Le trafic d'êtres humains s'est développé à cause de la pandémie, déplore Washington

«Il s'agit d'une crise mondiale», a souligné le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken. (Photo, AFP)
«Il s'agit d'une crise mondiale», a souligné le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 02 juillet 2021

Le trafic d'êtres humains s'est développé à cause de la pandémie, déplore Washington

  • Face aux grandes difficultés économiques nées de la pandémie, des trafiquants ont offert de «fausses promesses» d'emplois pour «recruter les enfants» de familles appauvries
  • «Les gouvernements doivent protéger et servir leurs citoyens, pas les terroriser et les assujettir pour en tirer profit», s'est indigné Antony Blinken

WASHINGTON: Les États-Unis ont expliqué jeudi que la pandémie de la Covid-19 avait créé un "environnement idéal" pour que le trafic d'êtres humains se développe à travers le monde, les gouvernements redirigeant leurs ressources vers la crise sanitaire tandis que les trafiquants en profitaient pour cibler les plus vulnérables.

"Il s'agit d'une crise mondiale", a souligné le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, en présentant le rapport annuel du département d'État qui porte sur 188 pays, dont les États-Unis. 

Reconnaissant la difficulté de fournir des chiffres exacts, il a précisé que les estimations situaient à 25 millions le nombre de personnes victimes de ce type de trafic, qui inclut la prostitution forcée, et celle des mineurs, ainsi que le travail forcé.

"Ce crime est un affront aux droits humains. C'est un affront à la dignité humaine", a-t-il lancé lors d'un discours.

Face aux grandes difficultés économiques nées de la pandémie, des trafiquants ont offert de "fausses promesses" d'emplois pour "recruter les enfants" de familles appauvries, "tandis que d'autres familles exploitaient ou vendaient leurs enfants", indique le rapport.

Les exemples viennent du monde entier:

En Inde et au Népal, certaines "jeunes filles venant de régions pauvres et rurales (...) ont été forcées à se marier pour aider leurs familles".  

"En Haïti, au Niger et au Mali, des gangs opérant dans les camps de déplacés internes ont profité de la baisse de la sécurité et des protections pour forcer les résidents à se soumettre à des actes sexuels payés."

"La confluence d'un plus grand nombre d'individus en danger à cause de la pandémie, de la capacité des trafiquants à capitaliser sur des crises multiples, et la réorientation des moyens (gouvernementaux) vers la lutte contre la pandémie a crée à bien des égards un environnement idéal pour que le trafic d'êtres humains prospère et évolue", a souligné une haute responsable de la diplomatie américaine.

Liste noire

Au-delà de la pandémie, la Guinée-Bissau et la Malaisie ont rejoint la liste noire américaine recensant 17 pays qui, aux yeux de Washington, ne répondent pas aux critères minimum de lutte contre le trafic d'être humains et ne font pas suffisamment d'efforts pour y parvenir. 

Y figurent également: l'Afghanistan l'Algérie, la Birmanie, la Chine, les Comores, la Corée du Nord, Cuba, l'Érythrée, l'Iran, le Nicaragua, la Russie, le Soudan du Sud, la Syrie, le Turkménistan et le Venezuela.

Cette mise à l'index peut entraîner des sanctions ou le retrait d'aides américaines.

La Turquie ne figure pas sur cette liste noire mais a été épinglée pour avoir "recruté et utilisé des enfants soldats en Syrie et en Libye". "C'est la première fois qu'un membre de l'OTAN figure" sur cette liste, a souligné la haute responsable. 

Parmi les pays de la liste noire, onze sont aussi accusés de se livrer directement au trafic d'êtres humains: Afghanistan, Birmanie, Chine, Cuba, Érythrée, Corée du Nord, Iran, Russie, Soudan du Sud, Syrie et Turkménistan. 

"Les gouvernements doivent protéger et servir leurs citoyens, pas les terroriser et les assujettir pour en tirer profit", s'est indigné Antony Blinken. 


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.