PARIS: Au plus fort de la pandémie de la Covid-19, les ressortissants étrangers résidant en France ont été nombreux à répondre présents pour assurer les métiers essentiels au quotidien des Français confinés pendant de longues semaines.
Ces professionnels exerçaient des métiers indispensables au quotidien, dans des domaines comme la santé, la grande distribution, la sécurité, l’hygiène et la logistique, tous ces métiers qui ont permis aux français de se nourrir, se déplacer ou se soigner dans un contexte aussi anxiogène, et à une période durant laquelle le coronavirus était très actif dans de nombreuses régions de l’Hexagone.
«Ce sont, aussi, les personnes les plus fragiles, qu’il s’agisse de rémunération ou de conditions de vie souvent pénibles, qui étaient en première ligne. Qu’ils soient éboueurs, aides-soignants, caissiers ou employés dans la grande distribution ou la logistique, ces femmes et ces hommes ont manifesté un énorme élan de solidarité et d’engagement envers la société. Qu’aurions-nous fait sans eux?» explique à Arab News en français Lynda, médecin dans le service d’urgence d’un hôpital francilien.
«Certaines personnes étrangères se sont mobilisées et se sont particulièrement exposées pour lutter contre l'épidémie de Covid-19. Elles ont activement participé à l'effort national, avec dévouement et courage», souligne de son côté Marlène Schiappa, ministre déléguée en charge de la Citoyenneté.
Reconnaissance de l’État
Dans une circulaire datant du 14 septembre, la ministre a fait suivre aux préfets une consigne portant sur la reconnaissance de l’État envers les personnes qui se sont engagées à poursuivre leurs activités durant le confinement. Marlène Schiappa a donné des instructions aux préfets pour «accélérer et faciliter» les démarches de naturalisation. «Les dossiers d'accès à la nationalité des personnes ayant contribué activement, en première ligne, à la lutte contre la Covid-19, notamment les personnels de santé, pourront voir leur traitement accéléré et facilité», précise le texte de Marlène Schiappa adressé aux préfets.
La ministre déléguée en charge de la Citoyenneté a souligné que l’État souhaite «reconnaître l’engagement des personnes qui ont pris une part active dans la lutte contre la Covid-19. Cette reconnaissance est une priorité», a expliqué Mme Schiappa.
Dans cet objectif, des directives ont été adressées par de la ministre de tutelle. Les préfectures pourraient ainsi ajouter aux dossiers de naturalisation la notion «de services rendus importants », une spécificité qui permettrait de réduire «la durée minimale de résidence en France exigée, à deux ans, au lieu de cinq ans dans le droit commun», précise la note.
De son côté, Maryline Poulain, responsable du collectif Immigration de la Confédération générale du travail, souhaiterait des instructions permettant la régularisation des personnes ne disposant pas de titre de séjour, ceux que l’on appelle les «sans-papiers», lesquels étaient tout autant exposés à la maladie. Ces derniers ont continué à travailler durant le confinement, dans des filières essentielles comme les services de nettoyage, l’hôtellerie et la restauration.
Dans les colonnes du journal Le Parisien, Marlène Schiappa confirme en effet que «les éboueurs et les caissières pourraient être concernés par cette mesure», et ajoute: «Je considère que ces personnes ont montré leur attachement à la nation.»
Pour rappel, 112 000 personnes ont acquis la nationalité française en 2019, dont plus de 48 000 par naturalisation.





