création de contenu se sont définitivement effacées.

Dans une salle en fusion, Benzema, Amine, Grannec et Brak ont souligné une évidence : qu'il soit joué sur gazon ou sur console, le football reste avant tout une histoire de passion, d'émotion et de partage.