Un Français sur trois reconfiné face à «la troisième vague» de la Covid-19

Alors que les beaux jours approchent, leurs habitants pourront sortir de chez eux « sans aucune limitation de durée mais avec une attestation ». (Photo, AFP/Archives)
Alors que les beaux jours approchent, leurs habitants pourront sortir de chez eux « sans aucune limitation de durée mais avec une attestation ». (Photo, AFP/Archives)
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Publié le Vendredi 19 mars 2021

Un Français sur trois reconfiné face à «la troisième vague» de la Covid-19

  • Emmanuel Macron aura reculé jusqu'au dernier moment mais cette aggravation oblige l'exécutif à imposer « de nouvelles mesures de freinage massives » de l'épidémie
  • Sont ainsi concernés 21 millions d'habitants, dont les 12 millions de la région parisienne

PARIS : Confinement, saison 3 pour près d'un tiers des Français. Le gouvernement impose à l'Ile-de-France, aux Hauts-de-France et à trois autres départements de fortes restrictions, mais sans fermer les écoles et en privilégiant les activités de plein-air sur celles à l'intérieur.

« La progression de l'épidémie s'accélère nettement » et elle « s'apparente de plus en plus clairement à une 3è vague » de Covid-19 avec les variants, a déclaré le Premier ministre Jean Castex, un an après le premier confinement.

Emmanuel Macron aura reculé jusqu'au dernier moment mais cette aggravation oblige l'exécutif à imposer « de nouvelles mesures de freinage massives » de l'épidémie à partir de samedi et pour quatre semaines dans 16 départements: les huit départements de l'Ile-de-France, les cinq des Hauts-de-France ainsi que les Alpes-Maritimes, la Seine-Maritime et l'Eure. Des mesures dont le coût est déjà chiffré à 1,2 milliard d’euros de plus par mois pour les finances publiques, a annoncé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

Alors que les beaux jours approchent, leurs habitants pourront sortir de chez eux « sans aucune limitation de durée mais avec une attestation » et « dans un rayon limité à 10 kilomètres », selon le chef du gouvernement. Et les déplacements interrégionaux seront « interdits, sauf motifs impérieux ou professionnels ».

Sont ainsi concernés 21 millions d'habitants, dont les 12 millions de la région parisienne, de loin la plus densément peuplée et le poumon économique du pays. Les restrictions pourront être étendues « à d'autres parties du territoire » selon l'évolution du virus, a prévenu le Premier ministre.

Or les chiffres sont mauvais : La France a enregistré jeudi près de 35 000 nouveaux cas de Covid-19 en 24 heures, dépassant la barre des 30 000 pour la deuxième journée consécutive, selon Santé publique France.

La pression sur les services de réanimation, accueillant les malades les plus graves, est repartie à la hausse, avec 4 246 malades, contre 4 219 la veille, un nouveau plus haut depuis fin novembre. Plus d'un quart de ces patients sont hospitalisés en Ile-de-France.

« Sans nous enfermer »

« Je sais la lassitude qui est la vôtre », a reconnu Jean Castex. Mais ces mesures sont « absolument indispensables et équilibrées » et « visent à freiner le virus sans nous enfermer », a-t-il assuré.

Ce tour de vis a été finalisé au cours d'une réunion à la mi-journée avec Emmanuel Macron alors qu'à l’issue du Conseil de défense de mercredi, « deux hypothèses étaient sur la table : confinement le week-end ou 7 jours sur 7 », a indiqué une source proche de l'exécutif. 

L'exécutif a choisi « une troisième voie », selon Jean Castex, après les deux premiers confinements, celui très strict qui avait débuté le 17 mars 2020, puis celui, plus souple, de l'automne. 

Le chef du gouvernement a ainsi annoncé que le couvre-feu, en vigueur depuis décembre, sera retardé en métropole à compter de samedi de 18H00 à 19H00, notamment pour tenir compte du passage à l'heure d'été à la fin du mois.

Comme à l'automne, les écoles et collèges resteront ouverts normalement mais les lycées basculeront tous en « demi-jauge » dans les 16 départements concernés.

Afin de « réduire les occasions de contacts dans les lieux clos », les commerces non-essentiels devront baisser le rideau. Mais, après leur mobilisation à l'automne, les librairies et disquaires ont gardé le droit de rester ouverts. Ce qui ne sera pas le cas des coiffeurs.

Dans une même logique, « toutes les entreprises et administrations qui le peuvent » devront pousser « au maximum » le télétravail pour le mettre en place « au moins quatre jours sur cinq ».

« Moyen-Age »

Des responsables de l'opposition ont vivement critiqué ce nouveau tour de vis. « Le confinement, c’est ce que l’on fait quand on a tout raté », a dénoncé Marine Le Pen (RN). « Retour au Moyen Âge : le confinement. Puis déconfinement. Puis reconfinement. La vis sans fin », a raillé Jean-Luc Mélenchon (LFI).

Concernée en premier chef, la présidente de l'Ile-de-France Valérie Pécresse (Libre) a « pris acte » de ces décisions qui « vont être très dures à vivre pour les Franciliens » mais réclamé « un rattrapage vaccinal immédiat pour notre région, la moins vaccinée de France! ».  

La maire socialiste de Lille Martine Aubry a jugé qu'il « fallait prendre ces mesures » tout en regrettant qu'elles soient prises « comme d'habitude au dernier moment ».

Face aux critiques, Jean Castex a défendu le pari pris le 29 janvier par Emmanuel Macron de ne pas reconfiner, malgré les appels de nombreux médecins. « Nous avons bien fait », a-t-il assuré, en vantant le "pragmatisme" du gouvernement. 

Plus que jamais, l'exécutif compte sur son programme de vaccination pour sortir de la crise. 

Jean Castex a annoncé la reprise vendredi après-midi de la vaccination avec le sérum AstraZeneca, suspendue depuis lundi, après les conclusions du régulateur européen jugeant ce vaccin « sûr et efficace ». Pour rassurer, il se fera d'ailleurs lui-même vacciner vendredi. 

Malgré cette suspension, la campagne vaccinale a continué de progresser: 5 748 698 personnes ont reçu au moins une injection et 2 393 568 ont eu leurs deux doses, selon la Direction générale de la Santé.


Adolescent tué à Nantes: Nuñez promet de poursuivre la guerre contre le narcotrafic

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé vendredi la mort d'un adolescent de 15 ans à Nantes, dans une fusillade "manifestement liée au trafic de drogue", affirmant sa "détermination" à "gagner" la "guerre" contre le narcotrafic. (AFP)
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé vendredi la mort d'un adolescent de 15 ans à Nantes, dans une fusillade "manifestement liée au trafic de drogue", affirmant sa "détermination" à "gagner" la "guerre" contre le narcotrafic. (AFP)
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  • D'après Laurent Nuñez, le bilan du drame dans le quartier populaire de Port-Boyer, au nord de Nantes, s'élève donc à un jeune décédé et deux autres grièvement blessés mais dont les jours ne sont pas en danger
  • Adolescent tué à Nantes: Nuñez promet de poursuivre la guerre contre le narcotrafic

NANTES: Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé vendredi la mort d'un adolescent de 15 ans à Nantes, dans une fusillade "manifestement liée au trafic de drogue", affirmant sa "détermination" à "gagner" la "guerre" contre le narcotrafic.

"Cette guerre on la mène avec détermination et on ne lâchera rien. Oui le combat est compliqué mais on ne perdra pas cette guerre", a martelé le ministre, depuis le lieu de la fusillade survenue jeudi soir, où il est arrivé en fin de matinée.

D'après Laurent Nuñez, le bilan du drame dans le quartier populaire de Port-Boyer, au nord de Nantes, s'élève donc à un jeune décédé et deux autres grièvement blessés mais dont les jours ne sont pas en danger.

Adolescent tué à Nantes: Nuñez promet de poursuivre la guerre contre le narcotrafic

Une cellule psychologique du Samu a été mise en place dans le quartier, a constaté l'AFP.

Jeudi, vers 19H30, deux individus "cagoulés" sont arrivés et ont ouvert le feu "un peu à l'aveugle" sur un groupe de jeunes adolescents, dans ce quartier hérissé de barres d'immeubles construites au milieu de la verdure au bord d'une rivière, a rappelé le ministre.

Si les motifs de la fusillade sur ce point de deal sont "très probablement liés" au narcotrafic, Laurent Nuñez a insisté sur le fait que rien n'indiquait que les adolescents visés par les tirs "et a fortiori" celui qui est décédé étaient liés au trafic.

Ce point de deal est "très convoité", la police ayant interpellé cinq personnes en mars et "quand on déstabilise les territoires, on crée des guerres de territoire", a expliqué le ministre, faisant le parallèle avec des faits récemment survenus à Nice et près de Lyon.

Le 11 mai à Nice, en plein après-midi, un homme déposé en voiture avec une trottinette avait tiré par rafales en direction d'un groupe devant un café et un magasin de bonbons, tuant deux pères de familles de 57 ans et 39 ans. Il avait aussi blessé six personnes, dont trois grièvement.

Le même jour, à Décines-Charpieu, en banlieue lyonnaise, un incendie "d'intimidation" a conduit à la mort de trois personnes, "qui n'avaient rien à voir avec le trafic de stupéfiants", a rappelé M. Nuñez.

"Très peur" 

"Il y a des drames qui se produisent", mais "il faut continuer à déstabiliser, à démanteler des réseaux. Ce qui s'est passé hier renforce notre détermination pour poursuivre cette lutte incessante" contre le narcotrafic, a-t-il encore déclaré, après avoir échangé avec des habitants et la maire de Nantes, Johanna Rolland.

Vendredi matin, trois impacts de balles sont toujours visibles dans la porte d'entrée de l'immeuble du 3 rue de Pornichet, où les tirs se sont produits.

Une habitante de l'immeuble a décrit à l'AFP, sous couvert d'anonymat, comment elle a découvert l'un des adolescents touchés par balle "qui ne respir(ait) plus", disant avoir pensé à lui "toute la nuit".

Une voisine "envisage de quitter le quartier où elle a grandi". Son petit garçon de 10 ans a dit avoir "très peur". "Ça m'inquiète, j'en ai assez de tout ça", se désole le garçonnet qui ne veut plus dormir qu'au côté de sa mère depuis les premiers coups de feu entendus dans le quartier il y a plusieurs semaines.

Le trafic s'est "installé petit à petit", a témoigné auprès de l'AFP Cécile, sexagénaire qui habite rue de Pornichet "depuis 1995" et qui se dit "profondément choquée".

"Depuis quelques années et surtout quelques mois, on voit bien que ça craint en fait et là ça fait vraiment peur à tout le monde", a-t-elle ajouté, observant depuis peu des personnes différentes, "des plus grands, cagoulés, tout en noir".

Le chiffre d'affaires du marché de la drogue en France était estimé en 2023 à 6,8 milliards d'euros, soit trois fois plus qu'en 2010, selon la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca).


Ormuz: la France va prendre «une initiative» à l'ONU sur sa proposition de mission «neutre», dit Macron

La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale. (AFP)
La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale. (AFP)
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  • La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique"
  • "On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage d'Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran"

NAIROBI: La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale.

"On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage d'Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran", a dit le président français depuis Nairobi, à la fin d'un sommet franco-africain. Il a déploré "une escalade dans les déclarations" côtés américain et iranien.

 


Après un premier cas positif à l'hantavirus, les règles d'isolement durcies en France

La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
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  • La France a renforcé les mesures d’isolement après qu’une passagère rapatriée d’une croisière a été testée positive à l’hantavirus Ande
  • Tous les cas contacts identifiés seront désormais placés en quarantaine hospitalière renforcée pendant 42 jours, tandis que l’OMS estime que le risque épidémique reste faible

PARIS: Les règles d'isolement ont été durcies en France avec l'annonce d'une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier" pour tous les cas contacts, après le test positif à l'hantavirus d'une passagère d'un bateau de croisière, hospitalisée "dans un état stable" à Paris selon le gouvernement.

Sur les cinq passagers français rapatriés dimanche et placés à l'isolement à l'hôpital Bichat, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé" dans la nuit de dimanche à lundi et les "tests sont revenus positifs", a annoncé la ministre de la Santé Stéphanie Rist lundi matin sur France Inter.

Le Premier ministre a précisé lundi soir sur le réseau social X qu'elle se trouvait "toujours en réanimation dans un état stable". Son état de santé est "très critique", a indiqué de son côté le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse lundi.

Les quatre autres passagers sont "toujours testés négatifs" et font l'objet "d'un processus d'isolement renforcé en milieu hospitalier", a ajouté Sébastien Lecornu.

Par ailleurs, aucun des huit "cas contacts à haut risque", des Français qui ont partagé le vol d’une personne malade il y a 15 jours, "ne présente de symptômes", selon le chef du gouvernement.

Toutefois, il annonce "pour tous les cas contacts, sans exception", une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier", dans son message posté à l'issue d'une réunion interministérielle à Matignon.

- 22 cas contacts -

La ministre de la Santé faisait état lundi matin d'un total de 22 cas contacts identifiés: les huit passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg et 14 autres à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam du même jour. Une croisiériste néerlandaise, infectée et depuis décédée, avait voyagé à bord du premier vol et était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé.

Cette annonce du Premier ministre durcit pour ces cas contacts les règles fixées dans un décret publié dans la nuit de dimanche à lundi au Journal officiel: il leur était jusqu'ici d'abord demandé de se signaler "sans délai" et d'observer une "mesure de quarantaine à domicile dans l'attente d'une évaluation de leur risque d'infection".

Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont décédées: dans deux cas, l'OMS a confirmé une infection à l'hantavirus, le troisième étant un cas probable. Outre ces trois décès, six cas confirmés et deux autres probables ont été signalés, selon un comptage de l'AFP à partir de données officielles.

La variante du virus détectée à bord du MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines. Cette maladie peut notamment provoquer un syndrome respiratoire aigu et son taux de létalité peut dépasser les 40% selon les spécialistes.

- "Agir tout au début" -

L'OMS se veut rassurante devant le "faible" niveau de risque épidémique, le virus étant moins contagieux que le Covid-19.

"Ce qui est important, c'est d'agir tout au début", a insisté la ministre de la Santé, "c'est-à-dire de briser les chaînes de transmission du virus".

Deux réunions interministérielles sur l'hantavirus auront d'ailleurs lieu chaque jour à Matignon, a indiqué le Premier ministre qui a aussi reçu lundi soir des spécialistes de l'épidémiologie.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur BFMTV, appelant à "ne pas créer de panique".

La ministre de la Santé a une nouvelle fois assuré que la France disposait des stocks nécessaires de masques et de tests.

"J'ai évidemment demandé un état des lieux qui permet de confirmer que nous en avons assez" mais "l'organisation depuis le Covid a permis de faire en sorte que nous avons assez de stocks de masques, de stocks de tests", a-t-elle dit.

Selon l'OMS, tous les occupants du MV Hondius, parti le 1er avril d'Ushuaïa en Argentine, sont considérés comme des "contacts à haut risque" et devront faire l'objet d'une surveillance pendant 42 jours.