Régionales: Marine Le Pen stoppée dans son ascension, les critiques affleurent

Le RN n'a gagné aucune région et cède des voix partout par rapport à 2015. (Photo, AFP)
Le RN n'a gagné aucune région et cède des voix partout par rapport à 2015. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 29 juin 2021

Régionales: Marine Le Pen stoppée dans son ascension, les critiques affleurent

  • Le RN recule le plus fortement dans son fief des Hauts-de-France, ainsi qu'en Auvergne-Rhône-Alpes et en Occitanie
  • Le RN a perdu 44% de ses élus aux municipales l'an dernier, malgré sa victoire à Perpignan, et cette fois il perd 30% de ses conseillers régionaux

PARIS : Pas assez radicale, trop verticale ? Le recul du RN aux régionales prive Marine Le Pen de pouvoir montrer sa capacité à gouverner et nourrit les critiques tant sur sa "banalisation" que sur le fonctionnement interne du mouvement.

Le RN n'a gagné aucune région et cède des voix partout par rapport à 2015, sur fond d'abstention massive. Il échoue à remporter la région Paca, où son candidat "d'ouverture", l'ex-LR Thierry Mariani, a réuni au final 42,7% des voix, contre 57,3% pour le LR Renaud Muselier.

Le RN recule le plus fortement dans son fief des Hauts-de-France, ainsi qu'en Auvergne-Rhône-Alpes et en Occitanie.

Il n'a pas non plus remporté de département et a perdu la moitié de ses cantons (passés de 27 à 13), Marine Le Pen obtenant une maigre consolation à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais).

Le vœu de la candidate à l'Elysée était pourtant de mailler davantage le pays d'élus, aux municipales de 2020 puis aux départementales et aux régionales, comme autant de "mousquetons" pour grimper la paroi jusqu'à la présidentielle.

Il s'agissait de montrer que le RN était devenu, grâce au "rassemblement" porté dans son nouveau nom, duquel a été effacé le mot "front", un parti de "gouvernement" et pas seulement de "contestation".

Implantation

Or le RN a perdu 44% de ses élus aux municipales l'an dernier, malgré sa victoire à Perpignan, et cette fois il perd 30% de ses conseillers régionaux (passés de 358 à 252). Il a en outre perdu 28% de ses élus en cours de mandat, qui ont démissionné ou fait scission comme dans les Hauts-de-France ou les Pays de la Loire.

Selon l'historien Nicolas Lebourg, le RN a, malgré le souhait affiché de sa présidente, négligé son implantation locale, considérée comme "secondaire par rapport à l'aventure présidentielle". Et sans élus sortants, "il y a une difficulté inouïe à avoir un bilan".

"Echec de la politique d'exclusion, d'ouverture à gauche et de parachutages", a dénoncé lundi une conseillère régionale sortante des Pays de la Loire, Barbara Mazières.

Dans les Deux-Sèvres, le bureau restreint du RN avait démissionné entre les deux tours, dénonçant une "stratégie perdante" tant locale, avec des têtes de liste parachutées, que nationale, avec un parti devenu "lisse" et "consensuel".

Le maire de Moissac Romain Lopez, ancien assistant parlementaire de Marion Maréchal, considère que la "ligne de synthèse" de Marine Le Pen est la "bonne" mais qu'il faut "revoir le management".

"Le RN ne fait plus rêver", a estimé lundi l'ancien délégué aux Etudes du RN, Jean Messiha, qui avait quitté le parti pour son monolithisme, l'accusant de refuser tout "courant" en son sein.

«Rassurer»

L'eurodéputé Gilbert Collard estime "qu'on n'a pas à lisser nos idées" face à une possible candidature en 2022 du polémiste Eric Zemmour, qui a accusé Marine Le Pen lundi d'avoir "purgé" ses opposants, d'être "loin de sa base" et d'avoir "tellement édulcoré son discours (…) que les électeurs ne se reconnaissaient plus".

Comme un pas de plus vers une candidature, des soutiens d'Eric Zemmour ont collé dans plusieurs villes, dans la nuit de dimanche à lundi, des affiches avec le slogan "Zemmour président".

"Voilà un lendemain d'élection qui chante", s'est réjoui à cet égard le maire d'Orange Jacques Bompard.

A l'inverse, le maire de Béziers proche du RN Robert Ménard estime que le RN "continue à faire peur" et qu'il "faut rassurer", s'interrogeant "sur la crédibilité des gens que présente le RN".

Le maire de Perpignan Louis Aliot, qui convoite la présidence temporaire du parti, plaide également pour davantage de "normalisation" mais ne veut "pas s'autoflageller".

Le congrès samedi et dimanche à Perpignan "sera l'occasion d'avoir un débat de fond, sur la stratégie" et "les raisons" de la démobilisation, espère l'eurodéputé Nicolas Bay.

Un élu de Givors (Rhône) Antoine Mellies, proche de Marion Maréchal, n'ira pas au congrès et prédit son thème: "tout va bien madame la marquise. Ne changez rien".


Nouveau départ de feu dans le Var: plus de 600 évacuations, 100 hectares parcourus

Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
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  • Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var
  • 250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires

MARSEILLE: Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook.

"600 à 700 personnes" ont été évacuées, indique le maire, faisant état de 100 hectares de végétation parcourus depuis le déclenchement de ce nouveau feu, moins de 24 heures après l'annonce de la fixation de l'incendie du Gros Besillon, à une vingtaine de km plus au nord, qui a parcouru 4.500 hectares en huit jours.

Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var. Parmi les personnes évacuées, 120 sont accueillies au Hall des expositions de Brignoles, a précisé M. Brémond.

250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires.

 

 


Incendie dans le sud-ouest: le feu «toujours stabilisé», le risque de reprises persiste

L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
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  • La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer
  • Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange

BORDEAUX: L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes.

"La nuit a été calme, le feu est ce matin toujours stabilisé avec plusieurs reprises de feu traitées rapidement cette nuit", a annoncé la préfecture de Gironde, une semaine après le début du plus gros incendie de forêt à ravager la France depuis 1949, où environ 50.000 hectares avaient été calcinés.

"La surface brûlée n'a pas évolué", a précisé la préfecture, mais les conditions météorologiques restent "défavorables" mercredi, avec des températures attendues en hausse : jusqu'à 41°C dans les terres et 38°C sur le littoral.

La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer.

Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange.

Outre la chaleur, le vent risque de souffler sur les braises et alimenter de nouveau l'incendie.

Les autorités s'attendent dès le début d'après-midi à des vents d'ouest avec des rafales de 30 à 45 km/h, et un taux d'humidité en baisse. Un risque d'orages est annoncé pour jeudi.

Au regard de ces conditions météorologiques, les sapeurs-pompiers de Gironde ont alerté sur un "risque de reprise de feux extrêmement élevé" dans la journée.

La veille, elles avaient conduit à l'évacuation préventive de 4.000 touristes des campings et résidences de vacances de la station balnéaire de Lacanau, à 50 km à l'ouest de Bordeaux.

Depuis le début de cet incendie hors-norme, 222.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 24 communes du secteur.

Mardi soir, 57.000 habitants de trois villes proches de Bordeaux évacués dans le week-end ont pu rentrer chez eux, a indiqué la préfète du département Sophie Brocas.

Un chantier colossal de 127 kilomètres de "coupes tactiques", quasiment achevé, vise à priver ce feu, d'origine accidentelle, de "combustible" et empêcher sa progression, selon l'association Défense de la forêt contre les incendies de la région aquitaine (DFCI).

"126 sapeurs-pompiers ont été blessés depuis le début de cet évènement", a indiqué la préfecture.

Ces derniers jours, le sud-est du pays a aussi été touché par plusieurs incendies, en Corse, dans les Hautes-Alpes et dans le Var.

 


Incendies: Engie va consacrer 25 millions d'euros à la reconstruction des forêts

Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
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  • Engie consacrera 25 millions d’euros à la restauration durable des forêts françaises touchées par les incendies
  • Le groupe vise à renforcer la biodiversité et la résilience des écosystèmes face au changement climatique

PARIS: Le groupe énergétique français Engie va verser 25 millions d'euros pour participer à "la reconstruction et la régénération durable des forêts détruites", a-t-il annoncé mardi, mettant en avant le "choc humain, environnemental et économique" des incendies, notamment en Gironde et à Fontainebleau.

"Cette contribution permettra d'accompagner les efforts de reconstitution des espaces forestiers détruits et de soutenir les initiatives visant à renforcer la résilience des écosystèmes naturels face aux effets du changement climatique", a écrit le groupe dans un communiqué.

"Cela implique notamment de réfléchir aux essences les plus adaptées, à la préservation de la biodiversité, à la restauration de zones humides, aux conditions d'accès pour les services de secours ainsi qu'à la protection et au retour de la faune sauvage", ajoute Engie, soulignant que ces incendies avaient atteint "une part du patrimoine naturel français".

Les incendies ont déjà parcouru plus de 116.000 hectares en France cette année, un record, selon le Premier ministre Sébastien Lecornu, dont une part importante par le "mégafeu" qui sévit depuis plusieurs jours en Gironde.

Les efforts de reboisement s'annoncent très coûteux: chaque hectare de forêt à restaurer coûte entre 5.000 et 10.000 euros, selon le ministère de la Transition écologique. La ministre Monique Barbut a rappelé mardi dernier que l’État augmenterait de 20 millions d'euros les fonds alloués à l'Office national des forêts (ONF) en 2026.

Le groupe énergétique affirme qu'il va "se rapprocher des autorités publiques, des collectivités territoriales, des acteurs de la filière forestière et du monde de la recherche afin de déployer concrètement ce soutien" et qu'il s'inscrit "dans le cadre du plan +France Forêt 2100+".

Quelques initiatives de la part des entreprises ont eu lieu depuis le début de la saison des incendies, à l'instar de Carrefour qui a promis de donner environ 8 tonnes de denrées alimentaires et de produits d'hygiène, de Lidl qui a indiqué en livrer 3 tonnes, de la Macif qui a annoncé un fonds d'un million d'euros pour ses sociétaires et des actions de solidarité, et du Crédit Agricole qui a prévu notamment un fonds d'urgence de deux millions d'euros à destination des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS).