Covid-19: les cas ont recommencé à augmenter en Europe après dix semaines de recul

Les cas de Covid-19 ont recommencé à augmenter la semaine dernière en Europe après dix semaines consécutives de recul. Ici, le parc Europa à Rust en Allemagne. (AFP).
Les cas de Covid-19 ont recommencé à augmenter la semaine dernière en Europe après dix semaines consécutives de recul. Ici, le parc Europa à Rust en Allemagne. (AFP).
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Publié le Jeudi 01 juillet 2021

Covid-19: les cas ont recommencé à augmenter en Europe après dix semaines de recul

  • Interrogée sur les inquiétudes liées aux derniers matches de l'Euro de football alors que les cas augmentent dans des villes organisatrices (Londres, Bakou et Saint Pétersbourg), l'OMS Europe a appelé à mieux suivre les spectateurs
  • L'OMS Europe prévoit que le variant dit Delta, initialement détecté en Inde, devienne dominant d'ici août, a-t-il indiqué, confirmant la projection du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC)

COPENHAGUE : Les cas de Covid-19 ont recommencé à augmenter la semaine dernière en Europe après dix semaines consécutives de recul, a annoncé jeudi la branche européenne de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), sur fond de montée du variant Delta plus contagieux.

"Il y aura une nouvelle vague dans la région européenne, sauf si nous restons disciplinés", a affirmé le directeur de l'OMS Europe Hans Kluge lors d'une conférence de presse en ligne.

covid europe

Interrogée sur les inquiétudes liées aux derniers matches de l'Euro de football alors que les cas augmentent dans des villes organisatrices (Londres, Bakou et Saint Pétersbourg), l'OMS Europe a appelé à mieux suivre les spectateurs, pas seulement dans les stades.

Après dix semaines de baisse des cas, la semaine dernière, le nombre de cas a augmenté de 10% dans la région Europe, qui compte 53 pays, en raison selon M. Kluge "de l'augmentation des brassages, des voyages, des rassemblements et de l'assouplissement des restrictions sociales".

L'OMS Europe prévoit que le variant dit Delta, initialement détecté en Inde, devienne dominant d'ici août, a-t-il indiqué, confirmant la projection du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

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Cette dernière s'attend à ce qu'il constitue 70% des nouveaux cas européens début août et 90% fin août.

"Mais en août, la région ne sera pas pleinement vaccinée" et également "largement sans restrictions" a souligné M. Kluge, rappelant que 63% des Européens n'avaient pas encore eu la première dose.

"Ce que nous observons c'est qu'(une nouvelle vague) pourrait arriver avant l'automne", a mis en garde Catherine Smallwood, une autre responsable de l'organisation sanitaire onusienne.

Ce variant, repéré initialement en Inde, est 40 à 60% plus transmissible que l'Alpha - détecté d'abord au Royaume-Uni, selon les études disponibles.

En laboratoire ou en vie réelle, les études convergent aussi sur un point: recevoir une seule dose de vaccin n'apporte qu'une protection limitée contre le variant Delta. 

Supercontaminant ? 

Interrogé sur le risque que l'Euro de football ait joué ou joue le rôle de "supercontaminant", Hans Kluge a répondu: "J'espère que non, mais je ne peux pas l'exclure".

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Les villes-hôtes des derniers matches de l'Euro de football doivent assurer un meilleur suivi de la circulation des spectacteurs, y compris avant leur arrivée et après leur départ du stade, selon l'OMS.

"Nous avons besoin de regarder bien au-delà des stades eux-mêmes", a souligné Mme Smallwood,interrogée sur les recommandations face à la hausse des cas à Londres et Saint-Pétersbourg, et depuis peu à Bakou. 

La capitale britannique doit accueillir les demi-finales et la finale du tournoi la semaine prochaine, la deuxième ville russe sera le théâtre vendredi du quart de finale entre la Suisse et l'Espagne. Quant à la capitale de l'Azerbaïdjan, elle accueille Danemark-République Tchèque samedi.

Plusieurs centaines de cas ont été détectés chez des spectateurs de matches de l'Euro, notamment des Ecossais de retour de Londres, des Finlandais de retour de Saint-Pétersbourg ou des spectateurs dans le stade de Copenhague qui se sont avérés porteurs du variant plus contagieux Delta.

"Ce que nous devons regarder autour des stades c'est comment les gens s'y rendent, est-ce qu'ils se déplacent dans des convois de bus bondés ou est-ce qu'ils appliquent des mesures individuelles?", a souligné Mme Smallwood.

L'OMS Europe appelle aussi à mieux suivre ce que les spectateurs peuvent faire "quand ils quittent le stade, vont-ils dans des bars ou dans des pubs très fréquentés?", a-t-elle ajouté.

L'organisation onusienne a appelé à la vigilance sur tous les grands rassemblements de l'été en général, Euro de foot ou non.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.