Ocean Viking: Après «l'enfer» libyen, les rêves d'une nouvelle vie en France

Ocean Viking: Après «l'enfer» libyen, les rêves d'une nouvelle vie en France
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Ocean Viking: Après «l'enfer» libyen, les rêves d'une nouvelle vie en France

Ocean Viking: Après «l'enfer» libyen, les rêves d'une nouvelle vie en France
  • À peine arrivés, beaucoup de migrants, exsangues, regards dans le vide, voûtés, titubant pour certains, s'étaient installés dans un hall extérieur
  • Le centre, situé au bout de la presqu'île encadrée de pins et baignée de soleil en ce vendredi après-midi, appartient à une structure sociale

HYÈRES: Le jeune Ibrahim desserre les lèvres et dévoile la dent qui lui manque. Stigmates des sévices endurés et laissés "pour toujours" derrière lui en Libye, depuis qu'il a débarqué vendredi du navire humanitaire Ocean Viking dans le sud de la France: "un rêve" inattendu.

Le Gambien de 17 ans fait partie des premiers rescapés à être descendus du bateau de l'ONG SOS Méditerranée, qui a accosté le matin même à Toulon, au terme d'un blocage homérique qui a fracturé les relations entre la France et l'Italie, dont les ports lui sont restés fermés.

Comme les 229 autres migrants à bord, il a été transféré dans un village-vacances de la presqu'île de Giens, à Hyères.

Le centre, situé au bout de la presqu'île encadrée de pins et baignée de soleil en ce vendredi après-midi, appartient à une structure sociale. Mais pour ces rescapés, c'est une "zone d'attente internationale" créée spécialement pour qu'ils ne soient pas considérés comme étant en France, et dont il leur est interdit de sortir avant une première évaluation de leur demande d'asile.

Ibrahim n'en a que faire. "Tout ce que je voulais, c'était quitter la Libye, l'enfer". Un enfer où il a "survécu" deux ans et huit mois.

Il y a travaillé comme électricien et vécu "comme un noir qu'on peut frapper", raconte-t-il en jaugeant une parka à col fourré que lui proposent des humanitaires dans le centre, palliant les besoins élémentaires de migrants dont nombre déambulent encore pieds nus ou en chaussettes.

Nouvelle vie

Comme beaucoup, Ibrahim pensait arriver en Italie, mais se retrouve en France où il "adorerai(t) rester, commencer (s)a vie".

Il faudra avant cela passer par des contrôles de sécurité sur cette zone d'attente improvisée, notamment ceux des renseignements intérieurs français, avant des entretiens avec l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), dont les agents seront chargés de vérifier si son profil est compatible avec le droit d'asile.

Dans les dédales fleuris et bordés d'arbustes du centre, cadenassé par un imposant dispositif sécuritaire pour empêcher toute sortie, des policiers interrogent déjà certains migrants sur les tables de terrasses d'ordinaire destinées aux apéritifs.

Dans ces bâtiments d'un étage aux toits de tuiles et au confort rudimentaire, la police aux frontières a également établi ses quartiers généraux, pour passer en revue les profils.

"On a travaillé dans l'urgence. Il fallait trouver un lieu capable d'accueillir plus de 230 personnes, disponible tout de suite et pour au moins 20 jours, à proximité de Toulon et Hyères... Le choix a été vite fait", raconte Richard Evence, préfet du département du Var, en faisant visiter les lieux.

Dans une chambre-dortoir de six couchages, avec lits superposés et kitchenette, un membre de la Protection civile résume: "C'est basique, mais il y a tout ce qu'il faut".