PARIS: Les Français les plus modestes seront les "moins concernés" par le report de l'âge de départ à la retraite à 64 ans prévu par la réforme du gouvernement, a fait valoir samedi la Première ministre Elisabeth Borne sur France Inter.
"Je ne peux pas laisser dire que cette réforme elle pénaliserait les personnes modestes. C’est exactement le contraire", a déclaré la cheffe du gouvernement, désireuse de "convaincre" du bien-fondé du projet destiné à "sauver" le système de retraites par répartition.
"Ces personnes modestes, ce sont celles auxquelles on demande le moins de décaler leur âge de départ", a-t-elle ajouté. Elles seront aussi "les plus concernées" par la revalorisation des petites retraites à 1 200 euros.
"Ceux dont la durée de travail s’allongera le moins, ce sont les deux premiers déciles (de revenus les plus modestes, ndlr), et un peu le troisième décile", a détaillé Mme Borne. "Les 20% de Français les plus modestes sont ceux auxquels on demande le moins de travailler plus longtemps".
"Les 50% de Français les plus aisés auront le plus à décaler l’âge de départ", a-t-elle encore développé.
L'Insee a l'habitude de classer les niveaux de vie des ménages entre 10 groupes, les "déciles". Ainsi, en 2019, le niveau de vie des 10% des personnes les plus modestes (premier décile) était inférieur à 11 660 euros annuels tandis que le niveau de vie des 10% les plus aisés (9e décile) était supérieur à 39 930 euros annuels.
Le projet du gouvernement vise à reporter progressivement à 64 ans l'âge de départ à la retraite, au lieu de 62 ans actuellement, tout en accélérant l'allongement de la durée de cotisation.
Les principaux syndicats, unanimement opposés à cette réforme, ont annoncé une première journée de grèves et manifestations le 19 janvier. L'ensemble de la gauche a appelé à rejoindre la mobilisation.
Les sondages montrent aussi que les Français sont majoritairement hostiles à la réforme.





