Au Yémen, l'archipel de Socotra et sa biodiversité unique en danger

Arbres pluricentenaires semblables à des parapluies, les dragonniers de Socotra bordent les sommets accidentés de l'archipel yéménite du même nom. PETER MARTELL / AFP
Arbres pluricentenaires semblables à des parapluies, les dragonniers de Socotra bordent les sommets accidentés de l'archipel yéménite du même nom. PETER MARTELL / AFP
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Publié le Lundi 07 juin 2021

Au Yémen, l'archipel de Socotra et sa biodiversité unique en danger

  • Tout un écosystème, aussi fragile qu'unique, est menacé
  • Pour sauvegarder leurs îles, les habitants font ce qu'ils peuvent

YEMEN: Arbres pluricentenaires semblables à des parapluies, les dragonniers de Socotra bordent les sommets accidentés de l'archipel yéménite du même nom, rappelant à la fois la richesse de la biodiversité locale et la crise environnementale qui la menace.

Ces arbres, qui font la renommée de l'archipel, sont décimés par des tempêtes de plus en plus intenses tandis que les plus jeunes plants sont avalés par les chèvres. Tout un écosystème, aussi fragile qu'unique, est ainsi menacé.

"Les arbres apportent l'eau, ils sont si importants à nos vies", explique Adnan Ahmed, professeur de mathématiques et guide touristique passionné par la faune et la flore locales.

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Ces arbres, qui font la renommée de l'archipel, sont décimés par des tempêtes de plus en plus intenses tandis que les plus jeunes plants sont avalés par les chèvres. PETER MARTELL / AFP

"Sans arbres, nous aurons des problèmes", résume-t-il.

Situés dans les eaux turquoise de la mer d'Arabie au large des côtes sud du Yémen, les quatre îles et deux îlots rocheux de l'archipel de 50 000 habitants ont été relativement épargnés par le conflit qui dévaste ce pays pauvre de la péninsule arabique depuis plus de six ans.

Surnommé "les Galapagos de l'océan Indien", Socotra est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2008 "compte tenu de sa faune et de sa flore exceptionnellement riches et distinctes".

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Des sables blancs recouvrent une plage de la lagune de Detwah, à l'extrême ouest de l'île yéménite de Socotra, classée zone humide d'importance mondiale au titre de la convention de Ramsar, le 14 avril 2021.
PETER MARTELL / AFP

Sur les 825 espèces de plantes qui y ont été recensées, plus d'un tiers sont uniques, selon l'organisation onusienne. Le dragonnier de Socotra, dont la sève rouge sang possède des propriétés médicinales, est la plus emblématique d'entre elles.

Mais habitants comme scientifiques s'inquiètent de l'avenir de cet arbre qui doit lutter à la fois contre une planète qui se réchauffe, le surpâturage, la présence d'espèces invasives et des constructions incontrôlées.

"Les chèvres mangent les semis, on ne trouve des jeunes plants que sur les falaises et dans les endroits les moins accessibles", explique M. Ahmed, soulignant qu'il faut près d'un demi-siècle pour qu'un dragonnier de Socotra soit en mesure de se reproduire.

"Si rien n'est fait, il ne faudra pas longtemps avant qu'il n'y en ait plus", déplore-t-il.

"Manque de temps"

Si l'archipel "reste un trésor de biodiversité", selon le biologiste belge Kay Van Damme, "il se peut que nous manquions bientôt de temps pour protéger les espèces les plus iconiques".

Des arbres morts jonchent le plateau de Dixam, perché à 1 500 mètres d'altitude sur l'île principale de l'archipel, décimés par des bourrasques de vent.

Si rien n'est fait, tous "auront disparu en quelques décennies", selon M. Van Damme.

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"Le système immunitaire de Socotra est désormais compromis", ajoute-t-il. Car moins de végétation signifie plus d'érosion des sols et de glissements de terrains. PETER MARTELL / AFP

Les dix essences d'arbres à encens de l'île connaissent le même sort. Selon une étude basée sur des photographies, leur nombre a diminué de 78% entre 1956 et 2017.

"Si ça continue, les prochaines générations pourraient ne voir des arbres à encens de Socotra que dans des jardins botaniques, avec une petite plaque indiquant +disparu dans la nature+", estime le biologiste.

"Le système immunitaire de Socotra est désormais compromis", ajoute-t-il. Car moins de végétation signifie plus d'érosion des sols et de glissements de terrains.

"Besoin de soutien"

Les habitants de l'archipel sentent d'ores et déjà les conséquences du dérèglement climatique.

"Les vagues des dernières tempêtes ont brisé les fenêtres de nos maisons", raconte Abdullah Ahmed, 25 ans, originaire d'un village de pêcheurs de 40 habitants. 

Redoutant à la fois la montée des eaux et les glissements de terrains, la petite communauté s'est résignée à construire un nouveau village un peu plus dans les terres.

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Un jeune brandit la résine rouge d'un dragonnier sur le plateau de Diksam au centre de l'île yéménite de Socotra, une espèce que l'on ne trouve que dans l'archipel de l'océan Indien, le 16 avril 2021. PETER MARTELL / AFP

Pour sauvegarder leurs îles, les habitants font ce qu'ils peuvent. Ils ont par exemple créé une pépinière de la taille d'un terrain de football pour tenter de protéger les dragonniers de Socotra des chèvres.

On y trouve des dizaines de plants, résultats de 15 années de pousse.

"C'est un début, mais on a besoin de bien plus", explique Adnan Ahmed. "Nous avons besoin de soutien."

Sadia Eissa Suliman est née et a grandi dans la lagune de Detwah, classée zone humide d'importance mondiale selon un traité international.

"J'ai vu comment la lagune a changé", explique cette grand-mère de 61 ans, qui a observé des parcelles d'arbres être rasées et le plastique et les filets de pêche envahir l'eau.

Elle milite pour une interdiction de la pêche, lève des fonds pour protéger les arbres et tente désespéramment de faire la chasse aux déchets sur l'île.

Une détermination partagée par les scientifiques, qui veulent tout faire pour que Socotra ne devienne pas un énième cas d'étude de perte de biodiversité.

"Socotra est la seule île au monde où aucun reptile, aucun oiseau ni aucune plante n'a disparu ces 100 dernières années, la seule. Nous devons nous assurer que ce soit toujours le cas", assure M. Van Damme.


L'Arabie saoudite intercepte des drones visant le quartier diplomatique de Riyad et le champ pétrolier de Shaybah

L'Arabie saoudite a déclaré que des attaques de drones avaient visé le quartier diplomatique de Riyad et le champ pétrolifère de Shaybah. (Capture d'écran du ministère saoudien de la Défense)
L'Arabie saoudite a déclaré que des attaques de drones avaient visé le quartier diplomatique de Riyad et le champ pétrolifère de Shaybah. (Capture d'écran du ministère saoudien de la Défense)
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  • Une série d'attaques de drones déjouées par les défenses aériennes du royaume
  • Le ministère de la Défense a fait état d'un certain nombre d'attaques dans une série de messages sur X au cours de la journée

RIYAD: L'Arabie saoudite a abattu jeudi des drones qui visaient le quartier diplomatique de Riyad et le champ pétrolier de Shaybah, dans le sud-est du pays.

Le ministère de la Défense a fait état d'un certain nombre d'attaques dans une série de messages sur X au cours de la journée.

"Un drone ennemi a été abattu alors qu'il tentait de s'approcher" du quartier diplomatique de la capitale, a déclaré tôt jeudi un porte-parole du ministère.

Au moins six drones ont été "interceptés et détruits" plus tard dans la journée dans le quartier vide "en direction du champ pétrolier de Shaybah", selon les déclarations.
Auparavant, le ministère avait déclaré qu'au moins 20 drones avaient été abattus dans la région de l'Est.

L'Arabie saoudite et d'autres pays du Golfe sont confrontés à des vagues d'attaques de missiles et de drones iraniens depuis qu'Israël et les États-Unis ont lancé une guerre contre l'Iran le 28 février.

Ces attaques ont visé la base aérienne Prince Sultan, l'ambassade des États-Unis à Riyad, des champs pétroliers et des infrastructures énergétiques.

Le ministre saoudien de la défense, le prince Khalid bin Salman, a condamné les attaques lors d'un appel avec son homologue turc.

Le ministère saoudien des affaires étrangères a salué l'adoption par le Conseil de sécurité des Nations unies d'une résolution exigeant la fin des attaques de l'Iran contre les États du Golfe et la Jordanie.


Liban: nouvelle frappe en plein jour sur Beyrouth, Israël menace de «prendre des territoires»

Plusieurs frappes israéliennes ont visé jeudi après-midi un immeuble en plein cœur de Beyrouth, ont constaté des journalistes de l'AFP, Israël menaçant de "prendre des territoires" au Liban. (AFP)
Plusieurs frappes israéliennes ont visé jeudi après-midi un immeuble en plein cœur de Beyrouth, ont constaté des journalistes de l'AFP, Israël menaçant de "prendre des territoires" au Liban. (AFP)
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  • L'armée israélienne a confirmé dans un communiqué avoir "lancé une série de frappes contre les infrastructures terroristes du Hezbollah à Beyrouth"
  • Il s'agit de la quatrième frappe sur le centre de Beyrouth - et la première en plein jour - depuis que le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël

BEYROUTH: Plusieurs frappes israéliennes ont visé jeudi après-midi un immeuble en plein cœur de Beyrouth, ont constaté des journalistes de l'AFP, Israël menaçant de "prendre des territoires" au Liban.

La guerre a fait depuis le 2 mars plus de 687 morts, dont 98 enfants, et déplacé plus de 800.000 personnes, selon le dernier bilan libanais officiel.

Les explosions ont généré la panique et une épaisse colonne de fumée noire se dégage d'un immeuble du quartier de Bachoura, situé à proximité d'un des principaux centres d'affaires de la capitale, accueillant aussi des institutions.

L'armée israélienne a confirmé dans un communiqué avoir "lancé une série de frappes contre les infrastructures terroristes du Hezbollah à Beyrouth", peu après un avertissement inédit à évacuer dans le centre de la capitale libanaise. Selon elle, le groupe avait "caché des millions de dollars pour financer ses activités" sous le bâtiment visé.

Il s'agit de la quatrième frappe sur le centre de Beyrouth - et la première en plein jour - depuis que le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël.

Une cinquième frappe sur un quartier central a par ailleurs visé un bureau de la société financière Al-Qard al-Hassan, liée au Hezbollah, a constaté l'AFP.

"C'est une guerre que nous n'avons pas voulue, au contraire, nous travaillons jour et nuit pour l'arrêter", a déclaré jeudi à la télévision le Premier ministre Nawaf Salam.

Un peu plus tôt, le ministre israélien de la Défense Israël Katz avait déclaré avoir ordonné à l'armée de se préparer à "étendre" ses opérations au Liban.

"J'ai averti le président libanais que si son gouvernement ne parvient pas à contrôler le territoire et à empêcher le Hezbollah de menacer les communautés du nord et de tirer sur Israël, nous prendrons des territoires et le ferons nous-mêmes", a-t-il dit.

Selon Israël, le groupe chiite a mené mercredi soir une attaque coordonnée avec l'Iran, lançant quelque "200 roquettes et environ 20 drones", combinés à des missiles balistiques tirés par Téhéran.

Désolation 

Le Hezbollah a également revendiqué jeudi des tirs de missiles sur les systèmes de défense antiaérienne dans la région de Césarée (centre d'Israël), où le Premier ministre Benjamin Netanyahu a une résidence.

A Beyrouth, une frappe israélienne a fait 12 morts et 28 blessés à l'aube sur le front de mer de Ramlet al-Bayda où ont afflué les déplacés venus des bastions du Hezbollah, selon un dernier bilan officiel.

"Nous avons soudain entendu le fracas d'une explosion", a raconté Aseel Habbaj, une femme portant son bébé, qui dormait dans une tente avec sa famille. Elle dit avoir "vu des gens tués étendus par terre".

"Nous avons choisi cet endroit parce qu'on aurait jamais imaginé qu'Israël frappe" en plein Beyrouth, a dit Dalal al-Sayed, 40 ans.

Après la première frappe, "une deuxième a suivi", entrainant "un carnage", a-t-elle dit.

Un correspondant de l'AFP sur place a vu des taches de sang sur le trottoir et des éclats d'obus ont atteint quelques tentes.

Des frappes ont également visé jeudi Aramoun, un quartier résidentiel au sud de Beyrouth, hors des bastions du Hezbollah, faisant cinq morts et cinq blessé, selon un nouveau bilan des autorités.

Et deux enseignants ont été tués sur un campus de l'Université publique libanaise en lisière de la banlieue sud, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

L'armée israélienne continue de frapper quasi quotidiennement la banlieue sud de Beyrouth, fief du groupe chiite dont une grande partie de la population a fui.

Un photographe de l'AFP a été témoin d'un spectacle de désolation dans la banlieue déserte: immeubles en ruines, certains encore en feu, gravats jonchant les rues.

Alors que toutes les issues diplomatiques semblent bloquées, Israël a massé des troupes à sa frontière avec le Liban et son armée s'est avancée dans plusieurs villages frontaliers.

L'armée israélienne a étendu jeudi son appel à évacuer côté libanais, demandant aux habitants de se déplacer au-delà d'un fleuve à environ 40 kilomètres de la frontière.

"Le déplacement massif de population que nous constatons ici (au Liban, ndlr) est sans précédent", a déclaré à l'AFP Carl Skau, le directeur exécutif adjoint du Programme alimentaire mondial (PAM).

"On a enregistré quelque 800.000 personnes en une semaine, c'est énorme", a-t-il dit depuis Beyrouth.

 


L'armée israélienne annonce avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires

L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique. (AFP)
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  • "Dans le cadre des vagues de frappes menées ces derniers jours", l'armée de l'air israélienne a bombardé "le complexe +Taleghan+ (...) utilisé par le régime pour développer des capacités essentielles à la fabrication d'armes nucléaires"
  • "L'armée israélienne a récemment découvert que le régime avait pris des mesures pour réhabiliter le complexe après qu'il a été frappé en octobre 2024", poursuit le texte

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.

"Dans le cadre des vagues de frappes menées ces derniers jours", l'armée de l'air israélienne a bombardé "le complexe +Taleghan+ (...) utilisé par le régime pour développer des capacités essentielles à la fabrication d'armes nucléaires", a déclaré l'armée dans un communiqué.

L'armée fait probablement référence à une installation située à Parchin, au sud-est de Téhéran, où, selon l'Institut pour la science et la sécurité internationale, un organisme basé aux Etats-Unis spécialisé dans la surveillance de la prolifération nucléaire, l'Iran mène des activités militaires secrètes.

"L'armée israélienne a récemment découvert que le régime avait pris des mesures pour réhabiliter le complexe après qu'il a été frappé en octobre 2024", poursuit le texte.

Début mars, l'armée israélienne avait annoncé avoir frappé un centre militaire souterrain secret du programme nucléaire de l'Iran dans la région de Téhéran, où d'après elle des scientifiques travaillaient sur "un élément clé de la capacité du régime iranien à développer des armes atomiques".

Israël et les Occidentaux affirment que l'Iran cherche à se doter de l'arme atomique, ce que la République islamique dément tout en défendant son droit à développer un programme nucléaire civil.

Israël a lancé le 28 février, conjointement avec les Etats-Unis, une offensive massive pour faire disparaître la "menace existentielle" que représentent selon lui les programmes nucléaire et balistique iraniens.

Les responsables israéliens affirment que Téhéran avait intensifié ses efforts pour se doter de l'arme atomique depuis la fin de la guerre de 12 jours déclenchée en juin 2025 par Israël, au cours de laquelle les Etats-Unis avaient bombardé trois installations nucléaires, dont une usine d'enrichissement.