Devant des milliers de partisans, Trump lance la bataille pour les élections de mi-mandat

«Qui diable sait ce qu'il va se passer en 2024, on n'aura même plus de pays!», s'est-il exclamé. (Photo, AFP)
«Qui diable sait ce qu'il va se passer en 2024, on n'aura même plus de pays!», s'est-il exclamé. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 27 juin 2021

Devant des milliers de partisans, Trump lance la bataille pour les élections de mi-mandat

  • Malgré un silence forcé sur les grands réseaux sociaux Twitter et Facebook, Donald Trump reste très influent chez les républicains
  • Dès mercredi, il se rendra au Texas pour visiter la zone frontalière avec le Mexique et revenir sur l'immigration clandestine

WELLINGTON: Donald Trump a officiellement lancé samedi la campagne des élections américaines de mi-mandat, en retrouvant dans l'Ohio l'ambiance des meetings qu'il affectionne, avec un œil déjà fixé sur 2024. 

Célèbre pour ses meetings en plein air à l'atmosphère survoltée, le tribun a renoué, pour la première fois depuis qu'il a quitté la Maison Blanche il y a cinq mois, avec tous les codes de ces rendez-vous lors d'un discours énergique d'une heure et demie.

Il s'agissait du "tout premier meeting de l'élection de 2022", a-t-il souligné en introduction, l'événement ayant été organisé en soutien d'un candidat républicain au Congrès. "Nous allons reprendre la Chambre (des représentants), nous allons reprendre le Sénat", a-t-il martelé.

Sur le fond, l'ancien président a abordé tous ses thèmes de prédilection, en dressant le portrait d'une Amérique courant "à sa perte" sous son successeur Joe Biden, tout en répétant ses allégations d'élection "volée" par les démocrates en 2020.

"Nous avons gagné l'élection deux fois, et il est possible que nous devions la regagner une troisième fois", a-t-il déclaré, déclenchant les acclamations des milliers de partisans réunis pour sa venue à Wellington, près de la ville industrielle de Cleveland.

Le magnat de l'immobilier de 75 ans n'a toujours pas reconnu explicitement la victoire de son successeur. Il continue au contraire à crier à la fraude électorale, même si ses dizaines de plaintes ont été rejetées y compris par des juges qu'il avait nommés.

"Joe Biden est en train de détruire notre nation, juste sous nos yeux", a-t-il lancé. "Qui diable sait ce qu'il va se passer en 2024, on n'aura même plus de pays!", s'est-il exclamé. 

1
«Je suis venu ici pour soutenir Trump, pour qu'il se présente à la présidentielle». (Photo, AFP)

«Faux républicain»

Banni des réseaux sociaux après l'assaut meurtrier du Capitole, le 6 janvier, le tribun avait déjà prononcé deux grands discours publics depuis son départ de Washington.

Mais l'ambiance plus feutrée des salons conservateurs n'avait alors ressemblé en rien à l'atmosphère de ces meetings, où l'ancien président ne cesse d'interpeler un public surexcité et où s'enchaînent les tubes dans les hautparleurs. 

Ayant promis de jouer un grand rôle lors des élections-clés de mi-mandat ("midterms") de novembre 2022, il a confirmé sa stratégie visant à soutenir les candidats pro-Trump.

Le meeting de samedi soir était organisé pour soutenir un ancien conseiller de Donald Trump, Max Miller, qui se présente contre un républicain siégeant à la Chambre des représentants, Anthony Gonzalez.

Ce dernier, qui représente l'Ohio, fut l'un des dix républicains de la chambre basse, sur 211, à voter en faveur de la mise en accusation de Donald Trump lors de son procès en destitution pour "incitation à l'insurrection". 

Accusé d'avoir encouragé ses partisans à se lancer à l'assaut du Capitole, où les parlementaires étaient réunis pour certifier la victoire de Joe Biden, l'ex-président avait finalement été acquitté en février 2021 par le Sénat.

Depuis, le tempétueux new-yorkais a juré de tout faire pour que ses rares accusateurs républicains ne soient pas réélus. 

"Anthony Gonzales est un faux républicain et une disgrâce pour votre État", a dit samedi Donald Trump, en louant au contraire les talents de Max Miller. "Max sera dur sur l'immigration (...) il protégera les emplois de l'Ohio tout comme je l'ai fait."

Très influent

Certains supporteurs avaient campé depuis plusieurs jours sur place pour être certains de voir le milliardaire. Et l'on pouvait apercevoir dans la foule des T-shirts "Trump 2024", destinés à motiver l'ancien président, qui laisse planer la perspective d'une nouvelle candidature présidentielle.

"Je suis venu ici pour soutenir Trump, pour qu'il se présente à la présidentielle" en 2024, a expliqué Philip Mesi, 52 ans, qui patientait peu avant le début de l'événement dans la chaleur de l'été. "Biden est horrible, il ne fait pas du bon travail", tandis que "Trump avait créé des emplois", a-t-il estimé.

Joe Biden "est le pire président qu'il soit", a pour sa part jugé Laura Benas, 57 ans, qui comme beaucoup sur place ne croit pas en la défaite du républicain en 2020, et parle d'une "corruption très profonde dans le gouvernement américain".

Malgré un silence forcé sur les grands réseaux sociaux Twitter et Facebook, Donald Trump reste très influent chez les républicains. 

Et il compte bien renforcer sa présence publique dans les prochains mois. 

Dès mercredi, il se rendra au Texas pour visiter la zone frontalière avec le Mexique et revenir sur l'immigration clandestine, l'un des sujets centraux de sa présidence. Puis le 3 juillet, il organisera un autre grand meeting à Sarasota, en Floride.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Short Url
  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Short Url
  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Short Url
  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.