Écologie, jeunesse, gauche: à Marseille, Macron du vert au rose

Écologie, jeunesse, gauche: à Marseille, Macron du vert au rose
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Écologie, jeunesse, gauche: à Marseille, Macron du vert au rose

Écologie, jeunesse, gauche: à Marseille, Macron du vert au rose
  • Proposition choc: Emmanuel Macron a promis un Premier ministre «directement chargé de la planification écologique», «appuyé par deux ministres forts»
  • «Le 24 avril, c'est un référendum pour ou contre l'Union européenne»

MARSEILLE: En annonçant lors d'un meeting à Marseille vouloir un Premier ministre « directement chargé de la Planification écologique », concept cher à Jean-Luc Mélenchon, le candidat Macron a tendu la main samedi aux électeurs de gauche et à la jeunesse, clé du second tour. 

« La politique que je mènerai dans les cinq ans à venir sera écologique ou ne sera pas »: le président-candidat a martelé vouloir « changer de paradigme », dans les jardins du Pharo où il a passé la grande partie de son discours à parler climat et avenir. 

Annonce-phare : le Premier ministre « sera directement chargé de la planification écologique », « parce que cela concerne tous les domaines, tous les secteurs, toutes les dépenses, tous les équipements, tous les investissements; bref, toutes les politiques », a énuméré Emmanuel Macron. 

La proposition n'est pas sans rappeler celle de Jean-Luc Mélenchon, 22% des suffrages au premier tour, neuf points de plus à Marseille, alors que l'équipe du candidat Macron entend parler à ces électeurs de gauche, et singulièrement aux jeunes. 

A une semaine du second tour, le tournant - ou « l'enrichissement » du projet, selon le vocable macronien - se voulait spectaculaire. 

Dans cette nouvelle architecture gouvernementale, le chef du gouvernement sera(it) épaulé de deux ministres: l'un chargé de la « Transition énergétique », l'autre de la « Planification écologique territoriale ». 

Objectif: « Faire de la France la première grande nation à sortir du gaz, du pétrole et du charbon », a plaidé le candidat toujours favori des sondages, qui a pris le temps de tacler sa rivale d'extrême droite: « même incompétente, elle est climatosceptique ». 

Sobriété énergétique, développement du solaire, de l'éolien, de la filière hydrogène, construction de nouvelles centrales nucléaires, développement du fret ferroviaire et fluvial: le candidat a rappelé les fondamentaux de son programme. 

Il y a ajouté un accent sur la qualité de l'air, en voulant lancer « immédiatement un effort massif de purification de l'air dans nos écoles, nos hôpitaux et tous les bâtiments publics », en insistant sur les 50 000 morts dus à la pollution, « dont certains enfants ». 

La plantation de 140 millions d'arbres d'ici 2030 est également annoncée, avant une « Fête de la nature », sur le modèle de celle de la musique, chaque quatrième samedi du mois du mai. 

« Référendum pour ou contre la République »  

Au-delà des mesures, c'est la promesse de « renouvellement complet », que le candidat a mis en avant, jurant n'avoir « aucune envie de faire ‘5 ans de plus’. Non, je ne veux pas les faire en plus » mais « je veux complètement refonder », a-t-il lancé, en tentant de retrouver les accents de la « Révolution » de sa campagne d'il y a cinq ans, lorsqu'il s'agissait de « renverser la table ». 

Outre l'écologie, il a aussi vanté l'intégration, la « fraternité », et appelé à ne pas stigmatiser les musulmans, dénonçant « le grand rabougrissement » promis, selon lui, par Marine Le Pen. 

Les électeurs de gauche peuvent-ils l'entendre? A Marseille, devant un parterre de personnalités ex-LR devenues soutien du président-candidat (Christian Estrosi, Renaud Muselier, Eric Woerth, Hubert Falco, Martine Vassal), l'absence du maire PS Benoît Payan, dont la venue était un temps espérée, a jeté une ombre sur la carte postale. 

Cet électorat, qui a glissé un vote Mélenchon dimanche dernier - « mais souvent davantage comme un vote utile pour soutenir la gauche que par adhésion à la radicalité de LFI », selon un stratège macroniste - est plus que jamais crucial pour Emmanuel Macron. 

Qui n'a d'ailleurs pas hésité à évoquer à deux reprises « l'avenir en commun », l'intitulé du programme de Jean-Luc Mélenchon! 

Mais, plus encore qu'un vote pour Mme Le Pen, c'est l'abstention ou le vote blanc qui est craint, le 24 avril. 

« On vous a farci la tête (en vous disant que l'extrême droite et moi), c'était la même chose: non, ça n'est pas la même chose », a alors affirmé Emmanuel Macron, en haussant le ton. 

Avant de poser les enjeux, selon lui, du scrutin: « Le 24 avril, c'est un référendum pour ou contre l'Union européenne ». En recourant à l'anaphore, il déroule: « un référendum pour ou contre l'écologie », « un référendum pour ou contre notre jeunesse », « un référendum pour ou contre notre République ».