Abbas devant l'ONU: la politique israélienne menace «jusqu'à la vie et l'existence» des Palestiniens

Les politiques israéliennes ne se contentent plus de compromettre la solution à deux Etats, elles menacent désormais "la vie et l'existence mêmes" des Palestiniens, a dénoncé jeudi le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à la tribune de l'ONU.
Les politiques israéliennes ne se contentent plus de compromettre la solution à deux Etats, elles menacent désormais "la vie et l'existence mêmes" des Palestiniens, a dénoncé jeudi le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à la tribune de l'ONU.
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Abbas devant l'ONU: la politique israélienne menace «jusqu'à la vie et l'existence» des Palestiniens

Abbas devant l'ONU: la politique israélienne menace «jusqu'à la vie et l'existence» des Palestiniens
  • Mahmoud Abbas dénonce les événements à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est comme un «projet colonial malveillant» visant à rendre la vie des Palestiniens plus difficile et à les contraindre à partir.
  • L'intensification de la colonisation vise à fragmenter la Cisjordanie, isoler Jérusalem-Est et empêcher la création d'un État palestinien géographiquement continu.

NATIONS-UNIES: Les politiques israéliennes ne se contentent plus de compromettre la solution à deux Etats, elles menacent désormais "la vie et l'existence mêmes" des Palestiniens, a dénoncé jeudi le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à la tribune de l'ONU.

"Le danger ne se limite plus à saper la solution à deux Etats et à empêcher la création de l'Etat palestinien. Il en est désormais arrivé à menacer la vie et l'existence mêmes du peuple palestinien sur sa terre natale", a affirmé M. Abbas, qui s'exprimait dans une vidéo pré-enregistrée devant l'Assemblée générale de l'ONU.

"Ce qui se déroule à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est ne sont pas des incidents isolés, mais bien un projet colonial malveillant visant à rendre la vie des Palestiniens plus difficile dans leur patrie et à les contraindre à la quitter", a-t-il poursuivi.

L'intensification de la colonisation "vise à séparer le nord de la Cisjordanie de son sud, à isoler Jérusalem-Est de son environnement palestinien et à empêcher la création d'un État palestinien géographiquement continu", a-t-il également déploré.

Gaza traverse actuellement la "pire crise économique jamais observée" dans le monde, selon l'agence de l'ONU pour le commerce et le développement (Cnuced).

En Cisjordanie, les violences des colons extrémistes israéliens se sont multipliées conduisant des pays comme le Royaume-Uni, la France et le Canada à prendre des sanctions économiques.

Alors que 160 pays reconnaissent désormais un Etat de Palestine, M. Abbas a appelé le Conseil de sécurité des Nations unies "à intervenir de manière urgente et responsable".

"Aujourd'hui, nous disons au monde que sauver la solution commence par préserver la terre sur laquelle l'État palestinien doit être établi et protéger les personnes qui y vivent", a-t-il lancé.

Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a lui regretté dans un discours à l'ONU "l'impasse actuelle à Gaza, et plus largement en Palestine, qui prolonge les souffrances de millions de civils malgré la dynamique en faveur de la fin du conflit qui semblait se dessiner l'année dernière" avec la reconnaissance d'un Etat de Palestine par de nombreux pays dont la France.

"La solution à deux États, c'est la seule qui puisse assurer une paix durable au Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Mahmoud Abbas a par ailleurs dénoncé le refus de visa par les autorités américaines, qui l'a empêché de prononcer ce discours en personne à New York.

"Nous rejetons les accusations et les justifications" sur la base desquelles le refus de visa a été formulé, a-t-il dit.

"Nous affirmons avoir rempli nos obligations, mené un vaste programme national de réforme globale, et respecté notre engagement envers le droit international, en renonçant à la violence et au terrorisme", a-t-il ajouté.

Obstacles logistiques

Mahmoud Abbas a en outre souligné que les Palestiniens se dirigeaient vers des élections législatives le 28 novembre, "qui seront suivies de l'achèvement du renouvellement des institutions du Conseil national palestinien, puis des élections présidentielles palestiniennes".

Dans une lettre adressée en juin 2025 au président français Emmanuel Macron et au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, le président de l'Autorité palestinienne s'était engagé à organiser des élections législatives et présidentielles.

Mercredi, le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot avait exhorté à la tenue de ces élections alors que la communauté internationale redoute un report du scrutin notamment en raison de difficultés logistiques concernant l'acheminement du matériel de vote dans la bande de Gaza ou l'octroi de visas pour des observateurs internationaux en Cisjordanie, souhaité notamment par l'Union européenne.

Mahmoud Abbas a par ailleurs assuré que la réforme du système éducatif se poursuivait "sur la base des normes internationales et en coopération avec l'Unesco, afin de promouvoir les valeurs de paix, de tolérance, et le respect des autres, tout en préservant l'identité nationale et les droits" de son peuple.

Cette réforme s'inspire notamment d'un rapport de l'ancienne ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, préparé à la demande du secrétaire général de l'ONU qui avait relevé des biais politiques dans certains contenus des manuels scolaires palestiniens.