Navire de Banksy : les migrants passagers sont pris en charge par les secours

Les migrants à bord du Louise Michel sont transférés vers le navire humanitaire Sea-Watch 4 (Photo, Thomas LOHNES/AFP).
Les migrants à bord du Louise Michel sont transférés vers le navire humanitaire Sea-Watch 4 (Photo, Thomas LOHNES/AFP).
Short Url
Publié le Dimanche 30 août 2020

Navire de Banksy : les migrants passagers sont pris en charge par les secours

  • « Au vu de la dangerosité de la situation, les gardes-côtes ont envoyé sur place un bateau de patrouille depuis Lampedusa qui a embarqué les 49 personnes jugées les plus fragiles »
  • Entre début janvier et fin juillet, les tentatives au départ de la Libye ont augmenté de 91%, comparé à la même période l'an dernier, représentant 14.481 personnes ayant pris la mer

ROME : Les gardes-côtes italiens ont répondu samedi aux messages de détresse en Méditerranée du navire « Louise Michel », affrété par l'artiste de rue Banksy, en évacuant prioritairement les 49 personnes les plus fragiles. 

« Au vu de la dangerosité de la situation, les gardes-côtes ont envoyé sur place un bateau de patrouille depuis Lampedusa qui a embarqué les 49 personnes jugées les plus fragiles, dont 32 femmes, 13 enfants et 4 hommes », ont-ils indiqué dans un communiqué. Le corps d'un migrant décédé a également été évacué en direction de Lampedusa (petite île au sud de la Sicile).  

Le « Louise Michel », qui a secouru en mer un total de 219 migrants en deux opérations, se trouvait alors dans « une zone de recherche et de secours » de l'Etat de Malte. 

Mais « en raison de la détérioration attendue des conditions météorologiques maritimes dans la région », Malte a contacté les garde-côtes italiens pour mener à bien l'opération.

« Les gardes-côtes italiens ont pris 49 des survivants les plus fragiles ! C'est super et cela nous laisse avec une majorité toujours en attente », a d'abord réagi l'équipage su Louis Michel sur son compte Twitter.

Transferts en soirée sur le Sea-Watch 4

En soirée, tous ses autres passagers ont finalement été transférés sur un bateau humanitaire affrété par l'ONG allemande Sea-Watch et l'organisation Médecins sans frontières (MSF), venu à sa rencontre. 

Sea-Watch 4, qui avait déjà lui-même secouru 201 migrants en Méditerranée, a ainsi indiqué sur son compte Twitter avoir pris en charge quelque 150 personnes supplémentaires. Ce bateau dispose notamment d'une clinique à bord, soumise à « des procédures Covid à respecter », avait précisé plus tôt dans la journée Hassiba Hadj-Sahraoui, chargée des questions humanitaires de MSF aux Pays-Bas.

« Nous demandons un endroit sûr pour tous les survivants », a déclaré l'équipage du Louise-Michel en annonçant le transfert de tous ses passagers.

Le site Marinetraffic indiquait samedi soir que le Louise Michel et le Sea-Watch 4 se trouvent à l'est de l'île italienne de Lampedusa (au sud de la Sicile).

Parallèlement, le collectif italien de gauche Mediterranea avait annoncé samedi le départ de son navire Mare Ionio depuis le port d'Augusta, en Sicile, pour porter également assistance aux migrants du Louise-Michel. 

Selon les dernières données du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), les tentatives de départ augmentent en Méditerranée, route migratoire la plus meurtrière du monde.

Entre début janvier et fin juillet, les tentatives au départ de la Libye ont augmenté de 91%, comparé à la même période l'an dernier, représentant 14.481 personnes ayant pris la mer.

Le navire humanitaire Louise Michel, qui compte seulement dix membres d'équipage, avait lancé un appel à l'aide dans la nuit de vendredi à samedi, en déplorant notamment un mort à bord.

Les migrants recueillis ont pour leur part évoqué la mort de trois personnes en mer avant leur repêchage, rapporte le bateau affrété par Banksy.

Après un premier sauvetage jeudi, l'équipage du Louise Michel avait indiqué avoir récupéré vendredi 130 nouveaux migrants à la dérive à bord d'un canot pneumatique qui prenait l'eau. Le bateau devenu surpeuplé et ne pouvant plus avancer, avait dû laisser 33 personnes sur un bateau de sauvetage amarré au Louise Michel jusqu'à l'arrivée des gardes-côtes italiens.

Affrété dans le plus grand secret

Le navire, baptisé du nom d'une anarchiste française du XIXe siècle, est décoré d'un graffiti de l'artiste britannique Banksy représentant une petite fille en gilet de sauvetage brandissant une bouée en forme de cœur. L'artiste de rue le plus connu au monde, aborde régulièrement la question de la crise migratoire dans ses œuvres.

Affrété dans le plus grand secret, il est parti le 18 août d'Espagne.

Son capitaine est Pia Klemp, une militante allemande pour les droits de l'homme, connue pour avoir conduit plusieurs autres navires de sauvetage, dont le Sea-Watch 3. Elle fait toujours l'objet d'une enquête par la justice italienne, notamment pour « aide à l'immigration illégale ».

Les dix marins du « Louise Michel » se disent tous « des activistes antiracistes et antifascistes partisans de changements politiques radicaux », selon le quotidien The Guardian entré en contact avec eux.

Le bateau de 31 mètres de long est un ancien navire des douanes françaises, de petite taille mais considérablement plus rapide que les habituels navires des ONG intervenant dans la zone.

Banksy, qui entretient le plus grand mystère sur son identité, a expliqué samedi, sur une vidéo postée sur internet, avoir acheté le bateau grâce à son succès financier, car « les autorités de l'UE ignorent délibérément les appels de détresse venant de non-européens », illustrant cette accusation par la photo d'un policier endormi devant un ordinateur. « Toutes les vies noires sont importantes », conclut-il.


Des missiles Patriot redéployés en Crète face aux menaces iraniennes

Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
Short Url
  • Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer
  • Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale

ATHENES: Une batterie de missiles Patriot était en cours de transfert lundi de l'île de Karpathos, à l'extrême est de la Grèce, jusqu'en Crète, en raison de menaces iraniennes visant des bases américaines en Europe, a rapporté la presse grecque.

Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer.

Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale.

Toujours selon la presse, ce redéploiement fait suite à des informations selon lesquelles l'Iran envisagerait des attaques contre des cibles militaires américaines en Europe si le président Donald Trump intensifiait le conflit dans le détroit d'Ormuz.

Le ministère de la Défense grec n'a pas communiqué sur le sujet.

Selon un article du Financial Times (FT) publié la semaine dernière, citant des sources au sein du régime iranien, l'Iran ne se contentera plus de limiter sa riposte au Moyen-Orient et envisage de frapper des cibles américaines en Europe en cas de nouvelle escalade militaire américaine.

Selon ces deux sources, les forces iraniennes ont évalué la possibilité de frapper des installations américaines dans les Balkans et autour de la Méditerranée. Sont notamment évoquées la Bulgarie, où la base aérienne de Bezmer a autorisé son usage pour le ravitaillement d'appareils américains, entre juillet et octobre 2026, et Chypre, où une base britannique avait déjà été visée par un drone en mars.

La Grèce compte de plusieurs bases américaines, à Alexandroupoli – dans le nord du pays – et en Crète, à Souda.

Depuis la publication du FT, le ministère de la Défense nationale et l'état-major "étaient en état d'alerte", selon le quotidien de référence I Kathimerini.

Ce journal explique que la décision de déployer une batterie de Patriot en Crète a été fortement influencée par l'évaluation des capacités de l'arsenal iranien qui, selon les informations transmises à Athènes par les alliés, dispose encore d'un nombre suffisant de missiles balistiques d'une portée supérieure à 2 000 kilomètres, susceptibles de cibler des bases et des infrastructures en Europe du Sud-Est.

Les missiles Patriot avaient été transférés sur l'île de Karpathos,  au voisinage de la Turquie, en mars.

En mars dernier, après une attaque de drones menée par le Hezbollah libanais contre la base anglaise d'Akrotiri à Chypre, la Grèce avait envoyé des F-16 et une frégate équipée d'un système de neutralisation de drones dans l'île.

Une autre batterie de Patriot grecque est par ailleurs déployée en Arabie Saoudite depuis septembre 2021, qui est déjà entrée en action à plusieurs reprises contre des missiles et drones iraniens visant le royaume.


Trump publie une carte du détroit d'Ormuz en "territoire américain"

Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
Short Url
  • Donald Trump a relancé l’idée controversée de faire du détroit d’Ormuz un « territoire américain », en publiant une carte sur Truth Social
  • Cette déclaration intervient alors que les négociations entre Washington et Téhéran sont dans l’impasse et que la réouverture de ce passage stratégique reste conditionnée à des exigences jugées incompatibles

WASHINGTON: Donald Trump a publié mardi sur son réseau Truth Social une carte montrant le détroit d'Ormuz et le décrivant comme un "nouveau territoire américain", reprenant ainsi une idée déjà exprimée ces derniers jours.

Le président avait pour la première fois parlé de "territoire américain" à propos de cette artère commerciale stratégique la semaine dernière, pendant un meeting et sur un ton qui laissait penser à une plaisanterie.

Le républicain est revenu à la charge lundi pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau Ovale, en estimant que ce serait une "très bonne idée".

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump, confronté à un obstacle de politique étrangère, lance ainsi une suggestion surprenante ou menaçante d'annexion d'un territoire étranger.

Depuis son retour au pouvoir, il a menacé de faire du Canada le "51e" Etat américain, de s'emparer du Groenland et même évoqué une prise de contrôle de la bande de Gaza, sans passer à l'acte.

Sa suggestion concernant Ormuz intervient alors qu'une issue pacifique au conflit entre l'Iran et les Etats-Unis semble plus lointaine que jamais.

Il y a soixante jours, les deux belligérants avaient signé à grand bruit un protocole d'accord censé déboucher sur un règlement durable, mais qui n'a rien donné.

Washington et Téhéran posent des conditions a priori irréconciliables à la réouverture du détroit, passage névralgique pour le commerce mondial de pétrole.


Iran: le détroit d'Ormuz restera fermé tant que Washington n'aura pas satisfait les exigences de Téhéran

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
Short Url
  • Téhéran maintient la fermeture du détroit jusqu’au respect des engagements américains
  • Les négociations avancent, mais la méfiance et les tensions restent fortes

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, restera fermé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord de juin, a annoncé mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le détroit d'Ormuz "ne sera pas ouvert tant que les engagements américains stipulés dans le protocole d'accord (...) ne seront pas mis en oeuvre", a déclaré M. Ghalibaf, également chef du Parlement, dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Il a cité parmi ces conditions "la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l'embargo pétrolier" contre Téhéran, ainsi que "la fin des opérations militaires sur tous les fronts".

Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit, voie de transit majeur des hydrocarbures, faisant s'envoler les cours du pétrole.

Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats après avoir brièvement permis une réouverture du détroit.

Si les hostilités ont récemment baissé en intensité, les efforts diplomatiques menés par les médiateurs marquent le pas.

L'émissaire américain et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a toutefois qualifié lundi de "très positives et animées" les tractations dans le but de conclure un accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

S'il a admis sur Fox News qu'il n'y avait pas "beaucoup de confiance" entre les deux parties, il a précisé qu'elles "s'impliquaient très sérieusement".

"Le président Trump va se montrer très patient, il n'aime pas se précipiter pour conclure un accord. Il conclura le bon accord quand celui-ci sera prêt", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, l'Iran et Oman mènent depuis plusieurs semaines des discussions pour trouver un accord sur le passage des navires dans le détroit d'Ormuz, situé entre leurs côtes, dont Téhéran revendique le contrôle.

"Si Oman se met en travers de notre chemin, on va leur bombarder la gueule", a déclaré lundi l'imprévisible  président américain, interrogé sur ces discussions par le journaliste de Fox News Trey Yingst.