TEHERAN: Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a rencontré samedi de hauts responsables militaires et leur a ordonné de riposter à toute attaque américaine ou israélienne par une réponse "sans limite géographique", selon un communiqué publié sur son site internet.
Tout niveau ou type de menace doit faire l'objet d'une riposte immédiate, puissante et sans limite géographique a affirmé le guide suprême, selon le communiqué.
Le président américain Donald Trump et son allié israélien Benjamin Netanyahu vont-ils de nouveau cibler la République islamique ?
Ils ont agité la menace ces dernières semaines, et des informations de presse évoquent une possible campagne militaire courte et intense après les élections américaines de mi-mandat prévues mardi.
"Si les ennemis lancent à nouveau des attaques militaires ou terroristes, ce sont les forces armées de la République islamique et le peuple iranien qui détermineront le moment et les conditions de leur fin", a réagi Mojtaba Khamenei dans un communiqué, menaçant "d'une riposte immédiate, puissante et sans limite géographique".
Il a aussi ordonné aux responsables militaires de mettre à jour la liste des cibles iraniennes afin d'y inclure "tous les types d'actifs matériels et immatériels appartenant à l'ennemi américano-sioniste".
L'Iran a déjà menacé de s'en prendre aux centres de données et systèmes d'intelligence artificielle, tout comme aux câbles sous-marins dans le stratégique détroit d'Ormuz afin de porter préjudice aux États-Unis et à leurs alliés régionaux.
- "On attend la guerre" -
Malgré les tractactions en cours sous l'égide du médiateur qatari et la lettre adressée par le vice-président américain JD Vance, "examinée" au plus haut niveau, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi a dit "ne pas voir la nécessité d'une rencontre avec les Américains".
"Si les Etats-Unis acceptent les conditions de l'Iran, alors Téhéran décidera si les négociations doivent être directes ou indirectes", a ajouté le ministre, dans des propos sur la chaîne Al Jazeera rapportés par l'agence officielle Irna.
Mojtaba Khamenei n'a pas été vu en public depuis son accession au poste de guide suprême après la mort de son père Ali Khamenei, tué le 28 février au début de l'offensive américano-israélienne au Moyen-Orient.
Après 40 jours de bombardements, un cessez-le-feu avait été conclu en avril suivi d'un protocole d'accord irano-américain en juin, mais la fragile entente a volé en éclats cet été.
"Je ne peux pas dire avec certitude si la guerre va reprendre ou pas, mais malheureusement nous sommes un peuple qui, d'une certaine manière, attend la guerre, tout simplement parce que nous vivons dans l'entre-deux depuis un an", témoigne Farima, 62 ans, croisée par l'AFP dans les rues de Téhéran.
Mais d'autres balaient les inquiétudes: "nous ne craignons pas une autre guerre, cela fait 48 ans que nous sommes en guerre", lance Ebrahim, un vendeur quadragénaire, en référence à l'avènement de la République islamique en 1979.
- "Les flammes de la guerre" -
Les yeux sont désormais tournés vers le scrutin américain, que le Parti républicain aborde avec fébrilité.
La cote de confiance de Donald Trump est au plus bas, les Américains le tenant responsable du coût élevé de la vie, alors que la guerre a ébranlé l'économie mondiale et fait flamber les cours du pétrole.
Le dirigeant israélien Benjamin Netanyahu a, lui, déjà reçu le verdict des urnes: à l'issue de législatives âprement disputées le 27 octobre, son camp est arrivé en tête devant le bloc principal de l'opposition mais loin de la majorité pour garder le contrôle du Parlement.
Sont désormais attendues plusieurs semaines de négociations, durant lesquelles il restera Premier ministre par intérim.
Au soir du scrutin, il a jugé qu'Israël avait "une opportunité historique unique" avec le président américain d'"éliminer définitivement la menace existentielle" de la République islamique.
En écho au guide suprême, le porte-parole de l'armée iranienne, Mohammad Akraminia, a livré des avertissements au camp ennemi.
"Si le président américain se lance une nouvelle fois dans une aventure régionale sous la pression des sionistes et dans le but de les satisfaire, les flammes de la guerre embraseront sans aucun doute une zone géographique beaucoup plus vaste", a-t-il déclaré sur X.





