Quand l’IA remplace l’écoute humaine : ce que disent les experts

Les chercheurs observent que l’IA peut parfois tenir lieu de psychiatre ou de coach de vie, et qu’un lien de dépendance affective peut se nouer entre l’utilisateur et la machine. (AFP)
Les chercheurs observent que l’IA peut parfois tenir lieu de psychiatre ou de coach de vie, et qu’un lien de dépendance affective peut se nouer entre l’utilisateur et la machine. (AFP)
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Publié le Mercredi 16 juillet 2025

Quand l’IA remplace l’écoute humaine : ce que disent les experts

  • Courrier du cœur pour certains, qui n’hésitent pas à lui confier leurs histoires affectives ; confidente pour d’autres ; déversoir de ressentiment qu’on ne parvient pas à exprimer ailleurs… l'IA est souvent perçue comme un confident idéal.
  • Cet usage intime n’est toutefois pas sans risque. Deux études récentes, menées par OpenAI et le Media Lab, mettent en garde contre un recours excessif à ces outils

PARIS: Plongée dans la rédaction de cet article, le téléphone sonne.
Au bout du fil, la voix d’une amie : « J’ai hésité entre t’appeler pour te demander ton avis ou interroger ChatGPT. »
Le hasard fait parfois bien les choses : je tâtonnais pour trouver un angle d’attaque, ce coup de fil me l’a offert.

L’IA, cette innovation technologique récente sur laquelle les avis sont très partagés, fait désormais partie de notre quotidien.
Obtenir un renseignement, vérifier une information, planifier des vacances… Il suffit de poser une question et, en un clic, les réponses s’affichent.

Mais au-delà de cet aspect pratique, l’IA s’invite de plus en plus dans la sphère personnelle et intime.
Courrier du cœur pour certains, qui n’hésitent pas à lui confier leurs histoires affectives ; confidente pour d’autres ; déversoir de ressentiment qu’on ne parvient pas à exprimer ailleurs… elle est souvent perçue comme un confident idéal.

Cet usage intime n’est toutefois pas sans risque. Deux études récentes, menées par OpenAI et le Media Lab, mettent en garde contre un recours excessif à ces outils.
Les chercheurs observent que l’IA peut parfois tenir lieu de psychiatre ou de coach de vie, et qu’un lien de dépendance affective peut se nouer entre l’utilisateur et la machine.

Les résultats sont sans ambiguïté :« Dans l’ensemble, une utilisation quotidienne plus élevée, tous types de conversations confondus, est corrélée à une plus grande solitude, à une dépendance accrue, à une utilisation problématique, ainsi qu’à une socialisation réduite », soulignent les auteurs.

Ces conclusions rejoignent de nombreux témoignages recueillis depuis la généralisation de ChatGPT en 2022. Certains utilisateurs le décrivent comme un psychologue, un partenaire amoureux ou même un personnage fictif avec qui ils peuvent tout partager, sans crainte d’être jugés.

Les exemples abondent. En janvier dernier, une Américaine de 28 ans affirmait être amoureuse de ChatGPT, qu’elle qualifiait de « petit ami ».
Cela peut prêter à sourire, mais ce type de lien souligne aussi des dérives potentiellement graves.

Plus dramatique : une mère américaine a porté plainte contre Character.AI après le suicide de son fils de 14 ans, devenu accro à l’outil, qu’il considérait comme un ami et psychologue. D’autres incidents similaires ont été relayés dans les médias à travers le monde.

Face à ces histoires, certains seraient tentés de condamner l’IA sans nuance : elle rendrait les gens « fous », ou remplacerait dangereusement les relations humaines.
Mais la réalité est plus complexe.

Interrogé par Arabnews en français, le psychiatre hospitalier Emmanuel Le Guen se veut ni surpris, ni alarmiste :« Nous sommes presque tous dépendants de nos téléphones portables, et cela ne choque plus personne. L’IA, en tant qu’innovation récente, peut, en raison de ses caractéristiques, favoriser une forme de dépendance. »

Selon lui, ces outils sont conçus pour être bienveillants, dotés d’une grande capacité d’écoute et exempts de jugement: « Pour les personnes qui peinent à créer du lien social, l’IA peut les aider à mieux comprendre leurs problèmes, en les reformulant de façon claire et objective, et en y apportant des conseils. »

Mais il souligne aussi une limite essentielle : contrairement à un thérapeute humain, l’IA ne peut pas prendre en compte le contexte émotionnel ou familial. « C’est là que réside sa principale faiblesse : une écoute qui paraît empathique, mais qui reste fondamentalement décontextualisée. »

Le Guen reconnaît qu’il est difficile d’établir un profil type des personnes susceptibles de tomber dans cette dépendance.
Il évoque toutefois certains facteurs de vulnérabilité: « Ce sont souvent des individus solitaires, fragiles, en manque de sécurité, qui cherchent à se protéger du regard des autres. »

Dans certains cas, ajoute-t-il, le recours à l’IA peut avoir une fonction bénéfique : « Si l’IA aide quelqu’un à reprendre confiance en lui, sans passer par un thérapeute, pourquoi pas ? Cela signifie que sa situation ne nécessitait pas forcément un suivi médical. »

En revanche, le problème surgit lorsque cette dépendance renforce l’isolement, au lieu de le réduire.

Ces réflexions s’inscrivent dans un contexte plus large : celui d’une véritable épidémie de solitude.
Selon une étude Ifop, 17 % des Français déclaraient souffrir de solitude chronique en 2022, contre 13 % en 2018 — une tendance exacerbée par la pandémie de Covid-19.

Dans ce contexte, l’IA, disponible 24h/24, patiente et sans jugement, semble offrir une solution idéale : combler le vide relationnel, voire pallier la difficulté d’accès aux professionnels de santé mentale.

Mais faut-il vraiment s’en réjouir ?
La tentation est grande de préférer une relation virtuelle docile et sans conflit, à la complexité – et parfois à la richesse – des relations humaines.
On y perçoit aussi une forme de narcissisme : une IA à notre image, qui ne nous contredit pas, ne nous confronte pas à nos limites, et nous renvoie une version idéalisée de nous-mêmes.

La dépendance affective à l’intelligence artificielle révèle ainsi une tension contemporaine : celle d’un désir profond d’écoute et de compréhension, qui risque paradoxalement de creuser davantage l’isolement.

Comme le conclut Emmanuel Le Guen :« Si l’IA peut aider certains à aller mieux, tant mieux. Mais il faut rester vigilant pour qu’elle ne devienne pas un outil qui nous empêche d’aller vers l’autre. »


Nouveau départ de feu dans le Var: plus de 600 évacuations, 100 hectares parcourus

Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
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  • Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var
  • 250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires

MARSEILLE: Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook.

"600 à 700 personnes" ont été évacuées, indique le maire, faisant état de 100 hectares de végétation parcourus depuis le déclenchement de ce nouveau feu, moins de 24 heures après l'annonce de la fixation de l'incendie du Gros Besillon, à une vingtaine de km plus au nord, qui a parcouru 4.500 hectares en huit jours.

Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var. Parmi les personnes évacuées, 120 sont accueillies au Hall des expositions de Brignoles, a précisé M. Brémond.

250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires.

 

 


Incendie dans le sud-ouest: le feu «toujours stabilisé», le risque de reprises persiste

L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
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  • La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer
  • Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange

BORDEAUX: L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes.

"La nuit a été calme, le feu est ce matin toujours stabilisé avec plusieurs reprises de feu traitées rapidement cette nuit", a annoncé la préfecture de Gironde, une semaine après le début du plus gros incendie de forêt à ravager la France depuis 1949, où environ 50.000 hectares avaient été calcinés.

"La surface brûlée n'a pas évolué", a précisé la préfecture, mais les conditions météorologiques restent "défavorables" mercredi, avec des températures attendues en hausse : jusqu'à 41°C dans les terres et 38°C sur le littoral.

La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer.

Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange.

Outre la chaleur, le vent risque de souffler sur les braises et alimenter de nouveau l'incendie.

Les autorités s'attendent dès le début d'après-midi à des vents d'ouest avec des rafales de 30 à 45 km/h, et un taux d'humidité en baisse. Un risque d'orages est annoncé pour jeudi.

Au regard de ces conditions météorologiques, les sapeurs-pompiers de Gironde ont alerté sur un "risque de reprise de feux extrêmement élevé" dans la journée.

La veille, elles avaient conduit à l'évacuation préventive de 4.000 touristes des campings et résidences de vacances de la station balnéaire de Lacanau, à 50 km à l'ouest de Bordeaux.

Depuis le début de cet incendie hors-norme, 222.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 24 communes du secteur.

Mardi soir, 57.000 habitants de trois villes proches de Bordeaux évacués dans le week-end ont pu rentrer chez eux, a indiqué la préfète du département Sophie Brocas.

Un chantier colossal de 127 kilomètres de "coupes tactiques", quasiment achevé, vise à priver ce feu, d'origine accidentelle, de "combustible" et empêcher sa progression, selon l'association Défense de la forêt contre les incendies de la région aquitaine (DFCI).

"126 sapeurs-pompiers ont été blessés depuis le début de cet évènement", a indiqué la préfecture.

Ces derniers jours, le sud-est du pays a aussi été touché par plusieurs incendies, en Corse, dans les Hautes-Alpes et dans le Var.

 


Incendies: Engie va consacrer 25 millions d'euros à la reconstruction des forêts

Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
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  • Engie consacrera 25 millions d’euros à la restauration durable des forêts françaises touchées par les incendies
  • Le groupe vise à renforcer la biodiversité et la résilience des écosystèmes face au changement climatique

PARIS: Le groupe énergétique français Engie va verser 25 millions d'euros pour participer à "la reconstruction et la régénération durable des forêts détruites", a-t-il annoncé mardi, mettant en avant le "choc humain, environnemental et économique" des incendies, notamment en Gironde et à Fontainebleau.

"Cette contribution permettra d'accompagner les efforts de reconstitution des espaces forestiers détruits et de soutenir les initiatives visant à renforcer la résilience des écosystèmes naturels face aux effets du changement climatique", a écrit le groupe dans un communiqué.

"Cela implique notamment de réfléchir aux essences les plus adaptées, à la préservation de la biodiversité, à la restauration de zones humides, aux conditions d'accès pour les services de secours ainsi qu'à la protection et au retour de la faune sauvage", ajoute Engie, soulignant que ces incendies avaient atteint "une part du patrimoine naturel français".

Les incendies ont déjà parcouru plus de 116.000 hectares en France cette année, un record, selon le Premier ministre Sébastien Lecornu, dont une part importante par le "mégafeu" qui sévit depuis plusieurs jours en Gironde.

Les efforts de reboisement s'annoncent très coûteux: chaque hectare de forêt à restaurer coûte entre 5.000 et 10.000 euros, selon le ministère de la Transition écologique. La ministre Monique Barbut a rappelé mardi dernier que l’État augmenterait de 20 millions d'euros les fonds alloués à l'Office national des forêts (ONF) en 2026.

Le groupe énergétique affirme qu'il va "se rapprocher des autorités publiques, des collectivités territoriales, des acteurs de la filière forestière et du monde de la recherche afin de déployer concrètement ce soutien" et qu'il s'inscrit "dans le cadre du plan +France Forêt 2100+".

Quelques initiatives de la part des entreprises ont eu lieu depuis le début de la saison des incendies, à l'instar de Carrefour qui a promis de donner environ 8 tonnes de denrées alimentaires et de produits d'hygiène, de Lidl qui a indiqué en livrer 3 tonnes, de la Macif qui a annoncé un fonds d'un million d'euros pour ses sociétaires et des actions de solidarité, et du Crédit Agricole qui a prévu notamment un fonds d'urgence de deux millions d'euros à destination des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS).