Enquête du sénat français sur la délinquance financière: Les mesures prises par les Émirats, un exemple à suivre

Derrière l’abstraction des chiffres, il paraît évident que le blanchiment d’argent alimente une économie parallèle qui fragilise l’État de droit et ruine la confiance dans les institutions.   « Le blanchiment est le crime qui permet tous les autres », résume un récent rapport du Sénat, porté par deux sénateurs, Nathalie Goulet et Raphaël Daubet, dévoilé le 20 juin 2025. (Photo LinkedIn)
Derrière l’abstraction des chiffres, il paraît évident que le blanchiment d’argent alimente une économie parallèle qui fragilise l’État de droit et ruine la confiance dans les institutions.  « Le blanchiment est le crime qui permet tous les autres », résume un récent rapport du Sénat, porté par deux sénateurs, Nathalie Goulet et Raphaël Daubet, dévoilé le 20 juin 2025. (Photo LinkedIn)
Short Url
Publié le Lundi 23 juin 2025

Enquête du sénat français sur la délinquance financière: Les mesures prises par les Émirats, un exemple à suivre

  • Boutiques de façade, crypto actifs, rachat de tickets gagnants de jeux du hasard ou dissimulation dans l’immobilier sont autant de mécanismes mobilisés par les criminels, détaille le rapport
  • La France n’est pas dépourvue d’outils : Tracfin (l'organisme chargé de traquer les fraudes et le blanchiment), le Parquet national financier, les autorités de contrôle bancaire sont mobilisés

PARIS: En France comme partout dans le monde, la délinquance financière ne cesse de prendre de l’ampleur.

Derrière l’abstraction des chiffres, il paraît évident que le blanchiment d’argent alimente une économie parallèle qui fragilise l’État de droit et ruine la confiance dans les institutions. 

« Le blanchiment est le crime qui permet tous les autres », résume un récent rapport du Sénat, porté par deux sénateurs, Nathalie Goulet et Raphaël Daubet, dévoilé le 20 juin 2025. 

Ce constat met en lumière les failles de la lutte française contre ces circuits illicites, tandis que d’autres États, comme les Émirats arabes unis, se positionnent désormais en acteurs majeurs de la lutte contre les flux financiers criminels.

Le blanchiment de capitaux représente entre 2 et 5 % du PIB mondial, soit jusqu’à 4 000 milliards de dollars chaque année, selon l’ONU, à l'échelle française, cela se traduirait par 38 à 58 milliards d’euros réinjectés illégalement dans l’économie, or seuls 2 % de ces fonds sont effectivement confisqués par les autorités.

Loin d’être cantonnée au trafic des narcotiques, la délinquance financière s’appuie sur des réseaux multiples : trafic de migrants, contrefaçon, tabac illégal, fraude documentaire, autant de vecteurs qui génèrent des revenus massifs et requièrent, des dispositifs de blanchiment complexes. 

Boutiques de façade, crypto actifs, rachat de tickets gagnants de jeux du hasard ou dissimulation dans l’immobilier sont autant de mécanismes mobilisés par les criminels, détaille le rapport.

La France n’est pas dépourvue d’outils : Tracfin (l'organisme chargé de traquer les fraudes et le blanchiment), le Parquet national financier, les autorités de contrôle bancaire sont mobilisés. 

En 2024, Tracfin a enregistré plus de 211 000 signalements, dont l’essentiel provient du secteur financier, affirment le rapport mais de nombreuses zones d’ombre subsistent, et certaines professions, comme par exemple les antiquaires ou les agents sportifs, échappent encore à la régulation.

La commission sénatoriale, présidée Daubet avec Goulet comme rapporteuse, plaide pour une stratégie globale, dépassant le simple empilement d’outils. 

Elle propose notamment dans son rapport de renforcer la formation des enquêteurs, d’élargir les prérogatives des greffiers pour détecter les sociétés écrans, et de systématiser le contrôle de l’origine des fonds lors de la reprise d’entreprises.

Ces recommandations devraient déboucher sur plusieurs propositions de loi, dont l’une sur la contrefaçon (5 milliards d’euros de pertes annuelles pour la France), une autre sur le trafic de migrants, la fraude à l’identité ou les plaques falsifiées. 

Par ailleurs, certaines mesures n’exigent pas de loi, telles que la réorganisation des services, l’harmonisation des logiciels d’enquête, ainsi que les bonnes pratiques internes aux entreprises ou les nouveaux protocoles d’échange entre administrations.

Pour les sénateurs, il est urgent de bâtir une véritable culture de la lutte contre l’argent sale, « Ce n’est pas qu’un sujet technique, il faut créer une dynamique collective, une prise de conscience nationale et européenne », estime Goulet. 

Alors que la France peine à muscler son dispositif, les Émirats arabes unis illustrent selon le rapport une évolution spectaculaire. 

Longtemps perçu comme un paradis pour les flux opaques, le pays a opéré un redressement stratégique depuis son inscription sur la liste grise du GAFI en 2022, deux ans plus tard, en février 2024, ils en sont officiellement sortis.

Soucieuse d’évaluer cette transition, une délégation du Sénat s’est rendue sur place en mars 2025, peu après, le 5 juin, la Commission européenne annonçait elle aussi le retrait des Émirats de sa propre liste des pays tiers à haut risque, saluant leur conformité croissante aux normes internationales.

Les Émirats ont misé sur un modèle légal souple, inspiré de systèmes comme celui de Singapour ou de l’Australie, ils ont adopté des textes, souvent courts, qui laissent une large marge d’interprétation aux autorités. 

Dans un pays majoritairement peuplé d’expatriés, l’arsenal répressif repose avant tout sur les expulsions, la saisie d’actifs, et une surveillance numérique renforcée.

Leur infrastructure numérique souligne le rapport est sans équivalent dans la région, réseau 5G ultra-rapide, taux d’accès à Internet supérieur à 99 %, et capacité technologique avancée de suivi des communications, des atouts qui permettent un contrôle strict, rapide et efficace des flux financiers suspects.

Le rapport détaillé le dispositif des Émirats, au cœur duquel se trouve « The Executive Office of Anti Money Laundering » et le « Counter Terrorism Financing », une task force composée de 11 départements spécialisés. 

Cette structure centrale est chargée de coordonner les efforts de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, dans le respect des recommandations du GAFI.

Les résultats parlent d’eux-mêmes puisque selon le rapport, entre mars et juillet 2023, plus de 329 millions d’euros d’avoirs illicites ont été saisis, en trois ans, le montant total des amendes infligées aux contrevenants a été multiplié par 25..

Par ailleurs, les Émirats ont accru le contrôle des professions non financières, longtemps vulnérables, comme les agents immobiliers ou les maisons de ventes, en imposant des formations obligatoires, des obligations de vigilance, et des programmes de conformité.

La stratégie émirienne ne vise pas seulement à rassurer les instances internationales, elle s’inscrit aussi dans une ambition diplomatique plus large : devenir un acteur régional majeur en matière de gouvernance financière, d’ailleurs l'ouverture en 2025 d’un bureau régional du GAFI à Abou Dhabi illustre cette volonté de leadership.

Le pays a signé de nombreux accords de coopération, notamment avec TRACFIN en février 2024, et aligné ses normes sur celles de l’Union européenne et des États-Unis. 

L’interdiction d’entrée sur le sol émirien du yacht de luxe « Flying Fox », visé par des sanctions internationales, témoigne d’un changement de posture radical assuré le rapport et la modernisation du secteur des paiements complète ce paysage, à travers surtout la réduction des transactions en espèces.

Le combat contre le blanchiment ne peut être gagné par un seul pays, estiment les auteurs du rapport. Il exige une approche transversale, une coopération entre États, et une volonté d’agir à la fois sur le plan juridique, technologique et culturel. 

La France, en quête d’une meilleure coordination et d’une dynamique législative nouvelle, peut selon eux trouver une source d’inspiration dans l’exemple des Émirats arabes unis.


À Dubaï, L’Oréal accélère sa transition durable entre climat, économie circulaire et beauté inclusive

L’Oréal Middle East a réuni à Dubaï des représentants du gouvernement, des experts du développement durable et des partenaires de l’industrie à l’occasion du L’Oréal For the Future Summit 2026. (Photo: fournie)
L’Oréal Middle East a réuni à Dubaï des représentants du gouvernement, des experts du développement durable et des partenaires de l’industrie à l’occasion du L’Oréal For the Future Summit 2026. (Photo: fournie)
Short Url
  • L’Oréal Middle East a signé le UAE Climate-Responsible Companies Pledge avec le ministère du Changement climatique et de l’Environnement, consolidant son engagement en faveur de la stratégie Net Zero 2050 des Émirats arabes unis
  • Le groupe annonce l’extension de ses initiatives de beauté durable grâce au développement des solutions de recharge, tout en renforçant l’inclusion avec le don de plus de 30 dispositifs Lancôme HAPTA au centre Al Noor

DUBAÏ: L’Oréal Middle East a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de développement durable à l’occasion de la troisième édition du L’Oréal For the Future Summit, organisée dans ses bureaux récemment rénovés à Dubaï. Réunissant représentants gouvernementaux, experts du développement durable, partenaires du commerce de détail et acteurs de l’industrie, l’événement a été marqué par la signature du UAE Climate-Responsible Companies Pledge avec le ministère du Changement climatique et de l’Environnement (MOCCAE).

Cette signature formalise l’engagement de L’Oréal Middle East dans la stratégie nationale de décarbonation des Émirats arabes unis et dans l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050. Réalisée en présence de l’ingénieure Aisha Mohamed Al Abdooli, directrice du département du Développement vert et des Affaires environnementales au sein du ministère, cette initiative illustre la volonté du groupe d’inscrire ses actions climatiques dans un cadre mesurable et transparent. 

--
L’ingénieure Aisha Mohamed Al Abdooli, directrice du département du Développement vert et des Affaires environnementales au ministère du Changement climatique et de l’Environnement des Émirats arabes unis, lors du L’Oréal For the Future Summit 2026 à Dubaï. (Photo: fournie)

Pour L’Oréal, les Émirats arabes unis occupent une place centrale dans le déploiement de ses initiatives environnementales. Le pays constitue aujourd’hui un laboratoire régional pour tester et accélérer des solutions de beauté durable conciliant impact environnemental et performance économique.

Le sommet s’est tenu dans les bureaux rénovés de L’Oréal Middle East à Dubaï, conçus pour refléter concrètement les ambitions du programme « L’Oréal For the Future ». Efficacité énergétique, pratiques de travail responsables et choix de matériaux durables font de cet espace un exemple tangible de la transformation environnementale engagée par le groupe.

Lors de l’événement, L’Oréal Middle East a également annoncé le renforcement prochain de ses partenariats avec plusieurs acteurs du commerce de détail afin d’étendre l’accès aux stations de recharge de produits de beauté à travers les Émirats arabes unis.

Après une première collaboration avec BinSina Pharmacy, de nouvelles alliances stratégiques doivent permettre d’accélérer l’adoption de modèles de consommation plus circulaires et de réduire les déchets plastiques. Les solutions rechargeables sont désormais disponibles dans l’ensemble des catégories du groupe, des soins de la peau aux parfums, en passant par le maquillage et les soins capillaires.

Parmi les exemples mis en avant, le parfum rechargeable Prada Paradoxe permet de réduire l’utilisation de matériaux de 44 % pour le verre, 67 % pour le plastique, 100 % pour les métaux et 61 % pour le carton, par rapport aux formats traditionnels.

Le groupe indique également que l’ensemble de ses supports promotionnels en point de vente sont désormais éco-conçus, tandis qu’un travail est mené avec les fournisseurs pour mesurer et réduire les émissions de CO₂ tout au long de la chaîne de valeur.

Au-delà de ses ambitions environnementales, L’Oréal Middle East a réaffirmé son engagement en faveur de l’inclusion. Dans ce cadre, l’entreprise a annoncé le don de plus de 30 dispositifs Lancôme HAPTA au centre de formation Al Noor.

Présenté comme le premier applicateur de maquillage informatisé portable au monde, HAPTA a été développé pour accompagner les personnes souffrant de troubles de la motricité, d’arthrite, de la maladie de Huntington ou de séquelles liées à un accident vasculaire cérébral. Grâce à ses capteurs avancés et à sa technologie de stabilisation du mouvement, l’appareil facilite l’accès au maquillage et favorise l’autonomie des utilisatrices.

« La signature du UAE Climate-Responsible Companies Pledge démontre notre volonté de contribuer concrètement à l’ambitieux programme de durabilité des Émirats arabes unis. L’expansion de nos initiatives de recharge et de nos partenariats dans le commerce de détail permettra également de rendre les choix de beauté durable plus accessibles à un plus grand nombre de consommateurs », a déclaré Laurent Duffier, directeur général de L’Oréal Middle East.

À travers ce sommet, L’Oréal Middle East entend démontrer que leadership environnemental, innovation et croissance économique peuvent avancer de concert, tout en accélérant la transition vers une industrie de la beauté plus responsable dans la région.


La Bourse de Paris recule avec le regain de tensions au Moyen-Orient

Short Url
  • "Les tensions au Moyen-orient s'intensifient à nouveau", ce qui "complique la perspective d'un accord imminent" dans la région, s'inquiètent les analystes de la Deutsche Bank
  • Israël et l'Iran ont lancé lundi des attaques réciproques après le tir de missiles par Téhéran en direction du territoire israélien, menaçant la trêve en vigueur

PARIS: La Bourse de Paris évolue en baisse lundi, plombée par une nouvelle hausse du pétrole causée par des échanges de frappes entre Israël et l'Iran, mettant en danger le cessez-le-feu au Moyen-Orient.

Vers 9H40 (heure de paris) le CAC 40 cédait 0,76% à 8.155,97 points, soit un recul de 62,32 points. Vendredi, l'indice vedette parisien avait perdu 0,32%.

"Les tensions au Moyen-orient s'intensifient à nouveau", ce qui "complique la perspective d'un accord imminent" dans la région, s'inquiètent les analystes de la Deutsche Bank.

Israël et l'Iran ont lancé lundi des attaques réciproques après le tir de missiles par Téhéran en direction du territoire israélien, menaçant la trêve en vigueur et les espoirs de Donald Trump d'arriver à un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Deux mois après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu précaire dans une guerre qui dure depuis 100 jours, la région menace de s'embraser une nouvelle fois, malgré les appels du président américain à la retenue adressés à Israël.

Jérusalem s'est réveillé au son des explosions et des alertes, ont constaté des journalistes AFP. L'armée a fait état de deux nouveaux barrages de missiles iraniens visant le pays, après deux premières salves la veille.

Quelques heures plus tôt, la télévision d'Etat iranienne avait rapporté des explosions à Téhéran et dans les villes de Tabriz (nord-ouest) et Ispahan (centre), au moment où l'armée israélienne annonçait que son aviation avait bombardé "des cibles militaires".

Comme à chaque regain de tension dans la région, le prix du brut augmente: vers 9H40, le baril de Brent, référence européenne, gagnait 4,95% à 97,70 dollars, et celui de West Texas Intermediate, son équivalent américain, prenait 4,58% à 94,69 dollars.

Les taux d'intérêt étaient orientés à la hausse: le rendement de la dette allemande à dix ans, référence en Europe, atteignait 3,06%, contre 3,04% vendredi soir. Son équivalent français atteignait 3,82%, contre 3?80% vendredi soir.

TotalEnergies profite de la hausse des prix du pétrole

Le groupe énergétique français TotalEnergies (+0,80% à 77,99 euros) profite de la nouvelle hausse des prix du brut.

Sanofi, un traitement anticancereux approuvé par l'UE

Le géant pharmaceutique français Sanofi (-0,56% à 77,51 euros) a annoncé lundi avoir obtenu l'approbation de la Commission européenne de son traitement anticancéreux Sarclisa en formulation sous-cutanée, via un injecteur portable, pour traiter le myélome multiple.

 

 


La France, 1er producteur européen de blé, importe toujours plus de farine

Le coureur belge Brent Van Moer, de l’équipe Lotto, roule en échappée devant des champs de blé et des éoliennes lors de la 2e étape de la 112e édition du Tour de France 2025, longue de 209,1 km entre Lauwin-Planque et Boulogne-sur-Mer, dans le nord de la France, le 6 juillet 2025. (AFP)
Le coureur belge Brent Van Moer, de l’équipe Lotto, roule en échappée devant des champs de blé et des éoliennes lors de la 2e étape de la 112e édition du Tour de France 2025, longue de 209,1 km entre Lauwin-Planque et Boulogne-sur-Mer, dans le nord de la France, le 6 juillet 2025. (AFP)
Short Url
  • La production française de farine est restée stable en 2025 à près de 4 millions de tonnes, mais les importations ont bondi de 45 % en deux ans, creusant le déficit commercial du secteur
  • Les meuniers français dénoncent une concurrence accrue, notamment de l’Allemagne, et la pression des marques de distributeurs qui favorisent des farines moins chères, pesant sur les prix et la rentabilité

PARIS: Premier producteur européen de blé, la France se situe au 2e rang pour la production de farine mais a vu ses importations bondir de "45% en deux ans", selon le bilan annuel de la meunerie française.

Une hausse générée par plus d'achats de la grande distribution, et qui tire les prix vers le bas, souligne auprès de l'AFP Jean-François Loiseau, président de l'Association nationale de la meunerie française.

En 2025, la production française de farine est restée quasi stable à "près de 4 millions de tonnes de farine à partir de de blé 100% français", soit plus de 11% de la production européenne, au deuxième rang derrière l'Allemagne, selon l'ANMF.

Si ces résultats "confirment le rôle stratégique de la meunerie française dans la souveraineté alimentaire nationale et européenne", la rentabilité du secteur est "très faible" et les échanges commerciaux traduisent "une pression concurrentielle croissante", relève l'association fondée en 1886, qui représente l'immense majorité des meuniers français.

En 2025, la France a exporté 204.000 tonnes de farine mais en a importé 420.000: le déficit se creuse depuis 2018, au profit notamment de l'Allemagne et de la Belgique, qui fournissent plus de 80% des importations françaises.

"En France, on a traditionnellement des boulangers qui utilisent de la farine 100% française, produite par des centaines de moulins. Personne n'a la qualité de pain qu'il y a dans les boulangeries françaises", a affirmé à l'AFP Jean-François Loiseau, président de l'ANMF.

- Concurrence internationale -

"Mais ces dernières années, ce que l'on voit, c'est une augmentation des achats de farine moins chère, venue surtout d'Allemagne mais aussi d'Italie, de Roumanie ou de Bulgarie, par la grande distribution pour ses marques (propres) MDD", a-t-il ajouté.

L'an dernier, ces achats de farine à l'étranger ont atteint 11% de la consommation nationale, précise le bilan.

"Un vrai problème, parce qu'en vendant de la farine sous marques distributeurs moins chères, la distribution tire les prix vers le bas" et cela met en difficulté les producteurs français, a-t-il souligné.

Le chiffre d'affaires de la meunerie, quant à lui, atteignait 1,84 milliard d'euros l'an dernier et a baissé de près de 17% en deux ans.

Les meuniers français, qui travaillent dans de petites unités, souvent des entreprises familiales, ont du mal à rivaliser avec les gros producteurs allemands, dont "les coûts de production et les charges sociales sont moins élevés", selon M. Loiseau.

La concurrence internationale s'intensifie aussi avec la Turquie, premier exportateur mondial de farine (entre 3 et 3,5 millions de tonnes/an), ou l'Ukraine, qui a quadruplé ses exportations vers la France entre 2022 et 2025, selon l'ANMF.

Dans ce contexte, la meunerie française "ne demande pas d'aide" mais veut voir ses charges baisser pour regagner en compétitivité.

Cela passe notamment par une énergie électrique accessible, un arrêt de l’inflation réglementaire, une simplification des démarches administratives qui pèsent sur les entreprises qui souhaitent investir et se développer", plaide Jean-François Loiseau.