LONDRES: Un nouveau rapport de la plus importante organisation israélienne de défense des droits de l’homme, qui qualifie le pays de «régime d’apartheid», a été salué par des groupes de défense des droits.
Ce rapport révolutionnaire, publié mardi par B’Tselem, indique qu’Israël «n’est pas une démocratie» mais un «régime d’apartheid» qui favorise la suprématie juive, dans des avertissements qui font écho à ceux des groupes palestiniens de défense des droits.
«Un principe directeur est à l’origine de nombreuses politiques israéliennes: renforcer et perpétuer la suprématie d’un groupe – les Juifs – sur un autre – les Palestiniens», selon le rapport.
Pour Hagai el-Ad, directeur exécutif de B’Tselem, «Israël n’est pas une démocratie à laquelle est rattachée une occupation temporaire. C’est un régime entre le Jourdain et la mer Méditerranée, et nous devons l’examiner attentivement et le voir tel qu’il est: un apartheid.»
Chris Doyle, directeur du Conseil pour la compréhension arabo-britannique (Caabu), affirme que ce rapport est une «initiative importante» du groupe israélien de défense des droits «le plus respecté», et qu’il est «attendu depuis longtemps».
Les groupes palestiniens et arabes de défense des droits qualifient le pays d’apartheid depuis des décennies, ajoute-t-il.
Le rapport est essentiel pour «contester la fausse idée» selon laquelle la démocratie et l’occupation peuvent coexister, et le système de droits à deux niveaux d’Israël est la preuve de ce mensonge, déclare M. Doyle.
Il souligne que la pandémie de coronavirus met en valeur les «mondes parallèles» que les deux peuples habitent au sein de l’État, où les Israéliens «ont plus de droits» que les Palestiniens et reçoivent des soins médicaux et de santé supérieurs.
Puisqu’Israël est une puissance occupante selon le droit international, il a une obligation légale explicite de fournir des soins de santé adéquats aux Palestiniens, ce qu’il n’a pas fait, explique M. Doyle.
L’utilisation du terme «apartheid» pour décrire le régime israélien doit correspondre à une terminologie juridique spécifique. La «discrimination systémique fondée sur la race» d’Israël signifie que le terme peut être appliqué de manière juste dans ce cas, précise-t-il. Malgré la décision prometteuse de B’Tselem, il a averti qu’«il est difficile de voir comment l’occupation se terminera».
La campagne de solidarité avec la Palestine, basée au Royaume-Uni, qualifie le rapport d’«extrêmement important» après que B’Tselem «a ajouté sa voix au chœur qui reconnaît Israël comme un État d’apartheid».
Le groupe israélien de défense des droits, Yesh Din, a publié un avis juridique l’année dernière affirmant également qu’un système d’apartheid était en train d’être mis en place.
En 2017, la Commission économique et sociale des nations unies pour l’Asie occidentale (ESCWA) est devenue le premier organe de l’Organisation des nations unies (ONU) à considérer Israël comme un régime d’apartheid. Cependant, la direction de l’ONU n’a pas approuvé la publication du rapport et il a été effacé de son site Web.
L’année dernière, après l’annonce par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, de l’annexion de parties de la Cisjordanie, les experts de l’ONU ont averti que ce serait la cristallisation d’une réalité déjà injuste: deux peuples vivant dans le même espace, gouvernés par le même État, mais avec des droits profondément inégaux. Ils ont ajouté: «C’est une vision d’un apartheid du XXIe siècle.»
Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com







