Les milléniaux invités à redécouvrir la littérature intemporelle d'Arabie

Les milléniaux invités à redécouvrir la littérature intemporelle d'Arabie
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Les milléniaux invités à redécouvrir la littérature intemporelle d'Arabie

Les milléniaux invités à redécouvrir la littérature intemporelle d'Arabie
  • L'histoire arabe et islamique regorge d'artistes et de poètes dont les œuvres ont transcendé le temps
  • La poésie a toujours eu une place de prédilection chez les Arabes, de sorte que sa valeur dépasse sa fonction strictement documentaire liée à une époque

DJEDDAH: L'histoire arabe et islamique regorge d'artistes et de poètes dont les œuvres ont transcendé le temps. 

Comme toute littérature, l’écriture arabe a ses origines – c'est le point culminant des expériences humaines, des émotions, des connaissances et de la vision de l'univers, incarné dans la poésie. 

La poésie a toujours eu une place de prédilection chez les Arabes, de sorte que sa valeur dépasse sa fonction strictement documentaire liée à une époque. Elle fait de la préservation un devoir à l’égard des jeunes générations. C’est le rôle du centre du roi Abdelaziz pour la culture mondiale (Ithra). 

En collaboration avec le magazine Al-Qafilah de Saudi Aramco, Ithra vient de terminer un ouvrage qui représente le fruit d’un an de travail: Al-Mu’allaqat for Millennials. Ce livre présente aux lecteurs arabes et anglais dix odes intemporelles, qui représentent la quintessence de la poésie arabe primitive, écrites à l'époque préislamique. 

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Le livre évoque la poésie et son histoire et propose, en arabe et en anglais, des introductions à la vie et à l’œuvre des poètes. C’est le résultat des efforts conjoints d'une équipe de neuf universitaires et d’experts saoudiens et internationaux, spécialistes de la littérature, de la poésie et de la traduction arabes. 

«Le déclin de la littérature est, en réalité, le déclin d'une nation», écrit le poète et critique allemand Goethe. Al-Mu’allaqat représente, avec le Coran, le fondement linguistique et littéraire de la civilisation arabo-islamique. L’idée qu’il puisse tomber dans l’oubli équivaudrait pour des Arabes au fait, pour des Anglais, d’abandonner Shakespeare. 

«Nous voulons qu'il reflète les prémices d'une base de la littérature arabe, car il dépeint des caractéristiques humaines communes. Le but de ce projet est de placer la littérature essentielle sur la même échelle que des œuvres telles que celles de Shakespeare et de Homère, d'une manière moderne, dont tout le monde pourrait profiter», indique le chef de projet et rédacteur en chef d'Al-Qafilah, Bander al-Harbi à Arab News. 

Les poèmes écrits il y a 1 500 ans sont considérés comme des chefs-d'œuvre de la littérature arabe et mondiale; c'est la raison pour laquelle ils ont fait l’objet de nombreux livres et de traductions au cours des siècles passés. Cependant, ce qui caractérise ce projet, c’est son objectif: initier les nouvelles générations aux valeurs humaines, esthétiques et philosophiques de ces poèmes anciens, véhiculer des connaissances sur leur sujet et sur leur signification et les rendre accessibles aux lecteurs modernes. 

Ce livre de cinq cents pages a été publié le 18 décembre dernier à l'occasion de la Journée internationale de la langue arabe, un événement célébré par l'ONU. Des universitaires de niveau international ont participé à ce projet, en dépit de la crise de la Covid-19. 

«Notre livre a pour but de présenter une nouvelle fois la poésie arabe à la nouvelle génération, quelles que soient les frontières culturelles et linguistiques. Les leçons humaines de ces textes intemporels et leur originalité artistique les rendent attrayants pour tous ceux qui aiment l’art oral», confie le Dr Hatem al-Zahrani, responsable du contenu et de la communication internationale et critique. 

Al-Mu'allaqat a été rédigé par des auteurs accomplis de l'ère préislamique, parmi lesquels on compte le poète-guerrier du VIe siècle Imrou’l Qays, connu sous le nom de «Roi errant», qui a parcouru les terres d'Arabie afin de venger le royaume perdu de son père – et qui a également écrit de la poésie. 

Imrou’l Qays est salué comme le père de la poésie arabe parce qu'il a établi de nombreuses conventions et parce qu’il a chanté de nombreux thèmes qui furent développés par les poètes qui l’ont suivi. Il est à l'origine de la «poésie de la ruine»: l'écrivain plante le décor en évoquant un personnage qui, s’étant arrêté un moment devant des vestiges, se remémore bien-aimée. 

Parmi les autres poètes renommés figurent l’hédoniste Tarafa, le moraliste Zuhayr, Antara, chevalier noir et héros romantique, le centenaire Labid, et le chevalier accablé par le chagrin, Amr ibn Kulthum. 

Après une décennie passée dans différentes institutions universitaires aux États-Unis, M. Al-Zahrani observe que la littérature arabe, et notamment la poésie, suscitent un réel intérêt auprès des étudiants de différentes générations.