Royaume-Uni: les autorités sous pression après de nouvelles manifestations violentes

Des musulmans britanniques ont exprimé leur inquiétude face aux manifestations d'extrême droite qui ont visé des mosquées britanniques ces derniers jours, alors que les responsables communautaires ont renforcé la sécurité dans les centres islamiques. (AFP)
Des musulmans britanniques ont exprimé leur inquiétude face aux manifestations d'extrême droite qui ont visé des mosquées britanniques ces derniers jours, alors que les responsables communautaires ont renforcé la sécurité dans les centres islamiques. (AFP)
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Publié le Dimanche 04 août 2024

Royaume-Uni: les autorités sous pression après de nouvelles manifestations violentes

  • Samedi, les manifestations organisées dans plusieurs dizaines de villes, ont dégénéré dans de nombreux endroits, notamment à Liverpool (nord-ouest), Hull (nord-est), Belfast (irlande du Nord) ou Leeds (nord).
  • Dans les manifestations, organisées sous le mot d'ordre "Enough is enough" (Trop c'est trop), des slogans anti-immigration et islamophobes étaient scandés et des drapeaux anglais brandis.

LONDRES : Le gouvernement travailliste de Keir Starmer tente de convaincre dimanche de sa capacité à endiguer les manifestations violentes d'extrême droite après une nouvelle journée de heurts samedi dans plusieurs villes du pays, qui a conduit à près d'une centaine d'arrestations.

Visant parfois des mosquées ou des lieux d'hébergement de demandeurs d'asile, ces rassemblements ont commencé après que des rumeurs se sont propagées sur les réseaux sociaux, relayées par des influenceurs d'extrême droite, sur la nationalité et la religion de l'agresseur présumé qui a tué trois fillettes lundi dans la ville de Southport, dans le nord-ouest de l'Angleterre.

Des rassemblements sont encore prévus dimanche.

Samedi, les manifestations organisées dans plusieurs dizaines de villes, ont dégénéré dans de nombreux endroits, notamment à Liverpool (nord-ouest), Hull (nord-est), Belfast (irlande du Nord) ou Leeds (nord).

Des affrontements ont eu lieu entre manifestants et policiers, mais aussi avec des contre-manifestants mobilisés à l'appel d'associations anti-racistes.

Plusieurs policiers ont été blessés, ont rapporté les polices locales.

Les forces de l'ordre ont indiqué dimanche avoir arrêté plus de 90 personnes à ce stade, dont 23 à Liverpool, 20 à Hull, 20 à Blackpool (nord-ouest) et 14 à Bristol (sud-ouest).

Cette nouvelle journée de violences faisait suite aux émeutes qui ont éclaté à Sunderland (nord-est) vendredi, et dans plusieurs villes, dont Londres, mercredi, et à Southport mardi au lendemain de l'attaque au couteau.

Le pays n'avait pas connu une telle flambée depuis 2011, après la mort d'un jeune homme métis, Mark Duggan, tué par la police au nord de Londres, soulignent les médias britanniques.

Si la police a eu à gérer des évènement "circonscrits" à certains endroits du pays, maintenant "cela se propage dans les grandes villes", a souligné Tiffany Lynch, de la Fédération professionnelle de la police d'Angleterre et du Pays de Galles, sur la BBC.

Un mois tout juste après son arrivée au pouvoir, Keir Starmer traverse sa première crise, sur un sujet d'autant plus sensible que les travaillistes ont été accusés durant la campagne par les conservateurs d'être laxistes en matière de sécurité et d'immigration.

Depuis lundi, Keir Starmer multiplie les messages de fermeté et les assurances de soutien aux forces de l'ordre contre ce qu'il a décrit comme une "haine d'extrême droite" et des"voyous".

Après une réunion d'urgence avec ses principaux ministres samedi, il a prévenu que son gouvernement soutiendrait la police afin qu'elle prenne "toutes les actions nécessaires".

- premières critiques -

Interrogée sur la perspective d'avoir recours à l'armée, la ministre en charge de la police Diana Johnson a assuré dimanche sur la BBC que les forces de l'ordre "ont toutes les ressources nécessaires".

"Si vous êtes impliqués (dans des violences) et n'avez pas encore été arrêté, cela viendra", a prévenu le chef du Conseil national des chefs de la police (NPCC), BJ Harrington,ajoutant que 4.000 policiers anti-émeutes sont en alerte.

Dans les manifestations, organisées sous le mot d'ordre "Enough is enough" (Trop c'est trop), des slogans anti-immigration et islamophobes étaient scandés et des drapeaux anglais brandis.

Karina, une mère de famille de 41 ans a participé au rassemblement organisé samedi à Nottingham. "Je suis une patriote et j'en ai marre que des gens (...) nous disent que les blancs de la classe ouvrière sont fascistes parce que nous ne voulons plus voir de personnes venir illégalement sur des bateaux depuis des pays sûrs", a-t-elle affirmé à l'AFP.

Si les condamnations des violences sont unanimes, des critiques commencent à émerger contre le gouvernement.

L'ancienne ministre conservatrice de l'Intérieur Priti Patel a estimé sur X qu"il "risque désormais de paraître emporté par les événements plutôt que d'en garder le contrôle".

Le député conservateur Mel Stride a lui jugé "regrettable" que le gouvernement travailliste soit revenu sur des dispositions de "réponse rapide" pour la police mises en place par le précédent exécutif conservateur.

"Dans les deux dernières semaines, sous les travaillistes, nous avons eu des attaques au couteau contre des personnes innocentes, des combats de rue à la machette, des émeutes et des violences lors de manifestations", affirme sur X dimanche le parti anti-immigration Reform UK.

La co-présidente du parti Vert, Carla Denyer, "outrée" par ces manifestations a estimé qu'elles devaient servir "de signal d'alarme pour tous les responsables politiques qui ont promu activement ou utilisé" une rhétorique anti-immigration.


Iran: Trump évoque désormais un renversement du pouvoir

Le président Donald Trump avant d’embarquer à bord de l’Air Force One après une visite de la base de l’armée américaine de Fort Bragg, vendredi. (AFP)
Le président Donald Trump avant d’embarquer à bord de l’Air Force One après une visite de la base de l’armée américaine de Fort Bragg, vendredi. (AFP)
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  • Le président américain Donald Trump a évoqué un possible renversement du régime iranien tout en envoyant un deuxième porte-avions dans le Golfe, sur fond de négociations difficiles avec Téhéran
  • Les manifestations en Iran, réprimées début janvier, ont fait des milliers de morts et plus de 53.000 arrestations ; Reza Pahlavi appelle à de nouvelles mobilisations internationales et à l’intérieur du pays pour faire pression sur le régime

WASHINGTON: Donald Trump a évoqué ouvertement vendredi un renversement du pouvoir en Iran, sur fond de difficile dialogue entre Washington et Téhéran sur les capacités nucléaires et balistiques de la République islamique.

Le président américain, qui oscille entre promesses d'une issue négociée et menaces militaires, avait peu auparavant confirmé l'envoi "très bientôt" d'un deuxième porte-avions américain dans la région.

"Il semble que ce serait la meilleure chose qui puisse arriver", a dit le président américain à des journalistes qui l'interrogeaient sur éventualité d'un "changement de régime".

"Depuis 47 ans, ils parlent et parlent et parlent. Et pendant ce temps nous avons perdu beaucoup de vies", a ajouté le dirigeant républicain, en quittant la base militaire de Fort Bragg (Caroline du Nord, sud-est).

Reza Pahlavi, le fils exilé du dernier chah d'Iran, a lui appelé les Iraniens à de nouvelles actions de protestation, après la vague de mobilisation réprimée dans le sang début janvier, parallèlement à des rassemblements prévus samedi à l'étranger.

Le président américain avait brandi la menace d'une intervention militaire en Iran face à la répression des manifestations qui, selon des ONG de défense des droits humains, a fait des milliers de morts.

Il a ensuite continué de menacer Téhéran pour pousser à un accord, notamment sur le dossier nucléaire.

- "Traumatisantes" -

Des négociations entre les deux pays ennemis ont repris le 6 février à Oman mais leur poursuite demeure incertaine tant les positions restent éloignées.

Washington, encouragé par Israël, veut également limiter le programme de missiles balistiques de l'Iran et mettre fin au soutien à des groupes armées dans la région.

L'Iran de son côté ne veut parler que du programme nucléaire et insiste pour conserver des capacités de raffinage d'uranium.

Faute d'accord, Donald Trump a menacé jeudi le pays de conséquences "traumatisantes", en rappelant le bombardement par les Etats-Unis de sites nucléaires iraniens lors d'une guerre de 12 jours déclenchée par Israël en juin.

A l'époque, le président américain avait déjà évoqué en termes confus un possible changement du pouvoir en Iran mais avait ensuite rejeté cette idée, jugeant que cela apporterait du "chaos".

Après l'envoi en janvier dans la région du Golfe du porte-avions USS Abraham Lincoln et de ses navires d'escorte, un deuxième porte-avions, le Gerald Ford, doit donc les rejoindre, à une date qui reste incertaine.

Les cibles que Washington pourrait viser dans le cas d'une intervention ne sont pas claires non plus.

Le secrétaire général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Rafael Grossi, a lui indiqué vendredi qu'un accord entre l'AIEA et Téhéran sur les inspections du programme nucléaire était "possible", mais "terriblement difficile".

- Répression -

L'Iran avait refusé en novembre que l'AIEA inspecte ses différents sites bombardés en juin.

Dans le même temps, Reza Pahlavi, qui vit aux Etats-Unis et n'a pas remis les pieds dans son pays natal depuis la Révolution islamique de 1979, a appelé à manifester samedi à Munich, Toronto et Los Angeles pour réclamer une action internationale contre l'Iran.

Dans un message publié sur X, le fils exilé du dernier chah a exhorté en outre les Iraniens de l'intérieur à s'associer à ces manifestations en scandant, samedi et dimanche, des slogans depuis leurs fenêtres et leurs toits.

Selon le groupe basé aux Etats-Unis Human Rights Activists News Agency (HRANA), au moins 7.008 personnes, la plupart des manifestants, ont été tuées lors des protestations, début janvier, et plus de 53.000 personnes ont été arrêtées depuis.

Si quelques figures du courant réformateur ont été libérées, selon l'ONG Iran Human Rights (IHR) des centaines de personnes sont poursuivies pour des chefs d'accusation liés aux manifestations, qui pourraient aboutir à leur condamnation à mort.

Selon les autorités iraniennes, les manifestations ont fait plus de 3.000 morts, en grande majorité des membres des forces de sécurité ou des passants tués par des "terroristes", à la solde selon Téhéran d'Israël et des Etats-Unis.


Merz et Macron évoquent leur discussion sur la dissuasion nucléaire avant un discours français

Le Premier ministre britannique Keir Starmer, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron posent pour une photo au début de la réunion E-3, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le 13 février 2026 à Munich. (AFP)
Le Premier ministre britannique Keir Starmer, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron posent pour une photo au début de la réunion E-3, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le 13 février 2026 à Munich. (AFP)
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  • Le chancelier Friedrich Merz a confirmé des discussions avec Emmanuel Macron sur la dissuasion nucléaire européenne, alors que la France envisage d’articuler sa doctrine nationale avec des intérêts de sécurité communs à certains pays européens
  • Berlin insiste pour que toute évolution s’inscrive strictement dans le cadre de l’OTAN et refuse l’émergence de niveaux de protection nucléaire différenciés entre États européens

MUNICH: Le chancelier allemand Friedrich Merz a évoqué vendredi ses "discussions confidentielles" avec Emmanuel Macron sur "la dissuasion nucléaire européenne", le président français envisageant d'"articuler" la "doctrine nationale" française avec des "intérêts de sécurité communs" de certains pays européens.

La France est le seul pays de l'Union européenne, et le seul pays européen avec le Royaume-Uni, à disposer de l'arme nucléaire. Tous les autres pays sont protégés par la dissuasion élargie américaine dans le cadre l'alliance atlantique Otan.

Emmanuel Macron doit prononcer fin février un important et rare discours mettant à jour la doctrine nucléaire française, alors que plusieurs voix en Europe ont appelé à réfléchir à de nouvelles pistes pour protéger le Vieux continent.

Mais le chancelier allemand a estimé qu'il ne fallait pas que ces réflexions aboutissent à créer des différences de protection nucléaire entre Européens.

Toute dissuasion nucléaire européenne doit "s'inscrire strictement dans le cadre de notre participation nucléaire à l'Otan. Et nous ne laisserons pas apparaître en Europe des zones de sécurité différentes", a-t-il mis en garde.

Les Etats-Unis, qui ont assumé depuis des décennies la protection de l'Europe tandis que les pays du Vieux Continent réduisaient leurs dépenses de défense, exigent désormais de leurs alliés qu'ils se prennent en main. Dans le même temps, la Russie a envahi l'Ukraine, menant une guerre en Europe protégée par son propre arsenal nucléaire.

Interrogé sur le sujet à Munich, le président français a expliqué envisager d'"articuler" la "doctrine nationale, qui est garantie et contrôlée par la Constitution, avec des coopérations spéciales, des excercices communs, et des intérêts de sécurité communs avec certains pays-clés".

"C'est exactement ce que nous faisons pour la première fois de l'histoire avec l'Allemagne", a-t-il dit.

Selon lui, la dissuasion doit être "articulée dans une approche holistique de défense et sécurité". "C'est une manière de créer de la convergence dans notre approche statégique et culture stratégique entre l'Allemagne et la France", a-t-il ajouté.


Un second porte-avion américain va être déployé dans le Golfe

Les avions de combat du porte-avions Ford ont participé à l'attaque du 3 janvier contre Caracas, qui a conduit à la capture du président Nicolás Maduro. (AFP)
Les avions de combat du porte-avions Ford ont participé à l'attaque du 3 janvier contre Caracas, qui a conduit à la capture du président Nicolás Maduro. (AFP)
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  • "Il faut passer un accord, sinon ce sera très traumatisant, très traumatisant", a déclaré le président américain durant un échange avec la presse à la Maison Blanche, en ajoutant qu'il espérait que les négociations avec la République islamique aboutissent
  • "Je leur parlerai aussi longtemps qu'ils le souhaitent" a-t-il encore dit, en indiquant que faute d'accord, il passerait à la "phase deux", qui serait "très dure" pour les Iraniens

WASHINGTON: Le Pentagone a ordonné à un deuxième groupe aéronaval de se préparer à un déploiement dans la région du Golfe, ont indiqué jeudi plusieurs médias américains, alors que Donald Trump accentue la pression sur l'Iran pour mettre fin à ses programmes nucléaire et balistique.

Donald Trump a menacé jeudi l'Iran de conséquences "très traumatisantes" s'il n'acceptait pas un accord sur son programme nucléaire, tandis que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exprimé un "certain scepticisme" sur les chances de conclure l'accord en question.

"Il faut passer un accord, sinon ce sera très traumatisant, très traumatisant", a déclaré le président américain durant un échange avec la presse à la Maison Blanche, en ajoutant qu'il espérait que les négociations avec la République islamique aboutissent d'ici un mois.

"Je leur parlerai aussi longtemps qu'ils le souhaitent" a-t-il encore dit, en indiquant que faute d'accord, il passerait à la "phase deux", qui serait "très dure" pour les Iraniens.

Le président Donald Trump avait déclaré mardi au média américain Axios qu'il envisageait d'envoyer un deuxième porte-avions au Moyen-Orient afin de se préparer à une intervention militaire en cas d'échec des négociations avec l'Iran.

Un deuxième porte-avions rejoindrait le porte-avions USS Abraham Lincoln, déjà présent depuis janvier dans la région avec ses navires d'escorte, selon la presse américaine.

Le Pentagone n'a pas répondu immédiatement aux questions de l'AFP.

Selon le New York Times, le porte-avions Gerald Ford, actuellement déployé dans les Caraïbes, va être envoyé dans le Golfe pour y rejoindre l'Abraham Lincoln.

"L'équipage du navire a été informé de la décision jeudi, selon quatre responsables américains qui ont requis l'anonymat", a indiqué le New York Times.

Les avions de combat du porte-avions Ford ont participé à l'attaque du 3 janvier contre Caracas, qui a conduit à la capture du président Nicolás Maduro.

Dès mercredi, le Wall Street Journal avait indiqué qu'un deuxième porte-avions pourrait être déployé dans la région.

CBS News a relayé également cette information.

Le déploiement d'un deuxième porte-avions au Moyen-Orient serait une première en près d'un an, a fait remarquer le Wall Street Journal. En mars 2025, le Harry Truman et le Carl Vinson y avaient tous deux été déployés pour combattre les rebelles houthis soutenus par le Yémen.