Régionales: attaqués, les Insoumis se défendent d'être des «ennemis de la République»

Des «tweets d'affirmation politique contre l'infamie» et «la violence sectaire», a salué Jean-Luc Mélenchon. (Photo, AFP)
Des «tweets d'affirmation politique contre l'infamie» et «la violence sectaire», a salué Jean-Luc Mélenchon. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 25 juin 2021

Régionales: attaqués, les Insoumis se défendent d'être des «ennemis de la République»

  • De nombreux militants, émus de ces attaques, ont répliqué sur les réseaux sociaux en s'adressant à leurs détracteurs sous le hashtag #ennemidelaRépublique
  • Certains anonymes. D'autres connus, comme la chanteuse Juliette: «J'ai voté et revoterai #LFI. En quoi suis-je une #ennemiedelarepublique ?», a-t-elle demandé

PARIS : A l'approche du second tour des régionales et de leur possible entrée dans l'exécutif de certaines régions, la France insoumise est la cible d'attaques et d'appels à un "front républicain". Exaspérés, les Insoumis se défendent d'être des "ennemis de la République".

C'est en Ile-de-France que le tir de barrage est le plus fort, depuis la fusion des trois listes de gauche, celles de Julien Bayou (EELV), Audrey Pulvar(PS) et Clémentine Autain (LFI), pour tenter de battre Valérie Pécresse, présidente de droite sortante, en tête à l'issue du premier tour.

Celle-ci, renvoyant dos à dos l'extrême droite et l'extrême gauche, a sorti le bazooka contre une gauche "sectaire", "décroissante" ou encore "indigéniste et racialiste", appelant à un choix de société: "est-ce que vous voulez la République, ou est-ce que vous votez contre la République?". 

Dès les résultats du premier tour, le président des Républicains Christian Jacob avait demandé "le retrait des listes de la majorité présidentielle" pour éviter "un risque de gouvernance avec l'extrême gauche", dans certaines régions, comme les Pays-de-Loire ou le Centre-Val-de-Loire.

En Pays-de-Loire, l'écologiste Matthieu Orphelin, allié dès le premier tour avec LFI, et qui pourrait l'emporter dimanche avec le PS, a vu les attaques de la droite "s'intensifier" depuis dimanche. Le maire LR de La Baule Franck Louvrier a même appelé à un "Front républicain contre l'extrême gauche", stratégie jusque-là réservée face au Rassemblement national de Marine Le Pen. 

"Leur seul axe de campagne c'est Matthieu Orphelin le mélenchoniste… Ca fait rigoler tout le monde", a expliqué Matthieu Orphelin, dénonçant "une caricature".

Mais les coups sont venus aussi d'une partie de la gauche, où plusieurs personnalités ont annoncé qu'elles voteraient pour Valérie Pécresse en Ile-de-France, plutôt que pour l'union avec La France insoumise. 

C'est le cas de l'ancien Premier ministre socialiste Manuel Valls, pour qui "l’alliance avec le parti de Jean-Luc Mélenchon est une faute politique et morale".

Jean-Paul Huchon, ex-président socialiste de l'Île-de-France (1998-2015) a lui aussi averti qu'il voterait "sans hésitation Valérie Pécresse", pour contrer une "alliance baroque", provoquant l'irritation de Clémentine Autain, qui a fustigé une "déchéance". 

D'autres socialistes ont aussi critiqué le chef des Insoumis Jean-Luc Mélenchon et ses déclarations qui crispent souvent une partie de la gauche, comme celles liant récemment terrorisme et élection présidentielle. 

«Ras-le-bol»

La présidente sortante de la région Occitanie Carole Delga a assuré que son projet n'était "pas compatible avec les propos de Jean-Luc Mélenchon", l'ex-ministre Laurence Rossignol a appelé La France insoumise à "se débarrasser" de son leader, et la maire de Paris, Anne Hidalgo, a affirmé qu'elle ne ferait "jamais alliance(...) avec les Insoumis" aux municipales, tout en soutenant néanmoins l'union de la gauche en Île-de-France.

Le patron du PS Olivier Faure a tenté de calmer le jeu, en regrettant une "dédiabolisation des idées de l'extrême droite et une diabolisation de l'écologie", se disant "du côté de la République".

Lionel Jospin et Ségolène Royal ont également fait part de leur soutien à la liste d'union en Ile-de-France, et Jérôme Guedj, élu socialiste sur cette liste, a prévenu: "on veut m'inventer des adversaires à gauche, irréconciliables? Je le refuse". 

Mais chez les Insoumis l'heure est à l'exaspération: "Ras-le-bol de nous faire traiter d'#EnnemiDeLaRepublique par ceux qui ont aggravé les inégalités, cassé nos services publics, bafoué la souveraineté populaire, dévoyé la laïcité... La République, c’est nous !", a tweeté le numéro deux de LFI Adrien Quatennens, tandis que le député Alexis Corbière a regretté que des "gens font la tournée des médias à l'heure actuelle pour nous insulter".

De nombreux militants, émus de ces attaques, ont répliqué sur les réseaux sociaux en s'adressant à leurs détracteurs sous le hashtag #ennemidelaRépublique.

Certains anonymes. D'autres connus, comme la chanteuse Juliette: "J'ai voté et revoterai #LFI. En quoi suis-je une #ennemiedelarepublique ?", a-t-elle demandé.

Des "tweets d'affirmation politique contre l'infamie" et "la violence sectaire", a salué Jean-Luc Mélenchon.


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
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  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.

 

 

 


Une Française rapatriée du MV Hondius positive à l'hantavirus, 22 cas contacts en France

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
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  • "Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist
  • Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg

PARIS: Une passagère française, rapatriée du bateau de croisière MV Hondius, a été testée positive à l'hantavirus, a annoncé lundi la ministre de la Santé Stéphanie Rist, faisant également état de 22 cas contacts identifiés en France.

Parmi les croisiéristes déjà évacués, un Américain et cette Française ont été testés positifs à l'hantavirus, contre lequel n'existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir pour les Pays-Bas lundi, a suscité l'inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si à ce stade l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne recense que six cas confirmés d'hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare.

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter.

Les cinq passagers "sont hospitalisés dans des chambres avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination", "ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu'à nouvel ordre", au minimum 15 jours, a-t-elle ajouté.

Concernant les cas contacts, elle a confirmé qu'une vingtaine de Français avaient été identifiés : huit parmi les passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg, qui "ont été mis à l'isolement rapidement", et 14 à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam.

"Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist.

Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg. Elle était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé à son bord.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu "tiendra une nouvelle réunion" lundi après-midi "pour suivre au plus près l'évolution de la situation" sur le virus hantavirus, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a-t-elle ajouté sur BFMTV.

Elle a appelé à "ne pas créer de panique", "nous n'en sommes absolument pas à avoir ces discussions-là" comme lors de l'épidémie de Covid-19.

La variante du virus détectée à bord du navire MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines.