PARIS: Profil bas, avant l'accélération: Emmanuel Macron, soulagé par la décision du Conseil constitutionnel qui a validé la retraite à 64 ans, compte maintenant passer à la contre-offensive pour tenter de relancer un second quinquennat plombé par une crise qui laissera des cicatrices.
Elisabeth Borne a assuré que la réforme ultracontestée touchait ainsi à "la fin de son processus démocratique". "Ce soir, il n'y a ni vainqueur, ni vaincu", a ajouté la Première ministre, alors que le verdict des Sages correspond au scénario sur lequel misait la Macronie, avec une censure confinée à des mesures marginales.
Le chef de l'Etat, lui, est resté muet.
En ce jour décisif, il avait joué la contre-programmation en recevant des tirailleurs sénégalais ou le Premier ministre d'Andorre Xavier Espot Zamora.
Et en allant visiter le chantier de Notre-Dame où il a tout de même distillé un message empli de sous-entendus politiques. "Tenir le cap, c'est ma devise", a-t-il lancé... au sujet de la réouverture de la cathédrale fin 2024.
De fait, le président était déjà passé à l'après-retraites.
Avant même que ne tombe le couperet constitutionnel, il a invité les syndicats à le rencontrer mardi à l'Elysée pour ouvrir "sans préalable" un "cycle" de "dialogue". Les syndicats ont opposé sans surprise une fin de non-recevoir, après avoir réclamé, à l'image du patron de la CFDT Laurent Berger, un "délai de décence", au moins jusqu'aux manifestations du 1er mai.
Des proches du chef de l'Etat reconnaissent que tourner la page ne sera pas facile. "Il y aura du ressentiment, des cicatrices", dit l'un d'eux.
De l'extrême droite à la gauche, en passant par l'intersyndicale, les opposants à la réforme ont prévenu qu'ils entendaient continuer le combat. Et les autorités redoutaient des débordements.





