A Calais, le père Philippe Demeestère en grève de la faim contre «l'intolérable»

A Calais, le père Philippe Demeestère en grève de la faim contre «l'intolérable»
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A Calais, le père Philippe Demeestère en grève de la faim contre «l'intolérable»

A Calais, le père Philippe Demeestère en grève de la faim contre «l'intolérable»
  • M. Demeestère en est convaincu: «Les exilés sont une chance.» En risquant «leur peau» pour changer de vie, «ils nous sortent de notre sujétion»
  • Dans cette ville frontalière, il vit d’abord dans un meublé puis rapidement dans une maison où il loge des exilés

CALAIS: Face au "harcèlement quotidien" des migrants à Calais, Philippe Demeestère, prêtre jésuite de 72 ans, voulait "marquer un coup d'arrêt". L'aumônier du Secours catholique, qui a passé sa vie auprès des sans-abris, est en grève de la faim depuis 17 jours.


M. Demeestère doit rencontrer mercredi Didier Leschi, le patron de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii), envoyé par le gouvernement pour une mission de médiation.


L'homme est assis seul sur l'une des chaises en bois de l'importante église Saint-Pierre. En polaire, manteau et bonnet, il le répète, après plus de deux semaines de grève de la faim, il "va bien". 


"Question de décence", par "pudeur pour tous les gens dehors qui ne jouissent pas des conditions formidables que j'ai moi ici", soutient cet homme aux yeux clairs. "Je fais partie des riches même si je n’ai pas un sou en poche." 


Philippe Demeestère est arrivé à Calais en février 2016 quelques mois avant le démantèlement de "la grande Jungle". Ce fut pour lui un "lieu de renaissance". 


Dans cette ville frontalière, il vit d’abord dans un meublé puis rapidement dans une maison où il loge des exilés. "On a vécu plusieurs mois à 17 l'hiver dernier", se rappelle-t-il. Sous sa légère barbe blanche, il sourit: "Les rythmes de vie sont différents, ce sont des jeunes !"