A Paris, des étoiles de l'Opéra dansent au chevet des enfants malades

«On va faire une promenade, une arabesque et hop, un porté poisson», explique le danseur Hugo Marchand en exécutant ces pas avec sa partenaire Dorothée Gilbert . (Photo, AFP)
«On va faire une promenade, une arabesque et hop, un porté poisson», explique le danseur Hugo Marchand en exécutant ces pas avec sa partenaire Dorothée Gilbert . (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 22 juin 2021

A Paris, des étoiles de l'Opéra dansent au chevet des enfants malades

  • Une association basée en Suisse et en France, «The What Dance Can Do Project» oeuvre pour faire entrer la danse dans la vie des enfants, en particulier ceux qui connaissent la pauvreté, l'exil et la maladie
  • «On voit le bienfait sur certains patients après le passage d'intervenants extérieurs; on les voit sourire alors qu'ils ne souriaient plus»

PARIS: Dans une salle de réanimation de l'hôpital parisien Necker-Enfants malades d'où s'échappe le bip du moniteur, une image insolite: un garçon intubé regarde intensément deux étoiles de l'Opéra en costume chatoyant esquisser devant lui des pas de danse.

"On va faire une promenade, une arabesque et hop, un porté poisson", explique le danseur Hugo Marchand en exécutant ces pas avec sa partenaire Dorothée Gilbert. "On venait juste te faire un petit coucou et on t'embrasse": l'enfant leur répond avec un petit salut de la main. 

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Pour les danseurs, l'expérience apporte le sentiment d'être «utiles» à la société, explique Hugo. (Photo, AFP)

Dans une autre salle de l'hôpital, c'est un bébé qui regarde, les yeux ronds, le costume de Dorothée Gilbert voltiger au rythme d'une pirouette. 

Derrière cette initiative, une association basée en Suisse et en France, "The What Dance Can Do Project" qui, depuis sa création en 2018, oeuvre pour faire entrer la danse dans la vie des enfants, en particulier ceux qui connaissent la pauvreté, l'exil et la maladie. 

Un peu de légèreté

Son champ d'action ne cesse d'élargir, d'un orphelinat au Maroc à une école de danse à Wellington en Nouvelle-Zélande, en passant par des hôpitaux à Zurich ou à Paris. A Necker, des danseurs de l'Opéra devenus "ambassadeurs" de l'association apportent un rayon de soleil à des enfants souffrant de défaillance de leurs fonctions vitales.

"Tout à coup, on voit que ça les sort de leur quotidien compliqué. Ce qui m'émeut le plus, c'est parvenir à apporter un peu de légèreté", déclare à l'AFP Hugo Marchand. "J'ai toujours l'espoir que ces enfants s'endorment le soir (en faisant) un rêve de danse".

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Les interventions ne se limitent au ballet, mais touchent aussi au contemporain et au hip hop, voire la chorégraphie, comme pour un projet lancé avant le Covid avec de jeunes exilés à Paris. (Photo, AFP)

"Dans leur regard, on a l'impression de voir des étincelles, de curiosité, d'admiration peut-être, ou juste +mais qu'est ce qu'ils fabriquent ces deux là?+", rit Dorothée Gilbert, qui veut "faire oublier à ces enfants ne serait-ce qu'une minute qu'ils sont dans un hôpital, les faire voyager".

De son lit, Maély, 15 ans, sourit en observant Hugo Marchand sauter dans le couloir. "On est comme de grandes grenouilles", plaisante-t-il.

"Il n'y a pas de langage dans le ballet?", demande-t-elle. Les danseurs lui montrent alors des exemples de pantomime. "Je suis la reine des cygnes", dit Dorothée Gilbert, sa main droite représentant une couronne au-dessus de sa tête.

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De son lit, Maély, 15 ans, sourit en observant Hugo Marchand sauter dans le couloir. "On est comme de grandes grenouilles", plaisante-t-il.
(Photo, AFP)

De salle en salle, les étoiles, un rien émues, vêtues de costumes verts et dorés d'un grand ballet académique, "La Bayadère", et de masques chirurgicaux, plaisantent avec les soignants et expliquent leur métier. "C'est comme Jasmine et Aladdin. Et dans le deuxième acte, je me marie et j'arrive sur un énorme éléphant, tu t'imagines?", lance Hugo à un petit garçon amusé.

Parfois, ce sont les jeunes qui surprennent les danseurs. "Et (vous dansez) la Reine des Neiges?", demande Patricia, 16 ans, alors qu'ils lui énuméraient des noms de classiques du ballet.

"On voit le bienfait sur certains patients après le passage d'intervenants extérieurs; on les voit sourire alors qu'ils ne souriaient plus", affirme à l'AFP Fabrice Lesage, responsable du service de réanimation. "Ca leur donne de l'énergie pour aller mieux".

«Nations unies de la danse»

Pour les danseurs, l'expérience apporte le sentiment d'être "utiles" à la société, explique Hugo, qui une fois a fait venir de jeunes exilés au Palais Garnier pour un cours de danse avec une autre étoile "ambassadrice", Léonore Baulac.

Convaincue que la danse permet de favoriser l'émancipation, Aurélia Sellier, l'initiatrice du projet, s'était inspirée lors d'un déplacement dans un township en Afrique du Sud du danseur et chorégraphe Theo Ndindwa, qui milite pour la danse comme vecteur de changement social.

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Pour les danseurs, l'expérience apporte le sentiment d'être «utiles» à la société, explique Hugo. (Photo, AFP)

Avec une trentaine de bénévoles et du financement participatif, l'association collabore avec des professeurs de danse locaux, comme à Tunis ou à Kibéra (Kenya), où les enfants "ont très conscience d'être exclus du reste de la société et qui s'affirment par la posture de la danse", notamment classique, indique Mme Sellier.

Les interventions ne se limitent au ballet, mais touchent aussi au contemporain et au hip hop, voire la chorégraphie, comme pour un projet lancé avant le Covid avec de jeunes exilés à Paris.

"Notre but dans cinq, dix ans, est d'avoir une fédération internationale avec des associations locales....une sorte de Nations-Unies de la danse", sourit Mme Sellier.


L'Elysée a proposé un hommage pour Bardot, la famille n'a pas donné suite

 L'Elysée a proposé à la famille de Brigitte Bardot d'organiser un hommage pour l'icône du cinéma français décédée dimanche mais ses proches n'ont pas donné suite, a indiqué mardi un proche d'Emmanuel Macron. (AFP)
L'Elysée a proposé à la famille de Brigitte Bardot d'organiser un hommage pour l'icône du cinéma français décédée dimanche mais ses proches n'ont pas donné suite, a indiqué mardi un proche d'Emmanuel Macron. (AFP)
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  • Eric Ciotti, président de l'UDR, allié au Rassemblement national dont était proche Brigitte Bardot, a demandé lundi à Emmanuel Macron d'organiser un hommage national, à l'image de celui rendu en 2017 au chanteur Johnny Hallyday
  • Le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, tout en saluant "une actrice iconique", a en revanche estimé que les hommages nationaux étaient rendus pour "services exceptionnels à la Nation" et que l'artiste avait "tourné le dos aux valeurs républicaines"

PARIS: L'Elysée a proposé à la famille de Brigitte Bardot d'organiser un hommage pour l'icône du cinéma français décédée dimanche mais ses proches n'ont pas donné suite, a indiqué mardi un proche d'Emmanuel Macron à l'AFP.

"Il y a eu un échange avec la famille avec proposition qu’un hommage ait lieu sans que la famille ne donne suite", a déclaré ce proche, en rappelant qu'une telle démarche correspond à un "usage républicain" et que les hommages sont "systématiquement décidés d'un commun accord avec les proches du défunt".

Eric Ciotti, président de l'UDR, allié au Rassemblement national dont était proche Brigitte Bardot, a demandé lundi à Emmanuel Macron d'organiser un hommage national, à l'image de celui rendu en 2017 au chanteur Johnny Hallyday.

Le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, tout en saluant "une actrice iconique", a en revanche estimé que les hommages nationaux étaient rendus pour "services exceptionnels à la Nation" et que l'artiste avait "tourné le dos aux valeurs républicaines".

Emmanuel Macron ne se rendra pas aux obsèques, qui se tiendront dans l’intimité le 7 janvier à Saint-Tropez, a également indiqué le proche du président.

En 2023, l'actrice avait adressé une lettre incendiaire au chef de l'Etat, lui reprochant son manque d'action contre la souffrance animale. "Je suis en colère face à votre inaction, votre lâcheté, votre mépris des Français, qui vous le rendent bien il est vrai", avait-elle notamment écrit.

Après une cérémonie à l'église retransmise sur grands écrans, l'inhumation privée de l'actrice et chanteuse au cimetière marin sera suivie d'"un hommage ouvert à tous les Tropéziens et à ses admirateurs", a précisé la Fondation de Brigitte Bardot, dédiée à la protection des animaux.

"À ce moment-là, tout le monde l'évoquera et partagera ses plus beaux souvenirs avec elle. Ce sera un grand moment de communion, simple, à son image", a précisé mardi la maire de Saint-Tropez, Sylvie Siri, dans une inteview au quotidien local Var-Matin.

"Mon rôle, c'est de lui organiser des obsèques dignes. Il faut tout mettre en œuvre pour que les Tropéziens et les admirateurs puissent se recueillir", a ajouté l'édile.

Interrogée sur le souhait exprimé il y a quelques années par Brigitte Bardot d’être enterrée à la Madrague, sa propriété en bord de mer, Sylvie Siri a affirmé avoir "respecté ses dernières volontés". "Seule la défunte avait décidé de son lieu d’enterrement", a souligné l'élue.

 


Agriculteurs: nouveaux rassemblements, bénédiction de tracteurs dans le Nord

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi en soutien aux agriculteurs à Cambrai (Nord), où l'archevêque a béni des tracteurs, tandis que des blocages se poursuivent en Occitanie pour protester contre de la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). (AFP)
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi en soutien aux agriculteurs à Cambrai (Nord), où l'archevêque a béni des tracteurs, tandis que des blocages se poursuivent en Occitanie pour protester contre de la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). (AFP)
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  • Les tracteurs ont ensuite quitté Cambrai à la nuit tombante, pour se rendre sur deux ronds points et les bloquer
  • Dans le Pas-de-Calais, quelques dizaines d'agriculteurs prévoient de bloquer à partir de lundi soir une base logistique de Leclerc près d'Arras, en réaction aux propos de Michel-Édouard Leclerc appelant à "promulguer le Mercosur

CAMBRAI: Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi en soutien aux agriculteurs à Cambrai (Nord), où l'archevêque a béni des tracteurs, tandis que des blocages se poursuivent en Occitanie pour protester contre de la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

Mgr Vincent Dollmann et plusieurs prêtres ont célébré une messe sur un autel de paille en périphérie de Cambrai, en soutien aux agriculteurs "qui font face à des épreuves".

Il a salué la "dignité" des agriculteurs qui manifestent depuis plusieurs semaines contre l'accord de libre échange du Mercosur ou contre l'abattage systématique de troupeaux de bovins touchés par la DNC.

Une petite centaine de tracteurs ont été mobilisés, arborant des panneaux comme "Mercosur = mort de l'agriculture".

Jean Camier, 24 ans, jeune agriculteur d'Hermies qui doit reprendre l'exploitation familiale d'engraissement de bovins d'ici deux ans, se réjouit d'avoir fait bénir son tracteur et participé à la célébration qui selon lui "montre que tout le monde est avec [eux]".

Si les Hauts-de-France ne sont pas touchés par la DNC, il se dit "de tout cœur" avec les agriculteurs des régions concernées, soulignant avoir "un peu peur que la maladie remonte" vers le nord.

Les tracteurs ont ensuite quitté Cambrai à la nuit tombante, pour se rendre sur deux ronds points et les bloquer.

Dans le Pas-de-Calais, quelques dizaines d'agriculteurs prévoient de bloquer à partir de lundi soir une base logistique de Leclerc près d'Arras, en réaction aux propos de Michel-Édouard Leclerc appelant à "promulguer le Mercosur", a expliqué à l'AFP Louis Lacheré, des Jeunes Agriculteurs.

En Occitanie, plusieurs barrages emblématiques, à Carbonne Haute-Garonne) sur l'A64, Sévérac (Aveyron) ou Le Buisson (Lozère) sur l'A75, tiennent toujours, tandis que d'autres agriculteurs se remobilisent.

Ainsi, à Foix, une douzaine de tracteurs bloquaient depuis lundi midi l'entrée sud du tunnel de contournement de la ville et commençaient à installer un campement, a constaté un correspondant de l'AFP.

"On veut montrer à l’État qu'on est toujours autant mobilisés", a déclaré sur place Sébastien Durand, président de la Coordination rurale (CR) en Ariège. "Il n'y a pas de Noël, il n'y a pas de Premier de l'An; on sera là".

Depuis le début de l'épidémie de DNC en Savoie cet été, l'État tente de contenir la propagation par un abattage systématique des troupeaux touchés, la vaccination et les restrictions de mouvements.

Cette gestion fortement contestée par certains agriculteurs, notamment de la CR (deuxième syndicat agricole, classé à droite, voire à l’extrême droite) et de la Confédération paysanne (troisième, classé à gauche).

 


Colère agricole en France: Macron reçoit les syndicats, des blocages persistent

Des tracteurs lors d'une manifestation organisée par le syndicat agricole Coordination Rurale près du Mont-Saint-Michel, dans le nord-ouest de la France, le 18 décembre 2025. (AFP)
Des tracteurs lors d'une manifestation organisée par le syndicat agricole Coordination Rurale près du Mont-Saint-Michel, dans le nord-ouest de la France, le 18 décembre 2025. (AFP)
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  • Emmanuel Macron a reçu les syndicats agricoles, opposés à l’accord UE-Mercosur, dans un contexte de forte colère liée aux crises sanitaires, notamment la dermatose bovine
  • Les blocages routiers se poursuivent dans le Sud-Ouest, alors que de nouveaux cas de la maladie sont confirmés et que la mobilisation agricole se prolonge

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a reçu mardi les syndicats agricoles pour parler de l'accord UE-Mercosur, auquel ils sont opposés, tandis que des axes routiers sont toujours bloqués pour protester contre le traitement par les autorités de l'épizootie de dermatose bovine.

"L'objet du rendez-vous, c'était d'essayer d'éteindre un peu le feu qui est partout dans les campagnes", a souligné Stéphane Galais, porte-parole national de la Confédération paysanne - un syndicat classé à gauche -, à la sortie de la rencontre, ajoutant qu'il fallait pour cela "des mesures structurelles fortes".

Les syndicats disent avoir par ailleurs rappelé au chef de l'Etat "l'extrême tension" et la "colère" du monde agricole et que des réponses étaient attendues "dès les premiers jours de janvier" sur le Mercosur mais aussi sur les crises sanitaires, au premier rang desquelles la dermatose bovine et la grippe aviaire.

C'était la première rencontre entre le chef de l'Etat et les syndicats agricoles depuis début décembre et l'amorce de la crise qui secoue l'élevage français, face à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

C'était aussi la première depuis l'annonce, jeudi dernier, du report a priori au 12 janvier de la signature du traité décrié entre l'UE et des pays du Mercosur.

Cet accord faciliterait l'entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui inquiète les filières concernées, lesquelles affirment que ces produits ne respectent pas les mêmes normes que les produits européens.

L'accord permettrait en revanche aux Européens d'exporter davantage de véhicules, machines, vins et spiritueux en Amérique du Sud.

Sur le terrain, la mobilisation a connu un léger regain mardi (53 actions mobilisant 1.600 personnes, selon le ministère de l'Intérieur) par rapport à lundi (35 actions mobilisant 1.200 personnes), mais elle reste nettement inférieure à celle de la semaine dernière (110 actions jeudi).

Certains agriculteurs sont mobilisés depuis plus de 10 jours, notamment contre l'abattage total des troupeaux dans lesquels des cas de DNC sont détectés dans le Sud-Ouest.

Mardi, le ministère de l'Agriculture a confirmé un nouveau cas de la maladie en Haute-Garonne, portant le bilan total à 115 foyers enregistrés depuis juin en France. Ce dernier troupeau concerné a été abattu.

Dans le Sud-Ouest, des blocages d'autoroute étaient notamment maintenus sur l'A63 près de Bordeaux ou sur l'A64 au sud de Toulouse ou près de Bayonne.

Au sud de Bordeaux, les manifestants de la branche locale du syndicat Coordination rurale - classé à droite - ont dit vouloir organiser un réveillon et une messe de Noël mercredi soir sur leur barrage, à l'instar des agriculteurs mobilisés près de Toulouse.