PARIS : Les patrons France des réseaux sociaux et des plateformes ont été convoqués mardi par la ministre déléguée à la citoyenneté, Marlène Schiappa, dans le cadre de la "lutte contre le cyber-islamisme".
Cette réunion intervient après que les réseaux sociaux ont été critiqués pour avoir relayé les messages stigmatisant le professeur d'histoire, Samuel Paty, décapité vendredi en pleine rue à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).
Etaient présents les dirigeants France de Facebook, Twitter, Google (pour Youtube), Tiktok et Snapchat.
Dans sa déclaration en début de réunion, Mme Schiappa a rappelé que ces derniers jours, « ce sont plus de 500 signalements Pharos qui sont parvenus aux services de l’Etat. Le gouvernement ne peut pas tout faire tout seul. Nous avons tous et toutes une responsabilité majeure dans la lutte contre le cyberislamisme (…) Leur propagande de haine qui s’infiltre sur les réseaux, les discours qui diffusent l’islamisme n’ont pas leur place (…) Ce que nous proposons c’est une coopération en mode agile dans le respect des citoyens de notre pays.
Mme Schiappa a parlé d’une « première numérique d’action conjointe entre public et privé ». « Nous avons à faire face à une nouvelle génération de jeunes qui se sont radicalisés chez eux dans leur chambre face à un écran : c’est notre responsabilité collective qui est engagée ». Nous devons prendre de nouvelles mesures.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la "lutte contre le cyber-islamisme" et plus généralement d'une mobilisation gouvernementale contre "la haine en ligne".
Lundi soir, son collègue de l'Intérieur Gérald Darmanin avait annoncé avoir demandé au préfet de Seine-Saint-Denis de fermer la mosquée de Pantin, qui avait notamment relayé sur sa page Facebook une des vidéos dénonçant le cours sur les caricatures de Samuel Paty. La fermeture de la mosquée sera effective mercredi soir, a-t-on appris mardi matin dans l'entourage du ministre.
M. Darmanin a précisé que 51 associations proches de l'"islamisme radical" étaient dans le collimateur des autorités et annoncé que plusieurs d'entre elles seraient dissoutes en Conseil des ministres, citant nommément le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) et l'association humanitaire BarakaCity, deux associations de défense et d'aide des musulmans.
"Faute de ne rien trouver contre notre ONG", le ministre de l'Intérieur "profite de l'émotion suscitée suite au drame de Conflans", a dénoncé BarakaCity, ajoutant qu'elle contesterait toute dissolution en justice. Le CCIF, qui comme BarakCity nie tout penchant extrémiste, dément lui fermement avoir relayé des messages sur M. Paty qui ont circulé avant son assassinat.
A Conflans-Sainte-Honorine, où parents, élus ou simples citoyens viennent spontanément depuis samedi rendre hommage à l'enseignant en déposant fleurs ou messages devant l'établissement scolaire, des imams ont exprimé leur "colère" et leur "honte" devant le collège lundi. Il est "très important de venir ici pour montrer notre chagrin, montrer que ce qui s'est passé ici n'est pas l'islam. C'est le fait de voyous qui n'ont rien à voir avec l'islam", a déclaré Kemadou Gassama, imam à Paris.
Dimanche, des dizaines de milliers de personnes s'étaient déjà rassemblées partout en France pour défendre la liberté d'expression et dire non à "l'obscurantisme".





