L'échec du RN aux régionales aiguise l'appétit d'Eric Zemmour pour 2022

Plusieurs centaines de partisans de l'éditorialiste de CNews et du Figaro ont opportunément collé avec ce slogan des affiches dans un millier de communes (Photo, AFP).
Plusieurs centaines de partisans de l'éditorialiste de CNews et du Figaro ont opportunément collé avec ce slogan des affiches dans un millier de communes (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 29 juin 2021

L'échec du RN aux régionales aiguise l'appétit d'Eric Zemmour pour 2022

  • «Zemmour président». Plusieurs centaines de partisans de l'éditorialiste de CNews et du Figaro, conduits par un jeune LR, ont opportunément collé avec ce slogan des affiches dans un millier de communes
  • Dès le lendemain du premier tour, Eric Zemmour lui-même n'avait pas manqué de critiquer le parti de Marine Le Pen

PARIS: L'échec du Rassemblement national aux élections régionales, qui contrarie la dynamique de Marine Le Pen pour la présidentielle, redonne des ailes aux soutiens du polémiste Eric Zemmour et renforce l'hypothèse de sa candidature en 2022.

« Zemmour président ». Plusieurs centaines de partisans de l'éditorialiste de CNews et du Figaro, conduits par un jeune LR, ont opportunément collé avec ce slogan des affiches dans un millier de communes juste après le second tour des régionales, où le RN a subi un net recul.

« Voilà un lendemain d'élection qui chante », s'est réjoui le maire d'Orange ex-FN Jacques Bompard, qui a initié d'autres comités de soutien, en tweetant une photo des affiches dans sa ville.

Dès le lendemain du premier tour, Eric Zemmour lui-même n'avait pas manqué de critiquer le parti de Marine Le Pen. 

En « invectivant » les électeurs pour qu'ils aillent voter, les dirigeants du RN sont comme « des rentiers qui réclament leurs dividendes », avait-il tonné, en dénonçant la « stratégie de dédiabolisation » de Marine Le Pen qui la fait « parler comme Emmanuel Macron ». Il l'a aussi accusée d'avoir « purgé » ses opposants et d'être « loin de sa base ».

Eric Zemmour « est devenu un candidat », a vilipendé Marine Le Pen, en déplorant « la violence et l"outrance » de ses déclarations, qui « démontrent qu'il considère le RN comme un concurrent politique ».

« Un petit Chirac »

La présidente du RN avait déjà pris ses distances avec les propos « radicaux » du polémiste sur l'islam --qu'elle considère compatible avec la République-- ou sa « croyance dans la guerre civile », craignant que sa candidature n'affaiblisse le « camp national ». 

Pourtant Zemmour pourrait être davantage une aide qu'un handicap pour le RN, au vu d'un récent sondage Ifop pour le Point qui le créditait de 5,5% d'intentions de vote au premier tour de la présidentielle, émanant d'abord de l'électorat LR plutôt que du RN.

Si Eric Zemmour parvient à séduire comme sur CNews « les CSP+ et les seniors, qui votent peu pour le RN, au mieux il pourrait apporter ses points à Marine Le Pen au second tour », estime l'historien Nicolas Lebourg, en rappelant que « tous ceux qui ont tenté de concurrencer le Front national sont morts politiquement ».

Comme un pas de plus vers une candidature, le polémiste, qui réunit chaque semaine sur CNews entre 700 000 et 1 million de téléspectateurs, s'est récemment mis en scène dans des petites vidéos sur Twitter, dans la maison natale du général de Gaulle, ou sur une plage pour dire son opposition aux éoliennes.

« C'est un petit Chirac, il a le bon mot » avec les gens qu'il rencontre, assure l'organisateur des déplacements, le jeune LR Antoine Diers, porte-parole des « amis d'Eric Zemmour », qui aimerait voir en 2022 le « remake de Sarko en 2007, qui met le FN à 10% ».

Condamné

« Peut-être qu’il faut passer à l’action », avait lâché le polémiste début juin sur la chaîne YouTube « Livre noir », animée par des proches de Marion Maréchal.

Mais ses ambitions supposées sont déjà contrariées. 

Selon Politico, Eric Zemmour aurait demandé en vain à Patrick Stefanini, ex-directeur de campagne du conservateur François Fillon en 2017, de conduire la sienne.

Lundi, il a annoncé avoir perdu son éditeur Albin Michel au motif de la présidentielle, pour un prochain livre à paraître en septembre, autour duquel il prévoyait un tour de France. 

Par ailleurs, visé dans la presse par plusieurs accusations d'agressions sexuelles, il avait été condamné à l'automne à 10 000 euros d'amende pour injure et provocation à la haine après sa diatribe contre l'islam et les immigrés « colonisateurs » en septembre 2019. 

« Dans une campagne électorale, on ne peut pas répondre ‘c'est à cause de l’islam’ à toutes les questions. Il faut avoir des arguments sur des questions industrielles », souligne dans L'Express Lebourg.

CNews avait aussi été condamné en mars à une amende du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) de 200 000 euros après un autre dérapage sur les mineurs isolés.

Mais tant qu'Eric Zemmour ne se sera pas déclaré candidat ou soutien d'un parti, le CSA ne lui décomptera pas son temps de parole. 


Budget: Lecornu dégaine un ultime 49.3, l'épilogue approche

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu quitte le palais présidentiel de l'Élysée à Paris après la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, le 28 janvier 2026. (AFP)
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu quitte le palais présidentiel de l'Élysée à Paris après la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, le 28 janvier 2026. (AFP)
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  • Le Premier ministre Sébastien Lecornu va recourir pour la troisième fois à l’article 49.3 pour faire adopter définitivement le budget 2026, malgré de nouvelles motions de censure attendues lundi
  • Le texte vise un déficit ramené à 5 % du PIB en 2026 et prévoit plusieurs concessions sociales, mais continue de susciter une forte opposition à gauche et à l’extrême droite

PARIS: La ligne d'arrivée du marathon budgétaire est proche: le Premier ministre Sébastien Lecornu va activer vendredi matin pour la troisième fois l'article 49 alinéa 3 de la Constitution à l'Assemblée nationale, ultime étape avant l'adoption définitive du budget de l'Etat, attendue lundi.

Après quatre mois de très denses discussions au Parlement, le projet de loi de finances pour 2026 va pouvoir aboutir.

Examiné à partir de 9H00 à l'Assemblée nationale en lecture définitive, le projet de budget ne sera pas discuté très longtemps: le chef du gouvernement est attendu au Palais Bourbon pour activer d'emblée un nouveau 49.3 sur le texte.

En engageant ainsi la responsabilité du gouvernement, Sébastien Lecornu devrait s'exposer à nouveau à deux motions de censure, issues de la gauche hors-PS et du Rassemblement national.

Celles-ci seront soumises aux députés "probablement lundi après-midi", ont indiqué des sources gouvernementales et parlementaires à l'AFP. Et sauf immense surprise, elles seront rejetées comme les deux précédentes grâce à la clémence des Républicains et surtout du Parti socialiste. Le gouvernement dispose en effet d'un matelas relativement confortable d'une vingtaine de voix d'avance.

Le rejet des motions vaudra alors adoption définitive du budget de l'Etat, qui devra tout de même passer le filtre du Conseil constitutionnel avant d'être promulgué. Sa mise en place mettra fin au régime fragile de la loi spéciale, votée fin décembre faute d'accord parlementaire pour assurer la continuité de l'Etat.

S'il est certes "imparfait", ce budget "est un texte utile pour les Français, car il nous permet de sortir du climat d'incertitude qui s'est installé depuis quelques mois", a salué jeudi la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin.

Elle s'exprimait devant les sénateurs, très mécontents de la copie finale. Ces derniers, qui devaient être saisis du texte avant son retour à l'Assemblée selon les règles de procédure parlementaire, n'ont pas souhaité retarder l'échéance, préférant le rejeter d'emblée sans rouvrir la discussion.

Si certains parlementaires, tout comme l'agence de notation Moody's, en doutent, le texte entend ramener le déficit à 5% du PIB en 2026, contre 5,4% en 2025.

Il prévoit diverses concessions en direction notamment du PS, comme les repas à un euro pour les étudiants ou la hausse de la prime d'activité pour les salariés modestes.

Mais il continue de susciter l'hostilité de l'extrême droite et d'une grande partie de la gauche (Insoumis, écologistes, communistes), qui ont déposé à chaque occasion des motions de censure.

Il s'agira de la troisième utilisation du 49.3 par Sébastien Lecornu, qui s'était engagé à y renoncer au début de l'automne, à la demande du PS. Les deux premiers ont été activés lors de la "nouvelle lecture" du texte, l'un sur la partie "recettes", l'autre sur la partie "dépenses".


Le dernier vendeur de journaux à la criée de Paris fait "chevalier" par Macron

Le président français Emmanuel Macron (à gauche), remet la médaille de Chevalier de l'Ordre national du Mérite à Ali Akbar, qui vend des journaux dans les rues de Saint-Germain-des-Prés, dans la capitale française, depuis 50 ans, à l'Élysée, à Paris, le 28 janvier 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron (à gauche), remet la médaille de Chevalier de l'Ordre national du Mérite à Ali Akbar, qui vend des journaux dans les rues de Saint-Germain-des-Prés, dans la capitale française, depuis 50 ans, à l'Élysée, à Paris, le 28 janvier 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron a décoré Ali Akbar, dernier vendeur de journaux à la criée de Paris, chevalier de l'Ordre national du mérite, saluant son parcours exemplaire d’intégration et sa contribution culturelle au VIe arrondissement
  • À plus de 70 ans, Ali Akbar continue de vendre des journaux et de partager son humour satirique dans les rues de Saint-Germain-des-Prés, symbole vivant de la tradition de la presse à la criée

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a décoré mercredi des insignes de chevalier de l'Ordre national du mérite Ali Akbar, dernier vendeur de journaux à la criée de Paris, un "magnifique exemple" d'intégration "qui rend notre pays plus fort et plus fier".

"Très ému", ce Pakistanais âgé de plus de 70 ans, arrivé en France quand il n'en avait que vingt, a expliqué avoir déjà en tête la fausse manchette de journal qu'il criera dans les prochains jours, lui qui aime clamer des titres parodiques: "ça y est, je suis chevalier! J'ai réussi!".

"Vous êtes l'accent du VIe arrondissement, la voix de la presse française", lui a dit le chef de l'État dans la salle des fêtes de l'Élysée, saluant cette figure incontournable du quartier de Saint-Germain-des-Prés, où a longtemps vibré le Tout-Paris littéraire.

Il a souligné qu'après avoir affronté "la pauvreté, le travail imposé, les violences" dans son pays de naissance, "le sol français" lui avait donné "l'espoir d'une vie meilleure".

"C'est un magnifique exemple dans un moment où nous entendons si souvent les vents mauvais (...) il y a aussi beaucoup d'histoires comme Ali qui s'écrivent, de femmes et d'hommes qui ont fui la misère pour choisir un pays de liberté et qui y ont construit une vie qui rend notre pays plus fort et plus fier", a insisté le président.

- "Irrévérence tricolore" -

Dès ses débuts de crieur dans les années 1970, grâce à une rencontre avec le cofondateur des journaux satiriques Hara-Kiri et Charlie Hebdo, Ali Akbar a jeté son dévolu sur le quartier de Sciences Po.

Là, il raconte avoir croisé de nombreux étudiants devenus depuis ministres ou députés. Voire président de la République, à l'instar d'Emmanuel Macron.

Svelte, le visage fin, avec ses journaux sous le bras - essentiellement Le Monde aujourd'hui -, il sillonne encore ces rues de la rive gauche de la capitale en déclamant des manchettes humoristiques. Une manière de parodier les événements politiques avec le sourire.

Le français est "devenu votre langue", "vous apprenez à jouer avec, faisant vôtre, par là, une forme d'irrévérence tricolore", lui a glissé le chef de l'État.

"Vous avez porté, si je puis dire, le monde à bout de bras et la France dans votre cœur", lui a-t-il encore affirmé, dans un clin d'œil au quotidien du soir.

Il y a cinquante ans, Paris comptait une quarantaine de vendeurs de journaux à la criée, postés à des endroits stratégiques comme les bouches de métro. Lui s'était démarqué en choisissant de déambuler puis, dans les années 1980, en commençant à inventer des titres parodiques... et racoleurs.

Il perçoit 1.000 euros de retraite par mois mais continue à travailler de 15H00 à 22H00. À l'heure du tout numérique, il écoule en moyenne une trentaine de journaux par jour, contre 150 à 200 à ses débuts.

Et maintenant? "Je vais rester, je vais continuer à vendre les journaux", confie Ali Akbar, et "amuser les gens avec mes blagues".


Macron reçoit mercredi les dirigeants du Danemark et du Groenland

A la suite de plusieurs semaines d'escalade, Donald Trump a reculé sur le Groenland, après avoir menacé de s'emparer de ce territoire et d'imposer des droits de douane accrus aux pays européens, dont la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni, qui s'y opposent et ont participé mi-janvier à une mission militaire de reconnaissance sur le territoire autonome danois. (AFP)
A la suite de plusieurs semaines d'escalade, Donald Trump a reculé sur le Groenland, après avoir menacé de s'emparer de ce territoire et d'imposer des droits de douane accrus aux pays européens, dont la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni, qui s'y opposent et ont participé mi-janvier à une mission militaire de reconnaissance sur le territoire autonome danois. (AFP)
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  • Des discussions à Davos entre Donald Trump et le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, ont permis, selon le président américain, de déboucher sur un "cadre d'accord" sur le Groenland sans que les détails en soient révélés
  • En juin dernier, Emmanuel Macron s'était rendu à Nuuk, la capitale du Groenland, où l'ouverture d'un consulat français est prévue le 6 février

PARIS: Emmanuel Macron recevra mercredi midi la Première ministre du Danemark, Mette Frederiksen, et le Premier ministre du Groenland, Jens Frederik Nielsen, a annoncé l'Élysée mardi.

A l'occasion de ce "déjeuner de travail", le chef de l'État "réaffirmera la solidarité européenne et le soutien de la France à l'égard du Danemark et du Groenland, de leur souveraineté et de leur intégrité territoriale".

Selon l'Élysée, les trois dirigeants échangeront "sur les enjeux de sécurité dans l'Arctique et sur le développement économique et social du Groenland que la France et l'Union européenne sont prêtes à accompagner".

Selon un communiqué du bureau de presse de la Première ministre danoise, les deux dirigeants se rendront ensuite pour un débat à Sciences-Po animé par Giuliano da Empoli, auteur du best-seller "Le Mage du Kremlin"

Dans un contexte diplomatique de tensions, du fait de la menace russe et des ambitions américaines pour le Groenland, Mette Frederiksen - qui a participé à un sommet sur la coopération énergétique et sécuritaire en Mer du Nord lundi à Hambourg - et Jens Frederik Nielsen seront à Berlin ce mardi avant de se rendre mercredi à Paris.

A la suite de plusieurs semaines d'escalade, Donald Trump a reculé sur le Groenland, après avoir menacé de s'emparer de ce territoire et d'imposer des droits de douane accrus aux pays européens, dont la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni, qui s'y opposent et ont participé mi-janvier à une mission militaire de reconnaissance sur le territoire autonome danois.

Des discussions à Davos entre Donald Trump et le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, ont permis, selon le président américain, de déboucher sur un "cadre d'accord" sur le Groenland sans que les détails en soient révélés.

Mme Frederiksen, qui a rencontré mardi à Berlin le chancelier allemand Friedrich Merz, a ensuite souligné sur la télévision allemande ARD que si le Danemark voulait une coopération militaire "accrue" avec les Américains, sa "souveraineté" était une "ligne rouge".

"Le Groenland a répété à plusieurs reprises qu'il ne voulait pas faire partie des États-Unis", a-t-elle déclaré, selon la traduction allemande, appelant les alliés transatlantiques à se concentrer sur "la défense de l'Europe contre la Russie".

Comme M. Merz, qui a de nouveau assuré le Danemark et le Groenland de la "solidarité" de l'Allemagne, selon une communication de ses services, la France se veut en pointe de la solidarité européenne avec Copenhague.

En juin dernier, Emmanuel Macron s'était rendu à Nuuk, la capitale du Groenland, où l'ouverture d'un consulat français est prévue le 6 février.