Euro: France et Croatie éliminées au bout de la folie, Suisse-Espagne en quarts

Et après une prolongation crispante, où les Bleus ont eu plusieurs balles de match, la loterie des tirs au but a souri aux Suisses et à Sommer. (Photo, AFP)
Et après une prolongation crispante, où les Bleus ont eu plusieurs balles de match, la loterie des tirs au but a souri aux Suisses et à Sommer. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 29 juin 2021

Euro: France et Croatie éliminées au bout de la folie, Suisse-Espagne en quarts

  • Les deux huitièmes de finale prévus au programme de lundi soir ont été tout aussi échevelés l'un que l'autre
  • Pour les Bleus la déception est immense: alors qu'ils rêvaient de reproduire le doublé Mondial-Euro réussi entre 1998 et 2000, les hommes de Didier Deschamps ont chuté dès le premier match à élimination directe

BUCAREST : La France s'effondre en huitièmes! L'Euro a basculé lundi dans l'irrationnel avec l'élimination des champions du monde aux tirs au but (3-3 a.p., 5-4 t.a.b.) contre la Suisse, qui défiera en quarts l'Espagne, victorieuse des vice-champions du monde croates après un scénario fou (5-3 a.p.).

Incroyable, invraisemblable, irrespirable... Les deux huitièmes de finale prévus au programme de lundi soir ont été tout aussi échevelés l'un que l'autre, avec des champions du monde français poussés dans leurs retranchements jusqu'au bout de la nuit et finalement sortis sur un dernier tir au but de l'infortuné Kylian Mbappé stoppé par le gardien helvète Yann Sommer.

"C'est le football, c'est comme ça qu'on l'aime et qu'il nous fait mal, et ce soir c'est très douloureux", a commenté le capitaine français Hugo Lloris au micro de beIN Sports.

Décidément, cet Euro défie toute logique. Et après l'élimination surprise des Pays-Bas samedi puis l'éviction du Portugal de Cristiano Ronaldo, tenant du titre, dimanche, c'est un nouveau favori qui est passé à la trappe alors que les Bleus menaient 3-1 avant d'être rejoints à la 90e et de rater plusieurs balles de match en prolongation.

Alors, se succédant devant la tribune suisse de la National Arena de Bucarest, tous les tireurs ont marqué jusqu'au dernier, Mbappé, dont le tir a été détourné par Sommer. Le portier a exulté, courant comme un dératé: il venait de qualifier enfin les Suisses pour les quarts de finale après trois échecs consécutifs en huitièmes dans les compétitions majeures!

Pour les Bleus, en revanche, la déception est immense: alors qu'ils rêvaient de reproduire le doublé Mondial-Euro réussi entre 1998 et 2000, les hommes de Didier Deschamps ont chuté dès le premier match à élimination directe. Malgré leur titre de champions du monde, malgré leur attaque de rêve, et malgré leur sélectionneur porte-bonheur, dont c'est la pire performance depuis sa prise de fonctions en 2012. Pour l'heure, "DD" reste sous contrat jusqu'au Mondial-2022.

Deschamps, rendez-vous en septembre

Son avenir ? "Ce n'est pas la question", a évacué Deschamps au micro de beIN Sports, la voix éraillée après le match. "Quand ça se passe moins bien, c'est ma responsabilité. Mais je suis avec (les joueurs), ils sont avec moi. Il faudra le temps de digérer", a-t-il ajouté, donnant rendez-vous au prochain rassemblement des Bleus en septembre.

Lorsque l'émotion de cette folle soirée sera retombée, l'histoire retiendra que Deschamps s'est trompé dans ses choix initiaux et que l'attaquant Haris Seferovic a puni les Français (15e) en dominant Clément Lenglet, longtemps en perdition et remplacé à la pause.

Les Bleus se sont même retrouvés dans les cordes lorsque Benjamin Pavard a concédé un penalty. Mais le gardien Lloris s'est interposé, sonnant la révolte française (55e) concrétisée aussitôt par Benzema (57e, 59e) avant une frappe splendide de Paul Pogba (75e).

A 3-1, on croyait les Bleus qualifiés? On se trompait: réduction du score immédiate de Seferovic, auteur d'un doublé (81e), puis égalisation au bout du temps réglementaire de Mario Gavranovic (90e).

Et après une prolongation crispante, où les Bleus ont eu plusieurs balles de match, la loterie des tirs au but a souri aux Suisses et à Sommer.

«Soirée incroyable»

"C'était une soirée de football incroyable, nous avons fait preuve d'une grosse mentalité, de coeur. Remonter deux buts contre les champions du monde... Je suis incroyablement fier de cette équipe", a lancé le portier suisse.

Voilà la sélection helvétique lancée vers les quarts, où elle retrouvera l'Espagne, elle aussi poussée en prolongation par la Croatie avant d'arracher un succès tout aussi mémorable grâce à Alvaro Morata (100e), attaquant mal-aimé devenu sauveur, puis Mikel Oyarzabal (103e).

En attendant les deux derniers huitièmes de finale mardi, un Suède-Ukraine à Glasgow (21h00) et surtout un classique européen entre Allemagne et Angleterre à Londres (18h00), le tournoi est désormais grand ouvert. 

Les Espagnols, eux, sont de retour dans le top 8 d'une compétition majeure pour la première fois depuis leur incroyable triplé Euro-Mondial-Euro entre 2008 et 2012, après avoir triomphé de la Croatie et de son maître à jouer, Luka Modric, Ballon d'Or 2018.

Peut-être le signe d'une montée en puissance pour la "Roja" de Luis Enrique, poussive en début de tournoi mais désormais décomplexée avant le quart de finale contre la Suisse, maintenu à Saint-Pétersbourg malgré la flambée des cas de Covid-19 en Russie.


Trump menace de cibler les champs gaziers iraniens après des attaques contre le Qatar

Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi. (AFP)
Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi. (AFP)
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  • Le président américain a confirmé qu'Israël était à l'origine de l'attaque mercredi contre la partie iranienne de ce site gazier offshore du Golfe persique, dont l'autre partie est exploitée par le Qatar
  • Les Etats-Unis "ne savaient rien" de cette attaque, a assuré M. Trump

DOHA: Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi.

Si l'Iran "décide imprudemment d'attaquer un pays tout à fait innocent, en l'occurrence le Qatar", alors "les Etats-Unis d'Amérique, avec ou sans l'aide ou le consentement d'Israël, détruiront massivement l'intégralité du gisement de gaz de South Pars avec une force et une puissance que l'Iran n'a jamais vues ni connues auparavant", a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Le président américain a confirmé qu'Israël était à l'origine de l'attaque mercredi contre la partie iranienne de ce site gazier offshore du Golfe persique, dont l'autre partie est exploitée par le Qatar. Les Etats-Unis "ne savaient rien" de cette attaque, a assuré M. Trump.

En représailles, l'Iran s'en est pris mercredi au complexe gazier qatari de Ras Laffan, plus important site de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde. Cela a de nouveau été le cas jeudi.

La compagnie énergétique publique du Qatar, QatarEnergy, a fait état de "dommages considérables" causés à l'aube sur ce site.

Les incendies provoqués par l'attaque ont été maîtrisés en début de matinée, selon le ministère de l'Intérieur. Aucune victime n'a été signalée.

Pétrole à plus de 112 dollars 

Le Qatar est le deuxième exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) derrière les Etats-Unis et Ras Laffan son premier site de production de GNL.

Déjà mercredi, ce site avait subi des dommages "considérables" dans une attaque attribuée à l'Iran.

Aux Emirats arabes unis, Abou Dhabi a fermé un complexe gazier après la chute de débris de missiles interceptés

Le ministère des Affaires étrangères du Qatar a déploré que ces attaques dans la région "ont franchi toutes les lignes rouges en ciblant des civils, des installations civiles et vitales".

Ce nouvel épisode dans la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne sur l'Iran a de nouveau fait grimper le prix pétrole, poussant le baril de Brent au-delà des 112 dollars.

Les craintes d'une régionalisation du conflit à tout le Moyen-Orient s'accentue, l'Arabie saoudite ayant souligné jeudi se "réserver le droit" de répliquer militairement à l'Iran, qui cible régulièrement le pays avec des drones et des missiles.

Un couloir sécurisé pour Ormuz ? 

Le blocage par l'Iran du détroit stratégique d'Ormuz, par où circule d'ordinaire 20% du pétrole et du gaz mondiaux, reste au coeur de l'attention.

C'est au sud de ce passage, dans le golfe d'Oman, qu'un navire a de nouveau été touché jeudi par un "projectile inconnu", selon l'agence maritime britannique UKMTO. Un incendie s'est déclenché à bord du bateau. Un autre navire a été touché au large de Ras Laffan, selon l'UKMTO.

Réunie en urgence à Londres, l'Organisation maritime internationale (OMI) doit demander jeudi la mise en place d'un couloir maritime sécurisé pour évacuer les bateaux bloqués dans le Golfe persique.

L'organe onusien chargé de la sécurité en mer estime que 20.000 marins patientent actuellement à bord de 3.200 bateaux près du détroit d'Ormuz.

Après la réserve fédérale américaine mercredi (Fed), la flambée des prix de l'énergie due à la guerre dominera jeudi la réunion de la Banque centrale européenne (BCE), qui redoute des conséquences sur l'inflation et la croissance.

Le président français Emmanuel Macron a appelé jeudi à un moratoire concernant "les infrastructures civiles", notamment énergétiques, après un échange avec Donald Trump et l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.

"Les populations civiles et leurs besoins essentiels, ainsi que la sécurité des approvisionnements énergétiques, doivent être préservés de l'escalade militaire", a-t-il souligné.

En presque trois semaines, la guerre a fait plus de 2.200 morts, selon les autorités, essentiellement en Iran et au Liban, deuxième principal front de guerre, où s'affrontent le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah et Israël.

 


Trump s'en prend aux pays de l'Otan qui ont rejeté sa demande d'aide

Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis. (Reuters)
Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis. (Reuters)
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  • "Nous avons aidé avec l'Ukraine et ils n'aident pas avec l'Iran, et ils reconnaissent tous que l'Iran ne doit pas avoir l'arme nucléaire", a encore dit Donald Trump. "C'est une très mauvaise chose pour l'Otan", a-t-il estimé
  • "Nous n'avons plus besoin et nous ne voulons plus de l'aide des pays de l'Otan. NOUS N'EN AVONS JAMAIS EU BESOIN," avait assuré le président américain peu auparavant sur son réseau Truth Social, en citant aussi le Japon, l'Australie et la Corée du Sud

WASHINGTON: Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis.

"Je pense que l'Otan fait une erreur vraiment stupide", a-t-il déclaré à la presse depuis le Bureau ovale de la Maison Blanche, peu après avoir affirmé sur son réseau Truth Social qu'il n'avait plus besoin de leur aide pour sécuriser ce passage stratégique pour l'économie mondiale.

"J'ai longtemps dit que je me demandais si l'Otan serait jamais là pour nous. Donc ceci est, ceci était un grand test, parce que nous n'avons pas besoin d'eux mais ils auraient dû être là", a-t-il insisté.

"L'autre chose, qui est, je pense, très importante, c'est que nous n'avions pas à être là pour l'Ukraine", a ajouté le président américain, qui recevait le Premier ministre irlandais Micheal Martin à l'occasion de la Saint-Patrick.

"Nous avons aidé avec l'Ukraine et ils n'aident pas avec l'Iran, et ils reconnaissent tous que l'Iran ne doit pas avoir l'arme nucléaire", a encore dit Donald Trump. "C'est une très mauvaise chose pour l'Otan", a-t-il estimé.

"Nous n'avons plus besoin et nous ne voulons plus de l'aide des pays de l'Otan. NOUS N'EN AVONS JAMAIS EU BESOIN," avait assuré le président américain peu auparavant sur son réseau Truth Social, en citant aussi le Japon, l'Australie et la Corée du Sud, autres alliés ayant rejeté ses demandes d'assistance.

Dans le Bureau ovale, il a toutefois déclaré que les Etats-Unis "aimeraient avoir un peu d'aide" pour détecter des mines dans le détroit d'Ormuz.

Interrogé sur ses intentions concernant l'alliance de défense transatlantique, dont les Etats-Unis sont le pilier, le républicain est resté vague.

"Je n'ai rien de précis en tête", a-t-il déclaré, tout en lançant, après avoir parlé des dépenses que les Etats-Unis font pour l'Otan: "C'est certainement quelque chose à quoi nous devrions réfléchir".

Il a jugé que le Premier ministre britannique Keir Starmer avait fait une "grosse erreur" en rejetant sa demande d'aide, et a balayé l'opposition du président français Emmanuel Macron en déclarant que ce dernier quitterait bientôt ses fonctions.

 


Iran: l'armée israélienne dit avoir éliminé le général commandant la milice Bassidj

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  • "Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ordonne l'élimination de hauts responsables du régime iranien", a annoncé par ailleurs le bureau du Premier ministre israélien, publiant une photo légendée de M. Netanyahu au téléphone
  • "Hier (lundi), l'armée de l'Air israélienne, sur la base de renseignements (militaires), a visé et éliminé Gholamréza Soleimani", indique un communiqué militaire israélien, ajoutant que ce général de brigade du corps des Gardiens de la Révolution

JERUSALEM: L'armée israélienne a déclaré mardi matin avoir éliminé dans une frappe à Téhéran le général Gholamréza Soleimani, commandant du Bassidj, milice de volontaires islamistes chargés notamment du maintien de l'ordre en Iran.

Les médias israéliens affirment également qu'Ali Larijani, l'un des plus hauts dirigeants iraniens, a été la cible d'une tentative d'élimination dans une autre frappe au cours de la nuit.

"Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ordonne l'élimination de hauts responsables du régime iranien", a annoncé par ailleurs le bureau du Premier ministre israélien, publiant une photo légendée de M. Netanyahu au téléphone.

"Hier (lundi), l'armée de l'Air israélienne, sur la base de renseignements (militaires), a visé et éliminé Gholamréza Soleimani", indique un communiqué militaire israélien, ajoutant que ce général de brigade du corps des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, avait été tué dans "une frappe ciblée à Téhéran".

Selon Kan, la radio TV publique israélienne, Ali Larijani, chef du Conseil suprême de la sécurité nationale, "a été la cible d'une tentative d'élimination". "Les résultats de la frappe sont encore en cours d'examen", a annoncé pour sa part la chaîne N12.

"Nous ciblons des éléments des Gardiens de la Révolution et de l'appareil répressif du régime", a déclaré l'armée, citant dans un communiqué son chef d'état-major.

"Des résultats préventifs significatifs ont été enregistrés cette nuit, susceptibles d'influencer l'issue des opérations et les objectifs de l'armée israélienne", a indiqué le lieutenant-général Eyal Zamir.

Depuis l'élimination du guide suprême de la Révolution islamique, Ali Khamenei, au premier jour des frappes israélo-américaines en Iran le 28 février, M. Larijani est l'un des principaux visages du pouvoir iranien.

Avec les Gardiens de la Révolution, le Bassidj est depuis plusieurs jours la cible des frappes aériennes d'Israël. Cette milice recrute essentiellement dans la jeunesse, et agit comme une organisation idéologique insérée dans toutes les institutions et strates de la société.

Elle "fait partie de l'appareil armé du régime terroriste iranien" et a "mené les principales opérations de répression, recourant à une violence extrême, à des arrestations massives et à l'usage de la force contre des manifestants civils", a commenté l'armée israélienne.

"L'élimination de Soleimani s'ajoute à celle de dizaines de hauts commandants des forces armées du régime iranien qui ont été éliminés au cours de l'opération, et constitue un nouveau coup dur porté aux structures de commandement et de contrôle du régime en matière de sécurité", affirme l'armée.