Euro: des supporters des Bleus «dépités» face aux déplacements compliqués

Les supporters Français les plus passionnés souhaitent absolument soutenir leur équipe où qu’elle dispute les matchs de la phase finale de la compétition (Photo, AFP).
Les supporters Français les plus passionnés souhaitent absolument soutenir leur équipe où qu’elle dispute les matchs de la phase finale de la compétition (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 26 juin 2021

Euro: des supporters des Bleus «dépités» face aux déplacements compliqués

  • Sur les 1 400 billets alloués au contingent tricolore, «on sait que pas mal essaient d'en revendre car le prix du billet d'avion a explosé, les compagnies aériennes se gavent»
  • Complexité supplémentaire, l'UEFA a décidé d'annuler les billets «follow my team» qui garantissaient aux supporters de suivre leur sélection jusqu'au dernier match disputé

BUCAREST: A Bucarest, le virage de la National Arena réservé aux supporters français risque de « sonner un peu creux » lors du 8e de finale contre la Suisse, lundi. « Dépités » face à la complexité du déplacement, certains ont renoncé au voyage et s'inquiètent pour la suite.

Sur les 1 400 billets alloués au contingent tricolore, « on sait que pas mal essaient d'en revendre car le prix du billet d'avion a explosé, les compagnies aériennes se gavent », décrit Kin-Wai Yuen du groupe des « Irrésistibles Français », qui suit l'Euro des Bleus en voiture. 

« Depuis hier, on a eu au minimum une quinzaine de personnes qui nous ont dit ‘on abandonne’, et on a plus de 30 billets sur les bras », confirme Fabian Tosolini, autre membre actif des « IF » confronté à des supporters « dépités ».

Contrairement aux Gallois empêchés d'aller à Bakou, aux Tchèques ou Croates incapables d'entrer au Royaume-Uni ou aux Ukrainiens qui n'ont pas pu aller à Amsterdam durant le premier tour, « les Français s'en sont bien sortis avec Munich et Budapest », relève Evain, coordinateur du réseau Football Supporters Europe (FSE). 

Mais les choses se corsent pour les matches à élimination directe des Bleus, attendus à Saint-Pétersbourg en quart de finale puis à Londres en demie et en finale en cas de qualification, reconnaît-il.

Pour le match à Bucarest, « c'est encore relativement facile de se procurer des billets, mais ça va être très compliqué voire impossible de s'y rendre », faute de vols suffisants ou à cause du prix exorbitant. Contre la Suisse, et contrairement aux matches précédents où les supporters français se sont fait remarquer, « ça va peut-être sonner un peu creux », reconnaît Kin-Wai Yuen.

Quarantaine obligatoire

Si les destinations en phase de groupes étaient connues à l'avance, ce n'était pas le cas pour le deuxième tour du tournoi hébergé dans onze villes d'Europe. C'est le résultat du dernier match contre le Portugal (2-2), mercredi, qui a déterminé le parcours des Bleus.

Complexité supplémentaire, l'UEFA a décidé d'annuler les billets « follow my team » (« suivre mon équipe », NDLR) qui garantissaient aux supporters de suivre leur sélection jusqu'au dernier match disputé. En cas de qualification lundi, les fans devront planifier leur voyage au dernier moment.

« Je pense qu'on laissera la voiture aux portes de Bucarest et qu'on prendra un aller retour Bucarest/Saint-Pétersbourg. Pour l'instant, c'est 400 euros, c'est pas donné... », avance Kin-Wai Yuen, sans vouloir toutefois trop « se projeter sur la suite car c'est un peu flou ».

Suivre les champions du monde en Russie soulève deux problèmes : il faut un « motif impérieux » pour s'y rendre au départ de la France, d'après Fabian Tosolini, et se soumettre à une quarantaine au retour.

Samedi, la deuxième ville de Russie a enregistré le bilan quotidien de décès dus au coronavirus le plus élevé dans le pays depuis le début de la pandémie, avec 107 décès au cours des 24 dernières heures.

Paris vient d'ajouter la Russie dans sa « liste rouge » en raison de la circulation inquiétante des variants du coronavirus.

Ça signifie « qu'après Saint-Pétersbourg, on ne peut pas faire Londres. Quand est-ce qu'on organise une compétition où les supporters peuvent venir ? Ça devient invivable », soupire Fabian Tosolini.

Londres, l'inconnue

« Sans être trop confiant, on peut imaginer que la France soit dans le dernier carré, mais aujourd'hui on est dans l'incapacité de dire si on ira ou pas. Et pourtant Londres avec l'Eurostar, c'est la porte d'à côté », dit-il. « Ça amène une incertitude et c'est dommage parce qu'on a une belle équipe de France qui mérite d'avoir des supporters à ses côtés. »

Les autorités britanniques ont autorisé récemment la présence de plus de 60 000 spectateurs à Wembley pour les demi-finales et la finale, contre 40 000 initialement prévus, mais sans l'accompagner d'un assouplissement des restrictions de circulation pour ceux venus du continent.

Pour l'heure, seuls les résidents britanniques pourraient avoir l'opportunité d'applaudir leur équipe de cœur, qu'ils soient allemands, belges, italiens ou français. Mais là encore, tous ne sont pas logés à la même enseigne, selon Ronan Evain.

« La DFB (fédération allemande de football, NDLR) a une politique pro-active pour commercialiser des billets aux Allemands vivant en Angleterre », mais il n'est pas certain que la Fédération française déploie autant d'efforts, dit le responsable du FSE. 

Avec la FFF, « c'est souvent le service minimum pour l'accompagnement des supporters ». « Ils ont capitalisé sur l'image positive des supporters français, il faut qu'ils prennent leurs responsabilités », conclut-il.


Tournée de Barrot dans le Golfe: fermeté et solidarité de la France avec ses partenaires régionaux

Le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à droite), accueille le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal bin Farhan Al Saud, avant une réunion ministérielle consacrée à la mise en œuvre du plan de paix au Moyen-Orient, au Quai d'Orsay à Paris, le 9 octobre 2025. (AFP)
Le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à droite), accueille le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal bin Farhan Al Saud, avant une réunion ministérielle consacrée à la mise en œuvre du plan de paix au Moyen-Orient, au Quai d'Orsay à Paris, le 9 octobre 2025. (AFP)
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  • La tournée du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, dans le Golfe, menée dans un contexte de fortes tensions après les frappes iraniennes, s’inscrit dans une double logique de fermeté et de diplomatie
  • Répondant aux questions d’Arab News en français à son retour à Paris, Barrot a souligné que sa tournée visait à réaffirmer la solidarité de la France avec ses partenaires régionaux, tout en mettant en avant sa crédibilité sécuritaire

PARIS: La tournée du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, dans le Golfe, menée dans un contexte de fortes tensions après les frappes iraniennes, s’inscrit dans une double logique de fermeté et de diplomatie.

Répondant aux questions d’Arab News en français à son retour à Paris, Barrot a souligné que sa tournée visait à réaffirmer la solidarité de la France avec ses partenaires régionaux, tout en mettant en avant sa crédibilité sécuritaire, illustrée par des actions concrètes de défense.

Dans le même temps, la France continue de plaider pour une désescalade et une solution politique durable, fondée sur la reprise du dialogue avec l’Iran et la stabilisation de l’ensemble du Moyen-Orient.

De la sécurité du Golfe à la situation critique du Liban, en passant par les tensions israélo-iraniennes et la question palestinienne, la tournée de Barrot souligne la volonté française de maintenir un rôle d’équilibre, entre engagement stratégique et recherche constante d’une issue diplomatique aux crises régionales.

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La tournée dans le Golfe que vous avez effectuée à Riyad, Mascate et Abou Dabi intervient après les bombardements iraniens qui ont visé la région. Quel message avez-vous porté aux quatre pays qu’englobe cette tournée ?

J’ai porté un message de solidarité auprès des pays du Golfe, qui ont tous été visés par des frappes iraniennes injustifiables, que la France a condamnées avec la plus grande fermeté.

La France a démontré qu’elle était un partenaire fiable et prévisible : nous avons, en légitime défense, abattu des drones dès les premières heures du conflit pour défendre l’espace aérien de nos alliés. La sécurité de nos partenaires régionaux est une priorité absolue. Ils savent pouvoir compter sur nous.

La France prône la désescalade, mais a-t-elle les moyens d’influencer les acteurs majeurs du conflit ?

Nous portons le même message depuis le début du conflit : la prolongation indéfinie des opérations militaires sans objectif précis comporte le risque d’un engrenage qui entraînerait la région dans une longue période d’instabilité, dont l’issue serait très incertaine et porterait atteinte aux pays de la région, aux intérêts européens et à l’économie mondiale.

Notre priorité est donc la désescalade et la recherche d’un règlement politique durable : c’est ce à quoi la France, aux côtés de ses partenaires, appelle. Il faut pérenniser le cessez-le-feu et faire en sorte que les négociations entre les États-Unis et l’Iran reprennent. Une paix durable dans la région n’est possible qu’à travers une solution politique pérenne au défi iranien, garantissant que l’Iran ne se dote jamais de l’arme nucléaire et répondant aux menaces posées par son programme balistique et ses activités de déstabilisation.

Entre Washington et Téhéran, la voix de la France est-elle encore audible ?

Nous ne sommes pas belligérants et ne souhaitons pas le devenir. Mais recul ne signifie pas inaction. Notre crédibilité repose sur la constance de nos positions, que nous défendons sans relâche auprès des différentes parties et qui sont validées par les évolutions en cours.

La France est l’un des rares pays à maintenir des contacts réguliers avec l’Iran et à ne pas avoir fermé son ambassade à Téhéran pendant la guerre. 

Jean-Noël Barrot

Nous échangeons régulièrement avec nos alliés américains à propos de cette guerre. Le président de la République échange régulièrement avec le président Trump au sujet de la crise iranienne. La menace à la sécurité internationale que fait peser l’Iran exige une réponse collective, comme cela a été le cas avec le JCPOA en 2015.

La France est l’un des rares pays à maintenir des contacts réguliers avec l’Iran et à ne pas avoir fermé son ambassade à Téhéran pendant la guerre. Le président de la République a échangé à de nombreuses reprises avec le président iranien et je m’entretiens très régulièrement avec mon homologue.

Considérez-vous cette tournée comme un succès diplomatique ?

Cette tournée a permis à la France de renforcer sa coordination avec ses partenaires régionaux, qui doivent être des acteurs centraux de la nouvelle architecture de sécurité régionale. Nous partageons des intérêts de sécurité avec nos partenaires du Golfe ; ce travail diplomatique est donc indispensable pour rapprocher nos positions et bâtir une paix durable dans la région. L’enjeu était aussi d’approfondir nos partenariats bilatéraux, dont la crise a montré à quel point ils sont essentiels pour notre sécurité et notre prospérité communes.


Le porte-avions français passe le canal de Suez, en route vers la région du Golfe

Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
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  • Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français
  • Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées

PARIS: Le porte-avions français Charles-De-Gaulle et son escorte franchissent, mercredi, le canal de Suez pour se prépositionner dans la région du Golfe en cas de déclenchement d'une mission, promue par Londres et Paris, pour rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz, a annoncé le ministère des Armées.

"Le porte-avions Charles-De-Gaulle et ses escorteurs franchissent le canal de Suez mercredi 6 mai 2026, en route vers le sud de la mer Rouge", affirme le ministère dans un communiqué.

Cette décision vise "à réduire les délais de mise en œuvre de cette initiative dès que les circonstances le permettront", ajoute-il.

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer sont à l'origine d'une initiative pour sécuriser la navigation dans le détroit, bloqué depuis le début du conflit opposant l'Iran aux Etats-Unis et à Israël le 28 février.

Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français.

Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées.

"Le mouvement du groupe aéronaval est distinct des opérations militaires initiées dans la région et complète le dispositif sécuritaire", a réaffirmé mercredi le ministère.

Sa présence à proximité du Golfe va permettre "d'évaluer l'environnement opérationnel régional par anticipation du déclenchement de l’initiative" et "d'offrir des options supplémentaires de sortie de crise pour renforcer la sécurité de la région", selon lui.

Le groupe aéronaval français doit également permettre d'"intégrer les moyens des pays qui veulent inscrire leur action dans un dispositif défensif et adapté, respectueux de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer", ajoute-t-il.

Le porte-avions, qui embarque une vingtaine d'avions de combat Rafale et est escorté de plusieurs frégates, a appareillé fin janvier de Toulon pour un déploiement dans l'Atlantique Nord.

Il a été redirigé le 3 mars vers la Méditerranée orientale, où il se trouvait depuis, pour défendre les intérêts français et les pays alliés frappés par la riposte iranienne aux attaques israélo-américaines.

Le blocage du détroit d'Ormuz a continué malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril. Washington a en retour imposé un blocus des ports iraniens puis lancé lundi l'opération Project Freedom ("Projet Liberté") pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit. Cette opération a été suspendue mercredi.


CMA CGM confirme qu'un de ses porte-conteneurs a été touché dans le détroit d'Ormuz

 Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
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  • L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier
  • L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage

PARIS: Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM.

L'attaque a fait des "blessés parmi les membres d'équipage" qui ont été "évacués et soignés", et a occasionné des "dommages" au navire, a ajouté CMA CGM dans un bref communiqué à l'AFP.

L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier.

L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage.

L'attaque a eu lieu au lendemain du "projet Liberté" lancé par Donald Trump pour escorter les navires bloqués dans le Golfe afin de les aider à quitter le détroit d'Ormuz.

Mais l'opération d'escorte a été arrêtée dès mardi au bout d'un jour seulement par le même Donald Trump, dans le but de parvenir à un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Le président américain a déclaré sur sa plateforme Truth Social que "de grands progrès" avaient été réalisés dans les négociations, et que le "Projet liberté" serait suspendu "pendant une courte période" pour voir si un accord pouvait "être finalisé et signé".