LONDRES : Le ministre de l’Intérieur du Yémen a déclaré mardi que 21 experts de la Garde révolutionnaire iranienne et du Hezbollah libanais contribuaient à diriger les opérations militaires des Houthis, affirmant que leur implication s’était étendue au-delà de la formation et des livraisons d’armes pour englober la planification opérationnelle et le commandement.
Le ministre de l’Intérieur, Ibrahim Haidan, a déclaré dans un communiqué que 14 experts de la Garde révolutionnaire et sept spécialistes du Hezbollah travaillaient avec la milice houthiste sur les missiles balistiques, les drones, les attaques maritimes et la guerre électronique.
M. Haidan a précisé que les responsabilités de ces experts comprenaient la sélection de navires commerciaux comme cibles, la mise au point de bateaux piégés et de véhicules sous-marins autonomes, ainsi que la supervision de réseaux de contrebande de composants militaires.
Ils ont également formé des combattants houthis au pose de mines, aux tactiques de siège et à la guerre urbaine, a-t-il ajouté.
« Il ne s’agit pas d’une mission de formation, mais d’un état-major militaire à part entière », a déclaré M. Haidan.
Il a précisé que le groupe était dirigé par un officier de la Garde révolutionnaire qui « est apparu à l’écran en tant qu’ambassadeur d’un État qui prétend respecter le droit international ». M. Haidan n’a pas révélé l’identité de cette personne ni celle de son pays.
Parmi les autres membres figuraient un responsable des opérations, un conseiller stratégique, le chef d’une salle des opérations conjointes ainsi que des spécialistes des missiles, des drones, des radars et des communications, selon le communiqué.
Le ministère a recensé huit experts à Hodeidah, quatre à Sanaa, quatre à Saada, deux à Hajjah, deux à Amran et un à Al-Khawkhah.
Au-delà de leur travail militaire, M. Haidan a accusé ces experts de soutenir des activités politiques, organisationnelles et médiatiques visant à ancrer l’influence iranienne et à établir des réseaux de loyauté à long terme au Yémen.
Il a déclaré que leur présence constituait une menace pour la navigation marchande et les marins en mer Rouge et dans le détroit de Bab al-Mandab, ainsi que pour les routes commerciales et l’approvisionnement énergétique. Il a également averti que la technologie et le savoir-faire en matière d’armement pourraient se propager à d’autres groupes armés partageant leur idéologie.
M. Haidan a exhorté la communauté internationale à désigner les Houthis comme une « organisation terroriste », à perturber leurs réseaux de financement et d’approvisionnement en armes, et à faire respecter l’embargo sur les armes prévu par les résolutions 2216 et 2624 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Le ministre a également établi un lien entre le soutien apporté par ces experts et « le siège de Taïz par les Houthis », affirmant que les Yéménites « payaient le prix de l’intervention étrangère par des pertes humaines, l’insécurité et l’épuisement des ressources ».
« Les décisions sont prises à Téhéran, annoncées à Sanaa et payées au prix fort à Taïz, Hodeïda et dans d’autres gouvernorats ravagés par le conflit », a-t-il déclaré.
S’adressant aux habitants des zones contrôlées par les Houthis, M. Haidan a accusé le groupe soutenu par l’Iran de les entraîner dans une guerre sous prétexte de soutenir les Palestiniens, tout en laissant l’Iran en contrôler l’orientation.
Il a ajouté que le ministère de l’Intérieur continuerait à soutenir les efforts nationaux menés dans le cadre de l’opération « Aube du Yémen » visant à rétablir les institutions de l’État et à reprendre Sanaa.





