New York: scrutin incertain pour désigner le prochain maire, l'ex-policier Adams favori

Le candidat Eric Adams prend des photos avec un partisan lors d'un rassemblement le 21 juin 2021 (AFP)
Le candidat Eric Adams prend des photos avec un partisan lors d'un rassemblement le 21 juin 2021 (AFP)
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Publié le Mardi 22 juin 2021

New York: scrutin incertain pour désigner le prochain maire, l'ex-policier Adams favori

  • Né et élevé à New York, Adams est un self-made man, policier durant 22 ans qui a oeuvré contre les discriminations qui minaient la police de New York
  • Dans un pays historiquement dominé par deux partis, le vote préférentiel «ouvre le système politique d'une manière favorable à la démocratie»

NEW YORK: C'est un scrutin historiquement incertain qui s'annonce mardi lors de la primaire municipale démocrate à New York, d'où sortira le prochain maire, l'ancien policier Eric Adams tenant la corde dans une ville préoccupée par l'insécurité.

Avec 86% de démocrates parmi les New-Yorkais affiliés à un parti, le vainqueur de la primaire de mardi est quasiment assuré de l'emporter le 2 novembre, jour de l'élection générale, et succéder à Bill de Blasio, en poste depuis 2014 et extrêmement impopulaire.

Après 16 mois de pandémie qui ont fragilisé l'économie de la ville, il appartiendra au nouvel édile de relancer New York, qui s'interroge sur son avenir.

Incarnation d'un renouveau, l'entrepreneur Andrew Yang a longtemps fait la course en tête, avant d'être devancé par l'ancien policier Eric Adams, 60 ans, aujourd'hui président du quartier de Brooklyn et Afro-Américain.

"Les New-Yorkais sont préoccupés par la délinquance", relève Doug Muzzio, professeur à l'université Baruch, "et s'ils votent en fonction de leur perception, Adams est avantagé."

Même si les chiffres restent à des niveaux historiquement bas, les fusillades sont en hausse de 73% depuis le début de l'année, et une série d'incidents dans le métro a récemment fait monter la pression, avec l'appui des chaînes locales et des tabloïds.

Né et élevé à New York, Eric Adams est un self-made man, policier durant 22 ans qui a oeuvré, durant sa carrière de représentant de l'ordre, contre les discriminations qui minaient la police de New York.

Derrière le sexagénaire (28% des intentions de vote dans un sondage Ipsos publié lundi), Andrew Yang (20%) reste en embuscade, de même que l'ancienne responsable municipale de la propreté Kathryn Garcia (15%), qui fait figure de synthèse entre l'aile modérée et la branche progressiste du parti.

Une élection «unique»

Mais rien n'est joué, car New York a adopté cette année, pour ses primaires seulement, le vote dit préférentiel ("ranked-choice"), qui permet de faire figurer jusqu'à cinq noms sur un même bulletin, classés par ordre de préférence.

Lors du comptage, le candidat le moins bien classé sur le total des bulletins est éliminé et le deuxième choix des électeurs qui l'avaient placé en premier est désormais comptabilisé. La mécanique se répète ensuite jusqu'à ce qu'un candidat atteigne 50% des suffrages.

Ce système par élimination, ajouté aux délais déjà traditionnellement significatifs à New York pour le dépouillement des bulletins par correspondance, pourrait repousser à mi-juillet l'annonce du lauréat de la primaire.

Dans un pays historiquement dominé par deux partis, le vote préférentiel "ouvre le système politique d'une manière favorable à la démocratie", considère John Krinsky, professeur de sciences politiques au City College de New York.

L'incertitude sur le taux de participation, traditionnellement très faible (14% des démocrates avaient voté lors de la dernière primaire de 2017) complique encore davantage l'équation.

L'absence de candidat à plus de 30% dans les sondages et le lancement de cette nouvelle méthode de scrutin rendent cette primaire "unique" dans l"histoire de la ville", selon Doug Muzzio.

Encore loin dans les sondages il y a quelques semaines seulement, la candidate progressiste Maya Wiley, avocate noire soutenue par l'élue star au Congrès Alexandria Ocasio-Cortez, talonne désormais Kathryn Garcia (13% contre 15) et reste en course.

Après le virage à gauche des législatives locales de 2018 et les avancées de 2020, le courant plus radical, plus jeune et plus mélangé que représente "AOC" espère encore une victoire.

"Je ne pense pas que les progressistes ont l'approche adéquate pour des élections à l'échelle d'une ville ou d'un Etat", explique John Krinsky.

Ils ne peuvent pas compter, notamment, sur le soutien massif des syndicats, très influents à New York et qui se sont majoritairement ralliés à Eric Adams, dit-il, en partie pour miser sur le favori.

La préoccupation actuelle de nombre de New-Yorkais quant à l'insécurité supposée pourrait aussi jouer contre Maya Wiley, qui a proposé de couper une partie du budget de la police, comme l'ont réclamé nombre d'activistes du mouvement né après la mort de George Floyd.

 

 


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.

 

 


Trump se moque du couple Macron lors d'un déjeuner

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  • "Macron, que sa femme traite extrêmement mal,… il se remet encore du coup de poing qu'il a pris à la mâchoire"
  • Il faisait vraisemblablement référence à une vidéo virale, tournée en mai 2025 en Indonésie, montrant Brigitte Macron porter les deux mains au visage de son mari dans ce qui pouvait ressembler à un petit coup

WASHINGTON: Donald Trump s'en est pris mercredi à Emmanuel et Brigitte Macron lors d'un déjeuner, faisant suite à une série de remontrances contre les dirigeants de pays de l'Otan à qui il reproche de ne pas prendre part à la guerre contre l'Iran.

"Macron, que sa femme traite extrêmement mal,… il se remet encore du coup de poing qu'il a pris à la mâchoire", a déclaré le président américain dans une vidéo postée brièvement sur la chaîne YouTube de la Maison Blanche qui en a ensuite fermé l'accès.

Il faisait vraisemblablement référence à une vidéo virale, tournée en mai 2025 en Indonésie, montrant Brigitte Macron porter les deux mains au visage de son mari dans ce qui pouvait ressembler à un petit coup.

Ces images avaient été largement exploitées sur les réseaux sociaux par des comptes hostiles au président français. Emmanuel Macron avait démenti toute "scène de ménage" et affirmé que cette petite chamaillerie n'était qu'un "moment de complicité".

La classe politique française s'est indignée jeudi matin de cette nouvelle déclaration irrespectueuse de Donald Trump.

"Franchement, c'est pas au niveau (...) On est en train de parler de l'avenir du monde, en ce moment en Iran, ça a des conséquences sur la vie de millions de personnes, des gens meurent sur les théâtres d'opérations et on a un président (américain) qui rigole, qui se moque des autres", a réagi la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet sur franceinfo.

"Vous connaissez l'ampleur de mes désaccords avec le président de la République, mais que Donald Trump se permette de lui parler comme ça et de parler comme ça de son épouse, je trouve ça absolument inacceptable", a réagi le coordinateur de la France insoumise (gauche radicale), Manuel Bompard, sur BFMTV.

M. Trump a aussi affirmé avoir demandé au chef de l'État français un soutien militaire dans le Golfe: "J'ai dit: +Emmanuel, on aimerait bien avoir un peu d'aide dans le Golfe, même si on bat tous les records en matière d'élimination des méchants et de destruction de missiles balistiques+".

Puis, imitant son homologue avec un accent français: "+Non, non, non… on ne peut pas faire ça, Donald. On pourra le faire une fois la guerre gagnée+".