METZ: Hôtels pris d'assaut, cadeaux-souvenirs et "pape zones" calibrées pour des milliers de personnes: entre spiritualité et célébration de la construction européenne, la visite de Léon XIV à Metz, le 28 septembre, suscite un engouement inédit.
"Bienvenue au Pape", proclame, à l'entrée de la cathédrale Saint-Etienne, une grande affiche ornée d'un portrait souriant du dirigeant religieux.
Plus de 60.000 personnes sont attendues pour le dernier jour de la visite d'Etat en France du pontife américain, qui doit y participer à une rencontre interreligieuse, avant une réunion intitulée "Aux racines de l'Europe pour la paix et l'unité".
Une déambulation en Papamobile est prévue sur un parcours de plus de 2 kilomètres, et quatre "pape zones", sur réservation gratuite, ont été mises en place. Trois d'entre elles permettront à 10.000 personnes de vivre la messe donnée en la cathédrale - où 2.000 personnes seront rassemblées - et de recevoir la communion.
Dans l'édifice, où Jean-Paul II a déjà célébré une messe en 1988, des agents des Monuments historiques s'activent depuis début septembre pour déplacer dans la crypte, et la rendre ainsi visible du public, la "chape de Charlemagne" - un manteau de soie rouge, pièce maîtresse de l'art byzantin datant de 1352 - en amont de la visite papale.
"Symbole"
L'événement promet d'être "incroyable" et "très important", s'enthousiasme Michèle Simmer, habitante de Thionville, à une vingtaine de kilomètres au nord de Metz.
Et revêt une forte dimension symbolique: Metz, et la Moselle, comme l'Alsace, ont été "marquées par trois guerres dont deux mondiales" et par "deux annexions", rappelle Philippe Ballot, archevêque de Metz.
C'est en outre tout près de la cité lorraine, à Scy-Chazelles, qu'est enterré Robert Schuman, l'un des pères de la construction européenne - dont l'Église a entamé le procès en béatification - souligne le président du conseil départemental de la Moselle, Patrick Weiten, qui évoque un événement "planétaire et historique".
L'objectif de l'étape à Metz "est de dire que l'Europe et la construction européenne ont un rapport étroit avec la paix, observe Mgr Antoine Hérouard, premier vice-président de la Commission des épiscopats de l'Union européenne.
A un moment où, l'Union européenne est souvent critiquée, notamment par le président américain Donald Trump, "on oublie parfois les fondements" que sont "la réconciliation franco-allemande et la construction d'une Europe basée sur la paix", estime-t-il.
Si la présence du président Emmanuel Macron est confirmée, celle d'autres chefs d'Etat ne l'est pas encore.
Preuve de l'enthousiasme suscité dans la région, "il n'y a plus une chambre d'hôtel disponible depuis de très longues semaines", affirme le général Pascal Péran, coordinateur de la visite.
Selon le site de réservation de voyages en ligne Booking.com, les recherches de nuitées à Metz pour la période du 26 au 29 septembre ont plus que quadruplé par rapport aux mêmes dates l'an dernier.
L'évêché a mis en place une plateforme de mise en relation entre particuliers pour un hébergement gratuit pour "une nuit ou deux", mais pour l'heure "la demande est bien supérieure à l'offre", selon le général Péran.
"Jackpot"
La visite est aussi une "aubaine" pour les restaurateurs implantés près de la cathédrale. "Mon chiffre d'affaires a évolué de 30%" en août par rapport à la même période l'an dernier, a déjà calculé l'une d'elles, Stéphanie Minet. "C'est jackpot pour tout le monde", sourit le patron d'un autre établissement, Bruno Albertini, confiant que la visite papale attirera d'autres voyageurs par la suite.
Les cadeaux-souvenirs seront aussi du voyage: T-shirts, porte-clés, bouteilles de vin ou chapelets collector seront vendus au profit du diocèse; cartes, médailles ou figurines par l'Oeuvre de la Cathédrale. Il s'agit de répondre à la "forte demande des fidèles, c'est très important pour eux", résume sa directrice, Marie-Isabelle Soupart.
"Au-delà de sa dimension spirituelle", cette visite "représente un événement d'envergure internationale", promis à une "affluence exceptionnelle", a relevé le maire de Metz, François Grosdidier, qui n'aurait "pas rêvé meilleure campagne de communication" pour sa ville.





