GAZA: Israël a annoncé mardi avoir repris en partie le contrôle de sa frontière avec la bande de Gaza, en état de siège et pilonnée par les raids israéliens, après quatre jours d'une guerre contre le mouvement islamiste palestinien Hamas qui a déjà fait des milliers de morts.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a qualifié l'offensive massive lancée samedi par le Hamas contre Israël de "sauvagerie jamais vue depuis la Shoah", promettant que son pays allait "vaincre (le groupe palestinien) avec de la force, énormément de force".
L'offensive a suscité de multiples condamnations internationales ainsi que des inquiétudes face à l'éventualité d'un assaut terrestre sur Gaza.
Les Etats-Unis ont dit être prêts à déployer des "ressources supplémentaires" pour soutenir leur allié, et le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, doit se rendre jeudi en Israël.
L'Etat israélien, qui a annoncé l'évacuation des zones frontalières, a imposé un "siège total" à Gaza et suspendu l'approvisionnement en eau, en électricité et en nourriture de l'enclave palestinienne.
Le Hamas, qui contrôle depuis 2007 ce petit territoire, menace de son côté d'exécuter des otages enlevés en Israël, environ 150 personnes dont des enfants, des femmes, des personnes âgées ainsi que des jeunes capturés pendant un festival de musique.
Cent morts dans un kibboutz
Les combattants qui ont fait irruption samedi dans ce festival y ont massacré 250 personnes, et ont tué aussi "plus de 100 personnes" dans le seul kibboutz de Beeri, selon l'ONG Zaka, qui a participé à la collecte des corps.
"Ils tiraient sur tout le monde", "ils ont assassiné de sang-froid des enfants, des bébés, des gens âgés, tout le monde", a témoigné Moti Bukjin, le porte-parole de l'ONG.
Samedi à l'aube, après avoir franchi la barrière frontalière qu'Israël considérait infranchissable, des centaines de combattants du Hamas s'étaient engouffrés dans des localités du sud du pays, allant de maison en maison, abattant des citoyens ou les enlevant.
Lors de cette offensive terrestre, aérienne et maritime d'une ampleur sans précédent depuis la naissance de l'Etat d'Israël en 1948, menée en plein Shabbat, le repos juif hebdomadaire, et au dernier jour des fêtes de Souccot, le Hamas a tiré des milliers de roquettes.
L'attaque a provoqué la sidération en Israël où elle est comparée aux attentats du 11 septembre 2001.
Depuis, l'armée israélienne pilonne Gaza, une bande de terre pauvre et exiguë, enclavée le long de la Méditerranée, où s'entassent 2,3 millions d'habitants et où des rues entières sont désormais transformées en champs de ruines.
Israël a mobilisé 300.000 réservistes et déployé des dizaines de milliers de soldats autour de Gaza, ainsi qu'à sa frontière nord avec le Liban.
Mardi, des salves de roquettes, revendiquées par le Hamas, ont de nouveau été tirées depuis le sud du Liban vers Israël, provoquant une riposte de l'Etat israélien qui dit avoir visé des positions du Hezbollah pro-iranien, allié du mouvement palestinien.
Sur un autre front, l'armée israélienne a dit avoir tiré des obus mardi soir sur la Syrie voisine à partir du plateau du Golan en riposte à des "tirs" de projectiles sur ce territoire occupé par Israël depuis 1967.





