Face au blocage à gauche, des militants entre "colère" et "impatience"

Cette photographie montre le palais présidentiel de l’Elysée à Paris, le 16 juillet 2024. (Photo AFP)
Cette photographie montre le palais présidentiel de l’Elysée à Paris, le 16 juillet 2024. (Photo AFP)
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Publié le Mardi 16 juillet 2024

Face au blocage à gauche, des militants entre "colère" et "impatience"

  • L'impatience dissimule surtout la crainte que le camp présidentiel et la droite n'en profitent pour s'allier afin d'empêcher la gauche de gouverner.
  • "Il faut juste que les partis se ressaisissent, mettent toutes les histoires d'égos de côté et commencent à vraiment se recentrer sur ce qu'ils nous avaient promis".

PARIS : "Impatience", "colère", "inquiétude": encartés ou non, les militants du Nouveau Front populaire (NFP) n'en peuvent plus d'attendre. Neuf jours après son succès surprise aux législatives, l'alliance de gauche est aujourd'hui au bord de l'implosion, incapable de s'accorder sur un nom pour Matignon.

Par crainte de voir l'extrême droite arriver au pouvoir, comme tant d'autres, Violette Bianchi, 29 ans, a sauté le pas et s'est mobilisée à Marseille en faveur du NFP, dès le lendemain du séisme de la dissolution de l'Assemblée, le 9 juin.

Aujourd'hui, la jeune femme, qui travaille dans le secteur culturel, est inquiète.

Les partis de gauche ont parlé "d'unité, de faire appliquer le programme, et la première promesse qui vole déjà en éclats, c'est l'unité", déplore-t-elle, "un petit peu énervée et déçue".

Après s'être mis d'accord en quatre jours, début juin, sur un programme de gouvernement, les responsables des différents partis de gauche ne parviennent pas, depuis le 7 juillet, à s'accorder sur une candidature au poste de Premier ministre.

"Ça prend trop de temps", s'agace Arnaud Schneider, responsable local de La France insoumise en Dordogne. "Ça fait une semaine qu'ils tournent autour du pot, LFI fait des propositions, le PS fait des propositions, à chaque fois c'est refusé par les uns ou par les autres".

L'impatience dissimule surtout la crainte que le camp présidentiel et la droite n'en profitent pour s'allier afin d'empêcher la gauche de gouverner.

"La gauche, par son incapacité à s'entendre, laisse le champ libre", dénonce à Besançon Patrick Estienney, 68 ans, évoquant autour de lui "des électeurs désespérés, inquiets, un peu, voire beaucoup, en colère". Pour lui, "l'élite" politique n'est "pas à la hauteur de l'événement".

"J'ai peur qu'en attendant trop, Macron manœuvre dans son coin, c'est d'ailleurs ce qu'il se passe", abonde Henri Destouesse, militant communiste dans les Landes. Le sexagénaire évoque, lui aussi, la "grande responsabilité" des dirigeants de gauche.

-"Guerres de boutiques"-

Tous l'ont compris: le temps qui passe n'est pas à leur avantage.

"Le plus probable c'est d'avoir un Premier ministre de droite", soupire Pierre, 28 ans, militant LFI depuis peu. "Le Premier ministre de gauche, je n'y ai jamais trop cru,on n'a pas de majorité franche", admet l'ingénieur toulousain.

Violette Bianchi espère, elle, qu'une entente est encore possible. "Il faut juste que les partis se ressaisissent, mettent toutes les histoires d'égos de côté et commencent à vraiment se recentrer sur ce qu'ils nous avaient promis".

La plupart affirment se moquer de l'étiquette du candidat au poste de Premier ministre, tant que le programme du NFP est respecté.

Et quelle que soit l'issue des négociations pour Matignon, comme pour la présidence de l'Assemblée nationale, les militants sont déterminés à poursuivre leur travail.

Certains cherchent à créer des collectifs au niveau local, d'autres souhaitent pérenniser les mouvements mis sur pied dans l'urgence de la campagne.

"Les petites guerres de boutique qu'il y a en haut, c'est les leurs (…) L'union, elle est sur le terrain", assure Dorian Faucon, militant NFP en Alsace.

Avec en ligne de mire, pour ces petites mains comme pour les appareils, les élections municipales de 2026, puis la présidentielle de 2027.


Nouveau départ de feu dans le Var: plus de 600 évacuations, 100 hectares parcourus

Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
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  • Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var
  • 250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires

MARSEILLE: Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook.

"600 à 700 personnes" ont été évacuées, indique le maire, faisant état de 100 hectares de végétation parcourus depuis le déclenchement de ce nouveau feu, moins de 24 heures après l'annonce de la fixation de l'incendie du Gros Besillon, à une vingtaine de km plus au nord, qui a parcouru 4.500 hectares en huit jours.

Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var. Parmi les personnes évacuées, 120 sont accueillies au Hall des expositions de Brignoles, a précisé M. Brémond.

250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires.

 

 


Incendie dans le sud-ouest: le feu «toujours stabilisé», le risque de reprises persiste

L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
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  • La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer
  • Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange

BORDEAUX: L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes.

"La nuit a été calme, le feu est ce matin toujours stabilisé avec plusieurs reprises de feu traitées rapidement cette nuit", a annoncé la préfecture de Gironde, une semaine après le début du plus gros incendie de forêt à ravager la France depuis 1949, où environ 50.000 hectares avaient été calcinés.

"La surface brûlée n'a pas évolué", a précisé la préfecture, mais les conditions météorologiques restent "défavorables" mercredi, avec des températures attendues en hausse : jusqu'à 41°C dans les terres et 38°C sur le littoral.

La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer.

Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange.

Outre la chaleur, le vent risque de souffler sur les braises et alimenter de nouveau l'incendie.

Les autorités s'attendent dès le début d'après-midi à des vents d'ouest avec des rafales de 30 à 45 km/h, et un taux d'humidité en baisse. Un risque d'orages est annoncé pour jeudi.

Au regard de ces conditions météorologiques, les sapeurs-pompiers de Gironde ont alerté sur un "risque de reprise de feux extrêmement élevé" dans la journée.

La veille, elles avaient conduit à l'évacuation préventive de 4.000 touristes des campings et résidences de vacances de la station balnéaire de Lacanau, à 50 km à l'ouest de Bordeaux.

Depuis le début de cet incendie hors-norme, 222.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 24 communes du secteur.

Mardi soir, 57.000 habitants de trois villes proches de Bordeaux évacués dans le week-end ont pu rentrer chez eux, a indiqué la préfète du département Sophie Brocas.

Un chantier colossal de 127 kilomètres de "coupes tactiques", quasiment achevé, vise à priver ce feu, d'origine accidentelle, de "combustible" et empêcher sa progression, selon l'association Défense de la forêt contre les incendies de la région aquitaine (DFCI).

"126 sapeurs-pompiers ont été blessés depuis le début de cet évènement", a indiqué la préfecture.

Ces derniers jours, le sud-est du pays a aussi été touché par plusieurs incendies, en Corse, dans les Hautes-Alpes et dans le Var.

 


Incendies: Engie va consacrer 25 millions d'euros à la reconstruction des forêts

Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
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  • Engie consacrera 25 millions d’euros à la restauration durable des forêts françaises touchées par les incendies
  • Le groupe vise à renforcer la biodiversité et la résilience des écosystèmes face au changement climatique

PARIS: Le groupe énergétique français Engie va verser 25 millions d'euros pour participer à "la reconstruction et la régénération durable des forêts détruites", a-t-il annoncé mardi, mettant en avant le "choc humain, environnemental et économique" des incendies, notamment en Gironde et à Fontainebleau.

"Cette contribution permettra d'accompagner les efforts de reconstitution des espaces forestiers détruits et de soutenir les initiatives visant à renforcer la résilience des écosystèmes naturels face aux effets du changement climatique", a écrit le groupe dans un communiqué.

"Cela implique notamment de réfléchir aux essences les plus adaptées, à la préservation de la biodiversité, à la restauration de zones humides, aux conditions d'accès pour les services de secours ainsi qu'à la protection et au retour de la faune sauvage", ajoute Engie, soulignant que ces incendies avaient atteint "une part du patrimoine naturel français".

Les incendies ont déjà parcouru plus de 116.000 hectares en France cette année, un record, selon le Premier ministre Sébastien Lecornu, dont une part importante par le "mégafeu" qui sévit depuis plusieurs jours en Gironde.

Les efforts de reboisement s'annoncent très coûteux: chaque hectare de forêt à restaurer coûte entre 5.000 et 10.000 euros, selon le ministère de la Transition écologique. La ministre Monique Barbut a rappelé mardi dernier que l’État augmenterait de 20 millions d'euros les fonds alloués à l'Office national des forêts (ONF) en 2026.

Le groupe énergétique affirme qu'il va "se rapprocher des autorités publiques, des collectivités territoriales, des acteurs de la filière forestière et du monde de la recherche afin de déployer concrètement ce soutien" et qu'il s'inscrit "dans le cadre du plan +France Forêt 2100+".

Quelques initiatives de la part des entreprises ont eu lieu depuis le début de la saison des incendies, à l'instar de Carrefour qui a promis de donner environ 8 tonnes de denrées alimentaires et de produits d'hygiène, de Lidl qui a indiqué en livrer 3 tonnes, de la Macif qui a annoncé un fonds d'un million d'euros pour ses sociétaires et des actions de solidarité, et du Crédit Agricole qui a prévu notamment un fonds d'urgence de deux millions d'euros à destination des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS).