Belgique: le monde universitaire "consterné" par le refus d'accueillir 13 étudiants de Gaza

Des étudiants se rassemblent à l’Université centrale de Bruxelles pour protester contre les difficultés économiques provoquées par la pandémie de Covid-19, à Bruxelles, le 1er mars 2021. (AFP)
Des étudiants se rassemblent à l’Université centrale de Bruxelles pour protester contre les difficultés économiques provoquées par la pandémie de Covid-19, à Bruxelles, le 1er mars 2021. (AFP)
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Belgique: le monde universitaire "consterné" par le refus d'accueillir 13 étudiants de Gaza

Belgique: le monde universitaire "consterné" par le refus d'accueillir 13 étudiants de Gaza
  • Les recteurs des universités belges expriment leur consternation face au refus du gouvernement d'accueillir 13 étudiants palestiniens de Gaza bénéficiant de bourses d'études
  • La situation est dénoncée comme un marchandage politique, mettant en lumière des divergences au sein de la coalition au pouvoir en Belgique

BRUXELLES: Les recteurs des grandes universités de Belgique se sont dits lundi "consternés" par le refus du gouvernement d'accueillir 13 Palestiniens de Gaza, ayant pourtant obtenu des bourses d'études et qui se retrouvent au cœur d'"un marchandage politique".

Cette situation de blocage qui dure depuis des mois, dénoncée déjà par des ONG, a pris une tournure politique avec l'étalage au grand jour des divergences au sein de la coalition au pouvoir en Belgique.

Le ministre belge des Affaires étrangères, le centriste Maxime Prévot, plaide pour accueillir les 13 étudiants chercheurs.

Mais il s'est heurté, vendredi en conseil des ministres, au refus d'un de ses partenaires de coalition, la N-VA (conservateurs flamands), parti du Premier ministre Bart De Wever, selon une source gouvernementale.

Les recteurs dénoncent

Dans un communiqué lundi, les dix recteurs et rectrices représentant les plus grandes universités du pays, de Louvain, Bruxelles, Gand ou Anvers, ont dénoncé le "marchandage politique indigne" dont ces étudiants se retrouvent à leurs yeux les victimes.

Ils ont dit "prendre acte avec consternation de l'absence persistante de décision" permettant l'accueil de personnes pourtant sélectionnées "à l'issue de procédures particulièrement exigeantes", "sur la base de leurs mérites académiques et ayant exprimé leur volonté de retourner ensuite dans leur pays, afin de contribuer à sa reconstruction".

Les obstacles dénoncés

Selon plusieurs ONG, quelque 1.500 Palestiniens attendent actuellement dans la bande de Gaza de pouvoir rejoindre la Belgique, au titre notamment du regroupement des familles après le droit au séjour reconnu à l'un des membres exilé.

Mais les évacuations du territoire en guerre avec Israël ne se font qu'au compte-gouttes.

Et dans le cas des étudiants boursiers, ONG et universités accusent les autorités belges d'"un manque de volonté politique", avec la mise en place d'"obstacles", tels que l'obligation d'aller déposer en personne une demande de visa dans un poste diplomatique belge à Jérusalem ou au Caire.

"C'est inhumain", a fustigé l'une des ONG, l'organisation CNCD 11.11.11.

Un chantage politique

Sans mettre en cause directement la N-VA, Maxime Prévot a de son côté dénoncé "un chantage", à la table du conseil des ministres, le sort des étudiants gazaouis ayant été mis en balance selon lui avec plusieurs dossiers migratoires controversés, dont l'exigence de fermeté de la part de la droite sur le renvoi d'Afghans non admis au séjour.