PARIS: Après le record d'abstention au premier tour, la campagne des régionales et les départementales se "dénationalise" pour le second, prévu dimanche, en se concentrant sur les enjeux locaux mais sans remobiliser les électeurs pour l'instant. Selon plusieurs sondages, l'abstention resterait record lors du 2e tour, avec 36% d'intention d'abstention selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche.
"Entre les deux tours, les forces politiques, toutes tendances confondues, ont compris qu'elles n'avaient rien à gagner avec une nationalisation de la campagne", affirme à l'AFP le politologue Pascal Perrineau, pour qui cette stratégie "a été marquée par l'échec, absolument partout dimanche dernier".
Le thème de la sécurité qui s'était imposé au premier tour, même si les compétences des régions sont minimes dans ce domaine, a perdu de son importance pour céder la place à un débat plus local.
Au premier tour, souvent présenté comme un dernier test avant la présidentielle de 2022, seulement un électeur sur trois s'est rendu aux urnes et il a souvent accordé son suffrage aux sortants, issus des rangs des Républicains et du PS, aux dépens du Rassemblement national et de la majorité présidentielle.
Conséquence: le thème de la sécurité qui s'était imposé au premier tour, même si les compétences des régions sont minimes dans ce domaine, a perdu de son importance pour céder la place à un débat plus local.

Autre preuve d'une relocalisation des débats: les déplacements de figures nationales pour soutenir leurs poulains ont considérablement diminué, à quelques exceptions près comme l'écologiste Yannick Jadot qui s'est rendu jeudi dans les Pays de la Loire pour prêter main forte à Matthieu Orphelin.
"Les sortants privilégient logiquement une campagne régionale", observe Bernard Sananès, président de l'institut Elabe, qui a également "le sentiment que les deux partis sortis plutôt affaiblis du premier tour (RN et LREM) veulent garder leurs distances par rapport au scrutin".
Dans les Hauts-de-France, où pas moins de cinq ministres étaient en lice, la majorité a été éliminée dès le premier tour "alors que le président Emmanuel Macron avait mis tout son poids pour venir au dernier moment visiter cette région".
"C'est particulièrement frappant du côté du gouvernement qui a été extrêmement discret depuis dimanche", constate-t-il, soulignant que le Premier ministre Jean Castex avait battu la campagne la semaine dernière pour soutenir les candidats de la macronie.
M. Perrineau rappelle que dans les Hauts-de-France, où pas moins de cinq ministres étaient en lice, la majorité a été éliminée dès le premier tour "alors que le président Emmanuel Macron avait mis tout son poids pour venir au dernier moment visiter cette région".
"Tout cela montre les limites de la nationalisation", ajoute-t-il, y compris pour Marine Le Pen, dont le parti n'est arrivé en tête que dans une seule région (Provence-Alpes-Côte d'Azur) au premier tour contre 6 en 2015. Après avoir multiplié les déplacements avant le premier tour, la présidente du RN ne s'est rendue dans aucune région cette semaine.





