Quarante ans après le 10 mai,la Mitterrandie réunie cherche des raisons d'espérer

L'ancien président français François Hollande, l'ancien Premier ministre Lionel Jospin et la maire de Paris Anne Hidalgo posent en marge des célébrations marquant le 40e anniversaire de l'élection de François Mitterrand à la présidence de la république sur 9 mai 2021 au Château de la Verrerie au Creusot. (AFP)
L'ancien président français François Hollande, l'ancien Premier ministre Lionel Jospin et la maire de Paris Anne Hidalgo posent en marge des célébrations marquant le 40e anniversaire de l'élection de François Mitterrand à la présidence de la république sur 9 mai 2021 au Château de la Verrerie au Creusot. (AFP)
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Publié le Dimanche 09 mai 2021

Quarante ans après le 10 mai,la Mitterrandie réunie cherche des raisons d'espérer

  • Plusieurs tables rondes ont été organisées, d'où ressortait un fort sentiment de nostalgie
  • M. Jospin a expliqué qu'il ne se rendrait pas à l'invitation du président Emmanuel Macron, qui souhaite réunir prochainement les anciens de l'Elysée sous François Mitterrand

LE CREUSOT : Quarante ans après la victoire de François Mitterrand, le 10 mai 1981, la Mitterrandie a cherché dimanche au Creusot (Saône-et-Loire) des raisons d'espérer un retour de la gauche au pouvoir, au moment où seul un électeur sur quatre envisage de voter pour elle en 2022.

L'ancien président François Hollande, les ex-Premiers ministres Lionel Jospin et Bernard Cazeneuve, la maire de Paris Anne Hidalgo, les anciens ministres Pierre Joxe ou Jean Glavany, Gilbert Mitterrand (fils de l'ancien président): les "compagnons" de route de Mitterrand, comme M. Jospin les a décrits, s'étaient donné rendez-vous pour célébrer le 40e anniversaire de l'élection, mais aussi une "figure emblématique qui nous a laissé un immense héritage", selon les mots de David Marti, maire PS du Creusot.  

Plusieurs tables rondes ont été organisées, d'où ressortait un fort sentiment de nostalgie. 

"François Mitterrand incarnait une conception et un sens de l'Etat qui doit nous servir de leçon", a affirmé M. Cazeneuve. "Il avait le sens de l'amitié" et de la "loyauté", qualités qu'"on finit par oublier" aujourd'hui, dans cette période marquée par "la malveillance" et "l'oubli des contributions" de ceux qui nous ont précédé". 

Jean Glavany a raconté comment il était devenu chef de cabinet de Mitterrand, avec les moments "d'exaltation" de la première cohabitation, "un jeu de go ou d'échec pour lequel Mitterrand était orfèvre". Pierre Joxe a expliqué que "le travail méthodique" de Mitterrand pour amener la gauche au pouvoir était "une leçon intéressante pour l'avenir". 

Lionel Jospin a évoqué "le parcours fécond d'un grand leader et d'un chef d'Etat", qui "laissait les premiers ministres gouverner et respectait les ministres". 

"Malentendu"

M. Jospin a expliqué qu'il ne se rendrait pas à l'invitation du président Emmanuel Macron, qui souhaite réunir prochainement les anciens de l'Elysée sous François Mitterrand, car "pour ce qui est de la manière dont se structure et agit le pouvoir d'aujourd'hui, tout rapprochement avec ce que Mitterrand a fait ne peut résulter que d'un malentendu".

La gauche en France est mal en point, à un an de la présidentielle à laquelle elle risque de partir divisée. L'opinion publique, comme ailleurs en Europe, se classe en outre de plus en plus majoritairement à droite, selon une enquête publiée mardi par la Fondation pour l'innovation politique (Fondapol).

L'ex-Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis (2014-2017), lointain successeur de François Mitterrand, dresse un constat sombre dans le Journal du Dimanche. 

"La gauche fête le 10 mai et la victoire de François Mitterrand en étant divisée et sans idées", écrit-il: "Son total dans les intentions de vote est le plus faible depuis cinquante ans. Jean-Luc Mélenchon ne conçoit l'unité que derrière sa radicalité. Les écologistes sont obsédés par l'idée de devancer les socialistes, qui soutiennent mollement Anne Hidalgo. La gauche se prépare à faire de la figuration à la présidentielle et refuse de bâtir un accord aux législatives, ce qui annonce plusieurs candidatures dans chaque circonscription, menant inéluctablement à sa marginalisation".

Pour autant, l'ex-président Hollande voit dans la mémoire du 10 mai 1981 l'occasion de profit des "expériences" passées. 

"La gauche était déjà divisée en 1981 mais il y avait ce grand Parti socialiste", a-t-il rappelé. "Il faut toujours une force et une incarnation, une force qu'il faut imaginer, organiser, penser. Il reste un an. En un an, il faut faire ce que François Mitterrand a mis dix ans à faire", entre le congrès de la refondation du PS à Epinay en 1971 et la victoire en 1981. "C'est l'accélération de l'histoire", a-t-il ironisé.   

Pourtant, "le cycle ouvert en 1981 est-il refermé? Le socialisme en a-t-il fini avec sa mission réformatrice? Je ne le crois pas", a martelé M. Hollande. "Le socialisme, s'il est repensé, renouvelé, avec l'urgence écologiste, le socialisme est la réponse la plus appropriée pour assurer la cohésion sociale et nationale. C'est aux nouvelles générations d'y travailler, une construction politique se fait toujours avec de l'ancien et du neuf, dans la réinvention".


Nouveau départ de feu dans le Var: plus de 600 évacuations, 100 hectares parcourus

Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
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  • Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var
  • 250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires

MARSEILLE: Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook.

"600 à 700 personnes" ont été évacuées, indique le maire, faisant état de 100 hectares de végétation parcourus depuis le déclenchement de ce nouveau feu, moins de 24 heures après l'annonce de la fixation de l'incendie du Gros Besillon, à une vingtaine de km plus au nord, qui a parcouru 4.500 hectares en huit jours.

Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var. Parmi les personnes évacuées, 120 sont accueillies au Hall des expositions de Brignoles, a précisé M. Brémond.

250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires.

 

 


Incendie dans le sud-ouest: le feu «toujours stabilisé», le risque de reprises persiste

L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
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  • La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer
  • Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange

BORDEAUX: L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes.

"La nuit a été calme, le feu est ce matin toujours stabilisé avec plusieurs reprises de feu traitées rapidement cette nuit", a annoncé la préfecture de Gironde, une semaine après le début du plus gros incendie de forêt à ravager la France depuis 1949, où environ 50.000 hectares avaient été calcinés.

"La surface brûlée n'a pas évolué", a précisé la préfecture, mais les conditions météorologiques restent "défavorables" mercredi, avec des températures attendues en hausse : jusqu'à 41°C dans les terres et 38°C sur le littoral.

La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer.

Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange.

Outre la chaleur, le vent risque de souffler sur les braises et alimenter de nouveau l'incendie.

Les autorités s'attendent dès le début d'après-midi à des vents d'ouest avec des rafales de 30 à 45 km/h, et un taux d'humidité en baisse. Un risque d'orages est annoncé pour jeudi.

Au regard de ces conditions météorologiques, les sapeurs-pompiers de Gironde ont alerté sur un "risque de reprise de feux extrêmement élevé" dans la journée.

La veille, elles avaient conduit à l'évacuation préventive de 4.000 touristes des campings et résidences de vacances de la station balnéaire de Lacanau, à 50 km à l'ouest de Bordeaux.

Depuis le début de cet incendie hors-norme, 222.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 24 communes du secteur.

Mardi soir, 57.000 habitants de trois villes proches de Bordeaux évacués dans le week-end ont pu rentrer chez eux, a indiqué la préfète du département Sophie Brocas.

Un chantier colossal de 127 kilomètres de "coupes tactiques", quasiment achevé, vise à priver ce feu, d'origine accidentelle, de "combustible" et empêcher sa progression, selon l'association Défense de la forêt contre les incendies de la région aquitaine (DFCI).

"126 sapeurs-pompiers ont été blessés depuis le début de cet évènement", a indiqué la préfecture.

Ces derniers jours, le sud-est du pays a aussi été touché par plusieurs incendies, en Corse, dans les Hautes-Alpes et dans le Var.

 


Incendies: Engie va consacrer 25 millions d'euros à la reconstruction des forêts

Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
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  • Engie consacrera 25 millions d’euros à la restauration durable des forêts françaises touchées par les incendies
  • Le groupe vise à renforcer la biodiversité et la résilience des écosystèmes face au changement climatique

PARIS: Le groupe énergétique français Engie va verser 25 millions d'euros pour participer à "la reconstruction et la régénération durable des forêts détruites", a-t-il annoncé mardi, mettant en avant le "choc humain, environnemental et économique" des incendies, notamment en Gironde et à Fontainebleau.

"Cette contribution permettra d'accompagner les efforts de reconstitution des espaces forestiers détruits et de soutenir les initiatives visant à renforcer la résilience des écosystèmes naturels face aux effets du changement climatique", a écrit le groupe dans un communiqué.

"Cela implique notamment de réfléchir aux essences les plus adaptées, à la préservation de la biodiversité, à la restauration de zones humides, aux conditions d'accès pour les services de secours ainsi qu'à la protection et au retour de la faune sauvage", ajoute Engie, soulignant que ces incendies avaient atteint "une part du patrimoine naturel français".

Les incendies ont déjà parcouru plus de 116.000 hectares en France cette année, un record, selon le Premier ministre Sébastien Lecornu, dont une part importante par le "mégafeu" qui sévit depuis plusieurs jours en Gironde.

Les efforts de reboisement s'annoncent très coûteux: chaque hectare de forêt à restaurer coûte entre 5.000 et 10.000 euros, selon le ministère de la Transition écologique. La ministre Monique Barbut a rappelé mardi dernier que l’État augmenterait de 20 millions d'euros les fonds alloués à l'Office national des forêts (ONF) en 2026.

Le groupe énergétique affirme qu'il va "se rapprocher des autorités publiques, des collectivités territoriales, des acteurs de la filière forestière et du monde de la recherche afin de déployer concrètement ce soutien" et qu'il s'inscrit "dans le cadre du plan +France Forêt 2100+".

Quelques initiatives de la part des entreprises ont eu lieu depuis le début de la saison des incendies, à l'instar de Carrefour qui a promis de donner environ 8 tonnes de denrées alimentaires et de produits d'hygiène, de Lidl qui a indiqué en livrer 3 tonnes, de la Macif qui a annoncé un fonds d'un million d'euros pour ses sociétaires et des actions de solidarité, et du Crédit Agricole qui a prévu notamment un fonds d'urgence de deux millions d'euros à destination des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS).