PARIS: La France espère avoir "vite" un chancelier allemand "fort" à ses côtés pour faire avancer l'Europe durant sa présidence de l'UE, a déclaré lundi le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, au lendemain des élections législatives allemandes.
"On a un intérêt français à avoir vite un gouvernement allemand fort en place", a souligné Clément Beaune sur la chaîne France 2, alors que de difficiles négociations vont s'engager en Allemagne pour la formation d'une coalition gouvernementale.
Les sociaux-démocrates, vainqueurs d'une courte tête, et les conservateurs revendiquent tous deux la direction du futur gouvernement.
Dans les deux cas, ils vont devoir s'appuyer sur d'autres partis pour former une majorité, les Verts et les Libéraux apparaissant comme les futurs faiseurs de roi.
Les deux camps espèrent former un gouvernement d'ici Noël, soit juste avant le début de la présidence française de l'Union européenne, au 1er janvier, pour six mois.
Clément Beaune a suggéré que des discussions informelles s'engagent "dès maintenant" avec les partis politiques allemands concernés "pour qu'on se connaisse" et qu'on "puisse travailler vite" une fois un gouvernement en place à Berlin.
Tous sont "pro-européens engagés, assumés", s'est félicité le secrétaire d'Etat français. Mais ils ne sont pas forcément sur la même longueur d'onde que Paris sur les questions budgétaires ou de défense.
"Il y aura des différences, des difficultés parfois dans la discussion avec la France dans les prochains mois", a concédé Clément Beaune.
"C'est sans doute plus facile de discuter avec les sociaux-démocrates sur les questions d'investissement ou de règles budgétaires (..) et plus facile avec la CDU (chrétiens-démocrates) sur les questions de défense et de sécurité", a-t-il résumé.
Dans l'attente d'un nouveau chancelier, le président français Emmanuel Macron va se retrouver en position de force au niveau européen.
"Mais en Europe, si vous êtes fort tout seul cela ne sert pas à grand chose parce que vous ne faites pas des réformes sur l’investissement, sur l'économie, sur l'énergie si vous n'avez pas de partenaires européens", a relevé Clément Beaune.
Emmanuel Macron compte faire avancer plusieurs chantiers durant sa présidence française de l'UE, du salaire minimum à la régulation des grandes entreprises numériques mondiale ("GAFA") au niveau européen.





