La hausse des prix des matières premières devrait s'assagir, affirme le rapport CyClope

L'or brille toujours en étant une valeur refuge pendant les périodes de crise ou d'incertitudes économiques et politiques. (Photo, AFP)
L'or brille toujours en étant une valeur refuge pendant les périodes de crise ou d'incertitudes économiques et politiques. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 27 mai 2021

La hausse des prix des matières premières devrait s'assagir, affirme le rapport CyClope

  • La pandémie a marqué 2020 et 2021 par la crise économique la plus forte que le monde ait connue depuis la Seconde guerre mondiale
  • L'augmentation du coût des métaux est liée notamment « à la transition environnementale » de certains pays et, bien sûr, à la reprise chinoise

PARIS : Cuivre, étain, minerai de fer...: les prix des matières premières sont en forte hausse depuis le début de l'année, à la faveur du rebond des économies notamment chinoise, mais devraient « se réajuster à la baisse » au deuxième semestre, estiment les experts du rapport CyClope.

A l'occasion de la 35e édition de ce rapport français de référence sur les marchés mondiaux de matières premières qu'il co-dirige, l'économiste Philippe Chalmin relève qu'en raison de la pandémie de Covid-19, « ces années 2020/2021 ont été marquées par la crise économique la plus forte que le monde ait connue depuis la Seconde guerre mondiale ».

Elle « a été caractérisée par une forte chute des prix de la plupart des marchés au premier semestre 2020 puis par un rebond plus important que ce que l'on imaginait et qui se produit encore aujourd'hui », indique ce professeur d'économie à l'Université Paris-Dauphine.

L'augmentation du coût des métaux est liée notamment « à la transition environnementale » de certains pays, a expliqué Yves Jégourel, professeur à l'Université de Bordeaux, qui co-dirige le CyClope.  « Entre le cours le plus bas en mars 2020 et le plus haut des dernières semaines de 2021, nous sommes à +125% de hausse sur le cuivre et +145% sur l'étain », a-t-il dit lors d'une visioconférence.

De son côté, le minerai de fer a progressé de +150%, pour d'autres raisons.

Une certitude, pour les auteurs du rapport rédigé par des universitaires et des acteurs du marché: « la Chine sera encore en 2021 le facteur déterminant de l'évolution de marchés mondiaux qui resteront marqués par leur profonde instabilité ».

Pour autant « la vision du CyClope n'est pas celle d'un ‘super cycle’ » pour les matières premières comme cela a pu se passer entre 2007-2012, « période de fortes tensions » sur les prix, considère Philippe Chalmin.

Inquiétude

« Dans une note récente, la banque Goldman Sachs a avancé l'idée d'un nouveau » ‘super cycle’ sur les marchés des commodités » (c'est-à-dire d'une hausse durable des prix des matières premières sur une décennie ou plus), relève le rapport.

La banque américaine fonde son analyse sur la mise en œuvre des programmes d'investissement annoncés en 2020-2021 avec une forte connotation environnementale ainsi que sur les mesures de soutien à la consommation décidées un peu partout.

« Cette idée de ‘super cycle’ ne nous paraît pas fondée », objecte le rapport.

« Notre vision, c'est qu'il y a des tensions aujourd'hui liées à un rattrapage de la demande au lendemain d'une crise économique majeure, à un moment où l'offre n'a pas pu se reconstituer suffisamment. Mais en toute logique on devrait avoir un atterrissage » sur les marchés dans la seconde partie de l'année et l'année prochaine, déclare à l'AFP Philippe Chalmin.

Face à une demande vigoureuse, Yves Jégourel fait valoir que l'offre est  « bien plus réactive que ce qu'on imagine ». Dans le cas du cuivre, par exemple, l'offre est insuffisante actuellement mais « si le recyclage joue son rôle, il n'y aura pas nécessairement de pénurie ».

« Peu touchés » par le Covid-19, les marchés agricoles et alimentaires ont commencé à s'apprécier à l'automne 2020. Les conditions climatiques se sont détériorées.

La Chine, dont les cheptels porcins ont été décimés par la peste porcine africaine, a continué à reconstituer son cheptel, ce qui s'est traduit par des besoins croissants de soja et plus tard de céréales. Les importations chinoises ont atteint 100 millions de tonnes de soja et près de 50 millions de tonnes de céréales.

L'accélération de la hausse des prix agricoles en fin d'année a suscité l'inquiétude de certains pays importateurs  « où l’on a commencé à parler de pénuries », note le rapport.

« C'est là relativement exagéré et on ne peut parler, comme cela avait été le cas en 2008, de choc alimentaire même si les marchés agricoles sont restés en 2020 au cœur des tensions géopolitiques », considère-t-il.


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com