Macron et Scholz affichent l'unité retrouvée de la «locomotive» franco-allemande

Macron et Scholz affichent l'unité retrouvée de la «locomotive» franco-allemande
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Macron et Scholz affichent l'unité retrouvée de la «locomotive» franco-allemande

Macron et Scholz affichent l'unité retrouvée de la «locomotive» franco-allemande
  • La rencontre entre les dirigeants dont les tempéraments aux antipodes a été scrutée de près
  • Les deux dirigeants devaient ensuite réunir à l'Elysée un conseil des ministres franco-allemand

PARIS: Après la panne, la tentative de sursaut: Emmanuel Macron et Olaf Scholz ont affiché dimanche à Paris leur volonté de travailler ensemble au service de la "refondation" de l'Europe, y compris dans la réponse à apporter au plan massif de subventions à l'industrie américaine, sans surmonter toutes leurs divergences, notamment sur la défense européenne.

Tous deux sont restés par ailleurs très évasifs sur leur intention de livrer ou non des chars lourds allemands Leopard et français Leclerc à Kiev, le chancelier étant particulièrement sous pression en la matière face aux demandes pressantes du président ukrainien Volodymyr Zelensky.

A l'occasion du 60e anniversaire du traité de réconciliation entre les deux pays, alors que le Vieux Continent est replongé depuis onze mois dans la guerre, les deux dirigeants ont fait assaut de références à "l'amitié" et la "fraternité" franco-allemandes, clés de la "construction européenne" depuis six décennies.

"L'Allemagne et la France, parce qu'elles ont défriché le chemin de la réconciliation, doivent devenir pionnières pour la refondation de notre Europe", a insisté Emmanuel Macron dans un discours volontiers lyrique à la Sorbonne, décrivant les deux voisins comme "deux âmes dans une même poitrine".

"L'avenir, au même titre que le passé, repose sur la coopération de nos deux pays", "comme locomotive d'une Europe unie", capables de dépasser leurs "différences", a abondé le chancelier allemand, filant la métaphore de ce "moteur franco-allemand" qui souvent "ronronne doucement" mais qui ne marche que par la "ferme volonté de toujours transformer les controverses" en "action convergente".

A l'issue d'un conseil des ministres franco-allemand à l'Elysée, les deux dirigeants se sont attachés à afficher tous les points de convergence et annoncé une avancée dans les infrastructures européennes d'hydrogène, avec l'extension du projet de pipeline franco-portugais-espagnol H2Med à l'Allemagne.

«Rien n'est exclu»
Ils ont ainsi défini une "ligne commune" en faveur d'une réponse européenne "ambitieuse et rapide" aux subventions industrielles américaines en matière de transition énergétique, a déclaré Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse commune, sans préciser comment cet effort sera financé.

Cette action doit reposer sur la "simplicité" et une "plus grande visibilité sur nos dispositifs d'aide", à ajouté le chef de l'Etat, à la manoeuvre ces derniers mois pour convaincre les pays européens, et notamment l'Allemagne, d'engager un plan tout aussi massif que celui des Etats-Unis pour éviter la désindustrialisation de l'Europe.

Concernant la livraison de chars Leclerc à l'Ukraine, "rien n'est exclu", a déclaré Emmanuel Macron, en soulignant que cela devait s'apprécier "collectivement", une antienne reprise par le chancelier.

"La manière dont nous avons agi par le passé est toujours étroitement coordonnée avec nos amis et alliés et nous continuerons à agir en fonction de la situation concrète", a dit Olaf Scholz en référence notamment aux Etats-Unis et à la France.

Mais les deux dirigeants n'ont pas caché que leurs positions restées très éloignées sur un projet de bouclier antimissile européen que Berlin souhaite réaliser avec des technologies israéliennes et américaines déjà existantes alors que Paris plaide pour une solution européenne, sur la base d'un système franco-italien.