Mali: un «cadre» du groupe Etat islamique au Sahel arrêté par la France

L'opération Barkhane est désormais officiellement promise à une fin prochaine. (Photo, AFP)
L'opération Barkhane est désormais officiellement promise à une fin prochaine. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 17 juin 2021

Mali: un «cadre» du groupe Etat islamique au Sahel arrêté par la France

  • L'arrestation a eu lieu le 11 juin dans la matinée dans la zone «des trois frontières», aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso
  • Abou Dardar est un ancien membre du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest, dont certains cadres ont créé l'État islamique au grand Sahara

PARIS : La traque continue: la force française antidjihadiste Barkhane a arrêté un "cadre" du groupe État islamique au grand Sahara (EIGS), un succès de plus dans la politique désormais revendiquée de viser les leaders des groupes djihadistes de la zone.

Dadi Ould Chouaïb, alias Abou Dardar, "l'un des cadres de l'EIGS", est "également suspecté d'avoir mutilé trois hommes le 2 mai dernier lors du marché hebdomadaire de Tin Hama" (Nord), a indiqué l'état-major français dans un communiqué, précisant que le djihadiste s'était rendu sans résistance et qu'il portait "une arme automatique, une lunette de vision nocturne, un gilet de combat, un téléphone et une radio".

L'arrestation a eu lieu le 11 juin dans la matinée dans la zone "des trois frontières", aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso, une des zones principales d'action des groupes djihadistes installés au Sahel, notamment de l'EIGS. Il y avait été repéré par un hélicoptère au cours d'une opération conjointe de Barkhane et des forces armées nigériennes. 

Durant cette même opération franco-nigérienne, lancée le 8 juin, "un accrochage a eu lieu mardi avec des groupes armés terroristes" dans la région de Tillabéri (ouest nigérien) frontalière du Mali, a annoncé mercredi soir un communiqué du ministère nigérien de la Défense, évoquant un "bilan provisoire" d'un  mort nigérien et de "douze terroristes neutralisés (ndlr: tués)".

Abou Dardar est un ancien membre du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), dont certains cadres ont créé l'EIGS.

Arrêté une première fois en 2014, il avait été remis aux autorités maliennes. Mais il avait fait partie des quelque 200 djihadistes élargis en octobre 2020 en échange de quatre otages, dont la Française Sophie Pétronin, au terme de négociations auxquelles Paris avait revendiqué n'avoir pas été associée.

Le 2 mai, des hommes armés avaient rassemblé la foule lors du marché hebdomadaire de Tin Hama, et lui avaient présenté trois hommes qualifiés de voleurs, auxquels ils avaient coupé la main droite et le pied gauche, selon des informations recueillies auprès d'interlocuteurs locaux s'exprimant sous couvert de l'anonymat. Ces hommes armés étaient présumés appartenir à l'EIGS, avait indiqué la Mission de l'Onu (Minusma).

«Décapiter ces organisations»

Selon une source sécuritaire, depuis sa libération en octobre, "il était cadi (juge islamique) dans la zone de Ansongo-Ménaka. Je le qualifierais de commandant de second rang, important au niveau local", a-t-elle estimé, soulignant par ailleurs à la fois sa longue absence du terrain et son retour de courte durée qui relativise son poids dans l'organisation. 

Son interpellation n'en est pas moins bienvenue pour la France, dont le président Emmanuel Macron avait promis en février, lors d'un sommet avec les chefs d'États de la région, "une action renforcée" pour "essayer d'aller décapiter ces organisations", dont "la plus haute hiérarchie continue à nourrir un agenda djihadiste".

Paris a donc depuis adopté une stratégie visant prioritairement les chefs.

Barkhane vient à cet égard de revendiquer l'élimination d'un cadre du groupe Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), adversaire de l'EIGS dans la zone. Baye Ag Bakabo était responsable du rapt et de la mort de deux journalistes français de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, assassinés à Kidal (nord du Mali) le 2 novembre 2013.

L'opération Barkhane est désormais officiellement promise à une fin prochaine. Elle sera remplacée par un dispositif international plus léger d'appui et d'accompagnement au combat des troupes des pays de la région, au prix d'une montée en puissance espérée des Européens et d'un investissement majeur des États concernés.

La France renonce ainsi à tenter de sécuriser de vastes zones semi-désertiques où les États n'arrivent pas à garder pied, pour se concentrer sur la lutte ciblée contre les djihadistes et l'appui des forces locales. Une réorientation qui intervient alors que l'élection présidentielle de 2022 se rapproche en France, où cet engagement militaire suscite des interrogations croissantes, notamment au regard des 50 soldats tués au combat depuis 2013.

Mais la fermeture prochaine de bases françaises à Kidal, Tombouctou et Tessalit fait craindre que le nord du Mali ne passe complètement entre les mains des groupes djihadistes tant l'État central semble dans l'incapacité de restaurer son autorité dans ces vastes bandes désertiques et très pauvres.


Emploi des seniors: Borne favorable à des «sanctions» contre les entreprises qui ont de «mauvaises pratiques»

La Première ministre française Elisabeth Borne lors de l'émission télévisée politique «L'Evénement» sur la chaîne de télévision française France 2 (Photo, AFP).
La Première ministre française Elisabeth Borne lors de l'émission télévisée politique «L'Evénement» sur la chaîne de télévision française France 2 (Photo, AFP).
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  • Le gouvernement a prévu la création d'un index pour mesurer l'emploi des seniors dans les entreprises
  • «Les entreprises dont l'index montre qu'elles n'ont pas des bonnes pratiques doivent mettre en œuvre un plan d'action qui sera négocié dans l'entreprise»

PARIS: Élisabeth Borne s'est dite favorable à des "sanctions" contre les entreprises qui ont de "mauvaises pratiques" en matière d'emploi des seniors, jeudi sur France 2 lors d'un entretien consacré à la réforme des retraites.

S'agissant de l'index d'emploi des seniors que le gouvernement veut mettre en place, "je pense qu'on peut aller plus loin (...) en disant que les entreprises dont l'index montre qu'elles n'ont pas des bonnes pratiques à l'égard des seniors, elles doivent mettre en œuvre un plan d'action qui évidemment sera négocié dans l'entreprise", a-t-elle dit.

"Et si elles ne le font pas, ou s'il n'y a pas d'effets pour corriger les mauvaises pratiques, alors il pourrait y avoir des sanctions", a-t-elle ajouté.

Les opposants à la réforme du gouvernement estiment qu'il faut d'abord inciter les entreprises à garder leurs salariés les plus âgés, avant de songer à reculer l'âge légal de départ en retraite de 62 ans à 64 ans. Ce report est au cœur du projet gouvernemental.

Le gouvernement a prévu la création d'un index pour mesurer l'emploi des seniors dans les entreprises. "Une première étape indispensable qui permet de mettre les employeurs face à leur responsabilité", a souligné Matignon.

La cheffe du gouvernement "a annoncé que ce dispositif pourrait être renforcé dès la semaine prochaine à l’occasion du débat parlementaire", a-t-on ajouté.

Qualifié d'inutile par la gauche et le RN, ce dispositif d'"index", inscrit à l'article 2 du projet de loi, serait obligatoire dès 2023 pour les entreprises de plus de 1.000 salariés, et pour celles de plus de 300 salariés à partir de 2024.

Les employeurs seraient passibles de sanctions financières en cas de non-publication de cet index, mais aucune obligation de résultat n'est pour l'instant fixée en termes d'emploi des seniors.

L'index a été approuvé par les députés mardi soir en commission des Affaires sociales au bout de plus d'une journée d'échanges.

Mais c'est le texte initial du gouvernement qui sera examiné dans l'hémicycle à partir de lundi, l'exécutif ayant opté pour une procédure applicable aux textes budgétaires.

En commission, les députés de gauche ont essayé a l'envi d'obtenir des mesures plus coercitives envers les entreprises, sans succès. La commission a également rejeté une série d'amendements visant à abaisser le seuil de 300 salariés, venant de la gauche mais aussi du camp présidentiel.

La copie initiale sur cet index a été peu retouchée. Contre l'avis de la rapporteure Renaissance, les députés ont adopté mardi soir un amendement de sa collègue Astrid Panosyan visant à faire de l'emploi des seniors un sujet de dialogue social dans les négociations annuelles obligatoires.


Retraites: Le chef de la CFDT appelle à «amplifier» la mobilisation le 7 février

Le secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), Laurent Berger (Photo, AFP).
Le secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), Laurent Berger (Photo, AFP).
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  • Le leader de la CFDT Laurent Berger a regretté l'absence d'empathie exprimée par la Première ministre Elisabeth Borne sur France 2
  • La réforme est «injuste et brutale», a renchéri le dirigeant de FO, Frédéric Souillot

PARIS: "Il faut amplifier" la mobilisation contre la réforme des retraites lors de la journée d'action du 7 février, a jugé jeudi soir le leader de la CFDT Laurent Berger, qui a regretté l'absence d'"empathie" exprimée par la Première ministre Elisabeth Borne sur France 2.

Réagissant à chaud après un entretien au cours de laquelle la Première ministre est revenue sur les mesures de la réforme, M. Berger a regretté qu'on n'ait "pas entendu parler de travail".

Or, "c'est de travail dont il aurait fallu parler ce soir pour montrer un minimum d'empathie", a-t-il regretté, ajoutant: "on a l'impression qu'il n'y a pas en ce moment un mouvement social dans ce pays".

"Les gens ont envie qu'on parle ce soir de leur travail, de la prise en compte de ce qu'ils expriment", a-t-il insisté, rappelant les deux journées d'action du 19 et du 31 janvier, cette dernière date ayant suscité la "plus grande" mobilisation "depuis 30 ans".

Lors de la prochaine journée décidée par l'intersyndicale, mardi 7 février, "il faut continuer la mobilisation" des 19 et 31 janvier et "il faut l'amplifier", a insisté le leader syndical. Quant à la journée suivante, le samedi 11, elle offrira "la possibilité de venir manifester, y compris pour les travailleuses, les travailleurs qui ne viennent pas forcément en semaine, y compris en famille", pour "montrer qu'il y a un vrai mécontentement et une vraie mobilisation", a-t-il poursuivi.

Il a salué l'annonce par Mme Borne que des sanctions financières pourraient être appliquées aux entreprises qui n'agiront pas en faveur de l'emploi des seniors. "Je lui donne le point", a-t-il dit. Mais c'est le report de l'âge légal à 64 ans qui fait que "cette réforme est injuste", a-t-il insisté.

"A quel moment le gouvernement, Mme Borne, va entendre cet appel du monde du travail (disant) cette réforme on ne veut pas ?", s'est-il interrogé.

La réforme est "injuste et brutale", a renchéri le dirigeant de FO, Frédéric Souillot, lui aussi interrogé dans le cadre du débat qui a suivi l'intervention de la Première ministre.


Projet d'attaque contre Macron par un groupuscule d'ultradroite en France: jusqu'à 5 ans de prison requis

Jusqu'à cinq ans de prison ferme et une relaxe ont été requis jeudi à Paris au procès de 13 membres d'un groupuscule d'ultradroite, les Barjols, soupçonnés d'avoir préparé un projet d'assassinat du président Emmanuel Macron fin 2018. (AFP)
Jusqu'à cinq ans de prison ferme et une relaxe ont été requis jeudi à Paris au procès de 13 membres d'un groupuscule d'ultradroite, les Barjols, soupçonnés d'avoir préparé un projet d'assassinat du président Emmanuel Macron fin 2018. (AFP)
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  • La procureure antiterroriste a demandé la peine la plus lourde à l'encontre de Jean-Pierre Bouyer, un ancien garagiste de 66 ans et ex-numéro 2 des Barjols
  • Selon le ministère public, le projet d'assassiner Emmanuel Macron, dont doivent répondre 4 des 13 prévenus, n'était que «l'aboutissement de tout ce qui s'est passé au sein des Barjols»

PARIS: Des projets pas "aboutis" mais une "menace réelle": jusqu'à cinq ans de prison ferme et une relaxe ont été requis jeudi à Paris au procès de 13 membres d'un groupuscule d'ultradroite, les Barjols, soupçonnés d'avoir préparé un projet d'assassinat du président Emmanuel Macron fin 2018 mais aussi des attaques contre des migrants, des mosquées et des élus.

La procureure antiterroriste a demandé la peine la plus lourde à l'encontre de Jean-Pierre Bouyer, un ancien garagiste de 66 ans et ex-numéro 2 des Barjols, pour son rôle jugé "moteur" dans le projet d'assassinat du président Emmanuel Macron dont les contours restent flous.

C'est son arrestation, le 6 novembre 2018 dans l'est de la France, avec trois autres prévenus qui a lancé cette affaire d'association de malfaiteurs terroriste, finalement correctionnalisée à l'issue de près de quatre années d'enquête.

Au cours de son réquisitoire, la procureure a également ciblé Denis Collinet, 63 ans, ex-militant d'extrême droite et fondateur des Barjols en avril 2017.

Son groupuscule, a-t-elle relevé, s'est mué en "incubateur d'actions violentes" contre les migrants, les élus ou les musulmans avec un objectif: que "la peur change de camp".

Selon le ministère public, le projet d'assassiner Emmanuel Macron, dont doivent répondre 4 des 13 prévenus, n'était que "l'aboutissement de tout ce qui s'est passé au sein des Barjols": les réunions secrètes aux accents paramilitaires dans l'est de la France, la recherche d'armes ou la collecte de recettes d'explosifs.

La procureure a reconnu que certains projets des prévenus, qui présentent quasiment tous un casier judiciaire vierge, peuvent sembler "farfelus" ou peu "aboutis" et que leur "corpus idéologique" s'avère "pauvre".

Mais elle a mis en garde contre la tentation de réduire ce dossier à de simples élucubrations lancées lors de soirées arrosées, par des prévenus aux "parcours de vie très abimés".

La "menace était bien réelle" et il n'y a aucune raison que la justice fasse preuve d'une "mansuétude" particulière. "Oserait-on, si ce dossier était lié au jihadisme, vous dire que les éléments matériels sont insuffisants ?", a-t-elle lancé au tribunal correctionnel, ajoutant: "pourquoi devrait-on avoir plus de mansuétude dans un dossier d'ultradroite ?"

Si elle admet que les Barjols étaient "animés d'une révolte sociale" faisant écho au mouvement des "gilets jaunes", en pleine éclosion en 2018, établir un parallèle entre les deux mouvances reviendrait, en revanche, à "tordre le cou à la réalité".

Les Barjols, a-t-elle argumenté, étaient focalisés sur une double "obsession": "la haine" des migrants et d'Emmanuel Macron.

En réponse, la défense a commencé à plaider pour dénoncer "une grosse farce" judiciaire, reposant sur les "déclarations foutraques" et dépourvue d'éléments matériels.

"Vous n'avez ni projet ni actes préparatoires ni le début de commencement d'une action", a affirmé Me Camille Fonda, une des avocates de M. Collinet, récusant tout parallèle avec le djihadisme.